Le libertarien et son code de la route

Le libertarien n’aime pas les contraintes.

Il proclame une latitude individuelle quasi-absolue et pourfend hardiment toute initiative contraignante.

On connaît son idéologie politique : diminution des législations sociales, réduction ou même abolition de l’impôt, privatisation mur à mur des services publics et, bien sûr, castration de l’État ou même sa disparation complète.

Alors transposons cela dans un modèle théorique plus concret : le code de la route.

Avec l’assurance que la recherche rationnelle des intérêts individuels amène le bien collectif, le code de la route du libertarien ne mériterait même pas d’être rédigé.

Tout le monde étant gentil dans le meilleur des mondes issu de la pensée magique, chacun céderait le passage aux piétons, ne roulerait pas à une vitesse excessive, exécuterait son arrêt complet au coin de la rue même sans la présence voyante de l’affiche « arrêt-stop » et pourrait se faufiler sans problème à travers les dizaines d’automobiles qui croisent simultanément une intersection!

Dans la réalité, les gros poids lourds écrabouilleraient les petites voitures et surtout les piétons, ces « va-nu-pieds » incapables de se payer des véhicules.

Pas besoin d’une boule de cristal pour entrevoir qu’un code de la route libertarien ne peut permettre un flux constant et sécuritaire sur le réseau routier – les routes devenant engorgées de voitures accidentées et jonchées de cadavres.

Il en est de même pour un système social.

Une société sans garde-fou, sans contrepoids socio-économique aux envies privées, dénuée d’un minimum de cohésion et de justice sociale ne pourrait perdurer.

À l’image d’un code de la route caractérisé par le chaos, le corps social libertarien se scléroserait en poussant la communauté dans un vortex d’iniquité et d’exclusion.

45 réflexions sur “Le libertarien et son code de la route

  1. «Avec l’assurance que la recherche rationnelle des intérêts individuels amène le bien collectif, le code de la route du libertarien ne mériterait même pas d’être rédigé.»

    C’est sûr, la main invisible les protégerait !

  2. sylvainguillemette

    Tordant! Mourant plutôt! Pour les pauvres je veux dire.

    Y a beaucoup de c’te sorte là sur http://www.centpapiers.com/. Il faut contrer leur argumentaire bidon et maladroit. Il faut faire un rempart à cette vermine. Les capitalistes, depuis qu’ils perdent leur système, font tels des rats, ils se faufilent à travers les craques de nos murs non étanches.

    Il faut unir nos forces et solidifier ce mur, pour en faire une muraille.

    Et vous, les blogueurs qui ne dites rien, mais qui avez une opinion, parlez. Exprimez-vous. Cessez de nous lire seulement et exprimez-vous.

  3. « les libertariens ne visent pas l’abolition des lois mais seulement les lois qui font leurs affaires. »

    Oui, c’est vrai chez certains minarchistes.

  4. @Minarchiste et Astineux

    Vous n’êtes pas capable de prendre une analogie au second degré? Ma comparaison supposait que si la société était semblable à un réseau routier, l’absence de balises publiques pour faire contrepoids aux intérêts privés la rendrait non-viable. Il faut tout vous expliquer?

    @Minarchiste

    Comment appliquer des lois avec un État émasculé ou simplement inexistant? Je ne vous suis pas ici.

  5. Le Gentil Astineux

    Jimmy St-Gelais :@Minarchiste et Astineux
    Vous n’êtes pas capable de prendre une analogie au second degré? Ma comparaison supposait que si la société était semblable à un réseau routier, l’absence de balises publiques pour faire contrepoids aux intérêts privés la rendrait non-viable. Il faut tout vous expliquer?
    @Minarchiste

    M.St-Gelais, moi aussi j’ai fait dans l’analogie -un peu moqueuse-, pas de vous mais du libertarien!
    «Il faut tout vous expliquer?» : les libertariens ne veulent pas abolir toutes les lois (minarchiste) mais seulement celles qui feraient leurs affaires.

  6. «Mais tu disais que tu étais d’accord avec Minarchiste»

    Voyons, c’est clair que c’était de l’ironie… Il a ajouté, après avoir écrit qu’il était d’accord avec lui, «les libertariens ne visent pas l’abolition des lois mais seulement les lois qui font leurs affaires.»

  7. Hum, d’accord. Je n’ai pas saisi cette partie de l’ironie de l’Astineux.

    Mais, à mon avis, les libertariens sont opposés à toutes les lois du domaine public, à part celles concernant la propriété privée et la primauté de l’accumulation du capital.

    Pas besoin d’être aussi irrévérencieux dans la réplique Darwin.

    En passant, le pseudo Darwin n’est pas un peu inapproprié pour une personne qui se situe à gauche du spectre politique?

  8. «Pas besoin d’être aussi irrévérencieux dans la réplique Darwin.»

    Irrévérencieux ??? Ah bon.

    «Sans offense, mais la théorie de la sélection naturelle semble être plutôt l’apanage de la droite….»

    Si tu veux en parler on peut, mais c’est à la fois irrévérencieux et hors sujet.

    La science n’est pas de gauche ou de droite, elle est. Mais son interprétation peut l’être. Tu sembles confondre le darwinisme et le darwinisme social. Darwin était 100 % contre cette interprétation de ses travaux et inutile d’ajouter que je le suis aussi.

    Si tu me trouves encore cette fois rrévérencieux, je peux arrêter de commenter sur ton blogue. Je trouverais cela triste, mais bon, c’est ton blogue.

  9. Bien non, Darwin. Tu es toujours le bienvenue sur mon blogue. Tes commentaires sont toujours appréciés.

    Je te posais simplement cette question qui me turlupinait depuis longtemps à propos de ton pseudonyme.

    Pour ma part, en tant que progressiste, j’aurais choisi un pseudo moins prompt à la controverse en rapport à mon idéologie politique.

    Mais le Darwinisme social semble être utilisé, à mauvais escient, par une certaine droite libertarienne, même si, comme tu l’affirmes, Darwin s’opposait à une telle approche épistémologique.

    On ne t’a jamais fait une remarque semblable?

  10. Si je changeais pour Négationiste, Créationniste ou Dessinateur intelligent, serait-ce moins associé à la droite ? Au contraire, pour moi Darwin est un symbole de progrès et c’est bien la première fois que j’entends parler qu’on l’associe à la droite. Comme je l’illustre au début de ce commentaire, le darwinisme a beaucoup plus d’adversaires à droite qu’à gauche.

    De toute façon, je ne l’ai pas choisi pour sa connotation politique, mais bien plus pour l’image scientifique qui y est accolée. Et je crois que cela me ressemble et me convient. Je l’ai choisi en lisant un débat entre des créationniste religieux (symbole de la gauche, bien sûr…) qui s’opposaient à la théorie de l’évolution par sélection naturelle. J’ai voulu que ma position soit claire dès le départ…

  11. Bon, pourtant, le darwinisme social, selon une certaine vision, semble semer la controverse avec sa rhétorique « survival of the fittest » qui se veut une théorie plutôt inégalitaire des relations sociales, un peu à l’image d’une certaine droite idéologique.

    Cependant, d’un point de vue religieux, il est vrai que la théorie de l’évolution peut difficilement se camper à droite!

  12. « survival of the fittest »

    Les petits mammifères ont survécu, pas les dinosaures, autrement plus forts ! Cette expression (ou la survie du plus fort) ne vient pas de Darwin, mais de ses adversaires, tout comme l’idiotie qui accuse Darwin de dire que l’homme descend du singe (le singe comme on le connais a aussi évolué au cours des derniers millions d’années. On pense que les deux (singes et hommes) viennent de la même source, ce qui est très différent. En fait, tous les mammifères viennent de la même source, et si on remonte plus loin, tous les êtres vivants viennent de la même sources.

    Rien dans la théorie de l’évolution par la sélection naturelle ne parle de la survie du plus fort. Elle dit plutôt que c’est le plus apte à se reproduitre individuellement qui transmet ses gênes et que ce sont les espèces qui, en conséquence des caractéristiques des des individus à se reproduisent, s’adaptent le mieux à leur environnement qui survivent. Il s’est ainsi créé bien plus d’espèces qui n’ont pas survécu (même chez les primates) que d’espèce qui l’ont fait.

    Le cas du paon permet d’illustrer tout cela. Le plus apte à se reproduire est celui qui a la plus grosse queue (pas de gag plate…), ce qui crée des générations qui ont des queues de plus en plus grosses. Au bout du compte, ce processus nuit aux possibilités de survie, car les paons ne peuvent plus voler pour fuir leurs prédateurs ! Si on ne les protégeait pas…

    Le darwinisme décrit un phénomène, ne prétend nullement que c’est bien ou pas. Il ne prétend même pas que ce processus entraîne nécessairement une «amélioration» des espèces. Il n’y a pas d’échelle de progression qui permet une amélioration des espèces (du type dessein intelligent), mais seulement leur adaptation à un environnement qui change souvent (et qui changera drôlement à l’avenir).

    Le darwinisme social est tout l’inverse de la sélection naturelle. Pour commencer, la sélection faite par le darwinisme social n’est pas naturelle ! Que ce soit sous la forme de l’eugénisme ou du contrôle de la reproduction auprès des classes défavorisées ou des handicapés, le darwinisme social vise à planifier et contrôler le droit à avoir des enfants. Bien des gens, même des progressistes comme Bertrand Russell, ont déjà été séduits par le darwinisme social. Lui, par exemple, voulait que l’État limite le «droit» d’avoir des enfants aux pauvres, qui affaiblissent la race, selon lui… pour n’autoriser que les familles stables, à l’aise, intellectuellement et psychologiquement solides, à avoir des enfants. Il a heureusement changé d’idée en vieillissant.

    Dans le contexte actuel, où on prône avec raison un certain contrôle des naissances un peu partout dans le monde, il faut être ultra vigilant pour s’assurer que ces contrôles ne visent pas des groupes en particulier, n’appliquent aucune des manifestations du darwinisme social.

    Comme le darwinisme combat l’obscurantisme des créationnistes, il est tout à fait compatible avec un progressiste. Quant au darwinisme social, Darwin lui-même l’a combattu (voir entre autres http://www.er.uqam.ca/nobel/m331174/page_1b.htm ). À http://fr.wikipedia.org/wiki/Darwinisme_social , on peut lire «De son vivant, Charles Darwin s’est opposé à cette perspective de darwinisme social» (malheureusement, il manque la source…).

    Bref, je vais conserver fièrement mon pseudo !

  13. sylvainguillemette

    @ minarchiste

    «Vous ne comprennez vraiment rien au libertariannisme!
    Les libertariens ne visent pas l’abolition des lois.»

    Non! C’est vrai! Mais ça prend des lois pour préserver le pouvoir de ceux qui l’ont toutefois! Et un système libertarien ne partage vraiment pas les richesses, alors vous pouvez être certain qu’on va le détruire ce système à la con, s’il n’y a pas de policiers pour nous en empêcher! Et hop! La contradiction s’éclaircie! Les libertariens feront des lois spécifiques à protéger leurs acquis! On le sait bien!

    «Moi aussi je pense comme minarchiste, les libertariens ne visent pas l’abolition des lois mais seulement les lois qui font leurs affaires.» Le Gentil Astineux

    Et voilà!

    @ David Gendron

    «Hummm…dans un monde anarchiste, les routes seront réglementées à l’interne.
    De plus, la Somalie n’est pas un territoire anarchiste.»

    Ce n’est pas une anarchie, mais ce que qu’aurait l’air une anarchie. Pourquoi? Parce que les anarchistes ne tiennent pas compte de la réalité. Voilà pourquoi! Dans un vrai monde, avec des vrais gens, et où il y a un système économique qui priorise les intérêts d’une minorité, les vrais gens envient les autres, et vice-versa. Des cliques se créent, des seigneurs de guerre voient le jour, etc.. La réalité, c’est que votre monde anarchiste sera du pareil au même à celui des capitalistes, mais cela, sans loi pour contrarier les entrepreneurs que vous serez. La seule différence, c’est qu’aucun État ne pourra s’assurer du bon partage des richesses! Alors que là…, même si ce n’est pas parfait du tout, on a au moins des miettes!

    La Somalie? Pas si pire que ça en rapport aux autres? Eh bien! Elle est bonne celle-là! La Somalie est en guerre civile depuis quelques années! Des clans s’y affrontent avec en arrière plan, un conflit religieux. Les seigneurs de guerre y sont chose quotidienne. Les journalistes y meurent presque à coup sûr lorsqu’ils osent visiter ce pays. Et les États totalitaires? Quel États totalitaires? Soyez plus précis.

    La redistribution de richesse en Somalie est inexistante. Comme au Ghana, qui lui, est un véritable paradis fiscal, où les minières et les pétrolières s’en donnent à cœur joie! Même le droit d’aller pisser dans certaines entreprises ghanéennes a été privatisé! Voir http://www.dailymotion.com/video/x10ql8_quand-le-fmi-fabrique-la-misere .

    En Inde et en République dominicaine, les règles élémentaires routières n’existent point. En voulez-vous des morts? Ben en v’là! Les sites de gore sont remplis de belles images d’indiens ou dominicains «écrapoutis»!

    Et quand Jimmy pose la question suivante, et légitime surtout :« Comment appliquer des lois avec un État émasculé ou simplement inexistant? Je ne vous suis pas ici.», j’ai une réponse pour lui! La police privée! Des mercenaires! Voilà où les anarchistes mettraient leurs efforts pour assurer une sécurité d’intérêts personnels!

    @ Darwin

    «La science n’est pas de gauche ou de droite, elle est. Mais son interprétation peut l’être. Tu sembles confondre le darwinisme et le darwinisme social. Darwin était 100 % contre cette interprétation de ses travaux et inutile d’ajouter que je le suis aussi.»

    Mais ce que l’on nomme la gauche, c’est vaste. Si on parle du matérialisme par exemple, là on s’approche du sujet comme tel. Les matérialistes, ça le dit, croient à l’existence de la matière. Les marxistes sont matérialistes. Et les marxistes ne jurent que par la science, et les expériences scientifiques donc.

    Et je suis d’accord pour dire que Darwin me semble synonyme de science, parce qu’il reconnait le changement des espèces, à travers le conditionnement. Darwin reconnait donc l’existence des processus qui en expliquent d’autres. Darwin est scientifique. Et un peu à son instar, on peut dire aux libertariens que, ceux qui possèdent plus, peuvent multiplier plus. Et que ce ceux qui possèdent moins, peuvent multiplier moins. Ça vaut dans le capitalisme et dans le libertarisme.

    Ce qu’en font, maintenant, les libertariens, c’est une autre chose. Eux, disent que les plus forts survivront…, en gros. Alors que, ce que démontre le darwinisme, c’est que chacun a une condition X, et que cette condition les conditionne. Et qu’évidemment, certains s’en sortiront mieux que d’autres, grâce à leur meilleure condition, ou leur meilleur conditionnement pourrait-on dire.

  14. @ Sylvain Guillemette

    À la suite de mon long commentaire (enfin, long pour moi ! 😉 ), j’ai décidé d’approfondir le sujet. Jeanne publira donc un de mes billets sur Darwin d’ici deux semaines.

  15. @ Jimmy

    «Comme vous voyez, la remarque que je faisais n’était pas si impertinente…»

    Tu as fais beaucoup de remarques, alors je ne sais pas trop à laquelle tu fait référence !

    Je note surtout que l’article précise bien que Darwin et les biologistes actuels réfutent cette utilisation trompeuse de la théorie de l’évolution par sélection naturelle : «Or, c’est là exactement la raison pour laquelle Darwin rejetait tout lien entre l’évolution biologique et les sciences sociales : il avait compris combien il serait facile de plaquer le concept de sélection naturelle sur une idéologie juste pour lui donner une apparence de crédibilité « scientifique ». ». Et, cela rejoint plusieurs de mes remarques !

    Un bon gars, ce Darwin ! 😉

  16. Je comprends que Darwin ait voulu rejeter de manière éthique toute récupération de sa théorie de l’évolution à des fins politiques. Cependant, l’être humain étant un animal, bien que pensant (quoi qu’on se le demande des fois), celui-ci ne subit-il pas les mêmes règles que celles du règne animal?

    De plus, n’est-ce pas Nietzsche qui disait que le maintien des « faibles » amène une espèce vers le bas et sa possible disparation?

    On discute ici 😉

  17. @ Jimmy

    «celui-ci ne subit-il pas les mêmes règles que celles du règne animal?»

    Bien sûr ! D’ailleurs la grande majorité des espèces d’hominidés ne se sont pas adaptés (néandertaliens, érectus, australopithèques, etc.) et ont disparu ! Voir entre autres http://www.astrosurf.com/luxorion/Bio/carte-homo-phylogenique.jpg

    «De plus, n’est-ce pas Nietzsche qui disait que le maintien des « faibles » amène une espèce vers le bas et sa possible disparation?»

    Qu’est-ce que le bas ?…

    Je ne connais pas beaucoup Nietzsche et ne veux pas le connaître davantage… C’était un des penseurs favoris d’Hitler. Nietzsche est d’ailleurs une référence pour tous les darwinistes sociaux et autres partisans de l’eugénisme.

    La citation est probablement exacte, sauf pour la disparition qui risque de survenir même si on ne sélectionnait que des cons (euh… je veux dire des génies) qui nient le réchauffement climatique ou qui tentent de trouver des bombes qui peuvent faire sauter 1000 fois la planète. Pour «améliorer» la race humaine, on pourrait éliminer les personnes handicapées (ce qu’a fait Hitler…), interdire la procréation aux gens qui ont un QI inférieur à 100 (ou 110, tant qu’à y être) au grand plaisir du doc Mailloux et ainsi de suite. Pas étonnant qu’Hitler ait ragé autant de voir un résultat de la sélection naturelle (Jesse Owens) battre ses athlètes provenant pourtant de ce qu’il considérait la race supérieure d’entre toutes !

    Je ne sais pas pas vraiment sur quoi tu veux qu’on discute, ce sont pour moi toutes des horreurs… Je te suggère un livre : «Et on tuera tous les affreux» de Vernon Sullivan (alias Boris Vian). Au moins, lui, il en rit ! (Je suis sérieux, il faut lire ça !)

  18. Je me suis intéressé à Nietzsche. C’était incontournable pour connaître Marx.

    Ces deux philosophes allemands étaient les frères ennemis. Des antithèses. L’un nihiliste, l’autre déterministe. Et attention, les Nazis ont détourné l’oeuvre de Nietzsche à leur avantage. Certains philosophes le soulignent fortement.

    Tu devrais lire « Ainsi parlait Zarathoustra ». Sûrement son ouvrage le plus accessible.

    « Bien sûr ! D’ailleurs la grande majorité des espèces d’hominidés ne se sont pas adaptés (néandertaliens, érectus, australopithèques, etc.) et ont disparu !  »

    D’après ce que j’en sais, il s’agit plutôt d’une évolution que des disparitions… ou peut-être les deux. L’australopithèque a produit l’homo érectus qui a produit le sapien et lui-même le sapien sapien. Le potentiel génétique était très dynamique.

    Et j’ai une petite question comme ça dans la lignée de pensée de Nietszche. Si l’on permet, par exemple, à des personnes dotées de maladies graves ou de tares génétiques de se reproduire, est-ce que cela peut-être positif à long terme pour l’espèce humaine en tant que race?

    On se pose des questions difficiles ce soir…

  19. « Bien sûr ! D’ailleurs la grande majorité des espèces d’hominidés ne se sont pas adaptés (néandertaliens, érectus, australopithèques, etc.) et ont disparu ! »

    Oh, j’ai oublié une section de mon commentaire. Par « l’être humain étant un animal, bien que pensant (quoi qu’on se le demande des fois), celui-ci ne subit-il pas les mêmes règles que celles du règne animal? », je voulais surtout dire que la compétition et le « délestage » des individus les plus faibles d’une même espèce se retrouvent aussi chez l’Homme, semblablement aux animaux qui vivent en groupe ou en meute.

  20. «Tu devrais lire « Ainsi parlait Zarathoustra ».»

    Un de mes amis de l’époque l’a lu quand il avait 15 ans et se prenait pour un surhomme parce qu’il prétendait l’avoir compris… J’ironise, mais à peine… Même si ses idées ont été détournées par les nazis, comme celles de Darwin par les darwinistes sociaux et autres darwinistes universels, tout en lui me rebute…

    Lu sur Wiki : «Ainsi parlait Zarathoustra se compose de discours, de paraboles, de poésies et de chants répartis en quatre livres.». Ouch, tout ce que je n’aime pas !

    «Si l’on permet, par exemple, à des personnes dotées de maladies graves ou de tares génétiques de se reproduire, est-ce que cela peut-être positif à long terme pour l’espèce humaine en tant que race?»

    Es-tu sérieux ?

    Il faudrait en premier lieu définir ce que tu entends par «positif», ensuite par «maladies graves» et «tares génétiques», ensuite demander à 1000 personnes de cultures différentes de faire de même. Je suis myope (myope, myope, myope, comme une taupe, taupe, taupe…), aurais-je dû me faire stériliser ? Il y a d’ailleurs de plus en plus de myopes sur terre, probablement parce qu’avant, ils ne se reproduisaient pas, mais le font maintenant grâce à l’invention des lunettes.

    Ce qui est «positif» est pour moi arbitraire. La race pure des aryens est-elle plus positive que celle des noirs (et lesquels ?), des asiatiques et des autochtones ? Quelle «tare génétique» faut-il proscrire ? L’alcoolisme ? Et à partir de quel niveau de consommation ? Quel pourcentage de gènes potentiellement porteur de «maladie grave» serait autorisé ? Et quelles maladies seraient sur ta liste ? La fièvre des foins ? Qui va établir ces listes et le niveau à partir duquel il faut stériliser leurs porteurs ?

    Et les «osties de BS» qui demeurent su’l BS de génération en génération, faudrait pas les empêcher de se reproduire ?… Où s’arrêtera-t-on ?

    Non, ton «meilleur des mondes» ne m’intéresse pas… L’égalité des êtres humains est pour moi un principe de base qui ne se discute même pas. Je pensais que c’était à cause de ce type d’interprétation et d’utilisation de la théorie de l’évolution par sélection naturelle que tu trouvais mon pseudo de droite…

    «D’après ce que j’en sais, il s’agit plutôt d’une évolution que des disparitions…»

    Faux, la plupart des espèces sont disparues. La sélection naturelle n’a pas de plan précis. Les individus se reproduisent et forment à la longue d’autres espèces dont seule une minorité s’adaptent. Relis mon billet ! Et amuse-toi avec cet arbre : http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Tree_of_life_with_genome_size.svg .

    «je voulais surtout dire que la compétition et le « délestage » des individus les plus faibles d’une même espèce se retrouvent aussi chez l’Homme, semblablement aux animaux qui vivent en groupe ou en meute.»

    Le processus de sélection naturelle varie énormément selon les espèces. Le succès d’un reproducteur peut reposer sur toutes sortes de facteurs et ce n’est pas nécessairement le plus fort qui a le plus de chance de se reproduire. La confusion entre la loi du plus fort et la sélection naturelle est probablement la plus fréquente. Si le sujet t’intéresse, le livre qui m’a le mieux fait comprendre ce processus est «Le miroir du monde : évolution par sélection naturelle et mystère de la nature humaine» de Cyrille Barrette.

    Chez l’être humain aussi, les hommes qui présentent certaines caractéristiques (riches, intelligents, vedettes, etc.) ont plus de possibilités de se reproduire que d’autres. Par exemple, Charlie Chaplin, pas le plus «beau», ni le plus fort, a quand même eu 10 enfants… officiellement ! Les caractéristiques appréciées chez les femmes sont différentes, mais existent. Mais, comme en général, ce sont les femmes qui choisissent le géniteur, et que les hommes se satisfont de bien des types de mères pour reproduire leurs gènes, leurs caractéristiques importent moins…

    Bon, avec son lobe frontal et ses institutions, l’être humain est moins contraint que d’autres espèces au processus de sélection. Il a entre autres la possibilité de distinguer les relations sexuelles de la reproduction comme telle. Mais, cela ne veut pas dire que les principes établis par Darwin ne s’appliquent pas.

    Mais, si tu cherches à justifier la sélection des personnes qui peuvent se reproduire par le fait que les loups ne réservent ce privilège qu’au chef de la meute, là, je ne te suivrai pas…

  21. Darwin, je parlais de façon théorique. Tu sembles croire que j’adhère à toutes ces théories. Je m’amuse, comme en cours de philosophie au CEGEP, à poser des questions, mêmes si elles ne me plaisent pas. C’est le propre de la pensée philosophique.

    Je reviens ce soir pour commenter plus en profondeur.

  22. «Darwin, je parlais de façon théorique. »

    Fiou ! Une chance que j’étais prudent dans mes commentaires !

    Quand même, il y a des théories qui me fascienent plus que celles de Nietsche !

  23. « Faux, la plupart des espèces sont disparues. La sélection naturelle n’a pas de plan précis. Les individus se reproduisent et forment à la longue d’autres espèces dont seule une minorité s’adaptent. »

    Pourquoi mon affirmation serait fausse? Elle est tout à fait véridique. J’ai vérifié. Les espèces changent et l’homo sapiens sapiens est la fin de la lignée d’une certaine branche des hominidés lorsque certaines autres branches ont disparu sans laisser de descendants.

    « La confusion entre la loi du plus fort et la sélection naturelle est probablement la plus fréquente. »

    Bien, je ne parlais pas expressément de plus faible physiquement autant pour un humain que pour un animal. J’utilisais le terme en sens générique. Un animal peut être fort physiquement et se faire chasser par des animaux plus petits doués d’intelligence. À preuve, les hommes du paléolithique chassaient du gibier parfois imposant, comme le bison.

    C’est ce qui me fascine chez l’être humain. C’est cette contradiction ou ce paradoxe inhérent. Un animal pourvu d’intelligence et de grandeur doublé d’un prédateur pouvant s’abaisser aux pires atrocités. Toute l’Histoire se résume dans le balancement d’un pôle à l’autre de cet axe.

  24. «Pourquoi mon affirmation serait fausse?»

    L’homme de Cromagnon vivait en même temps que celui de Néanderthal. Les deux venaient de la même racine, mais Néanderthal n’a pas évolué, il s’est éteint, soit exterminé, soit en raison du réchauffement de l’époque (c’est l’hypothèse la plus probable). Plein d’autres «homos» (pas de gag !) se sont aussi éteint sans évoluer.

    «lorsque certaines autres branches ont disparu sans laisser de descendants.»

    Si elles n’ont pas laissé de descendants, c’est qu’elles n’ont pas évolué, qu’elles sont disparues.

    «Un animal pourvu d’intelligence et de grandeur doublé d’un prédateur pouvant s’abaisser aux pires atrocités. Toute l’Histoire se résume dans le balancement d’un pôle à l’autre de cet axe.»

    C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles je n’ai jamais embarqué dans les utopies de l’extrême gauche… L’homme est avide (on a assez de preuves !) et n’accepterait jamais un monde totalement égalitaire. Il résiste même à un niveau de redistribution décent, sauf pour sa famille, pour que ses gênes lui survivent ! Je charrie un peu, mais pas tant que ça…

  25. Je ne comprends pas. Je dis la même chose que toi et je suis erroné. What ever….

    « L’homme est avide (on a assez de preuves !) et n’accepterait jamais un monde totalement égalitaire.  »

    L’homme occidental moderne est avide, mais il existait d’autres civilisations à teneur plus égalitaire en Amérique précolombienne et probablement dans les premiers regroupements humains qui avaient besoin de tous ses membres pour survivre dans un milieu hostile.

    https://pourquedemainsoit.wordpress.com/2008/06/24/richard-martineau-et-les-cliches-a-l%e2%80%99occidental/

    Moi, pour ma part, je crois que les valeurs déterminent les dérives égoïstes de l’Homme. Certes, elles se produiront toujours à un moment ou à un autre, mais en implantant un système de valeur plus solidaire, il est possible de baliser les comportements et les mentalités. Surtout, il faut en finir avec l’argent et la propriété privée à l’excès, un peu comme dans l’Utopie de Thomas More.

  26. «Je dis la même chose que toi et je suis erroné»

    C’est pourquoi je ne comprends pas que tu dises que ces espèces n’ont pas disparu, mais ont évolué. Mais peu importe…

    «Moi, pour ma part, je crois que les valeurs déterminent les dérives égoïstes de l’Homme.»

    Moi, je crois que ces dérives sont le reflet de sa nature. J’ai vu un documentaire qui mentionnait que c’est à deux ans que les enfants sont les plus violents… Assez grands pour pouvoir faire mal et pas encore suffisamment de contrôle pour réfréner sa violence. Troublant…

    Un monde plus solidaire contribuerait certainement à réfréner encore plus cette violence innée, mais pas pour tous et pas complètement. C’est en étant comme cela que l’homme a «conquis» la planète et qu’il se détruira peut-être en conséquence de cette conquête.

    «mais il existait d’autres civilisations à teneur plus égalitaire en Amérique précolombienne et probablement dans les premiers regroupements humains qui avaient besoin de tous ses membres pour survivre dans un milieu hostile.»

    Plusieurs de ces peuples ont disparu pour des motifs pas vraiment connus avant Cortez. Pa conus, mais, chose connue, ils se faisaient aussi la guerre, tentaient de devenir les plus puissants (avidité ?). Et je ne parlerais pas d’égalitarisme quand on fait des sacrifices humains…

    Il est vraiment difficile de trouver des peuples vivant en paix, à moins qu’ils ne rencontrent personne d’autre ! Et encore…

    http://comps.fotosearch.com/comp/LIQ/LIQ114/homme-cavernes-trainer_~vl0008b116.jpg 😉

  27. Oui, j’ai entendu parler de ce reportage. Mais encore. Il existe peut-être des influences culturelles. Par exemple, l’exposition à la violence à la télé est peut être un facteur d’influence.

    « C’est en étant comme cela que l’homme a «conquis» la planète et qu’il se détruira peut-être en conséquence de cette conquête. »

    Je n’approuve pas cette affirmation. L’expansion de l’Homo erectus avant 90 000 avant J.-C. à travers les vieux continents ne s’est pas faite nécessairement dans la violence entre ses membres. Elle s’est faite, si on peut appeler ça de la violence, contre une nature hostile dans laquelle les ancêtres de l’homo sapiens sapiens ont dû combattre et s’unir pour chasser, se nourrir et se trouver des abris. Je dirais que c’est plutôt les valeurs solidaires qui ont permis à l’humanité de s’emparer de la planète…

    https://pourquedemainsoit.wordpress.com/2009/12/04/le-capitalisme-est-contre-nature/

    « Plusieurs de ces peuples ont disparu pour des motifs pas vraiment connus avant Cortez. Pa conus, mais, chose connue, ils se faisaient aussi la guerre, tentaient de devenir les plus puissants (avidité ?). Et je ne parlerais pas d’égalitarisme quand on fait des sacrifices humains… »

    Je me référais par « à teneur plus égalitaire » (on est loin de l’égalitarisme) plus aux tribus amérindiennes de l’Amérique du nord et à un reportage lointain dans lequel les archéologues avaient découvert un village avec aucune forme de division sociale. Mais le nom de cette ancienne société m’échappe…

    « Il est vraiment difficile de trouver des peuples vivant en paix, à moins qu’ils ne rencontrent personne d’autre ! Et encore… »

    Avec autant de pessimisme, comment fais-tu pour demeurer à gauche?

  28. «Par exemple, l’exposition à la violence à la télé est peut être un facteur d’influence.»

    Elle a le dos large. À deux ans…

    «L’expansion de l’Homo erectus avant 90 000 avant J.-C. à travers les vieux continents ne s’est pas faite nécessairement dans la violence entre ses membres.»

    Pour moi, le problème a commencé avec la possibilité d’accumuler des biens, d’avoir du temps pour faire autre chose et de ne plus avoir autant de façon directe besoin des autres pour sa survie. Avant, la coopération était essentielle à la survie, ils n’avaient pas le choix.

    «Je dirais que c’est plutôt les valeurs solidaires qui ont permis à l’humanité de s’emparer de la planète…»

    J’adhère en partie à cette opinion, pour la première partie de l’envahissement. Par la suite, ce fut, selon moi, d’autres objectifs, dont l’avidité, qui ont primé. Que ce soit Alexandre «le Grand», les empereurs chinois ou les Européens (on pourrait continuer la liste sur des pages), ils pensaient plus à écraser les autres qu’à collaborer.

    «Avec autant de pessimisme, comment fais-tu pour demeurer à gauche?»

    Pour moi, cela n’a aucun rapport… Et je ne suis absolument pas pessimiste, je me perçois plutôt comme un idéaliste réaliste !

    Quant à la gauche, je pense que je suis naturellement empathique. C’est probablement génétique ! Quand on se met dans la peau des gens qui souffrent ou qui sont défavorisés, c’est dur de rester insensible et de ne pas vouloir plus d’égalité et une meilleure répartition des richesses…

  29. « Elle a le dos large. À deux ans… »

    Je n’ai pas vu ce reportage. Mais moi, en tant que parent, je dois dire que mes enfants n’étaient réellement pas violents à deux ans. Par contre, il est normal, avec la fougue de la petite enfance, que les jeunes enfants explorent et expérimentent leurs corps par des gestes paraissant brutaux. De plus, en définissant leur caractère, il arrive parfois que des empoignades avec d’autres enfants se produisent. On peut constater aussi cela dans le monde animal : les jeux des petits chatons par exemple…

    « Pour moi, le problème a commencé avec la possibilité d’accumuler des biens, d’avoir du temps pour faire autre chose et de ne plus avoir autant de façon directe besoin des autres pour sa survie. Avant, la coopération était essentielle à la survie, ils n’avaient pas le choix. »

    Oui, c’est bien vrai. Et j’ajouterais que le développement technique a aussi permis à l’homme de s’affranchir de conditions de vie pénibles et de s’éloigner ainsi de ses congénères. Mais cela est une illusion et nous le constatons de plus en plus aujourd’hui avec les impacts de notre avarice matérialiste sur l’environnement.

    « Quant à la gauche, je pense que je suis naturellement empathique. C’est probablement génétique ! »

    Justement, il y a eu une soi-disant étude qui prétendait que l’adhérence aux idées de gauche était attribuable à certains gènes ! Ouf !

    « Quand on se met dans la peau des gens qui souffrent ou qui sont défavorisés, c’est dur de rester insensible et de ne pas vouloir plus d’égalité et une meilleure répartition des richesses… »

    Il faut dire aussi que lorsqu’on a connu la misère et l’injustice, la tendance à gauche est plus forte généralement.

    Finalement, je suis tombé par hasard sur ce site : Une gauche darwinienne (en opposition aux idées d’Herbert Spencer.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Une_gauche_darwinienne

  30. «Justement, il y a eu une soi-disant étude qui prétendait que l’adhérence aux idées de gauche était attribuable à certains gènes ! Ouf !»

    Je disais ça un peu en gag, mais, quelque part, cela ne m’étonnerait pas du tout ! Il s’agirait bien sûr d’un état de départ ou d’une sensibilité plus forte que la moyenne influencée par notre environnement et nos expériences.

    «Il faut dire aussi que lorsqu’on a connu la misère et l’injustice, la tendance à gauche est plus forte généralement.»

    Je ne le sais pas… Les pauvres du sud des États-Unis votent en grande majorité à droite. Face à la misère et à l’injustice, on peut réagir de façon bien différente. Certains les prennent comme des leçons à utiliser pour être parmi les profiteurs et non parmi les victimes, et d’autres, seront incités à les combattre. Ce n’est pas simple.

    «Une gauche darwinienne»

    Je n’avais pas vu cette page avant d’écrire mon texte, mais il le rejoint drôlement ! Faut dire qu’on y cite des gens que j’ai lu en préparant mon billet, comme Patrick Tort.

    Mais, encore là, il faudrait pas trop pousser. Darwin fut en premier lieu un scientifique et c’est pour cela que j’ai pris son nom comme pseudo. Et je trouve décourageant et déprimant de voir l’esprit scientifique perdre autant d’ampleur deuis quelques années.

    As-tu lu l’article du Devoir aujourd’hui sur le créationnisme ?

    Le créationnisme, une affaire d’Américains… et d’Albertains
    http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/292691/le-creationnisme-une-affaire-d-americains-et-d-albertains

    Et certains commentaires sont aussi déprimants…

  31. Bel article. Le Québec et les américains sont aux antipodes.

    J’ai bien aimé le passage suivant au sujet de l’Alberta: « Paradoxalement, c’est en terre pétrolifère, là où la décomposition de matières végétales et de carcasses de dinosaures vieilles de millions d’années fait pleuvoir la richesse, que la croyance dans le créationnisme est la plus forte.  »

    Haha!

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