Et si le capitalisme était une religion?  

Une idéologie et une croyance religieuse ont beaucoup de choses en commun.  Toutes les deux cherchent à définir la réalité en imposant des règles qui supportent leurs visions du monde. Une question me vint alors à l’esprit : et si le capitalisme était une religion? Voyons-y de plus près.

Le capitalisme, comme tout culte, a eu un prophète qui est à l’origine de la rédaction du livre sacré qui deviendra la bible du mouvement de croyance ( Adam Smith et La richesse des nations). De plus, le capitalisme a créé aussi un véritable clergé de la théorie du marché qui n’hésite pas à user d’un prosélytisme dans toutes les sphères de la société (groupes de réflexion, groupes de pression, etc.). 

Et comme les religions monothéistes, il n’a qu’un seul Dieu. L’argent.

De façon semblable au christianisme, le capitalisme a étendu son emprise sur d’autres contrées et continents afin de propager la bonne parole et d’accaparer ainsi autant les esprits des indigènes que leurs richesses naturelles, allant même parfois à faire la guerre.

Le capitalisme cherche également à remplacer les anciennes religions et même à les intégrer en partie dans son système de croyances comme le fit la religion chrétienne.  Pensons seulement à la thèse présentée par Max Weber dans L’Éthique protestante et l’Esprit du capitalisme. 

Dans le dogme capitaliste, comme dans la plupart des confessions, il y a des déclinaisons entre les pratiquants orthodoxes et hétérodoxes, autrement dit ceux qui croient sur parole et ceux qui se posent des questions. Nous pouvons relater ici le courant libéral classique et l’école keynésienne en économie qui proposent des façons de faire différentes dans l’application du capitalisme. 

Enfin, la doctrine capitaliste a connu aussi sa guerre sainte, plus précisément dans son cas contre l’Empire du mal (dixit Ronald Reagan) que constituait l’URSS et tout l’ancien bloc communiste. Une guerre sainte dont le capitalisme est sorti vainqueur et qui prouva indubitablement la justesse de sa cause et l’appui inébranlable du Divin en son credo.

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Leçon de guerre

Ce texte a été publié dans Le Devoir, le 28 Février 2022

Photo de Karolina Grabowska provenant de Pexels

J’ai lu quelques livres de stratégie militaire dans ma vie, Sun Tzu, Clausewitz et autres. Un concept de base semble constant chez tous les auteurs : on ne s’engage pas dans une attaque sans être certain de vaincre à court ou à moyen terme.

Ici, Poutine a pris un dangereux pari en sous-estimant la résistance ukrainienne. Cette guerre d’invasion risque de s’enliser et de perdurer beaucoup plus longtemps que le pensait le maître du Kremlin, sans compter que les Occidentaux fournissent en armes et équipements les Ukrainiens dans leur lutte.

Pourtant, les exemples de conquêtes s’étiolant devant l’usure du temps et la volonté combative des indigènes sont nombreux dans l’histoire. Le Vietnam et l’Afghanistan en sont les cas les plus patents.

Soumettre une population contre son gré au diktat de l’envahisseur n’est pas chose facile et s’avère pratiquement impossible, surtout à notre époque avec les nouveaux moyens de communication. Nous ne sommes plus au temps de la guerre froide, et Poutine et ses sbires risquent de le réaliser amèrement…

La tragédie russe

Cet article a été publié dans le journal Métro Montréal le 6 mars 2012

De la monarchie absolutiste du Tsar au régime autocratique de Poutine en passant par la dictature du prolétariat de l’URSS, la nation russe n’a jamais pu établir un semblant de société démocratique.

Tous les espoirs étaient permis après la chute du mur de Berlin qui insuffla un vent de changement et d’espoir démocratiques parmi les populations de l’ancien bloc de l’Est.

Or, la récente victoire de Vladimir Poutine à la présidence – cette fois-ci avec un mandat allongé de six ans – consacre bien le fait que la Russie n’a pas modifié son paradigme politique même si elle espérait copier le modèle occidental – de nombreuses fraudes électorales ayant encore été dénoncées par une opposition latente et une nouvelle oligarchie financière maîtresse de la plupart des industries et des ressources du pays s’étant implantée.

L’ironie de l’histoire est telle que la nouvelle Russie de l’ex-officier du KGB ne casse en rien avec l’héritage de l’ancienne république soviétique, si dénigré par une majorité de Russes.  Au contraire, elle s’en inspire.  Ainsi, le chemin du peuple russe vers la démocratie nécessitera peut-être une nouvelle révolution…

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication : 208 (initié)

La chute du mur de… Wall Street

Ce texte a été publié dans Le Devoir le 26 octobre 2011

Berlin, 1989 : le mur de la honte tombe et sonne le glas de l’Union Soviétique et du bloc de l’est.  Tout un ordre social s’effaca devant la faillite d’un système sclérosé et usé par le temps.

New York, 2008 : la plus grande crise financière du capitalisme frappe Wall Street ainsi que les places boursières du monde et fait vaciller sur lui-même le système bancaire de l’Occident.    Une crise systémique s’installe avec le chômage structurel, l’endettement massif des consommateurs et les problèmes liés aux dettes souveraines.

De part et d’autre, les anciennes grandes idéologies porteuses d’idéaux de prospérité et d’équité s’effondrent laissant un grand vide à combler.

Le communisme à la soviétique n’a pas rempli ses promesses de justice sociale et son antagoniste, le capitalisme, a failli à répartir les richesses malgré ses prétentions pérennes.

Ainsi, le marché se révèle comme imparfait, en dépit de la « main invisible » censée tout réguler indéfectiblement.  Une caste dirigeante s’est formée, bien
protégée dans les châteaux modernes que sont les gratte-ciel, et les serfs
contemporains se paupérisant protestent devant autant d’accumulation pécuniaire.

Encore une fois, la fin d’un système se profile à l’horizon.  En conséquence, un nouveau mur s’effritera…

Les leçons de l’histoire sont limpides : trop de laisser-aller est aussi inefficace que trop de concentration des pouvoirs.  Une société éclairée doit choisir une voie intermédiaire constituant un juste milieu entre planification globale et
libertés des individus.