Le pire ennemi de Stephen Harper

Nous y voilà.  Stephen Harper a réussi son pari.  Il a mené sa formation politique à un pouvoir majoritaire en mettant en échec une opposition divisée et maintenant incapable de contrevenir à ses projets de loi.

Cependant, il devra faire face à un autre ennemi, malgré sa nouvelle omnipotence à la Chambre des Communes.

Désormais, suite aux élections, le chef de l’exécutif, contrôlant autocratiquement tout l’organe du pouvoir et muselant ses députés et ministres depuis son premier mandat,  répondra seul de ses politiques et de leurs conséquences, bonnes ou mauvaises, et ne pourra blâmer quiconque pour ses déboires.

La nouvelle confiance acquise ne comportera pas que des avantages, mais apportera aussi son lot de dérives et de dérapages.  Car, après tout, qui peut s’affirmer réellement conservateur dans l’âme au Canada, à part les Albertains?  Qui remettrait en question le droit des femmes à l’avortement?  Qui approuverait un sabordage de l’État fédéral initié par des coupes sombres dans les programmes sociaux qui ont bâti la société canadienne?  Probablement beaucoup moins de citoyens que Stephen Harper le croit.

Depuis 2006, les partis d’opposition faisaient contrepoids aux velléités trop conservatrices du premier ministre et de ses acolytes.

Après le 2 mai, la situation a changé.

Il devra alors user de retenu et de sagesse dans ses prises de décision, sinon, il s’aliénera rapidement sa base électorale.   Mais cela s’avérera difficile, puisque de nombreux groupes de pression de droite, tels que les dogmatiques religieux ou les associations de libertariens, pousseront d’un seul élan sur celui qu’ils ont appuyé pendant toutes ses années pour faire avancer leurs agendas.

Dès lors, on peut affirmer que son pire ennemi n’est plus l’ensemble de ses détracteurs ou des autres partis, mais bien Stephen Harper lui-même.

7 réflexions sur “Le pire ennemi de Stephen Harper

  1. the Ubbergeek

    En effet. Sans l’opposition ferme qu’il a eu avant, il pourrait se laisser aller à ses plans et idées franchement – ou sa base, ministres, etc.. – et se nuire à lui-même…

  2. the Ubbergeek

    Mais cependant, il y a un risque là dedans.. On pourrait déguster salement, dirait un français.

  3. Serge

    « Il devra alors user de retenu et de sagesse dans ses prises de décision, sinon, il s’aliénera rapidement sa base électorale. Mais cela s’avérera difficile, puisque de nombreux groupes de pression de droite, tels que les dogmatiques religieux ou les associations de libertariens, pousseront d’un seul élan sur celui qu’ils ont appuyé pendant toutes ses années pour faire avancer leurs agendas. » JSG

    TORONTO — Le Parti conservateur a finalement fait une percée dans la forteresse qu’est Toronto.
    Les conservateurs ont ravi quatre sièges aux libéraux dans la métropole ontarienne, lundi, en plus de faire élire sept députés dans les circonscriptions voisines.
    À la fin de la soirée, ils avaient mérité 25 sièges sur 46 dans la région du Grand Toronto, soit 11 de plus qu’au moment où les élections ont été déclenchées.
    The Canadian Press. Tous droits réservés

    Aux commentaires des blogues il y plein de lecteurs disant que le «tyran et dictateur» Harper, va foutre le bordel et se pendre seul durant ces quatre ans, comme ça.

    Peut-on vraiment croire que l’économiste devenu politicien d’expérience, Harper, va risquer ces 11 sièges gagnés en Ontario, pour quelque groupe que ce soit ?…

    Ou bien qu’il va gouverner au centre ?…

    sp

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