Casser les étudiants

Toute cette saga entourant la hausse des droits de scolarité ne nous ramène qu’à une chose : le gouvernement libéral de Jean Charest, représentant les segments les plus âgés de la population ainsi que le monde des affaires, cherche à casser l’émancipation politique des jeunes étudiants.

En effet, ignorer les revendications des travailleurs de demain – en refusant toute véritable négociation – revient à nier leurs droits de citoyen pleins et entiers.

C’est simplement les considérer avec condescendance.  C’est les inférioriser en les traitant comme des citoyens de seconde classe.

Mais, surtout, c’est les préparer à un avenir politique dans lequel leurs voix ne compteront guère.

En fait, il s’agit de les formater, de les conditionner, de les modeler à devenir des êtres apolitiques, déconnectés des autres, recroquevillés sur eux-mêmes et incapables de tout mouvement collectif –  tout ça pour maintenir la prédominance future des élites… mais à quel prix?

Une démocratie qui ne considère pas sa relève est vouée à disparaître…

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication : 161 (universitaire)

Prendre en otage les enfants

Les chirurgiens-dentistes ne manquent pas d’aplomb.  Ils menaçaient de charger plein tarifs aux enfants de moins de dix ans et aux assistés sociaux pour leurs services.

Cette semaine, après un ultimatum de 30 jours envers le gouvernement, 70% des dentistes se sont désaffiliés de la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) car ils considèrent que leur rétribution moyenne (estimée de leur part) de 10$ par intervention après déduction de tous les coûts d’opération est insuffisante.

En riposte, le ministre de la santé, Philippe Couillard, a menacé d’imposer un décret fixant les tarifs actuels à ceux de 2003 si une entente n’intervenait pas avant le 4 avril. 

Le président de l’Association des Chirurgiens Dentistes du Québec, Serge Langlois, juge qu’il est inapproprié de la part de l’État de demander aux dentistes d’assurer les coûts d’un système public.

Cependant, ces spécialistes devraient tenir compte d’autres facteurs.  Le ministère de l’éducation finance en grande partie les études supérieures par le biais des impôts que paient justement les parents des enfants que l’on menace.  Partout, en Amérique du Nord, les coûts d’études en chirurgie dentaire sont beaucoup plus dispendieux, mais les dentistes ignorent cet avantage dont ils ont bénéficié et devraient au contraire remercier les québécois en procédant à des consultations à moindres tarifs pour les personnes les plus vulnérables de la société. Sans compter que ces clients ne constituent qu’un dixième de toute leur clientèle.

S’il y a une attitude irresponsable et égoïste dans cette histoire, c’est bien celle des chirurgiens-dentistes.  Avec un salaire moyen dépassant 120 000$ par année, et même souvent plus, ces derniers ne sont pas à plaindre. Afin d’accroître leurs pécules, ils sont maintenant prêts à opérer un odieux chantage sans considération des besoins d’une population qui a permis l’obtention de leurs diplômes à moindre frais.

Une humanité, une nation

Par delà les races, les cultures, les langues, les traditions ou les religions, tout être humain est intrinsèquement relié avec ses semblables.  

Quand comprendrons-nous que nous constituons une seule race et que nos différences ne sont que mineures en comparaison à tout ce qui nous réunit?  Notre amour envers nos enfants, la personne qui partage notre vie ou nos amis proches est la seule valeur importante et tout le reste n’est que futilité. En extrapolant cette affirmation, nous devrions étendre ce sentiment à l’ensemble de l’Humanité car chaque personne sur cette terre a quelqu’un qu’il aime et cela nous touche tous par ricochet car « Nul ne peut être tout à fait libre tant que tous ne le sont pas ; nul ne peut être tout à fait heureux tant que tous ne le sont pas (Herbert Spencer). »

Vous désirez le gazon vert de votre voisin, sa rutilante voiture ou sa luxueuse demeure? Ce n’est que frivolité matérialiste qui vous fait perdre le sens des choses vraiment importantes. 

Il nous faut dépasser l’égoïsme, l’avarice, nos conflits, nos dissensions, nos querelles intestines pour enfin évoluer en une race éclairée et consciente de son destin ainsi que de ses possibilités.

L’être humain est son propre seigneur et seulement lui peut s’assurer de la pérennité de son espèce.

Des hommes différents, une humanité.

Une humanité, une nation…

Ne pas payer d’impôt : un exemple à ne pas suivre

L’ex-médecin Guylaine Lanctôt refuse de payer ses impôts depuis 13 ans, au risque d’être incarcérée, qu’elle qualifie de frauduleux car ils serviraient à financer des guerres, les paiements des intérêts des dettes gouvernementales et l’acquisition d’armements.

Aussi, elle ne désire simplement pas payer pour des services publics qu’elle ne veut pas.  Elle s’est d’ailleurs désaffiliée du régime d’assurance maladie du Québec en stipulant qu’elle paierait elle-même ses frais médicaux en cas de maladie.

En fait, ce n’est que du pur individualisme rejetant la mise en commun de services essentiels desservants le plus grand nombre.

Cette dame avec son ancien salaire de médecin a peut-être les moyens de se substituer à l’aide sociale de l’État en santé, en éducation, en pensions de vieillesse ou en soutient aux sans-emplois, mais ce n’est pas le cas d’une vaste partie de la population.  L’impôt prélevé chez les mieux nantis est une mesure qui garantit une relative équité sociale.

Si on suivait son raisonnement, le gouvernement devrait simplement disparaître emportant avec lui le maintient d’un ordre public minimal et l’existence d’une justice sociale nécessaire dans toute société évoluée.  Ce ne serait qu’un retour à l’état de nature dont profiterait évidemment les plus riches mais qui propulserait dans les bas-fonds les conditions de vie des citoyens à faibles ou moyens revenus.

Cette retraitée devrait saisir le non-sens de ses propos et comprendre que malgré le fait que nos impôts servent dans une certaine proportion à soutenir des activités militaires souvent contestables, la majeure partie sert aussi dans le financement des programmes sociaux qui profitent tout de même à l’ensemble de la communauté qui n’a pas les moyens financiers qu’elle possède.

La guerre en Irak : un exutoire de la pauvreté américaine?

L’accroissement de la pauvreté aux États-unis est un problème social majeur. 

Selon un rapport du Bureau du recensement, la misère extrême a atteint son plus haut niveau depuis 30 ans.  En 2005, 12,6 % de la population, soit 37 millions de personnes, y compris 13 millions d’enfants, vivaient sous le seuil de pauvreté officiel.  Il est à noter que ce taux « officiel » n’est pas représentatif de la pauvreté réelle qui accable une grande proportion du peuple américain, particulièrement en ce qui concerne les chômeurs, les minorités, les femmes, les enfants et les personnes âgées.

Par ailleurs, il faut mettre en parallèle l’écart des revenus aux États-unis : de 1979 à 2001, les revenus des 20% les plus pauvres ont augmenté de seulement 8%, ceux de la classe moyenne de 17% tandis que ceux des 10% les plus riches de 69% et le premier 1% de 139%!  Cependant, ces données sont relatives car l’augmentation du coût de la vie, la forte inflation dans les domaines de l’énergie et la hausse virtigineuse des prix des maisons avant la crise immobilière du subprime se sont résultées en fait par une diminution du niveau de vie de la plupart des américains.

On prétend que le taux de chômage aux États-unis serait proche de ce qu’on appelle le « plein emploi », mais cet indicateur est souvent trompeur car celui-ci peut diminuer même si l’inactivité se répand car on ne décompte pas les chômeurs qui ne cherchent plus de travail.

En réponse à cette crise sociale à venir, les républicains néoconservateurs au pouvoir ont préféré ignorer le phénomène et poursuivre leur politique de désengagement social de l’État fédéral en dépit des signaux d’alarme de paupérisation qui font feu de partout.

Depuis le début de la présidence de George W. Bush, on a assisté à des coupures drastiques dans la santé publique (voir ce site et cet autre site), l’éducation (diminution de 2 milliards pour l’année fiscale 2006 seulement) ainsi que dans la sécurité sociale (voir ce site) qu’on envisage de privatiser afin de rationaliser encore plus les prestations pour garnir les coffres des entreprises privées qui en prendraient le relais.  Simultanément, on a outrageusement augmenté le budget du ministère de la défense de 5% (20 milliards) en 2006 afin de continuer l’occupation de l’Irak.

On se demande si les actions de l’administration Bush ne visent pas un dessein machiavélique.  En réduisant les ristournes sociales, on aggrave la pauvreté générale et les indigents bombardés de publicités pro-engagement militaire n’ont d’autres choix que de s’inscrire dans l’armée afin de se sortir de la misère et d’accroître les rangs des soldats disponibles pour se battre en Irak.  Une personne qui est satisfaite de son sort économique ne s’engage généralement  pas dans les forces armées au risque de perdre sa vie.  Il faut n’avoir rien à perdre et c’est justement sur ce sentiment que comptent Les va-t-en guerre républicains. 

De plus, on détourne l’attention des citoyens américains des lacunes sociales du pays en priorisant dans les médias les activités des militaires américains en Irak et la lutte au terrorisme.

En conclusion, les néoconservateurs font ainsi une pierre deux coups : ils ont de la chaire à canon pour leurs guerres impérialistes et diminuent alors le nombre de pauvres gênants aux États-Unis.

L’Histoire se répète encore : les pauvres font la guerre que les riches ont déclarée.

Du pain et des jeux

Notre civilisation n’a rien à envier au défunt Empire Romain antique qui régnait autrefois sur l’Europe.  Les classes opulentes des deux époques avaient bien compris de quelle façon amadouer la masse populaire en lui donnant le minimum nécessaire à sa survie tout en l’égarant de sa triste réalité avec des distractions futiles.

Comme le Colisée de Rome, nos stades et nos arénas de hockey ne servent qu’un but : faire sortir la vapeur émanant de la colère et de l’insatisfaction de la population et la dérouter dans l’adoration de jeux factices afin de lui camoufler le pitoyable état de la société. Le citoyen s’identifie à son héro sportif en regardant la télévision, bien assis sur son sofa avec une bière à la main droite et un sac de croustilles à la main gauche, au lieu de manifester pour une amélioration de son niveau de vie et de la qualité de l’environnement.

En fait, un exutoire dont tirent avantage les élites car de cette manière, les regards sont détournés de leurs activités et elles s’enrichissent impunément pendant qu’on adule les vedettes sportives à la télévision. 

Victimes de l’abrutissement par le sport professionnel commercialisé, nous sommes à  l’image d’un enfant dont on détourne l’attention afin de lui dérober son bien.

C’est Noël, mais pour qui?


Noël, quelle belle fête. On se retrouve, on se dit comment on s’aime, on prend une petite bière en admirant le sapin tout illuminé.

Mais Noël n’a pas la même signification pour tout le monde.

Pour les plus chanceux, c’est un moment de réjouissance et de retrouvaille familiale qui donnent lieu à un joyeux festin et à une remise réciproque de cadeaux.

Pour les moins chanceux, c’est la vie à l’extérieur à une température inférieure à zéro. C’est les maigres repas provenant des dons alimentaires ou charitables pour les familles démunies. C’est l’apathie envers leurs conditions misérables malgré les chants cantiques et le soi-disant « esprit de Noël ».

On prétend être compatissant durant ce temps des fêtes, mais le reste de l’année nous nous complaisons dans l’indifférence envers nos congénères.

Noël n’est plus Noël. Ce n’est que la période la plus prospère pour les commercants. Ce n’est qu’un prétexte pour nous vendre des bébelles inutiles et des cochonneries superficielles, originaires de la Chine ou d’une autre partie du monde. Des travailleurs, souvent des enfants, partout sur la planète se tuent à la tâche dans la production de ces biens avec des salaires médiocres. En fait, plusieurs entreprises ne pourraient survivre sans cette fête devenue maintenant capitaliste.

Nous accourons dans les centres commerciaux en achetant des cadeaux pour nos proches afin de nous racheter de notre désintéressement envers autrui à tous les autres jours de l’année tandis que les mercantiles s’en mettent plein les poches.

Note : Joyeux Noël à tous, malgré tout!

Le chacun pour soi


Dans cette civilisation ultra-individualiste qui est la nôtre, nous sommes seuls. Seuls devant la misère, seuls en face des problèmes qui nous affligent et seuls à combattre les maux qui tourmentent nos existences.

Les défis du genre humain sont de plus en plus globaux, sociaux et le capitalisme nous divise en centrant notre attention sur notre petite personne en écartant les besoins des autres et de nous-mêmes.

Le chacun pour soi, voilà le nouveau mot d’ordre. N’aidez pas votre voisin car cela ne vous rapportera rien. Ignorez le miséreux qui tend sa main vers vous car ce n’est qu’un rebut de la société qui ne mérite pas d’exister. Ne pensez qu’à vous, qu’à votre petit bonheur personnel et détournez votre attention de votre prochain car cela n’en vaut pas la peine.

La société capitaliste a introduit ces préceptes dans notre inconscient collectif et nous acceptons sans réticence ses nouveaux commandements.

Elle nous gave de propagande et de publicités abrutissantes nous faisant oublier ce qu’est vraiment un humain : un être social qui a besoin de l’autre pour vivre et exister. L’aide que l’on apporte à la personne en détresse nous revient un jour ou l’autre car nous sommes tous reliés à une grande chaîne de la vie.

La civilisation actuelle nous dévie des valeurs qui ont permis à l’humanité de survivre pendant des milliers d’années. L’avenir apparaît bien vacillant pour notre espèce car le capitalisme triomphant renie ce qui a fait d’elle la race dominante sur cette planète.

La taille humaine : un indicateur d’équité sociale


Voila une constatation intéressante pour ceux qui dénigrent le modèle social-démocrate du Québec : ses habitants gagneraient en hauteur anthropomorphique au détriment des citoyens des États-Unis!

Une étude de l’Institut de la statistique du Québec prouve que la taille des québécois est à la hausse et que celle des américains se réduit de plus en plus. Le Québécois moyen mesurerait 1,75 mètre, le Canadien 1,74m et l’Américain 1,76m. En fait, depuis le début du XXe siècle, nous aurions gagné plus de 7,5 cm en comparaison à nos voisins ontariens tandis que les Américains ne cessent de raccourcir depuis 50 ans. Aussi, les Danois, qui furent l’un des peuples les plus petits d’Europe depuis un siècle et demi, sont aujourd’hui la population la plus grande des pays développés (1,83m).

Comment expliquer ces fluctuations de taille chez les être humains? Et bien, selon l’économiste John Komlos de l’Université de Munich, les bonnes conditions de vie et le bonheur seraient intimement liés à la tendance haussière de la stature des individus. Ce qui expliquerait le phénomène de décroissance anthropomorphique aux États-Unis qui connaissent un accroissement des inégalités sociales et de la pauvreté depuis plusieurs décennies. Au contraire, le Québec a l’écart économique le moins prononcé entre les classes sociales de tout le continent et le Danemark a une forte tradition social-démocrate.

Voici une preuve anthropologique de la viabilité d’un système social équitable sur le bien-être de ses citoyens. Avant de balancer par-dessus bord tous les acquis sociaux du Québec, nous devrions considérer ces nouvelles informations.

Altruisme et anthropologie

On croyait depuis toujours que l’altruisme était le propre de l’Homme mais de récentes études démontrent le contraire.

En effet, les expérimentations de l’Institut d’anthropologie Max Planck de Leipzig en Allemagne tendent à suggérer que les comportements compassionnels sans rétribution sont aussi présents dans les communautés de singes que chez les jeunes enfants humains.

On peut alors affirmer que la générosité gratuite est un attribut du monde animal et de l’état de nature. La tendance de l’humanité à aider son prochain ne serait donc pas un phénomène incongru et réservé à son espèce.

Une bonne nouvelle pour ceux qui désespèrent de la bonté de l’Homme et de sa capacité de survivre en société et de perdurer en tant que race.

Néanmoins, certains affirment que la prodigalité serait un attribut de la jeunesse et qu’avec l’age, les individus (humains ou animaux) perdraient ce trait de caractère. Ce qui pourrait expliquer l’évolution de la jeunesse contestataire des années 60 qui est aujourd’hui à sa maturité et qui est devenue la plus grande consommatrice de biens matériels et la plus farouche partisane des valeurs individualistes.

Cependant, une analyse plus objective démontre que les humains ont une prédisposition à s’entraider lorsque les conditions de vie sont difficiles (survie de la race oblige) et à s’éloigner ainsi qu’à ignorer la misère de l’autre lorsqu’une relative prospérité domine (comme depuis la fin de la deuxième guerre mondiale). Par exemple, les tribus primitives humaines chassaient en groupe et s’appuyaient collectivement dans le milieu hostile de la préhistoire. Cela peut faire penser au communisme primitif que suggérait Marx.

En conclusion, l’altruisme est une caractéristique chez certaines races animales, dont l’Humanité, mais le contexte joue aussi un très grand rôle dans le développement de ce comportement. Un environnement défavorable, comme celui que nous réserve l’avenir, poussera le genre humain à concerter ses efforts, regrouper ses forces, ses énergies ainsi qu’à s’entraider mutuellement afin de perdurer, comme il l’a déjà fait dans le passé.