Pierre-Karl Péladeau : l’avarice du parvenu des médias

La réprimande salée du maire de Magog, Marc Poulin, envers le président de Quebecor suite à la fermeture de l’imprimerie de la localité a enfin fait apparaître au grand jour l’antisyndicalisme primaire de Pierre-Karl Péladeau.

Selon ce parvenu égocentrique, les syndicats sont les seuls à blâmer dans le déclin manufacturier du Québec. « Tant que d’honnêtes travailleurs demeureront les otages d’organisations cyniques qui les manipulent et leur cachent la vérité, la crise manufacturière ira en s’aggravant et le Québec continuera de s’appauvrir » affirme-t-il.

Euh, pardon?  Les syndicats ne travailleraient pas pour améliorer les conditions de travail de leurs membres et des travailleurs en général? Les syndicats seraient responsables de la délocalisation des entreprises et de la mondialisation néolibérale? Bien sûr. Ils doivent aussi être à la source de la détérioration de l’environnement et du terrorisme dans le monde, quant à y être.

Le plus pathétique, dans ces propos tenus dans la lettre qu’il a adressé jeudi dernier au maire de cette municipalité, est que PKP renie le respect que son père avait pour ses employés.  Il a tout fait pour mener Quebecor World à la faillite après le refus du syndicat d’accepter des demandes irréalistes diminuant les acquis des travailleurs de l’endroit.

Le maire de Magog a bien fait de dénoncer l’attitude intransigeante du dirigeant de Quebecor et a fait comme tout bon élu en protégeant les travailleurs de sa ville en face du géant de la convergence médiatique.  Lui, au moins, ne se prosterne pas devant les affairistes sans cœur amalgamant fallacieusement leurs  « profits» et le soi-disant « bien être » des salariés.

Ce qui est le plus déroutant est que PKP fut un communiste révolté dans sa jeunesse et que, maintenant, il joue le rôle du gros capitaliste avare et sans compassion.

À croire que l’argent pourrit tout ce qu’il touche, mêmes les idéalistes les plus convaincus. En fait, si le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument.

Une médecine à double tranchant

Cet article a paru le 29 juin 2005 dans le journal “Le Devoir”.

Les médecins pourraient, comme certains l’ont suggéré, être obligés de respecter un certain nombre d’heures de pratique ou de rendez-vous au réseau public avant d’aller soigner des patients dans un système privé. Le service public s’en trouverait alors allégé. Les partisans de cette option ont peut-être partiellement raison. Mais ils devraient pousser un peu plus loin leur réflexion: qu’en est-il des infirmières, des techniciens en réadaptation ou en anesthésie, des préposés aux bénéficiaires ou même du personnel de soutien?

La croyance populaire veut que seuls les médecins soient la pièce maîtresse de la santé. Mais il n’en est rien. On peut leur imposer un quota, mais en serait-il de même pour les autres professionnels de la santé? Je crois que non. Rien ne retient l’infirmière ou le technicien de quitter le système public pour un système privé plus rémunérateur. Sous cet angle, l’affirmation selon laquelle la médecine privée ne drainera pas de main-d’oeuvre du secteur public, en manque chronique de personnel, semble incertaine.

De plus, les salariés de plus bas niveau, comme les préposés aux bénéficiaires, qui, disons-le, n’ont pas la vie facile dans les services de santé, risqueraient de voir leur salaire diminuer dans le privé, comme c’est le cas aujourd’hui dans les centres d’accueil semi-privés. Ce qui revient à dire que les hausses de revenu des infirmières, des techniciens et des médecins dans un réseau privé se feraient sur le dos du personnel auxiliaire et de soutien.

Enfin, les rémunérations plus élevées des infirmières et des techniciens dans un cadre privé mettront de la pression sur le réseau public pour qu’il augmente les revenus des mêmes catégories de personnel. Ainsi, la crise financière du secteur public s’aggravera.

La médecine à deux vitesses incarne une lame à double tranchant: d’un côté, elle permettra, souhaitons-le, une rapidité de service dans les listes du système public tout en améliorant les conditions de travail de certains professionnels au privé; de l’autre, les professionnels, à l’exception des médecins, risquent de migrer vers le réseau privé, aucune mesure de rétention n’étant prévue à ce jour, et les travailleurs moins spécialisés écoperont d’une baisse des conditions de travail tandis que les meilleures salaires des travailleurs spécialisés au privé auront tendance à faire augmenter les coûts de ces classes d’employés dans le réseau public.

La liberté d’association reconfirmée!

Cet article a paru le 6 décembre 2007 dans le journal « Le Devoir » sous le titre « Les libéraux déboutés ».

La fameuse loi 30 de Jean Charest qui a tant outré le monde syndical québécois a été déboutée en Cour Supérieure et déclarée inconstitutionnelle.

La liberté d’association demeure un droit fondamental et cette loi entérinée sous le bâillon en 2003 brime les syndiqués du secteur de la santé et des services sociaux dans leur volonté de se regrouper librement.

Avec ce jugement, le gouvernement du Québec se doit de procéder à des amendements dans les 18 mois afin de respecter l’autonomie et la latitude des syndicats dans la gestion de leurs affaires internes.

Ainsi, les regroupements forcés et surtout la décentralisation au niveau local de plusieurs pans des contrats collectifs sont jugés illégaux. Il s’agissait d’un tour de passe-passe qui pouvait sembler positif pour les grandes centrales syndicales mais qui favorisait des inéquités dans les conditions de travail des travailleurs de part et d’autre des régions du Québec. De fait, on cherchait à diviser le monde syndical en montant une centrale contre une autre et les employés d’une institution contre une autre.

Le plus surprenant, c’est que les bonzes du Parti Libéral du Québec, composé de beaucoup d’avocats dont aussi le premier ministre Charest, savaient très bien que cette loi était très contestable devant les tribunaux. De plus, cette manœuvre était un dangereux précédent qui aurait pu s’étendre à tous les aspects de la vie sociale et ne pas toucher seulement le monde du travail. Est-ce alors de la mauvaise foi et un mépris total envers la Charte des Droits ainsi que du syndicalisme par les libéraux?

Si le gouvernement libéral s’obstine encore dans cette direction, on devrait voir bientôt la cause portée en appel devant la Cour Suprême du Canada au frais des contribuables québécois. Ce qui serait peu étonnant.

La Société de Transport de Montréal fait encore des siennes


On se souviendra du dévoilement de nombreux cas d’harcèlements répétés de la part des agents de sécurité de la STM il y a quelques temps (voir mon billet « Une répression insensée »). On se doute qu’une directive de la STM est derrière cette répression intense à l’intérieur des murs du métro.

Maintenant, la direction de la Société de Transport de Montréal change de cap. Après le transfert des tâches de sécurité dans les infrastructures de la STM vers le Service de Police de la Ville de Montréal, on demande maintenant aux agents de sécurité de ne plus intervenir, de ne faire qu’acte de présence lors d’un délit et d’agir, pour le mieux, qu’en faisant un coup de téléphone à la police (selon une information divulguée dans l’émission « Le Club des Ex »).

Hier, le cas de violence conjugale qui a eu lieu dans le métro a mis encore la STM sous les projecteurs. Les agents de sécurité n’ont pas intervenu lors de cette agression, conformément aux directives de leurs patrons qui est en parfaite contradiction avec la loi du Bon Samaritain qui oblige n’importe qui à porter assistance à toute personne en danger.

Bien sûr, le mécontentement règne dans les rangs des agents de la STM. La nouvelle dévoilée ce lundi de donner maintenant le pouvoir coercitif au personnel de la SPVM a été interprétée comme un acte de désaveu et de non confiance de la direction de la STM envers ses employés de sécurité. Mais, les agents en cause dans cette affaire n’ont fait, après tout, que se plier aux ordres de leurs supérieurs.

Le manque de suivi et de bon sens des gestionnaires de la STM transpirent une fois de plus dans ce pseudo scandale. Après leur avoir demandé du zèle dans l’exercice de leurs fonctions lors des dernières années, la direction demande maintenant aux agents de s’éclipser devant un crime et de simplement prévenir les forces de l’ordre officielles. Les médias ont blâmé et pointeront encore du doigt le syndicat en question devant cette bourde de la STM. Mais le véritable responsable n’est pas les employés, mais l’employeur, qui dénigre son personnel et adopte des politiques incohérentes et sans continuité.