Torpiller la santé pour faire rentrer le privé

Les négociations dans le secteur de la santé paraissent être sans issue. Les infirmières rejettent à fond la dernière offre patronale et les nuages gris de la grève planent au-dessus des pourparlers avec l’État dirigé par les intransigeants libéraux de Jean Charest.

Comme à son habitude et semblablement au dernier budget Bachand, le gouvernement libéral appelle à la concertation mais agit de façon contraire en fonction de son agenda minimaliste de l’appareil gouvernemental. Il suffit de nous remémorer le leitmotiv de sa campagne électorale de 2003 qui appelait à une réingénierie réductrice de l’État laissant plus de place à la sous-traitance et aux PPP.

Vain de dire ici que nous connaissons les raisons de cette position idéologique pro-privée avec les nombreuses divulgations de copinage et de relations incestueuses des firmes d’ingénierie-conseils ainsi que des grandes entreprises avec les libéraux.

Dans le domaine de la santé, les visées de privatisation de la présente administration libérale sont limpides et le cul-de-sac de l’état des négociations avec les infirmières traduit un manque de volonté – le but étant de miner le système public afin de favoriser une intrusion du privé – qui découle des rapports de financement du Parti Libéral du Québec avec la multinationale Power Corporation détenant la compagnie d’assurance Great West pour qui une privatisation des soins au Québec serait très profitable.

En mettant la pression sur le personnel hospitalier et en rejetant du revers de la main leur demande de réorganisation du travail, qui pourrait éviter grandement le temps supplémentaire obligatoire, on cherche évidemment à mettre des bâtons dans les roues aux infirmières (et infirmiers) pour les pousser à quitter le secteur public, à grossir les rangs de la main-d’œuvre du domaine privé et à aggraver la pénurie de personnel.

Tout ce stratagème commence à porter fruit dans la population. L’idée de privatiser la santé afin d’en améliorer la performance fait son chemin, mais la réalité ne correspond pas à la perception qu’à la population de l’efficacité du privé dans la dispensation des soins.

Le service de santé privé n’est pas la panacée. Mêmes nos voisins du sud commencent à se rendre compte des faiblesses d’un système assis sur une couverture d’assurances privées.

D’abord, la pénurie existe tout autant dans le privé. Que les soins soient publics ou privés, cela ne change pas le nombre d’infirmières et de médecins disponibles sur le territoire.

Rappelons aussi que l’accessibilité est moindre dans un encadrement privé et que son coût est supérieur, car le malade a tendance à reporter ses visites médicales afin d’éviter des tarifs et que l’aggravation subséquente de la maladie multiplie les frais pour le client en raison de la trop grande attente dans la prise en charge de traitement.

De plus, les compagnies d’assurance étant des entreprises privées, la motivation n’est pas de servir l’assuré, mais d’engranger des profits aux actionnaires envers lesquelles les employés sont redevables. Ainsi, de nombreuses demandes de clients sont rejetées malgré des années de paiement de primes mensuelles onéreuses.

Ceci dit, Jean Charest et son ministre Yves Bolduc devraient tendre l’oreille aux revendications des infirmières. Ces dernières ne rechignent pas sur la question salariale, mais sur une structure organisationnelle du travail déficiente.

Or, il serait pourtant aisé pour le gouvernement d’accommoder les infirmières qui portent à bout de bras le système de santé.

Un réaménagement du travail pourrait s’opérer avec de la bonne volonté de l’État sans compromettre le budget de la santé.

Mais, comme nous l’avons vu, l’attitude actuelle du gouvernement libéral cache des considérations toutes autres que l’amélioration de la santé publique et de la protection des intérêts de tous les québécois.

14 réflexions sur “Torpiller la santé pour faire rentrer le privé

  1. Etienne

    La vérité c’est qu’aux États-Unis, même avec un bon équilibre entre les institutions publiques et privées, les dépenses en santé par capitat sont pratiquement le double des dépenses per capita canadiennes. Ca leur coute une fortune, et jusqu’à présent, le peu de privé que nous avons eu en santé n’a fait qu’exploser les couts de notre système de santé. Que ce soit les agences d’infirmières payées le double du taux horaire, les PPP ou le manque de sérieux dans le controle de nos coûts de médicaments, il n’y a jusqu’à maintenant que du négatif dans ce nouveau dogme de privatisation.

    Au delà du débat plus cher/mois cher, il y’a une autre problématique qui apparait lorsqu’un organisme privé à but lucrafit offre des soins de santé. La corporation qui offre des soins a comme premier objectif la rentabilité, ce qui pourrait amener un docteur à prescrire des soins plus dispendieux que nécessaire, ou même completement superflus. C’est la raison pour laquelle ce n’est pas le pharmacien qui prescrit un médicament.

  2. Le Gal Sylvie

    Nous pouvons constater que ces hommes politiques ont soif de pouvoir et de contrôle, ils ne travaillent pas pour la population, mais plutôt contre elle. L’EGO de ces politiciens est trop démesuré. Faire croire à la population que le privé dans la santé va devenir rentable pour notre société, que c’est essentiel pour notre croissance économique ???
    Nous prennent- ils pour des imbéciles ? J’invite le gouvernement Charest à faire un STAGE. Gaston Lagaffe pourrait me dire : «M’enfin Sylvie, tu ne vas pas payer un stage à ces irresponsables ?
    Je réponds «OUI, OUI, je vais inviter ces gens – là, d’aller consulter le Dalaï-lama pour qu’ils acquièrent tous :
    1- De la sagesse : La contemplation et une respiration profonde donneraient à ces Messieurs peut être une meilleure vision de leurs devoirs en tant que leaders politiques.
    2- D’une grosse dose d’humilité : Seigneur !!!! Ce n’est pas gagné du tout !!! ILS en manquent à la tonne. Ils agissent comme des enfants jaloux, si le syndicat ou un autre organisme ont des bonnes idées, ils répondront «on ne les prendra pas na..na..na…na». Mais expliquez-moi, comment fonctionne ce monde-là ??
    Ils ne vont pas chercher l’expertise des bonnes personnes, des personnes de terrain. Ils préfèrent demander aux gestionnaires en haut de leur tour d’ivoire de trouver des solutions. Alors que ces mêmes gestionnaires ne sont pas en contact avec les réalités des professionnelles en soins. Pouvons- nous avoir UN JOUR, un gouvernement qui travaillera EN ÉQUIPE pour le bien de tous, en oubliant les organismes, les parties politiques qu’ils représentent ? Juste de s’occuper de veiller à ce que les gens du Québec soient heureux.
    En tout cas, vous allez me dire que c’est de l’argent jeté «par les fenêtres», que d’envoyer ces politiciens en Inde, de plus je suis sûre de payer 4% d’impôts supplémentaires avec ces «zigotos». ALORS NON, MERCI :o))
    Un petit mot sur les offres du gouvernement, car je suis infirmière. Ils sont tombés sur la tête !! Mr Bolduc ne vous dit pas tout. Il ne dit pas que les primes sont données sous certaines conditions, que l’aménagement du travail va se faire sur le dos des professionnelles en soins en supprimant 10 congés, 12 fériés, 3 congés de maladie. Super ! Comme programme. Alors que nous sommes toutes fatiguées. Mr Charest et Mr Bolduc ont même l’odieux de nous dire qu’ils payeront nos fériées, si les gestionnaires ne sont pas capables de nous les donner. Ce gouvernement aura besoin de 4000 cadres supplémentaires pour gérer les salaires. Je voudrais inviter ces ministres à travailler les soirs, les nuits, les fins de semaine pendant 40 ans. Ces politiciens n’ont rien compris : le but d’un aménagement du travail, c’est de ramener des professionnelles en soins dans le réseau de santé publique. Actuellement, les gens sont tellement écœurés de leurs conditions de travail qu’ils veulent partir dans d’autres domaines ou aller au privé.
    Bravo ! Ce gouvernement hypocrite va réussir à implanter des agences privées partout à travers la province du Québec.
    Et pour finir, Mr Bolduc instaure «la méthode Toyota» partout au Québec, ce qui veut dire optimiser les soins. Cela se traduit par le quota patient/infirmière plus élevé. Nos tâches augmentent constamment au détriment de la qualité du service, au détriment de la sécurité du patient et c’est inacceptable.

  3. @Sylvie Le Gal,
    Si je comprends bien, le gouvernement offre aux infirmières des changements aux horaires à la condition que tout se fasse à coût nul. C’est une bonne raison de prétendre qu’il est tombé sur la tête.

    Je crois que le gouvernement tente de laisser aux syndicats et aux dirigeants des hopitaux l’odieux de bousculer les vieilles infirmières qui ne travaillent jamais que sur le quart de jour (8à4), ce qu’évidemment ni le syndicat des infirmières ni les dirigeants d’hopitaux n’oseront faire.

    Ce que je suggère pour diminuer la fausse pénurie d’infirmières :
    1-rotations + quarts de travail de 12 heures, (36 heures de présence sur les lieux de travail, 20 minutes pour manger payées pour toutes et tous. Actuellement, l’infirmière peut quitter les lieux pour aller manger chez-elle ou ailleurs pendant une heure mais n’est pas payée, selon les conventions, ce qui est normal.
    2-interdiction formel aux hopitaux, aux CLSC (CRSSS) et aux autres établissements de la santé de recourir aux agences privées.
    3-pas plus de 2 semaines de vacances entre le 5 juin et le 5 septembre.
    4-abolition du système de retrait préventif mur-à-mur pour revenir à ce qui c’est fait avant l’implatation de ce système. Actuellement, DES infirmières demandent un retrait préventif payé par le gouvernement dès qu’une prise de sang confirme qu’elle est enceinte.
    5-augmentation plus que substantielle du salaire des infirmières qui travaillent aux soins critiques ainsi qu’une grosse augmentation pour celles qui travaillent sur les quarts de soir et de nuit.

    Si les infirmières ne n’arrivent pas à s’entendre entre-elles, le gouvernement devrait décréter comme il en a l’habitude.

  4. sylvainguillemette

    Certes, vous avez nommé à peu près tout ce qui dérange du privé. Mais autre chose m’agace, moi. C’est la possibilité pour le bourgeois de diversifier ses revenus, à travers la maladie d’autrui, donc des maux d’autrui. C’est ni plus, ni moins, du parasitisme écoeurant!

    C’est que, pour démarrer une entreprise, vous me concéderez qu’il faille d’abord disposer de capitaux. Sans capital, pas d’entreprenariat! Sauf peut-être dans l’imaginaire! Car même en coopérative, le capital ne pousse pas dans les arbres, il est emprunté, ou déjà possédé.

    Bref, quand on parle de privatiser un système de santé, ce n’est pas que de s’attarder aux problèmes de la clientèle qui fait que nous en débattons réellement. Il faut s’attarder aux autres faits, comme; QUI PEUT POSSÉDER UNE CLINIQUE PRIVÉE ? La réponse est simple, l’explication de la réponse également! Le bourgeois ou le riche envieux de devenir bourgeois, c’est-à-dire propriétaire des moyens de production. Comment est-il devenu riche ou bourgeois? En accumulant les capitaux, en les récoltant d’un héritage, en gagnant à la loterie, mais dans ces explications, vous ne trouverez rien qui vaille la peine de parler de «mérite».

    La réalité est simple! Le système capitaliste est ainsi fait, qu’il permet aux bourgeois, de multiplier leurs capitaux, donc de concentrer les richesses en leurs poches, ce qui s’observe à travers les fortunes internationales, ou à travers les bouleversements de la bourse. On y note ais.ment des transferts de capitaux, résultant d’une acquisition, etc.. Les capitaux se concentrent et forment chez leurs propriétaires, des cartels. Notons que le riche peut devenir bourgeois, dès qu’il s’acquitte de moyens de production, qui lui donneront la possibilité de suite, de multiplier les capitaux qu’il investira.

    Une chose est certaine, à travers ce «beau monde capitaliste», il y a de véritables méritants! Les travailleurs! Dont ceux de la santé! Et la privatisation n’est aucunement une solution avantageant les travailleurs, mais plutôt, justement, leurs exploitants, ironiquement! Ceux-mêmes que les capitalistes de Jean Charest défendent, avec leurs intérêts!

    Un pas en avant nous voulons? Mettons dehors ce gouvernement mafieux de merde! Mettons dehors ces serviteurs de la bourgeoisie! Et de grâce, n’en élisons pas d’autre! Et je vous ferais remarquer que madame Marois n’est pas anti-capitaliste non plus! Et que c’est encore pire du côté du club social des lucides!

    Seule solution, révolution! Ailleurs, ils ont essayé la voie passive, ça n’a rien donné! Aujourd’hui, les états-uniens, si «lucides» comme nous le disent les adéquistes et leurs semblables, meurent d’un mauvais système de santé, privé en grande partie, et cela, dans l’indifférence de leurs concitoyens! Aliénation, quand tu me tiens!

  5. Sylvie Le Gal

    @Mr Le Gentil astinueux
    Je voulais reprendre quelques points avec vous :
    1- Les postes à rotation : C’est une horreur ! Pourquoi? Parce que nous travaillons le soir, la nuit, une fin de semaine sur 2 et il y a aussi les gardes. Nous avons déjà beaucoup d’inconvénients, vous voulez nous en ajouter un autre. Vous me faites peur. Dans certains établissements, il y a de la rotation et devinez ? Les gestionnaires font travailler le personnel soignant à 70 % de nuit ou de soir. Nous sommes un milieu de femmes. La conciliation travail-famille est égale à zéro avec ces postes-là. De plus, nous ne sommes pas très attrayants pour ramener des jeunes dans notre métier, les jeunes professionnelles en soins ne sont pas intéressées du tout à faire de la rotation.

    2- Les quarts de travail de 12 heures. Ce n’est pas fait pour tout le monde. Savez-vous que nos gestionnaires utilisent la méthode Toyota dans notre système de santé ? Le quota patient/infirmière a été augmenté depuis quelques années et cela nous tue à petit feu, rajouter le stress, la peur au ventre de ne pas être capable d’assurer la sécurité de nos patients et les temps supplémentaires obligatoires : nous sommes carrément sur les genoux. Mr Bolduc préconise ce genre de réorganisation de travail, il aimerait nous voir travailler comme dans une chaine de montage. Je suis devenue infirmière, car J’aime le contact humain, prendre le temps de soigner, d’écouter et de réconforter mes patients. Promouvoir des soins expéditifs, NON ! Merci. Nous sommes plusieurs professionnelles en soins à penser à un changement de carrières si le gouvernement s’entête à ne pas vouloir améliorer nos conditions de travail. c’est dommage !

    3- Les repas, je souris lorsque j’ai lu votre commentaire. Dans plusieurs établissements, nous sommes en manque d’effectif, certaines infirmières mangent dans leurs services, elles sont incapables de partir, car il y a trop de risques pour les patients. C’est très rare de voir une infirmière partir manger chez elle. Mais cela arrive parfois…

    4- Les agences : Bravo ! Si le gouvernement pouvait vous écouter. Je serais très heureuse…

    5- Les vacances : Je suis mitigée sur cette question, car avec la vie que nous menons, je vous avoue que 2 ou 3 semaines de vacances cela nous permet de tenir le coup. Je serais curieuse de savoir le nombre d’infirmières en arrêt de maladie pour « Burnout ».En France, les infirmières arrivent à prendre quelques semaines de vacances avec leurs enfants pendant la période estivale, à tour de rôle, mais au Québec, cela ne fonctionne pas du tout de cette manière-là. Dommage ! Car je suis sûre qu’il y aurait plus de rétention – attraction dans notre métier.

    6- Le retrait préventif : Les professionnelles en soins sont retirées des services « à risque» mais elles sont présentes dans l’hôpital jusqu’à 36 semaines. Vous avez une mauvaise information les infirmières ne sont pas retirées dès que la prise de sang confirme la grossesse. Les éducatrices dans les garderies, les orthophonistes ont ce privilège, mais pas nous.

    7- Vous avez raison, les primes devront être augmentées, mais d’une façon uniforme et simple. La manière de gérer devient de plus en plus complexe. Toutes les primes qu’ils veulent nous donner viennent avec des conditions. Vive la bureaucratie !! pour faire « des économies de bouts de chandelles »

    8- L’aménagement du travail serait très vendeur pour faire revenir des professionnelles en soins dans le réseau. Tout le monde à 4 jours par semaine, avec des journées un peu plus longue. Savez vous que la majorité des infirmières font du bénévolat ? Les gestionnaires des établissements n’ont jamais prévu un temps de rapport entre les équipes. Alors les professionnelles en soins ne finissent jamais à l’heure, généralement, elles donnent 1 heure de leurs temps aux changements de quarts de travail.

    9- La formation : Faire des liens entre les professions : préposées, infirmières auxiliaires et infirmières. Le gouvernement ou les établissements de santé devraient proposer des programmes attractifs, pour que ces professionnelles puissent avoir une évolution de carrières. Les gestionnaires pourraient proposer de les aider à financer leurs études, mais en contrepartie, ces personnes-là seraient liées à l’hôpital par un contrat de 5 ans, par exemple.

    J’espère que vous comprenez maintenant un peu plus notre réalité. Merci de votre attention. :o)

  6. Ce qui me fait royalement chier, c’est la promotion faite pour des carrières de chair à canon et de l’autre côté, le manque d’infirmières comblé par des foutues agences privées, qui ne devraient même pas exister.

  7. Sylvie Le Gal

    Vous avez raison Mr Sylvain, je me suis posée aussi la question, de la publicité pour rentrer dans l’armée canadienne, nous en voyons, mais faire de la publicité pour rentrer dans le milieu médical, RIEN, c’est aberrant!
    il ne faut pas être méduim pour savoir que le but ultime de ce gouvernement est de laisser la porte grande ouverte pour les agences privées.
    c’est sûre que nos impôts vont augmenter dans les années avenirs.
    Savez vous que nous dépensons plus de 192 907 305 millions pour les infirmières en soins infirmiers et cardio respiratoires ? et c’est juste pour l’année 2008-2009 .J’ai hâte de voir les chriffres pour 2009-2010,je crois que cela va être pire..

  8. Sylvie Le Gal

    le montant d’argent que je viens de préciser, c’est les dépenses pour les agences privées.et je ne vous parle pas des autres catégories d’emploi, la note est plus salée.Les politiciens nous demandent de faire des économies, alors qu’ils jettent l’argent par les fenêtres !!! Il nous faut un miracle pour avoir un ministre à la hauteur.

  9. La privatisation des soins de santé… voilà une idée qui devrait obligatoirement être débattue lors d’une élection et qui mériterait sans doute un référendum. Car il s’agit d’une transformation majeure du système québécois.

    Cependant, avec un Parti Libéral qui n’est même pas capable de respecter les règles de base de la démocratie (financement du parti, corruption, collusion, conflits d’intérêts, contrôle des forces policières, etc…) inutile de croire que Jean Charest consultera la population avant de faire d’autres cadeaux à l’establishment fédéral.

  10. En fait lutopium, le débat a déjà eu lieu, et c’est ce qui a donné vie au système de santé Québécois, universel.

    Il y a de ça une trentaine d’années, nous y étions, au privé, et ça ne fonctionnait tellement pas, qu’on a accouché de ce système-ci.

    Dès le début du siècle dernier, Normand Béthune faisait la morale quant au système de santé, mais il était perçu, très vite, comme un «maudit communiste».

    Peu importe, partout où le système universel est en place, l’accès aux soins est meilleur, moins coûteux per capita, et aucunement discriminatoire quant à l’épaisseur de votre portefeuille. Et encore, depuis que ce système de santé universel existe, la bourgeoisie se retranche dans d’autres fronts.

    Je crois que le débat a eu lieu, et je ne crois pas que les arguments aient changé pour les capitalistes. C’est toujours la «liberté de tirer profit de ses conditions personnelles» qui prime. La liberté d’exploiter la misère des uns et des autres. L’incessante répétition de la «liberté d’entreprendre pour les bourgeois de ce domaine», plutôt qu’une explication du «pourquoi» ces bourgeois détiennent une part importante de la richesse, créée pourtant par le prolétariat.

    Non seulement s’agit-il d’un changement majeur, mais je dirais qu’il s’agit d’un lègue de nos libertés à la bourgeoisie. Léguer la liberté de toutes et tous, pour une liberté individuelle de s’enrichir sur ces «toutes et tous», je n’y vois aucune avancée, mais un recul patent.

    Aucun système de santé privé n’est plus performant que les systèmes publiques. Aucun ne réussit à abaisser les coûts aussi bas per capita. Aucun ne réussit à traiter tout le monde, sans discrimination.

    Permettre le privé en santé, c’est plus qu’un grand changement de la part d’une nation, c’est un changement idéologique, qui affecterait l’Amérique au grand complet.

    Peu importe, je suis certain que les cubains nous envient d’avoir des tv HD, et tout le tralala. Mais je suis sûr et certain que les cubains ne sont pas nostalgiques de l’époque de Batista, et je suis sûr aussi, qu’ils n’envient pas les systèmes de santé privé dans les pays avoisinants. Car justement, au contraire, leurs effectifs sont si présents, que c’est Cuba qui aide la plupart des pays de l’Amérique latine en santé. Ce qui est plutôt comique de la part de nos élus, c’est justement leur discours sur le privé, alors que tous les modèles privés démontrent que ça ne fonctionne pas, tout en permettant des absurdités comme le droit d’exploiter la maladie. Et aucun de nos élus ne songe à Cuba, qui pourtant, selon l’OMS, se débrouille pas mal bien pour une île du tiers monde!

    Jamais vous n’entendrez parler de Cuba à l’Assemblée nationale,, sauf peut-être, par Amir Khadir. Autrement, nos concédés à la cause bourgeoise replacent à chaque fois, pour être sûr de ne rien voir d’autre, leurs oeillères!

  11. Ce que vous dites, autrement dit, c’est de réouvrir le débat, et non pas de l’ouvrir. Il a été ouvert, puis fermé avec la conclusion qu’il nous fallait un système universel qui faisait fi du mauvais partage des richesses sous le système capitaliste.

    C’est un peu comme une réouverture du débat sur l’avortement que vous prônez, peut-être sans le savoir.

  12. Je suis en faveur de la désétatisation du système de santé, mais pas de la privatisation capitaliste préconisée par plusieurs. En plus, on privatise de plus en plus les services publics pour socialiser les investissements privés (e.g. Câlissée de Culbec City).

    Mais il faudra bien un jour songer à une solution pour désoviétiser le système de santé culbécois.

    @Sylvain Guillemette

    Attention, en Europe, les systèmes mixtes sont plus efficaces et plus accessibles que le système soivétisé Culbécois.

  13. « Ce qui me fait royalement chier, c’est la promotion faite pour des carrières de chair à canon et de l’autre côté, le manque d’infirmières comblé par des foutues agences privées, qui ne devraient même pas exister. »

    Bon point!

  14. Effectivement, la centralisation n’est pas bonne. Il faut régionaliser les contrôles sur la santé, comme par exemple les véritables soviets le feraient. Le problème, justement, c’est que le soviétisme n’est pas appliqué et que chaque région ne peut pas elle-même contrôler sa voie. A Cuba, le système de santé est soviétisé, comme un vrai soviet, et ce système est accessible à tout le monde et performant, en plus d’être bien moins coûteux que les systèmes européens.

    De toute façon, les européens vont devoir privatiser leur système, avec ce qu’on leur impose (pièce de théâtre avec la Grèce…), et du coup, on verra ce que ça coûtera et ce que ça aura coûté d’ouvrir la porte à l’exploitation de la maladie d’autrui.

    Car au-delà du coût et des performances d’un système de santé, il doit y avoir un débat sur la question du mérite, et en ce qui concerne le système capitaliste. Comment peut-on excuser l’exploitation de la maladie d’autrui, par le simple fait que quelqu’un possède assez de capital pour s’approprier les outils nécessaires pour soigner les malades? C’est n’importe quoi, et encore sans débat. Totalitarisme…

    Le fait que les européens aient tous accepté ce principe à la con, ne nous oblige pas à adhérer à cette formule plus coûteuse per capita, et permettant des absurdités comme l’exploitation des maladies d’autrui.

    Et notre système, s’il a bel et bien une concentration, n’en est pas moins l’un des meilleurs en Amérique. Le seul qui soigne plus vite ses patients, et qui les soigne tous, à moins coûteux modèle, et qui ne manque pas de médecin, c’est Cuba. C’est pourtant un pays du tiers monde selon le FMI, mais la longévité cubaine est sensiblement la même que celle des Canadiens.

    Je ne crois pas à la mixité. Ça donne aussi des résultats comme aux États-Unis, et ça permet l’exploitation de la maladie d’autrui par des non-méritants. Désolé.

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