Rien ne change au pays du dollar

Une nouvelle surprenante est tombée sur les dépêches internationales.

La plus grande compagnie des États-Unis, General Electric, n’a versé aucun impôt au fisc pour l’année 2010, malgré qu’elle ait enregistré un profit substantiel de 5,1 milliards de ses activités sur le sol américain.

Cette situation pourrait s’expliquer si l’entreprise n’engrangeait pas des bénéfices aussi faramineux. Mais non.  Ses 800 fiscalistes, payés à prix d’or pour contourner les lois fiscales, ont trouvé le moyen d’éluder le trésor américain.    Un prix d’or totalisant aisément un montant dans les 9 chiffres qui aurait pu profiter à l’État américain au prise avec une crise financière.

De quoi faire rager les contribuables américains frappés de plein fouet par la morosité économique, qui eux, payent leurs impôts.

Le plus affligeant est que le PDG de General Electric, Jeffrey R. Immelt, a été récemment nommé à la direction du Conseil pour l’emploi et la compétitivité par le président Barack Obama afin de l’appuyer dans son plan de relance.  Ce même président américain ayant clairement démontré sa volonté de punir l’évasion fiscale dans le monde des affaires!

General Electric se devait pourtant de montrer l’exemple, en tant que première entreprise des États-Unis, et de contribuer à l’effort fiscal.  Depuis 30 ans, elle a profité, comme toutes les autres grandes compagnies, d’allégements d’impôt et il était de mise qu’elle mette son épaule à la roue dans le redressement des finances publiques américaines.

Malgré ses efforts à l’encontre des puissances d’argent se liguant contre lui, le démocrate assis derrière le pupitre du bureau ovale n’a pu retourner la vapeur se dégageant de la politique économique néolibérale de ses prédécesseurs – au risque de faire sombrer encore plus rapidement le système économique des États-Unis.

Oui, décidément, rien ne change au pays du dollar….

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9 réflexions sur “Rien ne change au pays du dollar

  1. Anonyme

    Salut Jimmy,

    Ta pas compris c’est l’avenir, compagnie zéro impots.
    C’est le travailleur qui paie.

    Fernand

  2. Ce ne fut pas toujours ainsi. Dans les années 50,60,70, les compagnies contribuaient beaucoup plus et cela reviendra. Pas le choix. Il faut prendre l’argent où elle est.

  3. Les corporations étant des organisations criminelles, j’ai beaucoup moins de problèmes à ce que les gouvernements les volent que quand ceux-ci volent les travailleurs.

    Par contre, nous savons fort bien que les impôts des corporations sont absorbés partiellement par les travailleurs et les consommateurs.

  4. @ Jimmy

    «Dans les années 50,60,70, les compagnies contribuaient beaucoup plus et cela reviendra.»

    Le taux d’imposition des bénéfices (sorte de profits enjolivés…) sociétés était en effet de 41 % en 1960 et de 41,5 % (dont 1,5 % de surtaxe) en 1970. Voir la page 7 de :

    Cliquer pour accéder à download.php

  5. David Gendron : « S’il y a une corporation qui profite de l’État, c’est bien GE ».

    Effectivement, cela est troublant : n’est-ce pas là l’essence-même du système économique fasciste? Utiliser les fonds publiques pour faire prospérer les corporations nationales et les protéger de la compétition internationale. Seulement aujourd’hui, le fascisme n’est plus ‘nationaliste’, mais plutôt ‘internationaliste’. Certains appellent cela du néo-libéralisme, mais en fait, cela n’a RIEN à voir avec le libéralisme, le terme néo-fascisme serait plus approprié.

    S’il y a quelque chose qui change au « pays du dollar », c’est la contestation et le ras-le-bol populaire. Avec l’effondrement de la devise US prévue pour la période 2011-2014, la banqueroute de plusieurs États des É-U et les troubles sociaux que cela va engendrer, on peut facilement imaginer un rééquilibrage de l’économie mondiale et une généralisation des mouvements de révolte sur la planète. Nul besoins de vous souligner que ce ne sera pas en notre faveur, occidentaux. Nous, Nord-Américains, qui avons profité pendant plus de 50 ans de la domination économique du capitalisme, c’est maintenant à notre tour de payer.

  6. @Darwin

    Merci. Il y a aussi d’autres sources dénoncant les iniquités dans la répartition du prélévement des impôts entre cie et particulier et démontrant aussi que la baisse des impôts des entreprises ne signifie pas plus d’investissments privés: Éric Pineault, économiste à l’UQAM dans un récent article au Devoir; Brigitte Alepin avec son livre « La crise fiscale qui vient »; et aujourd’hui un rapport de Statistique Canada.

    Les preuves commencent à s’accumuler. Nous devrions arrêter de jouer à ce petit jeu ,surtout avec Harper qui tient mordicùs à une nouvelle baisse.

    @ Andre Franc-Shi

    Nous sommes loin d’une économie fasciste aux États-Unis, dû moins selon la définition traditionnelle: économie planifiée, instauration de corporations sectorielles, contrôle de l’État dans tout le processus de production.

    De plus, je vois mal le lien entre fascisme et néolibéralisme. Le dernier prône une déreglémentation totale et l’affaiblissement de l’État tandis que le premier opte pour le contraire…

  7. the Ubbergeek

    Plutôt une vague libertarienne…
    Mais paradoxalement, ca va tuer pas mal de liberté – des pauvres et faibles.

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