Démocratie de papier

Ce court article a été publié dans Le Soleil de Québec, le 3 octobre 2022

Jair Bolsonaro, président d’extrême droite sortant du Brésil, a obtenu, contre toute attente, 43% des voix au premier tour de la présidentielle face à son adversaire socialiste Lula da Sylva à 48%.

Pourtant, son mandat n’a été qu’une suite de démonstration d’incompétence, de déconnexion de la réalité (surtout en environnement), de mépris des minorités et des pauvres dans un pays déchiré par les inégalités sociales.

Et le pire est qu’une grande partie de son électorat se retrouve justement parmi les classes sociales les moins richissimes ainsi que les moins éduquées, et elles sont donc les plus réceptives à la désinformation et à la propagande d’une droite au service des grandes fortunes brésiliennes.

Ceci met donc en lumière un fait évident: la démocratie politique sur papier est bien jolie, mais son espérance de vie est limitée si la démocratie économique (et donc effective) égalisant les chances pour tous ne vient pas la soutenir dans la réalité.

Les derniers tyrans

Cet article a été publié dans Le Devoir et Le Soleil de Québec, le 24 septembre 2022

Des agitations anti-Poutine en Russie jusqu’aux manifestations des femmes en Iran contre la théocratie, l’axe des pays autoritaires semble vouloir s’effriter de plus en plus. Le vent de la liberté, même réprimé pendant des décennies, paraît vouloir souffler et emporter avec lui les vestiges autocratiques du passé.

Les dictateurs et les dirigeants autoritaires actuels raisonnent encore avec les mêmes logiques et les mêmes schémas qu’autrefois. Nous avons pu le constater avec la guerre en Ukraine, que Poutine a planifiée à tort avec une logistique du XXe siècle. Même chose en Iran avec les ayatollahs, qui pensaient bien avoir gagné la bataille de l’assujettissement de la femme, mais qui se sont heurtés récemment à une modernité insoupçonnée en leur contrée.

En cette ère de grande diffusion de l’information et de grandes aspirations populaires, il est plus ardu de maintenir un despotisme sur des millions de personnes sans, qu’un jour ou l’autre, une étincelle mette le feu aux poudres.

Les autres dictatures sur la planète doivent regarder avec un air circonspect ce qui se passe en Russie et en Iran comme s’il s’agissait d’un présage de ce qui peut leur arriver. Comme l’affirmait Maurice Duverger, politologue français aujourd’hui décédé, la démocratie donne l’apparence d’être traversée par de grandes contradictions, car elles apparaissent librement au grand jour, mais elles sont encore plus vives sous une dictature qui réprime vivement toute dissidence malgré l’image trompeuse d’unité de la société civile. 

Le monde a changé?

Photo by Shawn Xu on Unsplash

Ce court article a aussi été publié dans Le Soleil de Québec, le 13 septembre 2022

On nous rappelle à chaque 11 septembre qu’en 2001, à pareille date, « le monde a changé ».

Vraiment? Bien au contraire. Il s’est ancré encore plus dans l’incompréhension de l’autre, dans la peur de l’étranger, dans l’accroissement des inégalités sociales, dans le repli sur soi et dans le surinvestissement militaire au détriment du développement social ou environnemental.

En fait, le vrai changement tarde à venir.

Non, le monde n’a pas changé. Il est, au mieux, demeuré le même ou, au pire, il s’est aggravé dans les problèmes qui l’assaillent déjà…

La Russie des extrêmes

Cet article a été publié dans Le Devoir, le 13 août 2022 et dans Le Soleil de Québec, le 19 août 2022

L’histoire contemporaine de la Russie fut mouvementée et les événements récents en Ukraine tendent encore à le démontrer. En 1917, elle se sortit des griffes du régime monarchique des Tsars avec la prise du pouvoir des bolcheviks et 72 années plus tard, après la déroute de l’expérience communiste en ce pays, la Russie tenta de copier le modèle de la démocratie libérale qui s’avéra être aussi un échec dans un pays où les mœurs démocratiques ne se sont jamais vraiment développées.

Nous le savons, Poutine règne désormais en maître en son pays depuis plus de 20 ans. Les nombreux opposants politiques sont emprisonnés, voire pire. Les médias indépendants du régime ne sont qu’une vue de l’esprit, encore plus depuis la guerre en Ukraine. Poutine déclare même sans ambages que son pays s’aligne maintenant dans l’axe des pays autocratiques qui sont opposés à la démocratie occidentale (dans lequel figure aussi la Chine).

Dans la foulée, le pays du Grand Ours sombre de plus en plus vers l’ultraconservatisme aux accents nationalistes avec l’adoption de nouveaux amendements à la Constitution russe interdisant le mariage homosexuel et privilégiant l’enseignement patriotique à l’école, entre autres. Par ailleurs, il existe même un parc d’attractions familial consacré à la glorification de l’armée russe — ce qui aurait fait pâlir de jalousie les plus fervents partisans du national-socialisme de l’Allemagne du Troisième Reich.

De plus, la Russie, tout comme son adversaire naturel, les États-Unis, n’est pas à une contradiction près. Elle délaissa un régime communiste pour se vouer corps et âme au capitalisme en moins d’une génération, tout en reproduisant les pires travers de ce système économique : les inégalités en Russie sont parmi les plus criantes du G20, l’impôt sur le revenu est à taux unique (ce qui est une mesure régressive favorisant les plus riches) et le 1 % des mieux nantis, c’est-à-dire les oligarques, détient la moitié de la richesse nationale.

Cette invasion de l’Ukraine par la Russie nous révèle aussi d’autres contradictions. Le régime de Poutine, dont les tendances fascistes sont évidentes, reproduit les mêmes politiques expansionnistes d’un certain chef allemand autoritaire du XXe siècle que le peuple russe a pourtant combattu avec acharnement pendant la Deuxième Guerre mondiale. Qui plus est, le chef du Kremlin accuse fallacieusement le gouvernement ukrainien d’être d’obédience nazie pour mieux justifier une simple « opération militaire spéciale » et pour camoufler du même coup son propre autoritarisme d’extrême droite…

Les yeux vers les étoiles 

Ce texte a été publié dans Le Devoir, le 14 juillet 2022

Le grand télescope James Webb nous a dévoilé ses premières images. Certains diront que ces photos éveilleront les consciences de notre place dans l’Univers.  

Mais à quoi sert-il de vouloir scruter les confins du cosmos afin d’en apprendre un peu plus sur l’Univers lorsque nous ne sommes même pas capables d’appliquer nos connaissances à ce que nous savons déjà de notre planète et à ce qu’il faudrait faire pour assurer la survie de l’humanité à l’orée de la plus grave crise écologique de tous les temps?

On nous rabâche depuis longtemps que la recherche scientifique servira le bien de l’humanité. Jusqu’à présent, la science a surtout servi les intérêts du grand capital et de la guerre. Et bien que nous ayons des connaissances scientifiques jamais vues dans l’histoire de l’humanité, nous continuons à répéter les mêmes schémas de pensée insouciants et destructeurs.  Il est alors un peu futile de regarder les étoiles ainsi lorsque notre propre monde est en péril. 

À force de marcher tout en regardant bien haut vers les étoiles au lieu de voir les périls qu’il y a devant nous, nous trébucherons fatalement… 

Suprême inconséquence

Cet article a été publié dans Le Soleil de Québec, le 8 juillet 2022 et de manière écourtée dans Le Devoir, le 6 juillet 2022

Photo by Jesse Collins on Unsplash

Il est rare dans l’histoire politique américaine qu’un président d’un unique mandat et, qui plus est, des plus controversés de tous les temps ne laisse autant son empreinte que Donald Trump. Les répercussions des deux récents jugements d’une Cour suprême dont il a contribué au remodelage avec les nominations de trois juges ultraconservateurs en son sein se feront sentir pendant longtemps.  

Ainsi, avec des décisions en porte-à-faux avec l’opinion publique, la Cour suprême des États-Unis a signé l’annulation de l’arrêt pro-avortement Roe v. Wade que pourtant 70% des Américains appuient selon un sondage de mai 2022. Et dans un autre jugement impliquant l’industrie du charbon, la Cour limite grandement le pouvoir de l’Agence pour la protection de l’environnement (EPA) de réglementer les émissions de gaz à effet de serre même si encore une vaste majorité des Américains (72%) considèrent les changements climatiques comme un réel problème selon un sondage de l’Université Yale en 2021.

Il est alors facile de constater que l’influence d’un certain monde des affaires avide de profits et de groupes de pression religieux vient d’atteindre un nouveau sommet dans les institutions politiques américaines. Le pouvoir judiciaire, la Cour suprême, qui se doit pourtant de refléter la société dont elle est issue en interprétant les lois selon les préoccupations et les enjeux contemporains, n’est plus un instrument de progrès et de stabilité comme elle le fut jadis. Force est de constater qu’elle devient progressivement un simple organe idéologique et dogmatique de certaines minorités influentes dont les intérêts vont à l’encontre de la volonté de la majorité en violation du principe de séparation des pouvoirs si cher aux Pères fondateurs.  Dans ce contexte, il n’est pas étonnant que son prestige et sa crédibilité décroîssent de plus en plus selon ce qu’indiquent d’autres récents coups de sonde. 

Finalement, il est intéressant de pointer du doigt le caractère contradictoire et l’inconséquence de ces deux jugements de la Cour suprême américaine concernant l’avortement et les gaz à effet de serre. De l’un, on cherche à protéger la vie à tout prix, mais de l’autre, on prend des mesures anti-environnementales qui polluent l’atmosphère des générations futures et qui fragilisent plus que jamais la pérennité de la vie humaine sur Terre en contribuant à la crise climatique…  

Véganisme, écologie et société  

Cet article a été publié en version abrégée dans Le Soleil de Québec, le 29 juin 2022

La récente flambée des prix en alimentation due aux récentes périodes caniculaires anormales donne du poids au dernier rapport  du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) qui suggérait, en avril de cette année, une réduction drastique de la consommation alimentaire carnée afin de privilégier une alimentation essentiellement d’origine végétale dans le but de lutter contre les changements climatiques qui s’apprêtent à franchir le point de non-retour. 

Le GIEC nous rappelait alors les coûts environnementaux énormes de la production de viande à grande échelle, comme les émissions des gaz à effet de serre (GES) tels le CO2 et surtout le méthane (un très grand gaz à effet de serre). Selon les rapports du GIEC, l’agriculture et l’élevage à des fins commerciales représentent la deuxième source d’émission de GES de causalité humaine dans le monde, derrière le secteur énergétique et devant le secteur industriel.  Il est à noter que les grands pays producteurs de viande, mécontents des conclusions du rapport, firent pression sur le groupe pour qu’on n’élimine pas entièrement de l’équation la consommation de viande. 

À cela s’ajoute la déforestation croissante afin d’accroître les pâturages destinés au bétail (comme en Amazonie), la surutilisation d’eau potable (surtout dans le secteur bovin), la pollution des cours d’eau et l’appauvrissement des sols qui, regroupés tous ensembles, affaiblissent encore davantage la capacité agricole de la planète à moyen et long terme.

Le véganisme (c’est-à-dire un régime alimentaire composé exclusivement de sources végétales à la différence du végétarisme qui permet l’élevage du bétail de façon complémentaire), dont la popularité se fait croissante et que même le GIEC semble promouvoir dans son troisième et dernier rapport, constitue une piste de solution intéressante à la réduction des GES et comporte des avantages indéniables autant pour l’environnement que pour la santé des individus.

Tout d’abord, une production alimentaire à base végétale nécessite moins d’utilisation de ressources (dont l’eau), moins d’équipements spécialisés et met moins de pression sur l’écosystème et sur le climat.  Elle est aussi moins affectée par les perturbations du climat que sa contrepartie animale et elle facilite une capture accrue de GES dans l’atmosphère.  

Par ailleurs, l’individu bénéficierait tout autant d’une telle transformation des habitudes alimentaires avec une nourriture plus saine.  Notons que la production industrielle de viande ne garantit pas la qualité de la nourriture avec l’ajout d’hormones ou d’agents de conservation dont on ne connaît pas toujours les effets sur la santé humaine.

Mais au-delà de ces considérations environnementales, quelles seraient les implications sociales, économiques ou philosophiques d’une alimentation uniquement à base végétale?

L’accès à la nourriture et son abondance sont des facteurs de stabilité sociale.  Rappelons-nous que des troubles sociaux et même des révolutions ont déjà débuté avec des disettes ( c’est-à-dire un manque général de vivres).  La crise alimentaire suscitée par le changement climatique mettra encore plus de pression sur le pouvoir politique pour répondre aux besoins alimentaires de base des citoyens afin de calmer l’insatisfaction populaire.

Et dans ce contexte de rareté alimentaire dans un monde déjà confronté à des écarts grandissants de richesses et de revenus, la première des inégalités sociales se révèlera être l’inégalité devant l’alimentation.  Le pauvre a peu de moyens de se nourrir adéquatement, ce qui impacte négativement sa santé ainsi que sa qualité de vie.   Dès lors, la question alimentaire deviendra de plus en plus une source d’inégalité majeure avec les changements climatiques et ses différentes conséquences négatives sur la production alimentaire de viande (qui se retrouve encore au centre de notre alimentation), car celle-ci est plus sensible aux sécheresses que la production alimentaire végétale qui demeure plus stable et résiliente, même dans un milieu naturel moins favorable.  En somme, une diète de type végan permettrait de démocratiser la saine alimentation à un coût abordable et d’empêcher les augmentations marquées des prix suscitées par le déclin de l’offre alimentaire mondiale ébranlée à la suite des répercussions du réchauffement climatique.

Il est d’ailleurs fort probable qu’à terme, la production de viande s’avérera tellement onéreuse et risquée en raison des soubresauts du climat que les investisseurs privés et les agriculteurs se tourneront naturellement vers la production alimentaire végétale.

Ce changement dans l’alimentation amènera aussi à une redéfinition au plan philosophique de la relation entre l’être humain et la nature.  Depuis le début de l’ère industrielle, l’humanité n’a cessé de s’approprier les ressources naturelles et la vie animale sans aucun respect du vivant ou du fragile équilibre de la biosphère.  En se retrouvant prochainement acculé au pied du mur en raison d’une exploitation abusive des richesses naturelles et de la pollution, le genre humain devra redécouvrir son lien intime avec toutes choses sur cette planète et réaliser qu’il fait partie d’un tout dont les animaux font aussi partie intégrante en tant qu’êtres vivants.    Le respect qu’il prodiguera aux autres espèces que la sienne, autant animale que végétale, lui assurera une survie qui lui échappe aujourd’hui en raison de son mode de vie destructeur de l’environnement.  

Un style de vie végan ne sauvera pas la planète à lui seul, mais il peut constituer néanmoins une partie de la solution à ce vaste problème qu’est le réchauffement climatique.  

Déliquescence démocratique

Cet article a été publié dans Le Soleil de Québec, le 20 avril 2022

Une course haletante se profile entre les deux candidats au deuxième tour de la présidentielle française, Emmanuel Macron et Marine Le Pen – qui s’affrontent pour une seconde fois au deuxième tour – et le résultat pourrait bien tracer le chemin qu’empruntera le modèle de la démocratie libérale dans le monde lors des prochaines décennies.

Après un président Donald Trump qui a ébranlé les fondations des institutions démocratiques aux États-Unis par ses actions ainsi que son non-respect du jeu démocratique et qui a eu une résonance toxique dans les autres démocraties de la planète, une éventuelle victoire de Marine Le Pen fragiliserait encore plus un système politique déjà mis à mal par le désenchantement des électeurs se traduisant par un cynisme entourant la chose politique et une méfiance envers les politiciens. Nous avons pu d’ailleurs noter une diminution en Occident du taux de participation aux élections depuis les années 80.

Surtout, en toile de fond, il y a aussi toute la symbolique qu’amènerait une victoire de l’idéologie d’extrême droite de Marine Le Pen en France qui fut, rappelons-le, la deuxième démocratie libérale de l’histoire (1789) après que la toute première démocratie libérale, issue pareillement d’une révolution (1775), les États-Unis, ait aussi fleurté avec une telle dérive idéologique antidémocratique avec la présidence de Donald Trump. Il est difficile de faire pire comme image de déliquescence de la démocratie libérale lorsqu’une grande partie des populations des deux premières nations qui l’ont adoptée semblent vouloir lui tourner le dos.

Mais le plus inquiétant est que ces mouvements néofascistes en sols américain et français cherchent à saper les traditions démocratiques et de liberté qui se sont développées depuis le siècle des Lumières (1715 à 1789), particulièrement en France, en faisant fi du fait que c’est à partir de ce moment charnière que la civilisation occidentale a rejeté l’autoritarisme politique hérité de l’ancien régime médiéval tout en mettant en valeur la connaissance. En effet, cet ancien régime se caractérisait par une société fermée aux idées du progrès et par une gouvernance absolutiste (incarnée par le Roi) très autoritaire et dénuée de respect envers les libertés fondamentales ainsi que les droits politiques que nous considérons comme acquis de nos jours et que certains partis politiques aimeraient bien édulcorer.

Et, ironie de l’histoire, profitant des largesses de la démocratie libérale qu’ils méprisent pourtant, voici que ces mouvements politiques d’extrême droite aspirent à rétablir un régime autocratique, considéré comme idyllique, en canalisant un vote de protestation autour de leur cause dans l’espoir de faire élire leurs chefs aux penchants autoritaires au sommet de l’État, tels de nouveaux monarques, qui rêvent depuis toujours de se débarrasser de l’héritage du libéralisme politique afin d’imposer leurs programmes politiques réactionnaires…

Comptabilité de nature

Photo de Jani Tisler provenant de Pexels

Un grand espoir résidait dans la lutte aux changements climatiques lorsque les cinq grandes banques du Canada ont annoncé, il y a quelques années, leur volonté de diminuer sensiblement leurs investissements dans les énergies fossiles afin d’atteindre une certaine carboneutralité dans leurs activités – ce qu’elles ont fait pendant un court lapse de temps.

Cependant, force est de constater que le naturel est rapidement revenu au galop. En effet, de récentes informations nous indiquent que le rythme de ces investissements bancaires dans les énergies fossiles au plan mondial a repris de plus belle en 2021, notamment dans le pétrole bitumineux de l’Ouest canadien dans le cas des banques canadiennes.

Il est tentant ici de mettre en parallèle l’agissement des grandes banques avec les principes de la comptabilité, avec ses bilans, ses actifs, ses passifs et son capital dont elles sont tributaires. De toute évidence, la terre est présentement « dans le rouge » et le sera davantage si l’on ne dévie pas de la course actuelle. Les richesses naturelles se raréfieront, la biomasse se rétractera et la crise climatique atteindra une ampleur inégalée qui fera peser sur l’économie mondiale un lourd tribut, comme l’a déjà mentionné le rapport Stern (2006), et cela sans compter le risque d’une accélération d’une 6e extinction de masse déjà en cours.

Pourtant, si les grands PDG de ces institutions financières appliquaient les mêmes raisonnements comptables aux écosystèmes et au climat, ils constateraient que la pertinence du capitalisme sous sa forme actuelle doit être plus que jamais remise en question. Ils instaureraient alors des mesures afin d’assurer la pérennité de leurs entreprises en changeant de paradigmes tout en modifiant les anciennes façons de faire.

Si, autrefois, le capitalisme tel que nous le connaissons créait de la richesse, dixit Adam Smith, désormais, il en détruit et pire encore, il risque de tout emporter avec lui…

Leçon de guerre

Ce texte a été publié dans Le Devoir, le 28 Février 2022

Photo de Karolina Grabowska provenant de Pexels

J’ai lu quelques livres de stratégie militaire dans ma vie, Sun Tzu, Clausewitz et autres. Un concept de base semble constant chez tous les auteurs : on ne s’engage pas dans une attaque sans être certain de vaincre à court ou à moyen terme.

Ici, Poutine a pris un dangereux pari en sous-estimant la résistance ukrainienne. Cette guerre d’invasion risque de s’enliser et de perdurer beaucoup plus longtemps que le pensait le maître du Kremlin, sans compter que les Occidentaux fournissent en armes et équipements les Ukrainiens dans leur lutte.

Pourtant, les exemples de conquêtes s’étiolant devant l’usure du temps et la volonté combative des indigènes sont nombreux dans l’histoire. Le Vietnam et l’Afghanistan en sont les cas les plus patents.

Soumettre une population contre son gré au diktat de l’envahisseur n’est pas chose facile et s’avère pratiquement impossible, surtout à notre époque avec les nouveaux moyens de communication. Nous ne sommes plus au temps de la guerre froide, et Poutine et ses sbires risquent de le réaliser amèrement…