Les libéraux cherchent à vendre leur salade au prix de la vérité

« Gardez à l’esprit là, que si l’on regarde les tarifs lorsque les québécois paient par rapport aux autres provinces, en moyenne, c’est 650$ piastres de moins par année que les québécois paient (…) C’est les mieux nantis qui sont souvent avantagés par des tarifs faibles, dans le secteur de l’électricité, c’est très clair »

– Clément Gignac, ministre libéral du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation, au Conseil général du Parti libéral du Québec à Drummondville le 26 septembre 2009

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Ces déclarations de Clément Gignac se veulent des plus ironiques pour un ministre du développement économique.  Au milieu de l’une des crises économiques les plus importantes des 100 dernières années, il avoue publiquement vouloir diminuer davantage le pouvoir d’achat des québécois déjà dilué avec les pertes d’emplois conséquentes aux difficultés économiques.

La seconde partie de son discours est fallacieuse et tout aussi incohérente.   Toute majoration des tarifs est une taxation régressive, même concernant l’énergie électrique car il s’agit d’un service essentiel au Québec avec ses rudes hivers.  Elle touche inexorablement plus les citoyens les moins aisés que les personnes aux portes-feuilles bien garnis qui ont la capacité de débourser davantage pour les mêmes services.

Une telle affirmation mensongère d’un député ministériel est anti-éthique et purement inacceptable.  On prend sempiternellement les québécois pour des imbéciles et cherche à faire avaler n’importe quoi aux pauvres contribuables moyens au détriment de la vérité!

Un gouvernement qui en vient à croire ses propres boniments afin de les faire gober à la population est bien un signe de la déconnexion de celui-ci envers la réalité.

Plus que jamais, nous avons besoin d’une équipe gouvernementale faisant preuve d’une véritable intégrité et d’un engagement social plus profond afin de relever les défis de demain qui s’annoncent immenses.

Lire aussi: L’iniquité fiscale des libéraux, Une brèche à l’universalité d’accès aux services publics, Jeunes libéraux : la société à péage,

L’iniquité fiscale des libéraux

Bien que le premier ministre Jean Charest n’ait pas endossé entièrement la proposition d’un relèvement généralisé des tarifs évoqué par les jeunes de son parti lors de leur récent congrès, il semble qu’il s’engage tout de même sur cette voie.

«Nous avons annoncé lors du dernier budget que nous voulions faire une remise à niveau sur la question des tarifs et c’est de là que nous allons partir. Il y aura cette évaluation et nous verrons de quelle façon on peut agir, de manière équitable», a affirmé le premier ministre à la presse.

Ainsi, dans la ligne de mire se trouvent les tarifs d’électricité et conséquemment dans l’avenir ceux de tous les services gouvernementaux. En corolaire, toute hausse des impôts est écartée par le gouvernement Charest.

Cependant, contrairement à ce que croit le chef du Parti libéral du Québec, ce genre de mesures fiscales est tout sauf équitable.

Le concept de l’utilisateur-payeur va à contre-sens de la justice sociale et de la juste répartition des richesses.

En fait, une hausse globale des tarifs frapperait plus durement les classes démunies et moyennes que les nantis de la société, car plus élevé est le revenu d’un individu ou d’un ménage, plus facilement il peut absorber des nouvelles taxations sans diminuer son niveau de vie et envisager de couper dans ce qui est le plus essentiel, comme la nourriture, le logement, les médicaments, etc.

Somme toute, il s’agirait d’un impôt déguisé épargnant les citoyens les plus aisés et alourdissant du même coup la charge fiscale aux coffres de l’État des autres contribuables moins richissimes.

Seule une augmentation des impôts sur le revenu selon une table progressive peut assurer une perception fiscale équitable car elle porte sur la capacité à payer de chaque contribuable.

Mais si le gouvernement libéral désire y aller uniquement avec une majoration des tarifs des services publics afin de retrouver l’équilibre budgétaire au Québec, il devrait, par souci d’équité, établir ces nouveaux tarifs selon les revenus des demandeurs et non pas en rapport à une grille tarifaire uniforme et arbitraire.

Ce serait alors véritablement plus équitable.