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Cet article a paru le 18 septembre 2007 dans le journal « Le Quotidien » (Saguenay) sous le titre « La FTQ s’allie aux forestières »

La dernière action d’éclat de Greenpeace au port de Saguenay a suscité bien des réactions. On s’attendait à une pluie de réprimandes de la part du maire de Saguenay, le populiste de droite Jean Tremblay ou du président du Conseil de l’industrie forestière du Québec, Guy Chevrette, mais la déclaration de Jean-Marc Crevier, représentant régional de la Fédération des Travailleurs du Québec (FTQ) laisse perplexe.

On peut affirmer que Greenpeace s’appuie parfois sur de fausses prémisses, ce qui reste à démontrer, mais elle a entièrement raison concernant l’exploitation abusive de la forêt boréale québécoise. L’industrie forestière coupe près de 300 000 hectares par année et, selon le rapport Coulombe en 2004, il ne reste que 15% de la forêt boréale intacte.

Alors pourquoi une telle sortie de monsieur Crevier face à Greenpeace, qui tente, après tout, d’alerter la population sur une crise environnementale majeure. Il évoque que des syndiqués pourraient perdre leurs emplois, et alors? Il est préférable qu’ils perdent leurs emplois que la richesse naturelle forestière qui est pourtant la leur et celle de toute la population québécoise.

Il affirme aussi que Greenpeace est déphasée, car elle se fierait sur des faits qui datent de 15 ou 20 ans selon lui. Soyons clair : un arbre résineux prend des décennies avant d’atteindre sa maturité. Ce n’est pas en 15 ou 20 ans qu’une forêt arrive à un stade d’exploitation. Est-ce à dire que les compagnies forestières coupent des arbres immatures depuis tout ce temps?

L’attitude de ce représentant de la FTQ démontre une vision à court terme. Elle tente de retarder un futur qui est déjà à nos portes. On ne peut exploiter une forêt intensivement et lui permettre de se régénérer avec le mode d’exploitation systématique que pratique les papetières assoiffées de profits. C’est aussi du petit syndicalisme qui oublie l’intérêt de l’ensemble de la société à l’avantage d’un petit groupe. On se serait attendu à un peu plus de responsabilité sociale et de pensée progressiste de la part d’une organisation syndicale. Les syndicats ont souvent été des précurseurs en matière sociale et environnementale, mais on voit cette fois-ci de quel coté penche la FTQ.