Comptabilité de nature

Photo de Jani Tisler provenant de Pexels

Un grand espoir résidait dans la lutte aux changements climatiques lorsque les cinq grandes banques du Canada ont annoncé, il y a quelques années, leur volonté de diminuer sensiblement leurs investissements dans les énergies fossiles afin d’atteindre une certaine carboneutralité dans leurs activités – ce qu’elles ont fait pendant un court lapse de temps.

Cependant, force est de constater que le naturel est rapidement revenu au galop. En effet, de récentes informations nous indiquent que le rythme de ces investissements bancaires dans les énergies fossiles au plan mondial a repris de plus belle en 2021, notamment dans le pétrole bitumineux de l’Ouest canadien dans le cas des banques canadiennes.

Il est tentant ici de mettre en parallèle l’agissement des grandes banques avec les principes de la comptabilité, avec ses bilans, ses actifs, ses passifs et son capital dont elles sont tributaires. De toute évidence, la terre est présentement « dans le rouge » et le sera davantage si l’on ne dévie pas de la course actuelle. Les richesses naturelles se raréfieront, la biomasse se rétractera et la crise climatique atteindra une ampleur inégalée qui fera peser sur l’économie mondiale un lourd tribut, comme l’a déjà mentionné le rapport Stern (2006), et cela sans compter le risque d’une accélération d’une 6e extinction de masse déjà en cours.

Pourtant, si les grands PDG de ces institutions financières appliquaient les mêmes raisonnements comptables aux écosystèmes et au climat, ils constateraient que la pertinence du capitalisme sous sa forme actuelle doit être plus que jamais remise en question. Ils instaureraient alors des mesures afin d’assurer la pérennité de leurs entreprises en changeant de paradigmes tout en modifiant les anciennes façons de faire.

Si, autrefois, le capitalisme tel que nous le connaissons créait de la richesse, dixit Adam Smith, désormais, il en détruit et pire encore, il risque de tout emporter avec lui…

Improbable Charest

Cet article a été publié le 11 mars 2022 dans Le Devoir et Le Soleil de Québec

Photo de Tetyana Kovyrina provenant de Pexels

On le sait depuis toujours. Jean Charest rêve de devenir premier ministre du Canada. Il a raté sa chance autrefois, et maintenant le rêve semble à sa portée. Vraiment ?

M. Charest oublie que ce Parti conservateur est un Reform party 2.0 qui n’a plus rien à voir avec le défunt Parti progressiste-conservateur. Plus le temps passe, plus ce parti ressemble au Parti républicain de l’autre côté de la frontière. Il se dirige à droite de la droite comme nous avons pu le voir avec les appuis de certains conservateurs envers le Convoi de la liberté.

Donc, Jean Charest ne se retrouverait pas dans le même parti qu’avant. Ce qui reste du Parti ­progressiste-conservateur a disparu avec lui lorsqu’il a quitté pour le Parti libéral du Québec. Et Charest n’est pas assez à droite pour diriger ce parti. C’est un conservateur dans la vieille tradition tory, pas un extrémiste religieux et réactionnaire comme l’est la base partisane de l’Ouest du nouveau Parti conservateur… à moins qu’il ne décide d’ouvrir la porte à un contrôle moindre des armes à feu, à la restriction du droit à l’avortement ou même au rétablissement de la peine de mort afin de s’attirer des partisans.

De plus, le dernier chef a justement été désavoué parce qu’il recentrait trop le parti. Un chef Charest ne reviendrait-il pas à la même chose ? Et son passé comme premier ministre du Québec, avec la participation du Québec à la Bourse du carbone et son ancienne étiquette libérale, ne devrait-il pas lui nuire aussi devant les Albertains et l’Ouest conservateur ? Toute cette histoire me semble très improbable…

Leçon de guerre

Ce texte a été publié dans Le Devoir, le 28 Février 2022

Photo de Karolina Grabowska provenant de Pexels

J’ai lu quelques livres de stratégie militaire dans ma vie, Sun Tzu, Clausewitz et autres. Un concept de base semble constant chez tous les auteurs : on ne s’engage pas dans une attaque sans être certain de vaincre à court ou à moyen terme.

Ici, Poutine a pris un dangereux pari en sous-estimant la résistance ukrainienne. Cette guerre d’invasion risque de s’enliser et de perdurer beaucoup plus longtemps que le pensait le maître du Kremlin, sans compter que les Occidentaux fournissent en armes et équipements les Ukrainiens dans leur lutte.

Pourtant, les exemples de conquêtes s’étiolant devant l’usure du temps et la volonté combative des indigènes sont nombreux dans l’histoire. Le Vietnam et l’Afghanistan en sont les cas les plus patents.

Soumettre une population contre son gré au diktat de l’envahisseur n’est pas chose facile et s’avère pratiquement impossible, surtout à notre époque avec les nouveaux moyens de communication. Nous ne sommes plus au temps de la guerre froide, et Poutine et ses sbires risquent de le réaliser amèrement…

Médias et complotisme

Cet article a été publié le 31 janvier 2022 dans le journal Le Soleil et Métro Montréal

Photo de Produtora Midtrack provenant de Pexels

Les manifestations se déroulant à Ottawa nous montrent encore le spectacle de la grande méfiance, voire de la haine envers les médias, de tous ceux qui gravitent autour du complotisme – plusieurs journalistes ayant été harcelés lors de l’événement, comme ce fut aussi le cas dans plusieurs autres événements du genre.

« Les médias nous mentent », voilà le mantra de ces protestataires qui préfèrent donner toute leur confiance à des réseaux sociaux inondés de désinformation. Nous pourrions bien donner du poids à une telle assertion, mais rien de probant ne permet d’arriver à une telle conclusion.

Tout d’abord, le journalisme est un programme universitaire qu’un bon nombre de journalistes suivent et le Conseil de presse du Québec peut blâmer les inexactitudes et la démagogie de certains journalistes ou chroniqueurs.

De plus, affirmer que tous les médias du Québec, du Canada ou même du monde font partie d’un grand complot relève d’une méconnaissance profonde du milieu de l’information et de l’histoire des démocraties libérales. Au contraire des dictatures les plus implacables qui contrôlent intégralement la diffusion de l’information afin de protéger leurs régimes, notre système politique accepte la diversité des sources d’information en permettant à plusieurs acteurs médiatiques de couvrir l’information, la transmettre et aussi de l’interpréter par des analyses et des chroniques. Ainsi, le gouvernement et l’opposition peuvent se faire entendre sur diverses tribunes et ils ne contrôlent donc pas unilatéralement le flux d’information.

D’autres affirment que les médias sont « achetés » par le gouvernement. Il est un fait que les médias, écrits surtout, ont de la difficulté à rivaliser avec Google, Facebook et consorts qui grugent une grande partie de leurs anciens revenus en détournant la publicité et en diminuant leurs abonnements. Le Québec et bien d’autres gouvernements dans le monde subventionnent alors les médias d’information afin d’en préserver l’existence et permettre une multiplicité des sources d’information vitale en démocratie. Il s’agit tout de même d’un phénomène relativement récent et ce soutien gouvernemental ne constitue pas un trait historique fondamental des démocraties libérales. En fait, avant l’avènement d’internet, c’était plutôt chose rare.

Par ailleurs, il est hautement improbable qu’un complot ourdi par des groupes obscurs au niveau planétaire ait prise dans un environnement médiatique dont les acteurs peuvent être de différentes allégeances politiques (gauche ou droite) et être de propriété privée, publique ou coopérative. Inévitablement, une fuite mettant à jour la mascarade coulerait.

Enfin, il est aisé de critiquer les médias et la profession journalistique. Certes, comme toute activité humaine, il peut y avoir des dérapages et des erreurs. Cependant, la garantie d’une information aux pôles multiples, malgré ses défauts, est une assurance contre la désinformation propagée en ligne et un rempart aux forces antidémocratiques qui tentent de saper la tradition et les institutions démocratiques dans l’objectif d’obtenir le pouvoir dans un but contraire à l’intérêt collectif.

Du vert conservateur

Cet article a été publié dans le journal Métro Montréal le 16 septembre 2019

À une lointaine époque, j’ai milité pour le Parti vert du Québec, car je croyais à un certain progressisme social et environnemental. Mais, les récentes prises de position de son cousin fédéral me font douter de voter vert au prochain scrutin pancanadien.

Les verts canadiens semblent bien différents de leurs collègues québécois situés plus à gauche. Sa base principale se trouvant dans l’Ouest canadien, ce parti vert peut être considéré comme une aberration au plan idéologique.

En effet, le mouvement politique vert se place idéologiquement à gauche sur le spectre politique, car le programme environnemental qu’il soutient implique nécessairement une réforme socio-économique profonde de la société. Ce n’est manifestement pas le cas ici pour le Parti vert canadien qui s’est positionné, pour sa part, ouvertement pour l’exploitation des sables bitumineux à moyen terme, pour une privatisation des infrastructures d’eau des Premières Nations et pour permettre à ses éventuels députés de voter librement lors d’un possible projet de loi des conservateurs sur le droit à l’avortement – bien que la cheffe Elizabeth May se soit rétractée récemment dans la confusion la plus totale.

D’aucuns pourraient penser qu’avec un parti vert comme ça, nous n’avons pas vraiment besoin d’un parti conservateur…

Débats sans fin

Cet article a été publié dans le journal Métro Montréal le 20 février 2019

Je commence à être las de ces débats sans fin sur les valeurs culturelles, la nation, les ethnies, de ce que certains conçoivent comme étant correct au plan culturel.

Il y a des choses tellement plus importantes qui nous rejoignent tous, comme un monde sans pollution, sans discrimination et la problématique du réchauffement climatique.

On cherche en soufflant ainsi sur les braises de la haine et de l’incompréhension à nous détourner des problèmes fondamentaux de notre époque qui impliquent pourtant la survie même du genre humain en nous dressant les uns contre les autres.

Un acteur manquant

Une autre conférence sur le réchauffement climatique (COP 24) vient de se conclure à Katowice en Pologne et les divers représentants des nations du monde retourneront dans leur capitale respective sans avoir, comme d’habitude, de réelles capacités à respecter les ententes signées. Ils se rencontrent et pondent à chaque fois des résolutions qui tomberont dans l’oubli une fois le sommet terminé sous la pression des impératifs économiques dictés par la concurrence internationale en dépit des voyants rouges clignotant de plus en plus fort appuyés par la fonte rapide des pôles et aussi par l’avènement d’épisodes climatiques extrêmes aux quatre coins du globe.

Et si, en fait, il manquait une variable à l’équation de la solution du réchauffement climatique? On évoque toujours une participation accrue des États, du politique, mais presque jamais de l’économique, c’est-à-dire des efforts que l’on devrait demander aux sociétés commerciales nationales et multinationales. Évidemment, le monde des affaires prétend faire sa part, mais force est de constater que ses initiatives sont bien timides et bien en deçà de ce qu’il devrait faire. Certains diraient même qu’une grande partie de la responsabilité repose désormais sur les épaules de ces organisations dont est issue la prolifération des gaz à effets de serre, c’est-à-dire les sociétés commerciales et industrielles qui produisent nos biens de consommation multiples, tels les voitures et tous les autres biens.

En tant qu’entreprises prétendument responsables et soucieuses de l’environnement, celles-ci ne devraient-elles pas franchir le cap et entreprendre d’elles-mêmes le changement des habitudes de consommation? Au lieu de cela, l’offre demeure la même et ignore une demande pour des produits plus écologiques. Par exemple, on nous propose encore des véhicules VUS énergivores. On rétorquera que les technologies alternatives de véhicules autres qu’à explosion ne sont pas encore prêtes, mais si l’on avait investi en environnement autant de centaines de milliards de dollars que nous l’avons fait dans l’industrie de l’armement et de la guerre ces dernières décennies, notre problème actuel serait bien près de la solution. Toutefois, il est bien plus rentable de fabriquer des armes à court terme que de préparer un avenir meilleur à l’humanité à long terme.

Aussi, on s’étonne de constater le manque de vision des multinationales quant à l’urgence de la situation. Pourtant, elles devraient être les premières à user du principe de précaution afin d’assurer leur propre pérennité. Après tout, une terre dévastée en permanence par les bouleversements climatiques n’est pas bonne pour les affaires.

Le Pacte pour la transition, par exemple, est une bonne initiative, mais la situation climatique actuelle dépasse la simple sphère de la société civile ou même de la politique. Il manque un acteur important dans la résolution globale de cette problématique. Sans une attitude proactive du monde des affaires à l’international dans le changement de paradigme de consommation, jamais nous ne pourrons opérer le changement de cap si escompté…

La neutralité des officiers de l’État

Cet article a été publié dans le journal Métro Montréal le 15 octobre 2018

Dans tout ce débat sur les symboles religieux, nous devons nous rappeler un concept fondamental. En sciences politiques, il existe des principes constitutionnels de base datant de l’époque des Lumières.

L’un d’entre eux est la séparation de l’État et de la religion. Donc, en tant qu’officiers de l’État avec un pouvoir coercitif, les juges et les policiers ne doivent pas montrer d’affiliation religieuse. Ils doivent montrer une apparence de neutralité, comme l’État. En France, la République a établi cela depuis longtemps.

Toutefois, en ce qui concerne les enseignants et les gardiennes de CPE, cela ne s’applique pas. Ce ne sont pas des officiers de l’État, mais seulement des employés.

 

Le mirage Legault

Une oasis s’offre aux Québécois dans le désert de la politique provinciale. Apparaissant à l’horizon comme un havre de changement, la Coalition Avenir Québec (CAQ) attire les électeurs désabusés de la sempiternelle alternance entre les deux partis traditionnels que sont le Parti libéral du Québec et le Parti québécois. Cet asile politique que représente le parti de François Legault empreint d’une image de « nouveauté » (la CAQ est en fait une ADQ 2.0) ne constitue qu’un mirage dans lequel les citoyens peuvent se laisser berner.

Derrière la façade consensuelle de la CAQ se cache un parti autocratique centré sur le chef qui prend la plupart du temps les décisions, ce qui amène souvent des déclarations controversées, car aucune consultation n’est réellement faite avec les membres du parti. Formation politique possédant peu de structures démocratiques, le chef, François Legault, nomme directement les candidats du parti dans chaque circonscription, contrairement aux autres grands partis qui permettent aux membres de désigner démocratiquement leur candidat dans chaque comté. Notons aussi que la CAQ a l’effectif de membres le moins élevé (beaucoup moins) des quatre principaux partis. Ce parti peut être ainsi considéré comme un parti de notables au lieu d’un parti de masse.

En fait, ce genre de parti est calqué sur un modèle d’entreprise dans lequel le haut de la pyramide dicte ses volontés à toute l’organisation. La CAQ s’avère dès lors comme une formation politique non démocratique et centralisatrice. Notons aussi que François Legault est un ancien d’homme d’affaires ayant dirigé Air Transat et que plusieurs de ses candidats proviennent du monde des affaires.

Si la CAQ prend les rênes du pouvoir, elle imposera ce modèle à l’appareil gouvernemental en tentant de changer la philosophie de l’État dans un but de rentabilité à tout prix, comme cela se fait dans le domaine privé. Pour ce faire, Legault a déjà implicitement déclaré en 2012 qu’il remplacerait les hauts fonctionnaires et les dirigeants des sociétés publiques qui ne penseraient pas comme lui, c’est-à-dire avec une logique mercantile. Dans la présente élection, « L’aspirant premier ministre compte confier à la vérificatrice générale du Québec la tâche de passer au peigne fin le curriculum vitae des premiers fonctionnaires de chacun des ministères » selon Le Devoir – ce qui pourrait servir de prétexte pour faire le coup de balai tant préconisé.

Par ailleurs, il faut souligner le caractère « amateur » de François Legault, lui, pourtant, qui navigue dans les eaux de la politique québécoise depuis longtemps. Il a fait preuve d’une méconnaissance de plusieurs dossiers, notamment sur les politiques fédérales en immigration, sur l’abolition des commissions scolaires (l’une de ses promesses phares) qui serait difficile, car elles sont enchâssées dans la constitution canadienne, parce que linguistiques et rappelons-nous son ancienne déclaration dans laquelle il promettait d’obliger les médecins ayant étudié au Québec de demeurer dans la province même si cela contrevient à la Charte des droits et libertés.

Venons-en maintenant à l’idéologie politique de la CAQ: résolument à droite sur le plan économique, elle préfère un État moins interventionniste afin de laisser se développer à sa guise la loi du marché et du même coup favoriser le monde entrepreneurial dont sont issus François Legault et plusieurs des membres de son équipe. Dans la foulée, elle prévoit réduire progressivement le nombre de fonctionnaires, donc réduire la taille du gouvernement, mais simultanément promet de bonifier les services à la population (?). Ensuite, Legault désire « mettre au pas » les centrales syndicales comme il le promettait jadis afin d’émasculer le principal contrepoids au grand capital dont il est le digne représentant. Ajoutons qu’Air Transat, ancienne entreprise de Legault, fut soutenue financièrement par le Fonds de solidarité FTQ et que l’actuel chef de la CAQ les a remercié vingt ans plus tard en pointant directement les syndicats comme les responsables de la collusion dans la construction lorsqu’en vérité ce fut des entrepreneurs comme lui qui en ont été la source principale.

Un autre des aspects les plus malsains de la CAQ reste son caractère démagogique. La crainte du chef de la CAQ que nos petits-enfants ne parlent pas français joue sur une corde sensible de l’identité nationale, même si l’affirmation est sans fondement. Mais cela permet de faire des gains chez une frange de l’électorat plus réceptive à ces messages populistes. Demeure aussi en parallèle la question de l’immigration, dont la CAQ veut resserrer les vannes, même si le Québec a besoin de nouveaux travailleurs pour combler les nombreuses retraites à venir – des travailleurs issus de l’immigration qui occupent déjà pourtant 50% des nouveaux emplois créés depuis 2006.

Comme l’affirmait autrefois le chef de l’Action démocratique du Québec, ancêtre de la CAQ, Mario Dumont, le Québec serait la province la plus pauvre de la Confédération canadienne et François Legault répète ce mantra à qui veut l’entendre en espérant que les électeurs lui donnent le mandat de revitaliser un Québec selon lui moribond. Mais c’est oublier que le Québec, malgré les salaires plus bas, a un coût de la vie beaucoup moins élevé qu’en Ontario et que les services à la population sont plus généreux. Sans compter que l’écart entre les classes sociales est moins prononcé qu’ailleurs sur le continent.

Legault appelle à une nouvelle révolution tranquille à la sauce néolibérale, c’est-à-dire avec plus de privé, moins de réglementations et moins d’État afin de faire rouler le business – ce qui constitue en somme une antithèse du programme original de Lesage qui préconisait, au contraire, une intervention plus poussée de l’État dans toutes les sphères de la société afin d’être maîtres chez nous.

Changeant de direction au gré du vent, accolée à un monde des affaires plus soucieux de ses bénéfices que du bien-être de la population et infestée d’arrivistes de tout acabit reniflant la prise éventuelle du pouvoir, la CAQ est tout sauf un choix politique viable.

Un investissement perdant

La décision de la Caisse de dépôt et placement du Québec d’investir davantage (à hauteur de 16,7 milliards en 2016) dans les énergies fossiles, le secteur gazier, le pétrole des sables bitumineux et les pipelines fut plutôt à courte vue et insensée.

Cette stratégie financière de la Caisse contrevient à l’esprit de la politique environnementale de la province voulant s’attaquer aux gaz à effet de serre et hisser le Québec au niveau de champion de la lutte aux changements climatiques sur le continent.

Il s’agit aussi d’un placement à court terme qui se met en porte à faux avec le but ultime de l’investisseur institutionnel qui cherche à maximiser les rentes de retraite des Québécois. À quoi sert-il d’amasser des milliards de dollars pour la future retraite des citoyens si les placements que nous effectuons fragilisent le climat, polluent notre environnement et détériorent notre qualité de vie et celle des futures générations de retraités?

À cette époque de gains rapides et de maximisation des profits sans considération de l’avenir, la Caisse de dépôt et placement, au contraire, devrait être un moteur de changement vers une transition énergétique viable, car elle est de propriété publique et se doit d’être responsable envers ses actionnaires, les citoyens québécois.

À quoi bon épargner afin de jouir plus tard d’une retraite dorée si le futur n’est plus assuré ?