Le Parti Québécois, François Legault et les vaches sacrées

La sortie surprenante de François Legault, député péquiste et critique de l’opposition en matière de finances, contre les « vaches sacrées » du modèle québécois en a surpris plus d’un au Parti Québécois.

Bien que le PQ se monte contre ces déficits supplémentaires, comme le ferait toute opposition officielle, il n’est pas certain que les têtes dirigeantes du PQ aient formulées les mêmes solutions radicales à la résolution de la problématique budgétaire.  C’est probablement pourquoi il n’y a pas eu de déclaration favorable aux propos de Legault de la part de ses collègues députés du PQ.

Pourtant, c’est justement l’apport de l’État québécois, notamment par ses travaux d’infrastructures et son filet social généreux, qui a permis au Québec de se maintenir dans une position favorable par rapport aux autres provinces canadiennes dans cette crise économique.

Plusieurs économistes affirment même que la Belle Province est en meilleure posture que toutes les autres au Canada et cela est d’autant plus vrai que pour une fois le chômage y est moins élevé que chez l’ancienne très prospère Ontario.  Pas si mal pour l’État le plus à « gauche » en Amérique du nord.

En s’opposant autant drastiquement au projet de loi 40 qui suspend l’obligation du gouvernement québécois de ne pas générer de déficit pendant les quatre prochaines années, le comptable et ancien homme d’affaires devenu politicien montre ses vrais couleurs.

Et il ne tient évidemment pas compte que tous les pays occidentaux injectent des milliards afin de relancer une économie qui a perdu pied par un trop grand laisser-aller.

Monsieur Legault se positionne ainsi dans la même lignée que les lucides Bouchard et Facal.

En bon finissant des HEC, il comptabilise la réalité « en plus et en moins » sans inclure les effets sociaux bénéfiques d’un État providence.   Malgré toutes ses compétences et son expérience, il lui manque une vision socio-économique globale nécessaire à tout bon homme d’État.

Que serait le Québec sans ses vaches sacrées?  Sans la santé universelle et l’école publique?  Sans son interventionnisme en économie? Sans le soutien aux démunis?

Bien, il serait aussi mal au point aujourd’hui que le sont les États-Unis, l’Islande, l’Irlande ou la Grande-Bretagne.

Par ailleurs, monsieur Legault vient d’ouvrir une boite de pandore parmi les rangs du Parti Québécois et il est peu probable que son intervention peu habile lui fera faire des gains de sympathie dans cette formation politique.  Le SPQ Libre, la frange extrémiste du PQ,  doit bouillir de colère et demandera probablement sa tête dans les prochains mois.

On se demande même s’il ne serait pas mieux de rejoindre la cohorte de l’Action Démocratique du Québec tellement ses idées ressemblent à celles émises par le principal candidat à la chefferie de l’ADQ, Éric Caire, qui demande ni plus ni moins que l’émasculation totale de l’État de la vie économique et sociale.

Mise à jour au 25 juin:  

Bien, la pression a été trop forte pour Legault.  Sa dernière sortie a dû lui nuire plus que prévu au sein du Parti Québécois.

Il a lancé un caillou dans la marre en espérant des réactions positives parmi ses collègues péquistes, mais sans résultat.  Alors, devant l’indifférence en rapport à ses idéaux, il a quitté..

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8 réflexions au sujet de « Le Parti Québécois, François Legault et les vaches sacrées »

  1. Effectivement, l’interventionnisme de l’État, dans un contexte capitaliste, est le bienvenue, lorsqu’il aide les travailleurs. Mais ce n’est plus le cas, et cela fait longtemps que c’est ainsi.

    Mais de fait, cela ne fait que confirmer, à chaque fois, que l’entreprise privée est incapable de gérer comme il le faut, ses actifs. Sinon, que l’État doit intervenir, pour combler des lacunes, lesquelles sont produites par le système capitaliste.

    La solution, elle est simple. Débarrassons-nous du capitalisme et des capitalistes. Une bonne fois pour toute.

    Par ailleurs, j’ai reçu, par la poste, une publicité du Bloc Québécois, laquelle met en évidence les projets qu’une indépendance du Québec nous donnerait. Ouf! En cinq points, la langue, la culture, la langue encore, et la culture toujours, ainsi que la langue et la culture! Bref, un ramassis d’intérêts nationalistes, qui font fit des réalités capitalistes, du salariat, donc de l’exploitation des travailleurs et de l’existence des prolétaires.

    Je n’ai pas inventé les classes, elles sont là, elles existent, le matérialisme ne me les rend que plus évidentes. Au PQ, ou au Bloc, c’est le nationalisme d’abord, pour être «maître chez nous», mais qui donc sera maître chez nous? La bourgeoisie «québécoise» voyons!

    Rien de nouveau sous le soleil péquiste, une seule indépendance, qui n’a pour but que de donner plus de pouvoirs aux minorités bourgeoises du Québec, ces mêmes parasites qui, ailleurs, exploitent également le labeur des prolétaires. C’est du pareil au même que l’ADQ finalement, sauf qu’on y ajoute des frontières, délimitant encore les travailleurs d’une terre, d’une autre. Nous divisant encore…

    Je suis indépendantiste, mais aux conditions suivantes;

    -Que le privé ne comble plus jamais de lacune,

    -Que le privé en santé soit éradiqué sur le champs,

    -Que les intérêts des travailleurs passent devant les intérêts d’une minorité parasitaire,

    -Que l’on nationalise les moyens de production.

    Je voterais quand même OUI à un potentiel référendum, mais ne comptez pas sur moi pour prendre ma carte de ce parti bourgeois qu’est le PQ!

    Quelque chose te surprend, Jimmy, dans l’attitude de ce serviteur de bourgeois?

    S’il n’y avait pas eu de cette pluie de milliards de dollars -qui n’existent pas de fait-, l’économie entière, du monde entier, serait tombée. Ces aides, n’ont de fait qu’aider le capitalisme à perpétuer notre exploitation, et ce, au profit et au grand bonheur des bourgeois. C’est un fait. Ces aides ont donné un autre souffle au capitalisme.

  2. Les politiciens n’ont pas le choix. Ils doivent nous endetter puisque ce sont les dettes qui créent l’argent.

    Je suis indépendantiste à une seule condition : Québec Inc.

    On imprime notre argent et fuck les banques privées. Sinon, vous pouvez vous la mettre ou je pense votre souveraineté tronquée.

  3. Effectivement, c’est pourquoi une révolution s’impose, ensuite voyons pour l’indépendance. L’un ne va pas sans l’autre, mais l’autre va sans l’un, peut-être…

    Si le débat matérialiste avait bel et bien lieu, un débat sur l’importance de l’indépendance aurait également lieu, mais aussi, un débat sur les intérêts d’un quelconque futur et indépendant Québec et les raisons révolutionnaires d’en venir à cette solution, plutôt qu’à une autre. Tel devrait être un réel débat matérialiste, tenant compte de la conjoncture actuelle, bien sûr, mais tenant compte, surtout, des intérêts des prolétaires, puisqu’ils existent -un constat purement matérialiste-.

    L’indépendance du Québec, selon les intérêts primés par le PQ, ce parti serviteurs de la bourgeoisie, n’est qu’une porte de sortie pour enrichir NOS patrons «québécois», de souche sinon -quelle connerie!-, plutôt que de servir les intérêts des actuels prolétaires habitant le sol nommé Québec. À chacun ses intérêts, mais une chose est certaine, la lutte des classes n’est pas, elle, dépendante d’une quelconque souveraineté de frontières, sauf si le pouvoir est tenu par les soviets.

    Le PQ, bref, c’est de la merde. C’est la même racaille qui, plus hypocritement peu-être, défend les intérêts de la bourgeoisie, tout comme l’ADQ, tout comme le PLQ. Du pareil au même, et j’oubliais le Parti vert, lequel ne veut rien savoir d’une alliance avec des socialistes, préférant défendre une utopie dans laquelle on fait croire que capitalisme et environnementalisme peuvent se marier. Les verts se sont putassés en sauveurs du moindre mal, malheureusement.

    Cette terre nommée Québec, n’a rien à envier aux autres dites «nations» de ce monde, où le capitalisme se prolifère. Si le Québec doit dépendre de l’exploitation de l’être humain par l’être humain pour se permettre de décider par lui-même de ses dérivées idéologiques, et donc, de son évolution, ce projet ne m’intéresse pas. Je voterais certes «OUI» à un futur référendum, mais je ne défendrai pas les projets de ce parti bourgeois.

    J’irai même jusqu’à dire que le parti Québécois est une honte pour le Québec et ses habitants.

    Votez Québec-solidaire, sinon, pour un parti ouvrier défendant leurs intérêts!

  4. Peut-être certains voudront-ils expulser François Legault du PQ, mais celui-ci pourrait d’un autre côté récupérer la situation à son avantage. Je serais même plutôt surpris qu’il n’ait pas déjà planifié la suite des choses.

    En effet, le SPQ Libre et certains autres groupes plus à gauche au PQ ne bénéficient pas forcément d’une cote de popularité très élevée dans le parti. François Legault aurait l’avantage d’attirer au parti ces nombreux souverainistes de droite qui n’avaient d’autre choix que de voter pour l’ADQ s’ils voulaient concilier leurs valeurs. Se présentant comme le « réaliste » et le véritable leader de l’opposition pendant la crise, il pourrait même supplanter Pauline Marois.

    De nombreuses spéculations sont en perspective!

  5. Si Legault devient chef, ce qui serait surprenant, une partie de l’électorat du PQ s’en ira à Québec Solidaire, ce qui ferait gonfler sa base électorale. Ça ne serait pas si mal comme possibilité….

  6. Effectivement, mais je ne serais pas encore certain que Québec-solidaire soit efficace contre le réel problème de l’humanité, la bourgeoisie minoritaire et parasitaire. Tant mieux si le parti le devient, mais ce n’est pas encore le cas et, si ce n’était que de la question de l’environnement et des risques que court une partie de l’humanité relativement à ce problème, je serais tenté de dire que les choses pressent.

    Le capitalisme est notre cancer à toutes et tous, il n’en fait bénéficier qu’une parcelle d’entre nous, travailleurs, à de telles mesures qui n’ont plus rien à voir avec le partage, ni le mérite, ni même un mérite relatif à un risque entrepris.

    Les mythes capitalistes, je ne vous ai pas encore vu les défendre ici. Sinon, tentez le coup.

    Le mérite est partagé parmi les laborieux travailleurs, le risque est également partagé parmi les travailleurs, et GM nous le rappelle fatalement ces temps-ci -Malgré qu’il soit par chance* épargné grâce au plan de pillage entrepris par Washington pour sauver l’exploitation des humains par ses semblables.-

    *Par chance pour le capitalisme, bien entendu.

    Nous devrions aller plus loin que la surface des évènements ayant amené ces processus, lesquels nous font jaser depuis plus d’un an, chaque jour ou soir. Tout ce qui se passe reflète des faits.

    Le prolétariat existe, c’est déjà un fait dont nous pourrions et devrions débattre. On est pour, ou contre l’exploitation des êtres humains. Débattons ensuite, d’un point de vue matérialiste, de l’exploitation des autres espèces vivantes, s’il le faut vraiment.

  7. Ce capitaliste prend la porte et ce n’est qu’un bon débarras. Les humains n’ont pas besoin de capitalistes, sauf pour leur prouver que ce système économique n’est qu’une supercherie permettant l’exploitation d’autrui, entre humains.

    Sinon, que le capitalisme doit maintenant laisser place à l’évolution, donc au socialisme, qui lui, laissera place au communisme.

    Le système capitaliste nous a bien démontré, encore une fois, qu’il était incapable de tenir bon sans frauder et piller les prolétaires*, au grand bonheur de la classe minoritaire et parasitaire bourgeoise. Non seulement ce système permet un odieux qui ne fut jamais élu, mais il met également en péril l’humanité, dans le seul but égoïste d’enrichir une minorité parasitaire sur le labeur des majoritaires prolétaires.

    Encore une fois, bon débarras en ce qui concerne François Legault! Capitaliste, va!

    *Qui existent. Le prolétariat n’est pas une hallucination collective, mais un fait, évident, prouvable et maintes fois prouvé.

  8. Quand on lit les trois constats de Legault, il s’agit de trois enjeux auxquels il a été directement lié dans ses fonctions passées (ministre ou critique de l’opposition).

    C’est assez ironique de nous dire, maintenant qu’il quitte, ce qu’il faudrait maintenant faire…

    Pourquoi ne pas l’avoir fait alors qu’il pouvait le faire ?

    Plus ironique encore: il quitte en dénonçant le cynisme des gens à l’égard des politiciens…

    Mourrant.

    Texte complet sur:http://lefinrenard.com/2009/06/30/les-constats-de-francois-legault/

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