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Suite au texte très pertinent « Pour une autre vision de l’économie» publié dans Le Devoir (édition du 9 février), voici que la très « sensée » économiste Nathalie Elgrably de l’Institut Économique de Montréal saute les plombs dans sa dernière chronique au Journal de Montréal en traitant les signataires de ce document de socialistes!

Sa petite vision réductrice de l’économie se résume en deux options s’excluant l’une de l’autre : la liberté économique absolue ou l’interventionnisme total, comme si rien n’était possible entre les deux. On est socialiste ou capitaliste, point final. Ceci est une approche purement dichotomique et simpliste comme seul l’IEDM sait nous servir.

Pour elle, l’État est le mal incarné, brimant à tout coup les libertés individuelles tandis que l’entreprise privée assure à elle seule ces libertés. Mais les libertés de qui? La liberté du riche d’exploiter le pauvre sans la présence d’un arbitre qui s’assure au moins d’un minimum d’équité dans la société. En fait, la liberté en elle-même n’est pas viable sans une relative égalité économique la soutenant.

Elle ne peut concevoir dans son esprit obtus imprégné de beaux concepts théoriques néolibéraux que même un système de libre marché à besoin d’un encadrement étatique afin de pallier aux dérapages éventuels en matière socio-économique.

Cette pauvre caricature de la mondialisation néolibérale n’est que le miroir des riches élites économiques qui montent aux barricades dès qu’elles entendent parler de gouvernement car cela signifie que leur puissance sera amoindrie ainsi que leurs précieux profits.

Afin d’appuyer ses propos, madame Elgrably apporte en exemple le Venezuela qui connaît des difficultés d’approvisionnement ces derniers temps et menace que tout interventionnisme étatique majeur mènerait le Québec à la catastrophe. Mais ce que cette économiste de pacotille évite de dire est que la superpuissance américaine et ses alliés bourgeois ayant la main mise sur l’offre dans ce pays d’Amérique Latine nuisent à la distribution des biens essentiels et mettent des bâtons dans les roues à toute politique un peu trop socialisante à leur goût du président Chavez. Un petit pays se lève devant les injustices du consensus de Washington et on fait tout pour l’écraser. Mais le Venezuela n’est pas le seul pays à lutter contre le néolibéralisme, comme je l’évoquais dans mon billet Un nouvel effet domino. Ce n’est donc pas une exception. Alors comment explique-t-elle ce phénomène?

L’exposé en question n’est en rien un hommage au socialisme, mais le désir de rétablir un équilibre socio-économique vital qui s’est détérioré depuis plusieurs décennies, particulièrement dans les pays hors-du-champ occidental. Sans un contrepoids social, ce qu’on appelle l’Économie Pure ne peut perdurer à long terme dans toute société qui a à cœur la justice sociale.

La sortie d’Elgraby ne représente qu’une tentative de dénigrement de tous ceux qui vont à contre-courant de la pensée économique dominante. Elle les traite de lâches, de vendeurs de rêves, pendant que sa propre idéologie néolibérale n’a causé que misère et dégradation des conditions de vie pour le plus grand nombre dans la plupart des pays en développement depuis 30 ans malgré toutes ses belles promesses de prospérité.

À lire:

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Donnons une chance aux idées de Nathalie Elgrably!