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La reine de la démagogie néolibérale au Québec remet ça dans sa dernière chronique du 4 septembre 2008 (L’inspecteur inspecté) dans le Journal de Montréal. Elle se surpasse une fois de plus en contradictions et en incohérences.

Selon cette prétendue sainte oracle de l’économie de marché, l’État est le seul responsable des cas de listériose. Elle accuse au passage l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) pour l’inefficacité de son travail.

Mais, ce qu’elle ne dit pas, c’est que les conservateurs, ses comparses, ont usé de laxisme dans la réglementation de l’industrie alimentaire depuis leur arrivée au pouvoir. C’est ce que témoigne le Globe and Mail : « Le quotidien (…) rapportait mercredi que, selon un document dont il a obtenu copie, l’Agence canadienne d’inspection des aliments aurait déjà commencé à laisser l’industrie procéder elle-même aux contrôles de qualité … »

Le gouvernement conservateur de Stephen Harper a fait aveuglement confiance aux industries alimentaires en matière d’hygiène en conformité avec ses préceptes de déréglementation, mais les faits démontrent que le relâchement d’un contrôle public entraine inévitablement des coûts mortels pour l’ensemble de la société. Ne soyons pas dupes. Les cas de listériose ne se rapportent pas seulement aux produits Maple Leaf, mais à un ensemble de produits provenant de sources diverses. En somme, les entreprises de production de denrées ont coupé les coins ronds en surveillance bactériologique en l’absence d’un encadrement étatique afin d’arrondir encore plus leurs profits.

En conséquence,  ces faits ont été complètement oblitérés par cette « haute » idéologue de droite. Elle propose ainsi une solution vide de sens afin de soutenir les propagandistes de droite acoquinés avec le monde des affaires assoiffé d’une réduction de la taille de l’État : abolir l’ACIA,  même si cela entraîne encore plus de décès en rapport aux intoxications alimentaires! Le privé sait tellement mieux agir de manière responsable. Laissons les businessmen faire encore plus de profits et ne s’occupons pas de la santé publique! Quelques centaines de morts n’ont que peu d’importance face aux bénéfices des entreprises!

Quand le comprendrons-nous enfin? Les activités des entreprises privées vont à l’encontre de l’intérêt collectif, particulièrement en ce qui a trait à l’alimentation constituant un service essentiel. Les affairistes ne recherchent que le profit, quitte à sabrer dans les dépenses de contrôle de qualité.

Et cette petite démagogue ne s’arrête pas là. Tant qu’à frapper sur les institutions gouvernementales, elle y va gaiement. Madame Elgrably avait sûrement quelques paragraphes à remplir pour sa chronique, donc elle les a comblés avec les inepties habituelles qu’on lui connaît. Elle s’attaque alors à la qualité de l’eau provenant des aqueducs publics. Pourtant, plusieurs experts stipulent que l’eau traitée par les municipalités est généralement de bonne qualité, même supérieure à celle embouteillée.

Par ailleurs, madame Elgrably cite en exemple le scandale de Walkerton pour étayer sa thèse de l’incompétence de l’État en matière de distribution d’eau! Cette dame doit vivre sur une autre planète ou être complètement malhonnête intellectuellement pour mettre en avant ce cas. Tout le monde sait que la cause de cette tragédie ayant entrainé plusieurs morts par une infection à la bactérie E. coli a été les coupures dans l’hygiène publique d’un ancien gouvernement conservateur ontarien affilié à sa propre idéologie! Bonjour la contradiction!

Peu importe les agissements des gouvernements conservateurs qui sabrent dans l’État et mettent en péril la vie de nos concitoyens, cela est sans considération pour madame Elgrably.

Comme toujours, elle idolâtre le secteur privé au lieu de se questionner sur ses propos purement délirants et son argumentaire dénué de toute logique.

Pire encore. Elle blâme insidieusement l’institution gouvernementale dans le dossier de la listériose ou dans celui de Walkerton après que la « gang » conservatrice et néolibérale dont elle fait partie ait tout fait depuis sa prise du pouvoir pour miner la confiance des citoyens envers les services publics par des politiques de déréglementation. Du grand art et une preuve de mauvaise foi : mettre les fautes des conservateurs sur le dos des institutions au lieu d’admettre leurs torts par leurs agissements.

Ce n’est pas l’État qu’Elgrably devrait dénigrer, mais ses petits amis conservateurs, pour leurs gestions déficientes des affaires publics, notamment en alimentation.

Voir aussi: Les contre-vérités environnementales de Nathalie Elgrably,  L’inconsistance de Nathalie Elgrably,  La petite démagogue