Le capitalisme-zombie

Avec la crise économique latente, les fonctions cérébrales du capitalisme international se sont éteintes, mais le corps continue d’avancer tel un zombie à la recherche de chaires fraiches à déguster.

Plus que jamais, en quête de pérennité, les géants de l’industrie et du commerce entreprennent les coins ronds afin d’engranger quelques dollars de plus afin de pallier à la chute des profits engendrée par la nouvelle dépression.

Et les États ratissent large afin d’assainir des finances publiques depuis longtemps déficitaires, encore plus avec la crise, et incombent à la classe moyenne et des démunies le fardeau d’un redressement financier en sabrant dans les services publics et sociaux.

Ainsi, tels des anthropophages, ils cannibalisent davantage l’écosystème planétaire et détruisent le tissu social sans vergogne : les espèces animales et végétales disparaissent de plus en plus; les ressources naturelles commencent à péricliter; les océans se meurent; la déforestation en Amazonie et ailleurs se poursuit; les glaciers fondent à la vitesse grand V, conséquence du réchauffement global, aggravant les perturbations climatiques; et les inégalités sociales s’accroissent.

À ce rythme, il ne restera plus de planète où exister.

Comme dans les longs métrages comprenant des morts-vivants lancinants, il est plus que temps de mettre une balle dans la tête de ce capitalisme zombifié.

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication :  236 (initié)

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La nouvelle utopie

Ce texte a été publié dans Métro Montréal le 5 avril 2011

L’autre soir, m’endormant dans les bras de Morphée, un rêve étrange s’empara de moi. Le monde n’était plus ce qu’il est.

Tous roulaient en petites voitures électriques. Des éoliennes pullulaient sur toute la surface du globe, autant sur les océans que sur les continents. D’immenses panneaux solaires couvraient les zones désertiques et on captait l’énergie des mers à l’aide de grandes palmes marémotrices.

Les villes, parsemées d’espaces verts ainsi que de petits plans d’eau, étaient traversées par des lignes de trains électriques tout en étant ceinturées de terres arables. Les dépotoirs n’empilaient plus de déchets. Tout était recyclé, et ce qui ne pouvait l’être était flanqué d’illégalité. L’argent n’existait plus. La communauté fournissait le nécessaire à tout un chacun en échange d’une participation active à la vie et à la prospérité de la cité.

Les politiciens avaient disparu. Comme dans le meilleur de l’antique république athénienne, les fonctions politiques étaient attribuées par tirage au sort. Les lois étaient entérinées par le peuple via des référendums populaires englobant de multiples projets de législation.

Tout à coup, je fus brusquement réveillé par mon réveille-matin et, déçu de ne pouvoir vivre dans ce monde issu d’un tel délire onirique, je bus mon café en regardant, comme toujours, les tristes nouvelles quotidiennes à la télé…

Le dernier homme

Je suis le dernier homme.

Mon envie de tout dominer a fait basculer le monde dans la pénombre.

J’ai piétiné toutes les montagnes, toutes les vallées et toutes les plaines. J’ai navigué sur tous les océans, toutes les mers, tous les fleuves, toutes les rivières et tous les lacs.

J’ai acquis tout ce que mes yeux pouvaient voir et mon arrogance n’a d’égale que mon avarice.

Partout où j’ai passé, l’air est devenu irrespirable, l’eau imbuvable et la terre aride. J’utilise tout ce que je trouve sur mon chemin et le rejette ensuite.

Au final, il ne reste que les déchets des choses ne me servant plus qui jonchent une planète devenue maintenant délabrée.

Je suis le dernier homme.

À force de vouloir tout posséder, j’ai fini par perdre le monde.

Une petite histoire de fin du monde

Dans ce monde où j’habite, l’air est crasseux et les ressources manquent. L’eau potable se fait rare et les hommes s’entassent dans des villes grises, polluées et sans attrait. Les hivers ont depuis longtemps cessé de succéder aux étés et la canicule se fait sentir à toute période de l’année.

Depuis mes plus lointains souvenirs, les rues sont bondées de pauvres gens n’ayant aucun abri et nulle part où aller. Les autorités publiques distribuent à l’occasion ici et là de médiocres vivres à la populace qui crie famine pendant que les plus riches se réservent les denrées les plus prisées qui se font de plus en plus difficile à dénicher.

Les matériaux et les énergies se raréfient en conséquence de leur exploitation abusive et prolongée par l’élite qui fut aveugle devant ses comportements irréfléchies dans le passé. De nos jours, ne pensez pas trouver un réfrigérateur ou un micro-ondes au commerce du coin. Cette époque est maintenant révolue et ces anciens produits de consommation tombent en ruine car on ne trouve plus personne pour les réparer.

Sur ma terre, seul demeure l’humain en tant que richesse exploitable et les privilégiés n’hésitent pas à déterminer son prix à leur guise. Il y a trop d’hommes marchant sur une planète devenue trop petite et leurs valeurs n’équivauent qu’à l’utilité que lui trouve la classe opulente. Parfois, devant le manque de moyens de subsistance, les plus faibles sont servis en nourriture aux plus forts dans la plus complète indifférence. Ici, l’Homme est concrètement devenu un loup pour l’Homme.

Il y a plusieurs années, mon grand père m’a raconté avant de partir pour le grand voyage que le monde d’autrefois était fort différent et se demandait comment nous avions fait pour en arriver là…

Note: ce texte est inspiré du film « Soleil vert » et cherche à conscientiser à la problématique de l’environnement.

Au royaume des imbéciles…


Il y a un royaume que vous connaissez où les habitants n’ont aucune conscience des répercussions de leurs gestes. Comme un idiot sciant la branche sur laquelle il se maintient, leurs actions menacent de plus en plus leur survivance.

Le Roi de cette contrée en péril clame à ses sujets de jouir de la vie sans penser au lendemain tandis qu’on empile d’indécentes richesses dans le palais royal. Les champs de blé se vident, l’eau des puits commence à se tarir et les forêts meurent à petit feu.

Contre toute attente, on ne fait rien. On se cache la tête sous le sable. Les conseillers du Roi le rassurent en lui disant que tout va bien.

Et les paysans, dont la pensée est totalement atrophiée par les beaux discours du Roi et de sa cour, offrent stupidement toujours et encore leurs services à l’élite monarchique qui s’enrichit excessivement.

Malgré l’évidence d’un futur incertain ainsi que problématique, rien ne bouge sur ces terres autrefois prospères. Les ressources commencent à manquer, la pauvreté s’installe pernicieusement et le peuple accepte le tout sans quémander de changements cruciaux à la pérennité de son existence.

À croire qu’au royaume des imbéciles, rien n’est impossible…