La neutralité des officiers de l’État

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Cet article a été publié dans le journal Métro Montréal le 15 octobre 2018

Dans tout ce débat sur les symboles religieux, nous devons nous rappeler un concept fondamental. En sciences politiques, il existe des principes constitutionnels de base datant de l’époque des Lumières. L’un d’entre eux est la séparation de l’État et de la religion. Donc, en tant qu’officiers de l’État avec un pouvoir coercitif, les juges et les policiers ne doivent pas montrer d’affiliation religieuse. Ils doivent montrer une apparence de neutralité, comme l’État. En France, la République a établi cela depuis longtemps.

Toutefois, en ce qui concerne les enseignants et les gardiennes de CPE, cela ne s’applique pas. Ce ne sont pas des officiers de l’État, mais seulement des employés.

 

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Le mirage Legault

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Une oasis s’offre aux Québécois dans le désert de la politique provinciale. Apparaissant à l’horizon comme un havre de changement, la Coalition Avenir Québec (CAQ) attire les électeurs désabusés de la sempiternelle alternance entre les deux partis traditionnels que sont le Parti libéral du Québec et le Parti québécois. Cet asile politique que représente le parti de François Legault empreint d’une image de « nouveauté » (la CAQ est en fait une ADQ 2.0) ne constitue qu’un mirage dans lequel les citoyens peuvent se laisser berner.

Derrière la façade consensuelle de la CAQ se cache un parti autocratique centré sur le chef qui prend la plupart du temps les décisions, ce qui amène souvent des déclarations controversées, car aucune consultation n’est réellement faite avec les membres du parti. Formation politique possédant peu de structures démocratiques, le chef, François Legault, nomme directement les candidats du parti dans chaque circonscription, contrairement aux autres grands partis qui permettent aux membres de désigner démocratiquement leur candidat dans chaque comté. Notons aussi que la CAQ a l’effectif de membres le moins élevé (beaucoup moins) des quatre principaux partis. Ce parti peut être ainsi considéré comme un parti de notables au lieu d’un parti de masse.

En fait, ce genre de parti est calqué sur un modèle d’entreprise dans lequel le haut de la pyramide dicte ses volontés à toute l’organisation. La CAQ s’avère dès lors comme une formation politique non démocratique et centralisatrice. Notons aussi que François Legault est un ancien d’homme d’affaires ayant dirigé Air Transat et que plusieurs de ses candidats proviennent du monde des affaires.

Si la CAQ prend les rênes du pouvoir, elle imposera ce modèle à l’appareil gouvernemental en tentant de changer la philosophie de l’État dans un but de rentabilité à tout prix, comme cela se fait dans le domaine privé. Pour ce faire, Legault a déjà implicitement déclaré en 2012 qu’il remplacerait les hauts fonctionnaires et les dirigeants des sociétés publiques qui ne penseraient pas comme lui, c’est-à-dire avec une logique mercantile. Dans la présente élection, « L’aspirant premier ministre compte confier à la vérificatrice générale du Québec la tâche de passer au peigne fin le curriculum vitae des premiers fonctionnaires de chacun des ministères » selon Le Devoir – ce qui pourrait servir de prétexte pour faire le coup de balai tant préconisé.

Par ailleurs, il faut souligner le caractère « amateur » de François Legault, lui, pourtant, qui navigue dans les eaux de la politique québécoise depuis longtemps. Il a fait preuve d’une méconnaissance de plusieurs dossiers, notamment sur les politiques fédérales en immigration, sur l’abolition des commissions scolaires (l’une de ses promesses phares) qui serait difficile, car elles sont enchâssées dans la constitution canadienne, parce que linguistiques et rappelons-nous son ancienne déclaration dans laquelle il promettait d’obliger les médecins ayant étudié au Québec de demeurer dans la province même si cela contrevient à la Charte des droits et libertés.

Venons-en maintenant à l’idéologie politique de la CAQ: résolument à droite sur le plan économique, elle préfère un État moins interventionniste afin de laisser se développer à sa guise la loi du marché et du même coup favoriser le monde entrepreneurial dont sont issus François Legault et plusieurs des membres de son équipe. Dans la foulée, elle prévoit réduire progressivement le nombre de fonctionnaires, donc réduire la taille du gouvernement, mais simultanément promet de bonifier les services à la population (?). Ensuite, Legault désire « mettre au pas » les centrales syndicales comme il le promettait jadis afin d’émasculer le principal contrepoids au grand capital dont il est le digne représentant. Ajoutons qu’Air Transat, ancienne entreprise de Legault, fut soutenue financièrement par le Fonds de solidarité FTQ et que l’actuel chef de la CAQ les a remercié vingt ans plus tard en pointant directement les syndicats comme les responsables de la collusion dans la construction lorsqu’en vérité ce fut des entrepreneurs comme lui qui en ont été la source principale.

Un autre des aspects les plus malsains de la CAQ reste son caractère démagogique. La crainte du chef de la CAQ que nos petits-enfants ne parlent pas français joue sur une corde sensible de l’identité nationale, même si l’affirmation est sans fondement. Mais cela permet de faire des gains chez une frange de l’électorat plus réceptive à ces messages populistes. Demeure aussi en parallèle la question de l’immigration, dont la CAQ veut resserrer les vannes, même si le Québec a besoin de nouveaux travailleurs pour combler les nombreuses retraites à venir – des travailleurs issus de l’immigration qui occupent déjà pourtant 50% des nouveaux emplois créés depuis 2006.

Comme l’affirmait autrefois le chef de l’Action démocratique du Québec, ancêtre de la CAQ, Mario Dumont, le Québec serait la province la plus pauvre de la Confédération canadienne et François Legault répète ce mantra à qui veut l’entendre en espérant que les électeurs lui donnent le mandat de revitaliser un Québec selon lui moribond. Mais c’est oublier que le Québec, malgré les salaires plus bas, a un coût de la vie beaucoup moins élevé qu’en Ontario et que les services à la population sont plus généreux. Sans compter que l’écart entre les classes sociales est moins prononcé qu’ailleurs sur le continent.

Legault appelle à une nouvelle révolution tranquille à la sauce néolibérale, c’est-à-dire avec plus de privé, moins de réglementations et moins d’État afin de faire rouler le business – ce qui constitue en somme une antithèse du programme original de Lesage qui préconisait, au contraire, une intervention plus poussée de l’État dans toutes les sphères de la société afin d’être maîtres chez nous.

Changeant de direction au gré du vent, accolée à un monde des affaires plus soucieux de ses bénéfices que du bien-être de la population et infestée d’arrivistes de tout acabit reniflant la prise éventuelle du pouvoir, la CAQ est tout sauf un choix politique viable.

Le faux centre d’Emmanuel Macron

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Cet article a été publié dans Le Devoir et le journal Métro Montréal le 18 septembre 2017 

Pendant les élections, le nouveau président de la République française fut présenté comme le candidat du centre cherchant la grande concorde entre la gauche et la droite, supputant ainsi la fin des grands partis politiques et des grandes idéologies.

Le parti d’Emmanuel Macron, La République en marche!, se définit comme un parti de centre à inspiration social-libérale. Or, il n’en est rien, à voir la manière dont a été libellé le nouveau projet de loi sur la réforme du travail en France qui brisera l’équilibre toujours fragile entre patronat et syndicats en donnant l’avantage aux entreprises en ce qui a trait, notamment, aux indemnités de licenciement abusif (beaucoup moindres) et à la négociation dans les petites entreprises (plus difficile pour les syndicats).

Comme presque tous les partis de centre de notre époque, le parti de Macron n’est qu’une formation politique de droite qui s’ignore, car le centre ne constitue pas une idéologie légitime et ancrée au milieu dans le ciment du spectre politique.

En fait, le centre d’aujourd’hui n’est plus le centre d’hier. C’est le résultat de quatre décennies de propagande médiatique mur à mur encensant les préceptes de la loi du marché qui désormais sont devenus la norme acceptable en politiques publiques. En conséquence, en Occident, l’axe central du spectre politique, fluctuant de nature selon les aléas des conflits sociaux et du développement de la culture politique, s’est déplacé progressivement vers la droite, entraînant la position de centre avec lui.

On peut bien le constater en France, notamment lorsque le Parti socialiste, anciennement bien positionné à gauche, a hésité à appuyer les manifestations syndicales des derniers jours contre cette réforme du travail touchant les salariés. Sans compter qu’Emmanuel Macron est un ancien socialiste…

 

 

Un investissement perdant

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La décision de la Caisse de dépôt et placement du Québec d’investir davantage (à hauteur de 16,7 milliards en 2016) dans les énergies fossiles, le secteur gazier, le pétrole des sables bitumineux et les pipelines fut plutôt à courte vue et insensée.

Cette stratégie financière de la Caisse contrevient à l’esprit de la politique environnementale de la province voulant s’attaquer aux gaz à effet de serre et hisser le Québec au niveau de champion de la lutte aux changements climatiques sur le continent.

Il s’agit aussi d’un placement à court terme qui se met en porte à faux avec le but ultime de l’investisseur institutionnel qui cherche à maximiser les rentes de retraite des Québécois. À quoi sert-il d’amasser des milliards de dollars pour la future retraite des citoyens si les placements que nous effectuons fragilisent le climat, polluent notre environnement et détériorent notre qualité de vie et celle des futures générations de retraités?

À cette époque de gains rapides et de maximisation des profits sans considération de l’avenir, la Caisse de dépôt et placement, au contraire, devrait être un moteur de changement vers une transition énergétique viable, car elle est de propriété publique et se doit d’être responsable envers ses actionnaires, les citoyens québécois.

À quoi bon épargner afin de jouir plus tard d’une retraite dorée si le futur n’est plus assuré ?

Une vérité alternative

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Ce texte a été publié dans Le Devoir le 24 janvier 2017

Le concept de « faits alternatifs » lancé par Donald Trump revient à dire que chacun a droit à son opinion et que toutes les opinions sont égales, ce qui est fallacieux. On peut avoir droit à son point de vue, mais le simple fait de l’exprimer ne le rend pas plus valable s’il est dénué de sens logique ou de références à des faits avérés. Affirmer que toutes les opinions se valent sous-entend que tout le monde a tort et raison à la fois et que la vérité ne revêt plus aucune importance…

Un protectionnisme à deux tranchants

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Cet article a été publié le 10 janvier 2017 dans le journal Métro Montréal

Donald Trump n’est même pas encore au pouvoir que ses menaces d’un protectionnisme agressif influent déjà sur la direction des grands constructeurs automobiles américains qui revoient tranquillement leurs politiques de production au Mexique.

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Certains applaudissent cette initiative de Trump dans le monde ouvrier américain devant sa résultante escomptée d’un rapatriement de milliers de bons emplois sur le territoire.

Nous pouvons affirmer que le protectionnisme peut s’avérer viable dans des domaines essentiels, comme l’agriculture ou les ressources naturelles. Cependant, l’application de telles mesures ne s’annonce pas sans répercussions dans d’autres secteurs plus industriels.

En effet, la montée généralisée de barrières tarifaires sur les importations étrangères de biens de consommation aux États-Unis pourrait amorcer une nouvelle guerre commerciale avec des partenaires commerciaux importants, comme la Chine, l’Inde ou l’Union européenne, dont les conséquences peuvent se résulter par une spirale inflationniste plombant le pouvoir d’achat de millions de travailleurs.

Une stratégie plus efficace reposerait sur un plan concret d’achat local par les autorités municipales, étatiques et fédérales ou par un programme réglementé de subventions à des entreprises locales aboutissant vraiment à des créations d’emplois – il faut noter que de tels programmes ont déjà été mis en place depuis la crise de 2008, mais que le manque de restrictions et de suivi de ceux-ci n’a pas mené à de véritables nouveaux emplois.

Côté politique, Donald Trump suscite encore plus la dissension avec les bonzes républicains sur ce sujet. Bien qu’il ait tenté de satisfaire son parti avec des nominations de personnages très à droite en politique étrangère et en sécurité, sa fixation protectionniste sur le plan économique détonne avec l’héritage pro-libre-échange et non tarifaire de sa formation politique depuis le début des années 80. La suite sera intéressante…

 

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La faute à la CAQ

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Cet article a été publié dans Métro Montréal le 14 décembre 2016

On mentionne souvent ces temps-ci la possibilité d’une coalition du Parti Québécois et de Québec solidaire pour enfin extirper les libéraux qui sont au pouvoir presque sans interruption depuis 2003. On accuse aussi QS d’être l’empêcheur de tourner en rond en divisant le vote souverainiste et progressiste et d’ainsi nuire à l’accession au pouvoir du PQ comme si ces deux formations politiques étaient des vases communicants.

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Or, selon les données des dernières élections, en appliquant l’hypothèse chimérique que la totalité du vote de Québec solidaire se transfère au Parti Québécois dans chaque circonscription, cet ajout ne mènerait pas à une défaite du Parti libéral. Dans ce cas, bien que le PQ bonifie sa présence à l’Assemblée nationale, le PLQ demeure encore majoritaire avec 63 au lieu de 70 sièges et la CAQ aurait perdu la moitié de son équipe de députés.

Le scénario de 2018 ne s’annonce malheureusement pas très différent. Une coalition PQ-QS n’empêcherait pas la reprise des rênes du pouvoir par les libéraux tant que la CAQ conservera son château fort dans la grande région de Québec et ses pions en Mauricie ainsi qu’au Centre-du-Québec – des secteurs difficilement prenables par cette éventuelle coalition, car la popularité du Parti Québécois et de Québec solidaire n’y est pas très élevée.

Une véritable alternative se voit ainsi mise en échec, et sans cette dizaine de députés manquants à une possible coalition, les libéraux seront majoritaires en chambre pour encore une durée indéterminée et on ne peut, finalement, que blâmer les électeurs de la CAQ pour la monopolisation incessante du pouvoir par le PLQ…

 

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Antithèse présidentielle

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Bien qu’il soit limpide que Barack Obama et Donald Trump ne logent pas à la même enseigne, nous pouvons dire avec certitude qu’il n’y a jamais existé une telle dissemblance entre un président sortant et rentrant dans l’histoire des États-Unis.

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Au-delà de la couleur de la peau, il existe un monde de différence entre les deux.

Comme nous le savons tous, Trump penche plutôt à droite dans plusieurs secteurs, tels que l’environnement (nier les changements climatiques), l’immigration (mur mexicain et déportation) et la santé (défaire Obamacare) tandis qu’Obama, plus à gauche, voulait investir dans les énergies propres, donner un statut légal aux immigrants illégaux et assurer en soins de santé tous les Américains.

Mais, au plan personnel, le contraste est encore plus flagrant.

Le prochain président est issu de la haute bourgeoisie de New York. Barack Obama, pour sa part, provient d’une famille de classe moyenne et a débuté sa carrière en tant qu’organisateur communautaire.

De plus, Trump a reçu, dès son jeune âge, le soutien financier de son père dans la construction de son empire. Le président bientôt sortant est parti de rien et a pu s’enrichir avec la vente de ses livres, entre autres.

Finalement, Donald Trump se vante de ne pas lire de livres pendant que Barack Obama, lui, peut être considéré comme un grand intellectuel par sa culture et ses lectures.

La succession de l’un à la suite de l’autre de deux présidents que tout sépare trace un portrait assez troublant d’un peuple américain plus divisé que jamais ayant perdu ses points de repère et en proie à un désespoir qui finira par lui faire perdre toute crédibilité aux yeux du monde…

Une démocratie en péril

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La grogne d’une grande partie des Américains s’est fait sentir dès le lendemain de la victoire surprise de Donald Trump à la présidentielle américaine. Des manifestations spontanées ont éclos dans plusieurs grandes villes américaines en guise de protestation (Not my president).

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Beaucoup évoquent un manque de légitimité du nouveau président à la suite de la divulgation du résultat final qui donne une majorité des voix à Hillary Clinton.

Le même phénomène s’est aussi produit à la présidentielle de l’année 2000 mettant en lumière un dysfonctionnement du système électoral américain lorsqu’il est confronté à un écart serré entre les candidats. Cependant, cette fois-ci, le discours de Donald Trump suscite beaucoup plus d’appréhension et d’incertitudes que celui de G.W. Bush à l’époque – ce qui explique cette explosion de contestations.

Les motifs de ce mouvement anti-Trump résident plus dans la crainte d’un affaiblissement des principes fondateurs de la démocratie américaine que dans la personnalité incisive et imprévisible du personnage. En effet, ses promesses d’un pouvoir accru octroyé aux forces policières et son dénigrement des minorités, entre autres, se placent en contradiction avec la pensée de la constitution américaine et de ses idéaux de liberté et de justice.

Les prochaines années seront houleuses sous la gouverne de Donald Trump et l’on est en droit de se demander si la première démocratie libérale de l’époque moderne ne deviendra pas la première à vaciller dangereusement sur ses fondations…

Extinction inc.

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S’il y a un marché dans lequel vous devriez investir vos billes, c’est bien celui de l’extinction des espèces qui connaît un taux de croissance phénoménale dépassant toutes les espérances.

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En effet, la disparition des populations des oiseaux, poissons, reptiles et mammifères s’accélère à un rythme effréné depuis plus de 40 ans. Selon le Fonds mondial pour la nature (WWF), 58 % de ceux-ci ont été rayés de la carte du monde depuis 1970 et, d’ici 4 ans, ce taux pourrait grimper à 67 % en raison de l’activité humaine. Ajoutons aussi les changements climatiques qui bouleverseront éventuellement des milliers d’habitats et qui fragiliseront ainsi encore plus d’espèces. Devant la surexploitation du globe et la croissance démographique – nous consommons environ l’équivalent des ressources de 1,6 planète – l’organisme lance un cri d’alarme.

Et pourtant, ce qui devrait passer à la Une des journaux et des canaux de nouvelles se voit relégué à une information anodine sans conséquence.

L’humanité se cantonne encore dans l’axiome fallacieux que le capitalisme est la seule voie possible – une foi inébranlable que le développement de l’économie de marché sera toujours infini sans qu’il ne rencontre d’obstacle à sa course dans un monde fini où les ressources sont limitées.

Mais, la pensée magique finira par se dissiper lorsqu’elle rencontrera brusquement le mur de la réalité… et, à ce moment, il sera peut-être trop tard pour réparer ce qui ne peut pas être réparé.

Cependant, ce n’est pas la première fois que les voyants rouges s’illuminent. En 1972, le premier rapport du Club de Rome (Rapport Meadows) sonnait l’alarme sur les conséquences de la croissance économique sur l’environnement, prédisant même une chute brutale de l’économie mondiale vers 2030. En 2012, une version actualisée de cette étude confirme le postulat précédent en implorant les responsables politiques d’opérer un changement de paradigme socio-économique incontournable pour assurer la suite de notre civilisation et de notre race.

La finalité de la route que nous avons empruntée aboutira à une raréfaction des ressources et à un effondrement de la chaîne alimentaire dont nous tirons notre subsistance. Et, en bout de course, c’est l’humanité tout entière qui disparaîtra, car on aura dérobé sous ses pieds les fondations de sa pérennité.

En fin de compte, le capitalisme – système par excellence du consumérisme – réalisera probablement sa plus grande réussite en ayant consommé pratiquement tout ce qui existe de vivant sur cette terre, tel un trou noir dont rien ne s’échappe…