Conservez-nous des conservateurs

La montée dans les intentions de vote du Parti conservateur du Québec avec à sa tête Éric Duhaime nous donne un avant-goût d’une possible américanisation de la politique québécoise.

La politique de la division, ou le wedge politics, surtout employée par les conservateurs américains, semble être au cœur de la stratégie électorale de Duhaime. En polarisant à l’extrême une certaine frange de l’électorat sous l’impulsion de la pandémie et des mesures sanitaires, il espère cristalliser des votes à son avantage avec des déclarations-chocs, comme celle, entre autres, « de faire entrer la grogne au parlement  » — des mots inappropriés et irresponsables après les tristes événements du 6 janvier 2021 à Washington.

Grand admirateur du « miracle chilien » du dictateur Pinochet, il prévoit aussi transformer radicalement la société québécoise à l’image des États américains les plus à droite : casser les syndicats, déréglementation à tout-va, privatisation de tout ce qui peut être privatisé (Sociétés d’État, santé, etc.) et démantèlement de l’État-providence pour le livrer aux grands intérêts privés — ce qui est pourtant une politique économique de type néolibéral dont certains économistes du FMI remettent en question l’efficacité depuis quelques années.

Pour monsieur Duhaime, l’environnement et le réchauffement climatique ne sont pas des enjeux et il veut aller de l’avant avec l’exploitation optimale des réserves de carburants fossiles sur le territoire québécois. Pour les conservateurs, comprenons-le bien, toute législation, qu’elle soit sociale, économique ou environnementale est une entrave à la liberté individuelle et surtout à celle du monde des affaires. Mais quelle sorte de liberté hériteront nos enfants si nous continuons à exploiter encore plus les carburants fossiles ?

Libres chez nous, clame-t-il. Mais serions-nous plus libres sans aucun levier étatique ou collectif pour protéger la minorité continentale que nous sommes, pas seulement au plan linguistique, mais aussi au plan socio-économique lorsque la qualité de vie des Québécois est pourtant actuellement l’une des meilleures au monde ?

Si l’on appliquait ce que le Parti conservateur du Québec professe, les Québécois seraient à la merci des aléas du marché et des multinationales, tout comme nous l’étions à l’époque de Maurice Duplessis. À quoi sert-il alors de se « libérer  » de l’État (que monsieur Duhaime pourfend depuis toujours), si c’est pour se trouver un nouveau maître dans l’implacable grand capital?

Véganisme, écologie et société  

Cet article a été publié en version abrégée dans Le Soleil de Québec, le 29 juin 2022

La récente flambée des prix en alimentation due aux récentes périodes caniculaires anormales donne du poids au dernier rapport  du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) qui suggérait, en avril de cette année, une réduction drastique de la consommation alimentaire carnée afin de privilégier une alimentation essentiellement d’origine végétale dans le but de lutter contre les changements climatiques qui s’apprêtent à franchir le point de non-retour. 

Le GIEC nous rappelait alors les coûts environnementaux énormes de la production de viande à grande échelle, comme les émissions des gaz à effet de serre (GES) tels le CO2 et surtout le méthane (un très grand gaz à effet de serre). Selon les rapports du GIEC, l’agriculture et l’élevage à des fins commerciales représentent la deuxième source d’émission de GES de causalité humaine dans le monde, derrière le secteur énergétique et devant le secteur industriel.  Il est à noter que les grands pays producteurs de viande, mécontents des conclusions du rapport, firent pression sur le groupe pour qu’on n’élimine pas entièrement de l’équation la consommation de viande. 

À cela s’ajoute la déforestation croissante afin d’accroître les pâturages destinés au bétail (comme en Amazonie), la surutilisation d’eau potable (surtout dans le secteur bovin), la pollution des cours d’eau et l’appauvrissement des sols qui, regroupés tous ensembles, affaiblissent encore davantage la capacité agricole de la planète à moyen et long terme.

Le véganisme (c’est-à-dire un régime alimentaire composé exclusivement de sources végétales à la différence du végétarisme qui permet l’élevage du bétail de façon complémentaire), dont la popularité se fait croissante et que même le GIEC semble promouvoir dans son troisième et dernier rapport, constitue une piste de solution intéressante à la réduction des GES et comporte des avantages indéniables autant pour l’environnement que pour la santé des individus.

Tout d’abord, une production alimentaire à base végétale nécessite moins d’utilisation de ressources (dont l’eau), moins d’équipements spécialisés et met moins de pression sur l’écosystème et sur le climat.  Elle est aussi moins affectée par les perturbations du climat que sa contrepartie animale et elle facilite une capture accrue de GES dans l’atmosphère.  

Par ailleurs, l’individu bénéficierait tout autant d’une telle transformation des habitudes alimentaires avec une nourriture plus saine.  Notons que la production industrielle de viande ne garantit pas la qualité de la nourriture avec l’ajout d’hormones ou d’agents de conservation dont on ne connaît pas toujours les effets sur la santé humaine.

Mais au-delà de ces considérations environnementales, quelles seraient les implications sociales, économiques ou philosophiques d’une alimentation uniquement à base végétale?

L’accès à la nourriture et son abondance sont des facteurs de stabilité sociale.  Rappelons-nous que des troubles sociaux et même des révolutions ont déjà débuté avec des disettes ( c’est-à-dire un manque général de vivres).  La crise alimentaire suscitée par le changement climatique mettra encore plus de pression sur le pouvoir politique pour répondre aux besoins alimentaires de base des citoyens afin de calmer l’insatisfaction populaire.

Et dans ce contexte de rareté alimentaire dans un monde déjà confronté à des écarts grandissants de richesses et de revenus, la première des inégalités sociales se révèlera être l’inégalité devant l’alimentation.  Le pauvre a peu de moyens de se nourrir adéquatement, ce qui impacte négativement sa santé ainsi que sa qualité de vie.   Dès lors, la question alimentaire deviendra de plus en plus une source d’inégalité majeure avec les changements climatiques et ses différentes conséquences négatives sur la production alimentaire de viande (qui se retrouve encore au centre de notre alimentation), car celle-ci est plus sensible aux sécheresses que la production alimentaire végétale qui demeure plus stable et résiliente, même dans un milieu naturel moins favorable.  En somme, une diète de type végan permettrait de démocratiser la saine alimentation à un coût abordable et d’empêcher les augmentations marquées des prix suscitées par le déclin de l’offre alimentaire mondiale ébranlée à la suite des répercussions du réchauffement climatique.

Il est d’ailleurs fort probable qu’à terme, la production de viande s’avérera tellement onéreuse et risquée en raison des soubresauts du climat que les investisseurs privés et les agriculteurs se tourneront naturellement vers la production alimentaire végétale.

Ce changement dans l’alimentation amènera aussi à une redéfinition au plan philosophique de la relation entre l’être humain et la nature.  Depuis le début de l’ère industrielle, l’humanité n’a cessé de s’approprier les ressources naturelles et la vie animale sans aucun respect du vivant ou du fragile équilibre de la biosphère.  En se retrouvant prochainement acculé au pied du mur en raison d’une exploitation abusive des richesses naturelles et de la pollution, le genre humain devra redécouvrir son lien intime avec toutes choses sur cette planète et réaliser qu’il fait partie d’un tout dont les animaux font aussi partie intégrante en tant qu’êtres vivants.    Le respect qu’il prodiguera aux autres espèces que la sienne, autant animale que végétale, lui assurera une survie qui lui échappe aujourd’hui en raison de son mode de vie destructeur de l’environnement.  

Un style de vie végan ne sauvera pas la planète à lui seul, mais il peut constituer néanmoins une partie de la solution à ce vaste problème qu’est le réchauffement climatique.  

Stagflation et baby-boom

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Cet article a été publié dans Le Soleil de Québec, le 3 juin 2022

Les épisodes de grande inflation ont toujours été des sujets de préoccupation majeure dans l’histoire des économies occidentales. Il y a près de cinquante ans, les deux crises pétrolières des années 70 ont contribué à la fin de la croissance soutenue d’après-guerre des «Trente Glorieuses».

On assiste à l’époque à une période de stagflation, c’est-à-dire une période de stagnation économique et de forte inflation, qui ébranla les conceptions keynésiennes de l’économie qui s’étaient établies depuis la Grande Dépression.

Aujourd’hui encore, le spectre d’un tel scénario plane au-dessus de nos têtes, bien que la situation soit différente, car elle ne correspond plus uniquement à une simple hausse du coût des carburants fossiles comme jadis. Désormais, l’inflation est davantage le fruit d’une perturbation dans la chaîne de production de nos biens de consommation en réaction aux confinements imposés par la crise sanitaire et aussi, surtout, par une crise de la main-d’œuvre (poussant les salaires à la hausse ainsi que les prix), que nous savions proche en raison du vieillissement prévu de la population, mais que les conséquences de la pandémie nous ont brusquement révélée et qui sera difficile à renverser. 

De plus, toute déstabilisation géopolitique de l’échiquier mondial, telle que la récente invasion de l’Ukraine par la Russie, exacerbe à sa façon la montée générale des prix.

Il faudra alors possiblement s’habituer à une inflation supérieure à la fourchette traditionnelle que l’on situe entre 2 % et 3 % et à une croissance économique famélique — ce qui imposera probablement des changements socio-économiques majeurs dans les sociétés occidentales.

Le baby-boom, qui a pourtant permis des décennies de croissance économique jamais vue dans l’histoire de l’Occident, sera probablement aussi la cause, dans son contrecoup, du déclin de son économie qui a besoin d’une main-d’œuvre abondante et de jeunes consommateurs pour prospérer.

Dans ce contexte, les répercussions sur les nations occidentales et leurs finances publiques seront indéniables avec un cortège de hausses des prix à la consommation, de diminutions des revenus des gouvernements en conséquence de la contraction du nombre de travailleurs actifs et d’explosions des coûts de soins de santé pour soigner une population vieillissante.

Une démocratie inachevée

Cet article a été publié en version abrégée dans Le Soleil de Québec, le 25 mai 2021

L’accession du candidat démocrate Joe Biden à la présidence promet un retour à une tradition plus démocratique aux États-Unis après les années régressives de la présidence Trump. Mais la première démocratie libérale de l’histoire n’est pas pour autant au bout de ses peines pour rétablir les principes démocratiques fondateurs sur lesquels elle s’est instaurée. Car même avant l’avènement d’un président si peu respectueux des institutions politiques et des idéaux démocratiques, les États-Unis ne s’en trouvaient pas moins depuis leur fondation sur une pente dangereuse affaiblissant leurs assises démocratiques. Un phénomène qui se poursuit encore malheureusement aujourd’hui.

Une République blanche, masculine et ségrégationniste

Historiquement, au début de la République et même au temps de la colonie, le droit de vote était réservé exclusivement aux hommes blancs possédant un titre de propriété, ce qui revenait à dire que seulement 6 % de la population avaient effectivement le droit de voter. Comme nous le savons déjà, les Afro-Américains furent considérés comme des esclaves avant même leur débarquement sur le continent. Avec la conclusion de la guerre civile, leurs droits ont été enchâssés dans la constitution avec le 13e amendement (fin de l’esclavage), le 14e amendement (égalité des droits) et le 15e amendement (vote garanti pour tous).

En conséquence, une vingtaine d’années plus tard après la guerre civile, on a pu assister à l’élection de plusieurs élus afro-américains, surtout dans les États du Sud et du Sud-Ouest.

En réaction, une ère de violence envers les gens de couleur s’empara de ces États et on essaya par tous les moyens de contourner le 15e amendement garantissant le droit de vote des Noirs avec l’implantation des « Black codes » et de lois « Jim Crow » favorisant fortement la ségrégation. En voici quelques exemples: dans ce qu’on appela le plan du Mississippi de 1890, on instaura une « Poll taxes », c’est-à-dire une contribution financière des électeurs lors des élections sous le prétexte que le processus électoral coûte cher, ce qui élimina d’emblée une grande partie des électeurs Afro-Américains qui vivaient dans la pauvreté. Il y avait, en plus, des tests d’alphabétisation que plusieurs électeurs noirs échouaient en raison de leur faible scolarité. Une autre pratique courante était de retirer le droit de vote aux citoyens ayant un casier judiciaire alors que l’on criminalisait des Afro-Américains avec des infractions plutôt mineures comme le flânage sur la voie publique ou être sans travail.

En juxtaposition au profilage racial et au haut taux d’incarcération des Noirs qui sont monnaie courante aux États-Unis, il est facile d’estimer le nombre élevé de Noirs qui ne purent pas voter, même encore à notre époque. L’État de la Floride fut le champion en ce domaine en retirant à vie le droit de vote à tous ceux ayant un casier judiciaire jusqu’au référendum de 2018 qui a rétabli ce droit, mais seulement pour les anciens détenus.

En conséquence de toutes ces entraves, la proportion de votants noirs inscrits chuta considérablement jusqu’aux années 50 et cette situation continue d’avoir encore ses effets de nos jours en désavantageant le Parti démocrate qui récolte en général la majeure partie du vote afro-américain.

En 1965, le « Voting rights act » visait à renforcer le droit de vote des Noirs et à favoriser une meilleure représentation politique de ces derniers après les difficultés évoquées ci-haut.

La suppression du vote moderne

Depuis quelques décennies, les manœuvres visant à exclure du processus électoral, surtout dans les États dont les gouverneurs sont des républicains, les clientèles plus progressistes se tournant plutôt vers les démocrates (jeunes, étudiants, pauvres, Latino-Américains, Afro-Américains, etc.) se sont multipliées – bien qu’elles aient toujours été présentes dans l’histoire américaine.

En 2013, la Cour suprême révisa le « Voting act right », dont nous parlions plus tôt, dans la cause Shelby county vs Holder en limitant la portée de cette loi phare, près de 50 ans après son adoption. Les juges conservateurs, avec John Q. Roberts Jr, alors président de la Cour suprême des États-Unis, purent affaiblir le droit de vote dans un jugement de 5 juges contre 4. Survient alors une panoplie de stratagèmes de suppression de votes dans plusieurs États, Texas en tête, visant particulièrement les clientèles électorales démocrates: on pouvait accepter certains documents d’identification au bureau de vote, mais pas d’autres pour des raisons obscures; on fermait des bureaux de vote ou on limitait les heures d’ouverture dans certains secteurs spécifiques afin d’allonger la file d’attente et de décourager les électeurs de voter; certaines machines de votation tombaient en panne ou étaient dysfonctionnelles la journée de l’élection (surtout dans les quartiers noirs); il y avait aussi les « purges » des listes électorales qui frappaient les électeurs n’ayant pas voté aux dernières élections. Ils perdaient tout simplement leur droit de vote sans avertissements ou notifications.

De son côté, l’établissement du droit de vote des femmes se concrétisa avec le 19e amendement en 1919 après une marche sur Washington, une grève de la faim et des piquetages devant la Maison-Blanche. De nos jours, le droit de vote des femmes n’est plus contesté et bien que l’implication des femmes en politique soit plus forte, mais encore minoritaire, le plafond de verre est encore difficile à faire éclater dans certains États et même à Washington.

Le Gerrymandering

Un autre phénomène de contournement de la démocratie consiste dans la pratique du gerrymandering qui fait des ravages notamment au Texas et en Caroline du Nord, mais aussi dans beaucoup d’autres États. Cette méthode pernicieuse de découpage de la carte électorale à l’avantage unique d’un parti politique est encore bien présente au pays de l’Oncle Sam. Le parti au pouvoir dans un État peut tracer les limites des circonscriptions pratiquement à sa guise.

Avec le soutien de matériels informatiques sophistiqués et de données statistiques sur la population, il est désormais facile de délimiter des circonscriptions de manière juste assez bien balancée démographiquement pour faire élire le candidat de son choix. Par exemple, on divise un secteur à majorité afro-américaine entre trois circonscriptions à majorité blanche. Ainsi, le vote afro-américain se retrouve minoritaire dans les trois circonscriptions et aucun candidat que les Noirs favorisent dans ce secteur n’est élu. Cette pratique se retrouve surtout dans les États à gouvernance républicaine qui utilisent les instances gouvernementales de leur État pour favoriser l’élection de leurs candidats dans leur congrès local ou au niveau fédéral.

L’exécutif unitaire

Au niveau du pouvoir exécutif fédéral, il y a une tendance depuis la présidence de Bush fils et de la vice-présidence de Dick Cheney à la concentration des pouvoirs dans les mains du président. L’exécutif unitaire est un sujet de débat constitutionnel qui date du début de la République et qui traite des pouvoirs et des contre-pouvoirs entre le législatif et l’exécutif.

Grâce à l’exécutif unitaire, avec lequel même l’ancien président Trump a flirté, la Maison-Blanche peut contourner des lois en violation de la constitution (comme autoriser la torture) et user de l’appareil administratif de l’exécutif selon son bon vouloir (comme divulguer ou non des informations sensibles).

Évidemment, il s’agit d’une tendance autocratique qui peut s’avérer dangereuse et qui diminue l’influence du pouvoir législatif dans le jeu politique américain.

Le pouvoir de l’argent

On ne peut traiter de politique américaine sans évoquer la question de l’influence de l’argent. La vaste majorité des grandes démocraties occidentales ne permettent pas les dons politiques des entreprises privées lors des élections afin d’éviter collusion et corruption. Toutefois, au pays de l’ultracapitalisme, le privilège de promouvoir ses intérêts avec son argent est considéré comme un droit fondamental. Un phénomène qui s’est accentué avec l’avènement des Super PAC à la suite d’un jugement de la Cour suprême en 2010.

Devant cette réalité dans laquelle les élus sont tributaires du financement privé favorisant le lobbying et les portes tournantes, nous sommes en droit de nous demander combien de lois essentielles au bien commun ont été reléguées aux oubliettes et combien d’autres lois favorables à de grandes entreprises richissimes ou à des organisations d’intérêts aux coffres bien garnis furent entérinées sous la houlette de ce type de financement plutôt antidémocratique.

La participation électorale

Parlons aussi du taux de participation famélique lors des élections américaines. Il est l’un des plus faibles de tous les pays occidentaux (ce qui se veut plutôt contradictoire pour la première démocratie libérale de l’histoire qui se considère comme un phare de liberté et de justice dans le monde). Bien plus élevé dans le passé, il s’est mis à décliner depuis les années 70 (voir ce lien). La montée du conservatisme et de l’individualisme, combinée à la méfiance envers l’État fédéral peuvent expliquer en partie ce phénomène de désengagement politique des citoyens américains.

Toutefois, l’élection présidentielle de 2020 ainsi que les autres élections fédérales qui se sont déroulées simultanément marquent une rupture avec le taux de participation à la baisse chez les électeurs américains depuis un demi-siècle. Dans la foulée de la présidence de Donald Trump, plusieurs groupes minoritaires et progressistes de la société américaine ont voulu s’assurer qu’il ne séjourne plus à la Maison-Blanche pour un autre mandat. Ainsi, le vote des Afro-Américains et des Latino-Américains a contribué à l’amélioration de la fréquentation des urnes lors de ces élections fédérales.

Mais il n’en fallait pas plus pour que les élus républicains, répartis à travers les différentes enceintes parlementaires de nombreux États du pays, prennent les moyens pour s’assurer qu’un tel scénario ne se reproduise plus. Différents projets de loi, plus de 300 en fait, dans plusieurs États du pays (notamment en Floride, en Géorgie et en Iowa), complexifiant encore plus le droit de vote au bureau de scrutin, par correspondance ou anticipation, ont été proposés tout de suite après les résultats de l’élection présidentielle sous le prétexte de prévenir la fraude électorale massive dont le président Trump alléguait être victime (ce qui a été démenti officiellement, nous le savons, faute de preuve).

Le délitement de la démocratie

Nous avons aussi assisté, particulièrement depuis la présidence de Ronald Reagan, à un affaiblissement de la tradition démocratique aux États-Unis qui a culminé avec l’attaque du Capitole le 6 janvier 2021. En parallèle, pendant la même période, les inégalités socioéconomiques se sont accentuées (encore plus en cette période de pandémie) avec des politiques économiques néolibérales nuisant à la syndicalisation des travailleurs en combinaison avec l’application de théories dites de « ruissellement » qui ont diminué la contribution fiscale des plus nantis et des grandes entreprises aux coffres de l’État tout en sabrant allègrement les services publics.

Le fossé entre les classes sociales s’est accentué et l’ascendance de l’argent et du monde des affaires sur la vie politique américaine contemporaine s’est raffermie avec comme ultime conséquence l’avènement d’une radicalisation extrême vers la droite du parti républicain et d’un populisme fascisant tel que nous l’avons connu avec Donald Trump à la présidence. Une dérive du parti républicain vers l’autoritarisme et le culte du chef qui se confirme davantage avec les purges qui ont eu lieu parmi les élus prodémocratie de ce parti qui s’opposaient à la remise en cause de la validité des résultats de l’élection présidentielle, au grand dam de l’ex-président.

Tout cela se déroule sur une toile de fond d’une crise des médias suscitée par l’avènement de l’Internet qui a amené une dynamique de concentration des médias et de réduction des sources d’information fiables très dangereuse pour la santé de la démocratie. Et depuis 2016, cette crise a été exacerbée par une polarisation extrême de la société américaine avec la propagation de fausses nouvelles et la présence de « chambres d’échos » sur les réseaux sociaux suscitant une remise en question de la crédibilité de la profession journalistique, souvent infondée.

Une lueur d’espoir

La tentation est forte de se résigner devant la somme de ces défauts de la démocratie américaine qui ne semblent pas se corriger.

Cependant, la nouvelle administration du président Biden semble déterminer à réformer le régime démocratique américain avec le « For The People Act », un projet de loi qui atténuerait le pouvoir de l’argent dans la politique américaine et qui vise à élargir le droit de vote mis à mal par les républicains en combattant expressément les nombreuses tactiques de suppression de votes énumérées ci-haut.

Approuvée par la Chambre des représentants, cette loi quasi révolutionnaire reste à être votée au Sénat, qui bien qu’étant sous une mince majorité démocrate, risque de la rejeter avec une obstruction parlementaire institutionnalisée, appelée filibuster, favorisant ici la minorité républicaine.

Des tractations auraient actuellement lieu dans le but de contourner cette obstruction parlementaire afin d’initier cette revitalisation essentielle de la démocratie américaine portée par ce projet de loi, mais il est probable que des sénateurs démocrates plus conservateurs s’y opposent et la fassent échouer en raison de la majorité de seulement un siège des démocrates au Sénat (il n’existe pas de ligne de parti rigide aux États-Unis, même si le niveau de polarisation entre les deux grands partis ne cesse de s’accentuer).

En somme, chacun des principaux partis politiques cherche, soit à élargir le nombre de personnes capables de voter ou au contraire limiter ce nombre en instituant encore plus de méthodes de suppression de votes, tout ça afin de s’assurer de remporter le plus de sièges possibles et la présidence du pays dans l’avenir.

Mais il n’y a pas qu’un seul moyen de réformer la politique. Le front économique est tout aussi vital à la bonne santé démocratique. En effet, en supportant financièrement les familles et les travailleurs à faible revenu, il devient plus facile pour ses derniers de s’impliquer dans le débat politique, ou du moins d’avoir plus le temps de s’informer ou d’en comprendre les enjeux au lieu d’essayer de se maintenir la tête hors de l’eau monétairement en occupant plusieurs emplois simultanément. C’est ainsi que l’administration Biden a opté pour une politique économique keynésienne d’investissement massif dans l’économie (un peu semblable à ce qu’on a pu voir dans les années 30 avec le New Deal de Roosevelt), comportant un premier plan d’aide de 1900 milliards favorisant en grande partie les moins nantis dans les domaines de la garde des enfants, les soins aux aînés et aux handicapés. Ensuite, ce gouvernement propose l’adoption d’un second plan de réfection des infrastructures de 2000 milliards afin de stimuler la création d’emplois de qualité et de mettre à niveau les écoles, les collèges communautaires, le logement social et les garderies. Enfin, un troisième plan de soutien aux familles de 1800 milliards sur 10 ans financé en partie par la lutte à l’évasion fiscale vise à investir dans l’éducation publique et améliorer les soins de santé, notamment des enfants (nous savons que les coûts de santé sont très importants pour les individus aux États-Unis).

Également, le gouvernement prévoit augmenter le salaire minimum à 15$ l’heure pour les sous-traitants faisant affaire avec le fédéral.

Impensable il y a quelques années, l’idée de taxer davantage les revenus et gains en capital des plus riches (comme Roosevelt l’avait fait après la Grande Dépression) et les bénéfices des multinationales indépendamment de la localisation de leurs sièges sociaux dans le monde fait du chemin à Washington (et aussi chez ses partenaires européens). On désire évidemment répartir plus équitablement les richesses après des décennies de laisser-aller. Au niveau national, Biden prévoit augmenter les impôts des grandes sociétés de 21 à 28 %. Il faut savoir que contrairement à la réforme électorale, les budgets ou les plans d’aide économique ne sont pas soumis à une quelconque règle d’obstruction parlementaire.

En conclusion

Alexis de Tocqueville, auteur bien connu « De la démocratie en Amérique », définissait la démocratie plus par la simple égalité politique et la liberté de s’enrichir que par l’égalité des chances et la répartition plus juste des richesses. Voilà bien une définition propre au 19e siècle. À notre époque, on constate que la démocratie ne se limite pas exclusivement à l’exercice de sa liberté ou de son droit de vote. Il existe aussi une démocratie économique qui est intimement liée à la démocratie politique. Elle intègre les conditions socioéconomiques qui déterminent la véritable égalité politique entre les individus et qui est un ingrédient essentiel à une véritable démocratie.

Une population appauvrie détenant un faible niveau d’éducation ne peut pas faire de bons choix même si elle possède le droit de vote. Le soutien de l’État devient indispensable pour niveler vers le haut les conditions d’existence de tout un chacun afin de rehausser la compréhension des enjeux politiques, économiques et sociaux du plus grand nombre favorisant de meilleurs choix politiques dans l’urne. De cette façon, avec des électeurs plus éclairés et possédant un niveau de vie adéquat les sortant de la pauvreté, l’accession au pouvoir d’un populiste aux tendances despotiques devient moins probable et la mainmise de certains groupes d’individus aux intérêts parfois incompatibles avec ceux de la société s’en trouve amoindrie.

Il ne fait aucun doute que cette démocratie inachevée est à un moment tournant après plus de 200 ans de cheminement tortueux, d’avancées et de reculs qui nous démontrent que la lutte pour la démocratie n’est jamais terminée…

Un investissement perdant

La décision de la Caisse de dépôt et placement du Québec d’investir davantage (à hauteur de 16,7 milliards en 2016) dans les énergies fossiles, le secteur gazier, le pétrole des sables bitumineux et les pipelines fut plutôt à courte vue et insensée.

Cette stratégie financière de la Caisse contrevient à l’esprit de la politique environnementale de la province voulant s’attaquer aux gaz à effet de serre et hisser le Québec au niveau de champion de la lutte aux changements climatiques sur le continent.

Il s’agit aussi d’un placement à court terme qui se met en porte à faux avec le but ultime de l’investisseur institutionnel qui cherche à maximiser les rentes de retraite des Québécois. À quoi sert-il d’amasser des milliards de dollars pour la future retraite des citoyens si les placements que nous effectuons fragilisent le climat, polluent notre environnement et détériorent notre qualité de vie et celle des futures générations de retraités?

À cette époque de gains rapides et de maximisation des profits sans considération de l’avenir, la Caisse de dépôt et placement, au contraire, devrait être un moteur de changement vers une transition énergétique viable, car elle est de propriété publique et se doit d’être responsable envers ses actionnaires, les citoyens québécois.

À quoi bon épargner afin de jouir plus tard d’une retraite dorée si le futur n’est plus assuré ?

Antithèse présidentielle

Bien qu’il soit limpide que Barack Obama et Donald Trump ne logent pas à la même enseigne, nous pouvons dire avec certitude qu’il n’y a jamais existé une telle dissemblance entre un président sortant et rentrant dans l’histoire des États-Unis.

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Au-delà de la couleur de la peau, il existe un monde de différence entre les deux.

Comme nous le savons tous, Trump penche plutôt à droite dans plusieurs secteurs, tels que l’environnement (nier les changements climatiques), l’immigration (mur mexicain et déportation) et la santé (défaire Obamacare) tandis qu’Obama, plus à gauche, voulait investir dans les énergies propres, donner un statut légal aux immigrants illégaux et assurer en soins de santé tous les Américains.

Mais, au plan personnel, le contraste est encore plus flagrant.

Le prochain président est issu de la haute bourgeoisie de New York. Barack Obama, pour sa part, provient d’une famille de classe moyenne et a débuté sa carrière en tant qu’organisateur communautaire.

De plus, Trump a reçu, dès son jeune âge, le soutien financier de son père dans la construction de son empire. Le président bientôt sortant est parti de rien et a pu s’enrichir avec la vente de ses livres, entre autres.

Finalement, Donald Trump se vante de ne pas lire de livres pendant que Barack Obama, lui, peut être considéré comme un grand intellectuel par sa culture et ses lectures.

La succession de l’un à la suite de l’autre de deux présidents que tout sépare trace un portrait assez troublant d’un peuple américain plus divisé que jamais ayant perdu ses points de repère et en proie à un désespoir qui finira par lui faire perdre toute crédibilité aux yeux du monde…

Demi-dieux libéraux

Le vide oppositionnel et la division du vote francophone procèdent à l’établissement d’un parti unique au Québec. Le Parti libéral, fort d’un appui des communautés culturelles en pleine progression, se voit ainsi assuré d’une longue gouvernance que seule une opposition unifiée pourrait interrompre.

Le Parti Québécois étant hors-jeu, le champ est maintenant libre pour concrétiser le grand plan de Réingénierie de l’État échafaudé par Jean Charest une décennie plus tôt. Et, cette fois-ci, rien ne pourra l’arrêter, tout en obtenant en boni le soutien tacite de la CAQ de François Legault.

Confiants de leur nouvelle hégémonie politique, les libéraux instaurent dès lors la grande réforme – si espérée par le milieu des affaires et les ténors de la droite économique – sans s’embêter de consultation populaire, même si le premier ministre Philippe Couillard promettait, quelques jours après les élections l’ayant amené au pouvoir, un « dialogue social » sur les futures compressions dans l’appareil de l’État.

Pourtant, même si la Commission sur la révision permanente des programmes n’a pas terminé ses travaux, on sabre déjà allégrement dans tous les ministères en évoquant l’urgence de la situation lorsqu’en campagne électorale aucune mention de telles coupes sombres n’a été évoquée.

Et, de plus, le ministre Gaétan Barrette obtient tout pouvoir en santé. En centralisant selon son bon vouloir et en nommant à sa discrétion les membres des conseils d’administration des établissements, il éloigne les agents locaux d’une participation bénéfique au sain roulement du système de santé.

Ce qui confirme que jamais un gouvernement n’a été aussi distant des préoccupations de ses commettants malgré toutes ses belles promesses creuses.

Et cela n’a rien de surprenant avec une telle équipe au cabinet restreint représentant les couches sociales les plus aisées de la société québécoise. Trois médecins y siègent ainsi que deux banquiers: Philippe Couillard (premier ministre); Gaétan Barrette (ministre de la Santé); Yves Bolduc (ministre de l’Éducation); Carlos J. Leitão (ministre des Finances); et finalement Martin Coiteux (président du Conseil du trésor), pourfendeur avéré du « modèle québécois » qu’il honnit.

Animés par un sentiment paternaliste, ces bien-pensants cherchent, dans leur grande magnanimité, à éduquer et à remettre sur la bonne voie les citoyens égarés que nous sommes… sans demander notre avis.

Cependant, ils ne sont pas en position de nous faire des remontrances en sermonnant que le Québec vit au-dessus de ses moyens. C’est bien sous les mandats de Jean Charest que la dette publique de la province a explosé, alimentée par la collusion et la corruption.

Mais, bien assis sur leur piédestal, ils ne pourront appréhender tous les problèmes, à moins d’avoir le don d’ubiquité. Il faut, au contraire, faire participer tous les intervenants à la résolution du problème des déséquilibres budgétaires, pas agir en demi-dieux ayant toutes les solutions…

Du mercure dans les bouches de nos enfants

Petit billet à caractère personnel ici

Je suis le père d’un jeune garçon et comme il est de mise, sa mère et moi avons pris un rendez-vous chez le dentiste.

Tout s’est bien passé.  Examen et radiographie.

Mais, surprise, ils ont répertorié douze caries, selon les dires du dentiste.  Étonnant, car nous ne sommes pas très friands du sucre et nous lui brossions pourtant les dents à tous les jours.

Jusqu’à ce point, ça allait.  Je croyais que mon assurance paierait pour les obturations avec du matériau composite.  Or, après informations, j’appris qu’elle ne débourserait pas car la RAMQ prends en charge les frais pour les enfants de 9 ans et moins en permettant les archaïques « plombages gris » qui contiennent près de 50% de mercure, un métal lourd hautement toxique et cancérigène.

Encore à ce point,  j’étais serein.  Je me disais que la Régie de l’Assurance Maladie du Québec était assez intelligente pour permettre le choix aux parents craignant les effets néfastes du mercure chez le développement neurologique des enfants.  Un petit surplus à payer et voilà!

Bien non… c’est illégal, m’a-t-on répondu.

ILLÉGAL???

Ce qui est illégal, c’est de mettre cette merde de métal lourd s’évaporant avec la mastication dans la bouche des jeunes enfants avant leur dixième année de vie!

Le mercure se loge particulièrement dans le cerveau et s’élimine difficilement de l’organisme, et de moins en moins avec le vieillissement.

Le pire est que la différence de coût entre un plombage en amalgame et composite est minime!

Et on se surprend des cancers chez les enfants, de l’autisme, des problèmes d’apprentissage et des troubles de comportement des jeunes Québécois.

Le gouvernement ne devrait pas cautionner un tel composé pouvant nuire au développement neurologique des citoyens de demain, à moins qu’il n’existe une entente tacite entre celui-ci et les producteurs de mercure pour écouler ce métal néfaste qui n’a pas beaucoup d’utilisations utiles à l’exception de quelques produits industriels.

Et, comme vous me connaissez, j’irais même jusqu’à dire – à la blague – que l’utilisation du mercure dans l’obturation des dents chez les jeunes fait partie d’un stratagème pour abrutir les masses populaires tandis que les enfants des nantis, eux, peuvent se payer le luxe d’une obturation composite, céramique ou autre –  moins dangereuse pour la santé.

En définitive, les autorités devraient, au pire, délier un peu plus les cordons de la bourse pour permettre des obturations non-mercuriennes chez les jeunes enfants, et, au mieux, proscrire une fois pour toutes l’utilisation du mercure en dentisterie, comme l’ont fait la Suède et la Norvège… des pays toujours à l’avant-garde au niveau social ainsi qu’en santé publique.

Une société de prisonniers

On le sait. Les conservateurs de Stephen Harper prétendent haut et fort lutter contre le crime et envoyer illico presto dans leurs prisons revampées les délinquants en tout genre afin de satisfaire leur électorat traditionnel de l’Ouest préconisant la répression plutôt que la réinsertion sociale des criminels, même s’ils ne sont âgés que de 14 ans.

Or, leurs divers projets de loi resserrant les peines de détention auront comme répercussion un coût supplémentaire au niveau fédéral et surtout pour les provinces qui accueilleront par ricochet un nombre plus élevé de prisonniers – mais sans de subsides supplémentaires provenant du gouvernement fédéral.

Devant les récriminations des provinces,  notamment le Québec, le ministre fédéral de la Sécurité publique, Vic Toews, a simplement rétorqué que les provinces devront couper dans les services sociaux (santé, éducation, aide sociale) afin de financer l’accroissement de la population carcérale suscité par les orientations du cabinet de Stephen Harper.

En suggérant aux États provinciaux de sabrer plus dans les dépenses sociales en cette période de déficits budgétaires dus au ralentissement de l’économie, les conservateurs engendreront plus de pauvreté et en conséquence plus de criminalité qui dirigeront encore plus de citoyens vers le système pénitencier parasitant alors davantage les finances publiques qui injecterons plus d’argent vers l’administration des prisons et ainsi de suite…

Comme toujours, les conservateurs démontrent leur jugement sans faille et leur grande vision sociale.

À croire que les conservateurs espèrent que le Canada batte le record peu enviable du plus haut taux d’incarcération des pays développés détenu aujourd’hui par les États-Unis…

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication : 302 (initié)

Une bouteille de plastique à la mer

L’eau potable devient de plus en plus une ressource convoitée et le mouvement fut fort pour la commercialiser.  En effet, depuis plusieurs années, la consommation de l’eau embouteillée a crû de manière exponentielle sous une étiquette de pureté et de qualité encensée par de grandes compagnies commerciales comme Nestlé, Pepsi, Coca-Cola ou Danone.

Pourtant, considérant que le quart de l’eau en bouteille provient des réseaux d’aqueduc municipaux(1), on doit s’interroger sur la pertinence de cette tendance moussée par la publicité incessante.  Et cela est sans considérer le coût d’une bouteille d’eau pouvant être jusqu’à 1 000 fois plus dispendieuse que l’eau fournit par une desserte publique(2) ainsi que la proportion de bactéries y étant par deux fois supérieure : l’eau du robinet contiendrait en moyenne 1,6 million de bactéries par 100 ml d’eau pendant que l’eau embouteillée atteindrait les trois millions par 100 ml(3).

Au-delà de toutes ces considérations, la principale problématique de l’eau en bouteille est son caractère pollueur.

À chaque année, en Amérique du Nord, près de 70 millions de bouteilles de plastique sont jetées dans les sites d’enfouissement et, au Canada, 80% de celles-ci ne sont pas recyclées.  Elles prendront un millénaire avant de se décomposer entièrement (4).

Ici, au Québec, selon Recyc-Québec, 166 millions de bouteilles vides auraient été, à ce jour, expédiées aux dépotoirs ou dans des incinérateurs nuisibles pour l’environnement.

Par ailleurs, l’empreinte écologique est substantielle en raison du transport physique des bouteilles dégageant des gaz à effet de serre et aussi du coût onéreux en énergie et matériaux pour la production du contenant plastique.  Par exemple, il faut 3 litres d’eau pour manufacturer une bouteille d’un litre.

Et dans les océans, la situation est d’autant plus désastreuse.  Les berges et les plages reçoivent des centaines de kilos de détritus, dont surtout du plastique, repoussés par les courants marins (5).  Pis encore : une récente étude américaine dévoile que 35% des poissons du monde seraient contaminés par des matériaux plastiques(6)!  Des animaux que nous ingurgitons et qui nous transmettent ainsi ces mêmes particules au risque de notre santé.

Conséquence paradoxale pour un produit clamant vendre la santé tandis que les embouteilleurs s’objectent catégoriquement à imposer une consigne sur leurs bouteilles car la résine de plastique recyclée coûte 65% de plus à produire que la résine vierge.

Plus que jamais, face à cet état d’urgence, nous sommes contraints, comme consommateurs, d’orienter nos choix d’achat afin de pallier à cette dangereuse dérive.

En vérité, il est mille fois plus écologique et économique d’utiliser un filtre à charbon à la maison pour assainir encore plus une eau du robinet déjà d’excellente qualité…

Sources :

1. Eau Secours

2. Pierre Payment, microbiologiste et professeur à l’INRS-Institut Armand-Frappier       

3. Protégez-Vous

4. www.filtrezpourlavie.ca/

 5. http://www.oceanattitude.org/index.php?post/2011/02/08/iuhiluhgiughiou

6. http://glissespirit.com/wordpress/2011/04/14/le-plastique-present-dans-35-des-poissons/

 

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication :  178 (universitaire)