Le buffet à volonté de Legault

On peut prétendre tout et n’importe quoi en même temps. Voilà ce que nous apprend la Coalition pour l’Avenir du Québec (CAQ) de François Legault.

Choisissez votre menu.  Il y en a pour tous les goûts dans le buffet à volonté de la CAQ : un peu beaucoup de droite, un tantinet de gauche, un grain de sel d’écologisme, un soupçon de nationalisme et une pincée de fédéralisme.

Cependant, un tel amalgame d’idéologies hétéroclites ne perdure jamais bien longtemps sur la houle des vérités politiques car une formation politique ne peut affirmer être tout ainsi que son contraire.

En effet, un parti politique se veut intrinsèquement la réunion de citoyens ayant les mêmes croyances politiques dans l’objectif d’une action commune.  D’où la pluralité des partis représentants moult courants politiques présents dans la société.

Au mieux, ce nouveau né de la politique québécoise tanguera à droite et ne sera qu’une refonte de l’Action Démocratique du Québec en perte de vitesse.

Au pire, il se disloquera sous le poids de ses contradictions idéologiques…

L’antisyndicalisme réactionnaire de Gérard Deltell

Plus ça change, plus c’est pareil à l’Action Démocratique du Québec.

D’un chef à l’autre, le même paradigme idéologique demeure malgré les déboires électoraux de cette formation politique. Ce qui se veut anachronique pour un parti qui prône le changement…

Le dogmatisme de droite et l’antisyndicalisme primaire pullulent encore parmi les rangs de l’ADQ, comme le témoignent les récentes déclarations négatives du chef, Gérard Deltell, à propos de l’entente de principe conclue entre le gouvernement et ses salariés syndiqués.

Pourtant, ici, le front commun syndical a fait preuve de bonne volonté en acceptant une moyenne de 1,2% par année de hausse salariale qui pourra être bonifiée si l’économie reprend en vigueur.  On s’entend que 1,2% n’est pas excessif, car l’inflation a atteint une moyenne de 1,72% par année au Québec depuis 2004 et que le taux d’inflation annualisé pour avril 2010 fut de 1,9% (selon Statistiques Canada).  Ce sont, en soit, des élévations salariales timides pour le demi-million d’employés de l’État.

Et même si ces hausses se voyaient indexer au coût de la vie, comme le prévoit l’accord, les revenus supplémentaires de l’État en parallèle avec la croissance de l’économie combleraient aisément la différence.  Il faut aussi mettre en lumière qu’une partie de ces concessions salariales reviendra dans les coffres du gouvernement via l’impôt sur le revenu.

De plus, le corps des employés de l’État, le plus nombreux parmi les états de l’Amérique du nord, a joué un grand rôle au Québec dans l’atténuation de la crise économique.  La présence d’une masse de consommateurs possédant un pouvoir d’achat stable a contribué au maintien de l’économie. En effet, le Québec s’est relativement bien sorti de cette tornade récessionnelle au contraire de la majorité des pays de l’OCDE.

Ainsi, la position de l’ADQ surprend.   On se serait néanmoins attendu à plus de souplesse et de désir consensuel pour un parti à la dérive dans la faveur de l’électorat. La seule raison soutenant ce point de vue ne peut qu’être idéologique.  L’ADQ pourfend les syndicats, point.  Pour ses sympathisants, les syndiqués sont des exploiteurs, voire des bandits, et ne méritent simplement pas d’exister.  Mario Dumont, co-fondateur et ancien chef de ce parti,  l’a lui-même soutenu : les syndicats n’existent que pour ramasser les cotisations syndicales de leurs membres.

En somme, Deltell fait la même erreur que Dumont : il se borne obstinément dans un carcan idéologique en dépit de l’opinion du public et il en paiera aussi la note.

Il attaque cette entente en affirmant que le gouvernement ne pense pas à la classe moyenne qui devra, selon lui, débourser les frais financiers de cette convention collective.

Mais Deltell se met les pieds dans les plats.  Après tout, les travailleurs de l’État représentent une partie importante de la classe moyenne.  En fait, ils composent près du quart de tous les contribuables québécois (dû moins ceux qui en paient).  Ajoutez à cela les conjoints ou conjointes de ces employés et l’on arrive à la moitié des salariés « imposés » du Québec qui seraient affectés par une diminution des conditions de travail des fonctionnaires prônée par l’ADQ!   Il n’est alors pas étonnant que les idées amenées par ce parti ne trouvent pas preneurs parmi la population.

Deltell se bat comme un diable dans l’eau bénite.  Il multiplie les sorties démagogiques dans l’espoir de rallumer l’ancienne flamme de l’ADQ ayant brillée de tous ses feux lors de  la campagne électorale de 2007.

Cependant, son parti est actuellement en crise.  Sa dette se chiffre à 640 000$ et il ne compte que 5 000 membres en 2010.  Or, ce n’est pas en tapant encore une fois sur le mouvement syndical, une recette qui a maintes fois prouvé son inefficacité, que Gérard Deltell pourra faire remonter la pente à l’ADQ.

Lucien Bouchard n’a jamais été réellement souverainiste

Les derniers commentaires de Lucien Bouchard à propos de sa perte de foi en l’indépendance du Québec et au soi-disant virage radical identitaire du Parti Québécois confirment une fois pour toute que notre Lulu national n’a jamais été souverainiste.

Malgré son adhésion à l’option du « OUI » en 1980 et 1995, la somme de son implication politique concrète laisse transpirer en fait un fort penchant pro-fédéraliste.

En véritable girouette politique, il n’a cessé de passer d’un extrême à l’autre de l’axe souverainiste-fédéraliste.

Notons trois mouvements de ce genre :

– Il fut tout d’abord un partisan actif du Parti Libéral du Québec lors de la campagne de 1970 et rejoint le camp souverainiste en 1980 après les événements de la crise d’octobre.

– En 1988, il rallie le Parti progressiste-conservateur dans l’espoir de ramener le Québec dans le concert de la confédération canadienne mais crée le Bloc Québécois après l’échec du Lac Meech.

– En 1995, année du deuxième référendum, il s’implique dans la campagne et permet de rehausser la popularité de l’alternative souverainiste. Succédant à Jacques Parizeau à la tête du Parti Québécois en 1996, il porte le flambeau du nationalisme québécois jusqu’à sa démission en 2001 où il baisse les bras en déclarant qu’il n’a pu ranimer la flamme de la cause de la souveraineté du Québec.

Et, cette semaine, voici cette déclaration vitriolique dans laquelle il qualifie la recherche de la souveraineté comme un objectif chimérique. Il affirme même qu’il ne verra pas l’accession du Québec à son indépendance de son vivant et donc qu’elle est désormais futile.

Après moi le déluge…

On reconnaît bien là l’arrogance et la prétention de supériorité morale de cette ancienne icône du nationalisme québécois.

Lucien Bouchard fut un souverainiste par circonstance, non par conviction.

En 2001, il a déserté la chefferie du PQ devant l’insistance d’une franche de ce parti qui demandait une attitude plus agressive dans la promotion de l’idée de la souveraineté car sa propre conviction n’était pas aussi vivante que celle des vrais souverainistes. À la première occasion, il a courbé l’échine et n’a pu continuer le combat.

Par ailleurs, on est en droit de se demander si ce personnage est vraiment un nationaliste convaincu après sa participation à l’élaboration du Manifeste pour un Québec Lucide. Dans ce document teinté d’une pensée néolibérale, il acquiesce à un délestage des services publics québécois et des instruments de contrôle du peuple Québécois sur sa destinée économique. Mais comment permettre l’émancipation du Québec en vendant au capital international toutes les institutions publiques dont les Québécois se sont dotés depuis la Révolution tranquille? N’était-ce justement pas pour réaliser cette émancipation que nous les avions érigées?

Et que dire de sa sortie peu élégante de 2006 demandant aux Québécois de travailler plus comme si notre peuple était une bande de fainéants. Pourtant, nous avons réussi en moins d’une génération à passer d’une communauté à caractère agricole à une société industrielle moderne. De plus, y-a-t-il un mal à vouloir jouir de la vie en profitant d’un temps en famille ou dans les loisirs après une semaine complète de travail? Devrions-nous, comme le suggère Saint-Lucien, sacrifier nos vies pour satisfaire les impératifs du capital?

En fait, monsieur Bouchard est un conservateur économique avant d’être un souverainiste.

Pour lui, l’économie prime sur les velléités indépendantistes des Québécois, comme son ancien mentor Robert Bourassa qui croyait que la souveraineté politique passait derrière la satisfaction des besoins matériels et économiques. Apparemment, il revient présentement à ses premiers amours.

Comme si ce n’était pas suffisant, Lulu agit en revanchard en entremêlant ses intérêts familiaux avec ceux de la population du Québec tout en minant la crédibilité des forces souverainistes. Il faut remarquer que cette attaque peu subtile a suivi les déclarations de Pauline Marois, l’actuelle cheffe du Parti Québécois, qui comparaient son frère (Gérard Bouchard) au personnage fétiche d’Elvis Gratton en relation à son attachement au multiculturalisme. Une allusion maladroite de Marois, certes, mais qui ne valait pas cette louche affabulation de radicalisme nationaliste, voire même racial, envers le Parti québécois au sujet de son questionnement identitaire. Ce parti est depuis toujours tolérant envers les immigrants et n’a jamais fait preuve d’une xénophobie comparable à l’Action Démocratique du Québec comme l’affirme monsieur Bouchard.

Finalement, Lucien Bouchard est un bien pensant qui nous dicte quoi penser, nous pauvres Québécois incultes et ignorants. Maintes fois il retourna sa veste et il ose aujourd’hui nous faire encore la morale.

Mais je lui pose une question : si la solution est d’éclipser la souveraineté et de s’attarder entièrement aux problèmes du Québec tels que les finances publiques, l’éducation et la santé, pourquoi le Parti libéral du Québec, qui n’est pas astreint par des contraintes nationalistes,  n’a-t-il pu réussir à résoudre aisément ces maux en 7 ans de pouvoir?

Diagnostic de l’ADQ

Mouton noir des partis politiques pendant toute son existence, l’ADQ a connu deux vagues de popularité dans l’électorat lui permettant d’espérer prendre le pouvoir.  Mais, à deux reprises, les électeurs ont détourné leur affection pour ce parti politique qui n’est, en réalité, qu’un succédané du Parti Libéral du Québec.   Et, on le voit présentement, le jugement de l’électorat a été avisé.

Faisons un court diagnostic de l’ADQ : elle fut longtemps le parti d’un seul homme même après l’élection de 2007 avec une présence en chambre de 41 élus. À cette époque pas si lointaine,  la députation adéquiste de piètre qualité faisait bien pitié face à deux groupes parlementaires expérimentés que sont le Parti Québécois et le Parti Libéral du Québec.

L’ADQ avait enfin eu sa chance et a passé à coté de manière lamentable.  Même avec l’ajout de quelques personnalités plus ou moins connues, comme Gilles Taillon,  le jugement des citoyens a été sans équivoque car aucun parti politique ne peut aspirer à diriger un État avec une équipe autant dénuée des compétences essentielles à la bonne gestion d’un gouvernement.

La dernière course à la chefferie, que l’on peut qualifier comme la pire qu’ait connu un parti politique au Québec, illustre clairement que l’ADQ n’a jamais atteint un stade de maturité lui permettant de réclamer pertinemment les rênes du pouvoir.

Et il y a quelques jours, la scène disgracieuse de la démission du nouveau chef récemment élu, Gilles Taillon, à la suite des départs des députés adéquistes Marc Picard et Éric Caire, confirme une fois de plus que les bases de ce parti ne se sont jamais consolidées après 15 ans de présence sur la scène politique.

Et le « couronnement catastrophe » de Gérard Deltell, un novice en politique active, en tant que successeur du court règne de Gilles Taillon,  atteste davantage que l’ADQ fut, est et sera toujours un parti sans réelles assises qui vogue au gré des marées sans compas à son bord.

Bref, une formation politique n’ayant jamais pu compter sur une clientèle électorale solide, une représentation parlementaire crédible et un programme cohérent en raison de son populisme facile et de ses affirmations démagogiques à l’emporte-pièce.

L’Action Démocratique du Québec a toujours vacillé sur des fondations qui tenaient à peine debout et la même histoire se répète encore après le départ de Mario Dumont.

Il ne suffira que d’un petit coup de vent pour faire s’écrouler toute la baraque…

À lire:

Un chef à l’image de l’ADQ

Le torchon brûle à l’ADQ

L’ADQ est toujours aussi déconnectée

L’ADQ est moribonde

Un chef à l’image de l’ADQ

Enfin.  L’Action Démocratique du Québec a un chef à la juste mesure de son idéologie politique.

Il était un peu anachronique d’avoir un jeune dans la trentaine à la tête d’une formation politique aussi rétrograde et même réactionnaire à certains égards.  Mais c’était là la beauté de la chose :  mettre en avant de la scène un petit jeune « premier de classe » pour faire avancer les lubies vétustes d’un parti fondé et dirigé à ses tous débuts par une relique du passé (Jean Allaire, né en 1930).

Bref, on essayait de draper le programme carrément conservateur du parti sous un emballage de nouveauté afin de séduire ainsi que duper un électorat peu conscientisé politiquement.

En fait, un tel parti politique aurait été beaucoup plus cohérent avec un dirigeant dont l’âge réflétait les notions arriérées de l’ADQ.  Maintenant, c’est chose faite avec Gilles Taillon.

Désormais, la voix principale de l’ADQ est au diapason de sa plate-forme électorale et les électeurs peuvent enfin voir le vrai visage de ce parti avec son nouveau chef âgé de 64 ans, issu du patronat et imprégné des idées d’une autre époque.

On est loin du sympathique Dumont, fier représentant de la jeunesse et soi-disant porteur d’idées « novatrices », qui faisait écran aux véritables promoteurs et objectifs du parti.

Le torchon brûle à l’ADQ

Les tiraillements et les viles attaques entre les deux principaux candidats à la chefferie de l’Action Démocratique du Québec, Gilles Taillon et Éric Caire, sont carrément pathétiques et l’on se demande bien s’il existe un avenir pour ce parti politique.

Le premier remet en question le parcours académique de son principal adversaire et le second doute de la capacité du premier en raison de la résurgence d’un cancer de la prostate.

On a rarement vu pareil déchirement et un tel éventail de basses manœuvres dans la récente histoire politique du Québec.

Comme toujours, l’ADQ fait preuve d’amateurisme en étalant sur la place publique ses dissensions internes.

La crédibilité de l’ADQ dans l’opinion publique s’en trouve directement compromise et ces incidents entachent davantage la piètre réputation des acteurs politiques et désabusent encore plus les citoyens envers les affaires publiques.

Imaginez une prochaine élection générale avec l’un de ces deux protagonistes comme chef du troisième parti en importance.  Si cette course à la chefferie est représentative du genre de tactiques pouvant être utilisées lors d’un scrutin québécois, nous pouvons s’attendre à une campagne électorale qui marquera l’Histoire pour son manque de décorum.

Récemment, on a pu lire que les deux rivaux chercheraient à mettre fin à cette guerre fratricide. Mais il est probablement trop tard.  Les torts envers leur parti sont quasiment irréversibles et seule l’accession à la position de chef d’un autre candidat pourrait opérer un sérieux coup de barre et permettre la survivance de l’ADQ.

Ainsi, Christian Lévesque se retrouve en meilleure posture que ses concurrents afin de rétablir le peu de pertinence de ce parti.  Par ses idées plus modérées et son comportement plus digne, il représente sans équivoque la meilleure option pour les partisans de l’ADQ qui désirent redorer l’image de leur formation politique.

Le Parti Québécois, François Legault et les vaches sacrées

La sortie surprenante de François Legault, député péquiste et critique de l’opposition en matière de finances, contre les « vaches sacrées » du modèle québécois en a surpris plus d’un au Parti Québécois.

Bien que le PQ se monte contre ces déficits supplémentaires, comme le ferait toute opposition officielle, il n’est pas certain que les têtes dirigeantes du PQ aient formulées les mêmes solutions radicales à la résolution de la problématique budgétaire.  C’est probablement pourquoi il n’y a pas eu de déclaration favorable aux propos de Legault de la part de ses collègues députés du PQ.

Pourtant, c’est justement l’apport de l’État québécois, notamment par ses travaux d’infrastructures et son filet social généreux, qui a permis au Québec de se maintenir dans une position favorable par rapport aux autres provinces canadiennes dans cette crise économique.

Plusieurs économistes affirment même que la Belle Province est en meilleure posture que toutes les autres au Canada et cela est d’autant plus vrai que pour une fois le chômage y est moins élevé que chez l’ancienne très prospère Ontario.  Pas si mal pour l’État le plus à « gauche » en Amérique du nord.

En s’opposant autant drastiquement au projet de loi 40 qui suspend l’obligation du gouvernement québécois de ne pas générer de déficit pendant les quatre prochaines années, le comptable et ancien homme d’affaires devenu politicien montre ses vrais couleurs.

Et il ne tient évidemment pas compte que tous les pays occidentaux injectent des milliards afin de relancer une économie qui a perdu pied par un trop grand laisser-aller.

Monsieur Legault se positionne ainsi dans la même lignée que les lucides Bouchard et Facal.

En bon finissant des HEC, il comptabilise la réalité « en plus et en moins » sans inclure les effets sociaux bénéfiques d’un État providence.   Malgré toutes ses compétences et son expérience, il lui manque une vision socio-économique globale nécessaire à tout bon homme d’État.

Que serait le Québec sans ses vaches sacrées?  Sans la santé universelle et l’école publique?  Sans son interventionnisme en économie? Sans le soutien aux démunis?

Bien, il serait aussi mal au point aujourd’hui que le sont les États-Unis, l’Islande, l’Irlande ou la Grande-Bretagne.

Par ailleurs, monsieur Legault vient d’ouvrir une boite de pandore parmi les rangs du Parti Québécois et il est peu probable que son intervention peu habile lui fera faire des gains de sympathie dans cette formation politique.  Le SPQ Libre, la frange extrémiste du PQ,  doit bouillir de colère et demandera probablement sa tête dans les prochains mois.

On se demande même s’il ne serait pas mieux de rejoindre la cohorte de l’Action Démocratique du Québec tellement ses idées ressemblent à celles émises par le principal candidat à la chefferie de l’ADQ, Éric Caire, qui demande ni plus ni moins que l’émasculation totale de l’État de la vie économique et sociale.

Mise à jour au 25 juin:  

Bien, la pression a été trop forte pour Legault.  Sa dernière sortie a dû lui nuire plus que prévu au sein du Parti Québécois.

Il a lancé un caillou dans la marre en espérant des réactions positives parmi ses collègues péquistes, mais sans résultat.  Alors, devant l’indifférence en rapport à ses idéaux, il a quitté..

Mario Dumont succédera-t-il à Jean Charest?

On se doute bien que Jean Charest quittera la politique après la terminaison de son présent mandat. 

Le chef des libéraux québécois tirera sûrement sa révérence après trois mandats consécutifs au pouvoir qui constituent déjà un exploit dans l’histoire politique récente du Québec.

 

Alors, qui lui succédera à la tête du Parti Libéral du Québec dans 4 ans? 

 

Claude Béchard est sûrement le nom qui vous vient à l’esprit.  Un politicien jeune, diplômé en sciences politiques et en administration publique.  Un possible dauphin, certes.

 

Mais, celui qui possède le plus d’expérience en tant que chef et le plus de popularité est sans aucun doute l’ancien leader de l’Action Démocratique du Québec. 

Après tout, Mario Dumont a fait ses premières armes au PLQ en tant que président de la commission jeunesse libérale et son retour au bercail plaira probablement grandement à la nouvelle génération des libéraux qui épouse son idéologie de déréglementation teintée d’anti-syndicalisme, comme le témoignait le dernier congrès des jeunes libéraux.

 

Plusieurs anciens sondages ont démontré que le personnage Dumont était apprécié dans la population pour son verbe et son charisme, mais on lui reprochait son jeune âge et son inexpérience du pouvoir.  Il n’a pas réussi à accéder au titre de premier ministre pour ces raisons. Mais cela pourrait changer avec le temps qui s’écoule et la maturité qu’il acquerra dans les prochaines années.

L’ADQ est toujours aussi déconnectée

L’aspirant à la chefferie de l’Action Démocratique du Québec, Éric Caire, soutient que le Québec doit aller encore plus à droite en cette période de crise économique mondiale.

S’inspirant avec fierté du documentaire « L’Illusion Tranquille », un manifeste néolibéral appelant au démantèlement de l’État et à la privatisation généralisée des services publics,  il s’adjoint le co-auteur de ce film (Denis Julien) en tant que conseiller principal de sa campagne au leadership.

C’est à croire qu’Éric Caire et ses disciples n’ont pas vécu sur la même planète depuis les débuts de la méga-débâcle financière planétaire.  Ils ne réalisent pas que c’est justement la domination de la droite depuis les années de la présidence de Reagan qui a mené à la crise actuelle avec son héritage de déréglementation bancaire et économique ainsi que de destruction du filet social.

En fait, le dogmatisme de droite est plus que jamais présent dans les rangs de l’ADQ malgré le virage interventionniste de la presque totalité des gouvernements des pays occidentaux.

Pourtant, les exemples de faillite de l’idéologie néolibérale ne cessent de pleuvoir : l’échec de l’application des thèses du libéralisme économique en Amérique latine est évident avec la montée récente de plusieurs gouvernements socialistes locaux et que dire de la quasi-banqueroute de l’Islande qui a payé chère son adhésion au néolibéralisme.

L’option déconnectée que propose Éric Caire aux militants de l’ADQ ne peut aboutir qu’à deux alternatives futures: une fusion possible avec le nouveau Parti Conservateur du Québec suite à une élection générale désastreuse pour l’ADQ ou la disparition pure et simple de cette formation.

L’ADQ est moribonde

Une nouvelle inopinée est venue marquer la soirée électorale de ces élections provinciales de 2008. 

 

Mario Dumont, l’inimitable chef de l’Action Démocratique du Québec, quitte la tête de son parti!

 

Avec l’élection du premier député de Québec Solidaire et ce départ annoncé, on peut dire que cette campagne électorale a été malgré tout riche en rebondissements .

 

Mais, maintenant, quel est l’avenir pour l’ADQ?

 

Cette formation politique devient orpheline en perdant son père fondateur ainsi que deux de ses piliers importants lors de ces élections, c’est-à-dire Gilles Taillon et le jeune politicien vedette Sébastien Proulx. 

 

De plus, l’ADQ sort du rang des partis officiels reconnus à l’Assemblée nationale.  Une bien mauvaise nouvelle pour ses partisans car dès lors les adéquistes se voient dépouiller de fonds monétaires et d’une logistique essentiels à leur existence.

 

Ceci dit, si quelqu’un doit être heureux de cette tournure des événements, c’est bien Stephen Harper.  Comme je le citais dans un billet précédent datant de juin 2008 (Mario Dumont digne remplaçant de Maxime Bernier? ), le Parti Conservateur du Canada a besoin d’une bonne tête d’affiche au Québec.

 

Mario Dumont se profile alors comme le meilleur candidat à cette fonction après la disgrâce du gaffeur Maxime Bernier. Il dit qu’il quitte pour s’occuper de sa famille.  Ce qui est sûrement partiellement véridique.  Mais je me demande s’il ne se prépare pas à être recruté par les conservateurs à Ottawa…