Une société de prisonniers

On le sait. Les conservateurs de Stephen Harper prétendent haut et fort lutter contre le crime et envoyer illico presto dans leurs prisons revampées les délinquants en tout genre afin de satisfaire leur électorat traditionnel de l’Ouest préconisant la répression plutôt que la réinsertion sociale des criminels, même s’ils ne sont âgés que de 14 ans.

Or, leurs divers projets de loi resserrant les peines de détention auront comme répercussion un coût supplémentaire au niveau fédéral et surtout pour les provinces qui accueilleront par ricochet un nombre plus élevé de prisonniers – mais sans de subsides supplémentaires provenant du gouvernement fédéral.

Devant les récriminations des provinces,  notamment le Québec, le ministre fédéral de la Sécurité publique, Vic Toews, a simplement rétorqué que les provinces devront couper dans les services sociaux (santé, éducation, aide sociale) afin de financer l’accroissement de la population carcérale suscité par les orientations du cabinet de Stephen Harper.

En suggérant aux États provinciaux de sabrer plus dans les dépenses sociales en cette période de déficits budgétaires dus au ralentissement de l’économie, les conservateurs engendreront plus de pauvreté et en conséquence plus de criminalité qui dirigeront encore plus de citoyens vers le système pénitencier parasitant alors davantage les finances publiques qui injecterons plus d’argent vers l’administration des prisons et ainsi de suite…

Comme toujours, les conservateurs démontrent leur jugement sans faille et leur grande vision sociale.

À croire que les conservateurs espèrent que le Canada batte le record peu enviable du plus haut taux d’incarcération des pays développés détenu aujourd’hui par les États-Unis…

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication : 302 (initié)

Canada fasciste

Qui l’eut cru.

Le Canada, ce pays si respecté sur la scène mondiale pour son aide internationale, son respect des droits de l’homme, sa justice sociale et son respect des préceptes démocratiques glisse lentement, si la tendance se maintient, vers le fascisme sous l’égide des conservateurs.

Le gouvernement de Stephen Harper, fidèle à sa coutume depuis le début de sa gouvernance, ne se gène pas pour contourner les lois et profiter de toutes les occasions possibles pour faire avancer ses réformes de droite antidémocratiques.

Avec et depuis l’élection du Parti Conservateur en 2006, les citoyens canadiens ont vu progressivement leurs droits démocratiques reculés et la libre circulation de l’information brimée.

Tout d’abord, il y a la mainmise du bureau du premier ministre sur toute l’information émanant du gouvernement.  En effet, toute communication vers l’externe doit passer par les mains de Stephen Harper lui-même. Sans compter que ce dernier tient en laisse l’ensemble de ses ministres qui ne peuvent pas ouvrir leurs bouches sans son accord explicite.

Et, fait inquiétant, seuls les journalistes autorisés peuvent poser des questions lors de déroulement de conférences de presse!

Mais ce n’est pas tout : le groupe Journalistes canadiens pour la liberté d’expression s’est déclaré inquiet de la tournure que prend le cabinet Harper dans l’accès à l’information.  Selon un rapport du groupe, 43 % des requêtes d’accès à l’information n’ont pas été traitées à l’intérieur du délai prescrit de 30 jours. Par ailleurs, dans 23 % des cas, plus de 60 jours ont été nécessaires avant qu’une réponse soit donnée.

Autre dossier : les arrestations massives du dernier G20 à Toronto, avec la présence sur place de 5 000 agents de la GRC, font transpirer que le gouvernement fédéral actuel ne lésine pas avec la sécurité ainsi que sur son credo de « la loi et l’ordre ».

Et, cet été, le gouvernement conservateur essaie de faire passer incognito et insidieusement certains pans de son agenda en pleine période de vacances estivales dans laquelle les citoyens ne sont pas autant à l’affût de l’actualité politique.  On tente ainsi de nous en faire passer des « p’tites vîtes ».

Prenons le cas du changement du formulaire obligatoire de Statistique Canada en un caractère volontaire.  Ils ont annoncé ce changement en attestant qu’il s’agissait d’une demande expresse de l’organisme public.  Ce qui s’est avéré éminemment faux tout en suscitant la colère du statisticien en chef de Statistique Canada qui remit immédiatement sa démission.

Dans le même temps, Maxime Bernier, l’inimitable député de Beauce, renchérit en stipulant que des milliers de plaintes ont été adressé à son bureau de circonscription.   Monsieur Bernier proclame qu’il représente une « majorité silencieuse».  Or, celle-ci doit être vraiment silencieuse ou Bernier mythomane, car seulement trois personnes se sont plaintes au près de Statistique Canada depuis 2001!

Quoi qu’il en soit, on réalise très bien que cette décision est idéologique.  Quelques mois plus tôt, Statistique Canada, une institution reconnue mondialement pour sa neutralité et la justesse de ses sondages, a sorti une donnée démontrant la diminution de la criminalité au Canada, ce qui n’a évidemment pas plu aux conservateurs qui élèvent en dogme le « Law and order » et la sévérité des lois en matière criminelle.

Il est à noter que le passage à un formulaire volontaire réduit considérablement la précision des données de Statistique Canada et ainsi fait l’affaire des conservateurs.  Dans l’avenir, ils pourront alors mettre en doute la précision des conclusions de Statistique Canada.

Autre affaire épineuse : la fin de la discrimination positive dans l’embauche de la fonction publique fédérale.  Outre le fait que cette décision mettra fin à un rééquilibrage de la proportion de fonctionnaires fédéraux issus des minorités visibles –  ces dernières représentent 12,4% de la population active mais n’occupent seulement que 9,8% du fonctionnariat fédéral-  cela sonnera l’arrêt de mort d’une juste représentation culturelle et ethnique du pays dans la cohorte des employés de l’État.

Mais, plus précisément, cela traduit la volonté des conservateurs d’exclure le plus possible les minorités au sein de l’appareil gouvernemental.  Ce qui demeure, évidemment, un sentiment exclusif et xénophobe contraire aux valeurs fondamentales de ce pays.

Citons aussi l’octroi de 9 milliards de dollars à l’achat de 65 F-35  en pleine période de restrictions budgétaires.  La situation économique avec son lot de détresses personnelles ne demanderait-elle pas plutôt des investissements plus ciblés socialement?  De plus, pourquoi ainsi exporter ces milliards en dehors de nos frontières pour engraisser la compagnie américaine Lockheed Martin au-lieu de les investir directement dans l’économie canadienne?

La militarisation est à l’ordre du jour chez les conservateurs tandis qu’ils annoncent de prochaines coupes sombres dans la structure gouvernementale à la suite des coûteux programmes de relance de l’économie.  On voit dès lors où résident leurs priorités.

Un pays qui dérive vers l’exclusion des ethnies minoritaires, le contrôle de l’information, la répression et le militarisme ne vous rappelle-t-il pas un schème familier?

L’Histoire nous apprend que la déviation totalitaire ne s’est jamais opérée du jour au lendemain, mais, insidieusement, progressivement, pour finir par étendre son étreinte à toutes les sphères de la vie publique.

Il revient aux citoyens d’être vigilants car la démocratie ne doit jamais être tenue pour acquise.  Elle est un combat perpétuel devant les forces cherchant à la corrompre.

Les conservateurs ne sont même pas majoritaires, et déjà, ils tentent de modeler le corps social selon leurs paradigmes idéologiques.

Imaginez si le Parti Conservateur était majoritaire…

AJOUT : l’affaire du bateau de réfugiés tamouls confirme encore l’assertion que les conservateurs sont répulsifs aux minorités!

Les fondements socio-économiques de la crise politique en Iran

Voici un excellent article publié dans Le Devoir concernant les fondements socio-économiques de la crise politique en Iran. 

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L’Iran en crise – Les signes de fissure se multiplient

Le grand soulèvement populaire qui a suivi l’annonce de la victoire écrasante de Mahmoud Ahmadinejad aux élections présidentielles du 12 juin en Iran, parmi des accusations de fraudes, d’irrégularités et d’infractions, est allé bien au-delà des enjeux mêmes de ces élections. Celles-ci mettaient en compétition des candidats qui avaient déjà fait leurs preuves en exerçant des fonctions clés au sein du régime clérical issu de la révolution de 1979.

Ce mouvement de contestation en scandant des slogans tels que «marg bar dictator» (mort au dictateur) a pris l’ampleur d’un véritable débordement qui en dit long sur la gravité de la crise que connaît aujourd’hui la société iranienne, trois décennies après l’usurpation du pouvoir par le clergé fondamentaliste.

Mir Hossein Moussavi, le chef de l’opposition, a été le premier ministre de la République islamique d’Iran de 1981 à 1989, une période pendant laquelle, sous prétexte de la guerre contre l’Irak, toutes les forces politiques laïques ou religieuses dissidentes qui avaient participé au renversement du régime du shah ont été brutalement écartées et réduites au silence les unes après les autres. C’est au cours de cette période sanglante — caractérisée par des exécutions sommaires des opposants, leur emprisonnement en masse ou leur fuite à l’étranger — que la République islamique s’est imposée comme appareil d’État.

Réforme du régime

Surpris par l’ampleur insoupçonnée des manifestations de ces derniers jours, qui se sont soldées jusqu’à présent par une vingtaine de morts et plusieurs centaines d’arrestations, M. Moussavi s’est empressé d’affirmer que son objectif n’était pas de renverser ou d’affaiblir la République islamique, mais plutôt de la débarrasser de ses mensonges et de ses hypocrisies. Mais peut-on vraiment réformer un régime qui, au fil des années, s’est transformé en un véritable despotisme religieux?

En effet, Ali Khamenei, le guide de la révolution ou le guide suprême, qui est également le chef de l’État, concentre entre ses mains un immense pouvoir qui lui permet de diriger à la fois les forces armées, le système judiciaire, le Conseil des gardiens qui veille à la compatibilité des lois à la Constitution et à l’islam, etc. Bien que théoriquement il puisse être démis de ses fonctions par l’Assemblée des experts, il jouit d’un mandat à vie qui lui confère un pouvoir illimité. Par ailleurs, tous les candidats pour les élections au suffrage universel, à commencer par le président de la République, les députés du Parlement (Majles) et les membres de l’Assemblée des experts, sont sélectionnés par le Conseil des gardiens, qui a un droit de veto sur leur nomination.

Cette structure pyramidale du pouvoir qui ne laisse aucune place à la dissidence s’est accompagnée d’une économie polarisée par les revenus d’exportation du pétrole qui est à l’origine des mécontentements populaires et des frustrations accumulés depuis 30 ans.

Rôle du pétrole

Le pétrole en Iran, comme dans tout autre pays pétrolier du Moyen-Orient, a depuis toujours joué un rôle clé dans le maintien de l’équilibre social et politique. La mobilisation de la rente pétrolière en faveur de la classe moyenne avait, par exemple, permis au régime du shah de créer une assise sociale qui légitimait son pouvoir dictatorial.

Après la révolution de 1979, ce sont les dirigeants religieux qui se sont approprié les revenus du pétrole et qui ont tenté de créer leur propre assise sociale en mettant en place de nouvelles institutions, Bonyad (fondations), et en redistribuant ces revenus à leur clientèle telle que les Pasdaran (les Gardiens de la révolution) et les Basiji (force paramilitaire) qui ont servi de leviers de répression aux mollahs. Le vol, la corruption, les détournements et les commissions occultes associés à ces revenus ont permis à certains membres du clergé de s’enrichir rapidement. Il en est par exemple ainsi de l’ayatollah Akbar Hashemi Rafsanjani, président de la République islamique de 1989 à 1997, considéré aujourd’hui comme l’homme le plus riche du pays.

La politique économique suivie par Mahmoud Ahmadinejad, considéré comme un ultraconservateur, pendant son premier mandat présidentiel entre 2005 et 2009 ne lui a pas permis de résoudre les problèmes hérités de son prédécesseur «libéral» Mohammad Khatami et de mettre un terme au scandale de l’utilisation des revenus du pétrole à des fins d’enrichissement personnel.

Gestion médiocre

La forte augmentation du prix mondial du brut pendant cette période a en effet permis au nouveau président de redistribuer la manne pétrolière aux couches sociales appauvries sous forme d’aides et de subventions diverses et en abaissant les taux d’intérêt. Cette politique économique populiste a cependant provoqué une forte poussée inflationniste, de 25 à 30 % par an, maîtrisée en partie par un taux de change artificiellement surévalué, ce qui a favorisé les importations en décourageant la création des emplois dans un pays qui compte pourtant un grand nombre de chômeurs parmi ses jeunes.

Mahmoud Ahmadinejad a tenté de minimiser la médiocrité de sa gestion économique en mettant l’accent sur le succès de ses programmes nucléaire et spatial et en multipliant des propos incendiaires à l’encontre de l’Occident, d’Israël et de l’oppression mondiale.

Répression

La grande récession mondiale de 2008 qui a fait chuter le prix du baril — de près de 150 dollars atteint en juillet à environ 35 dollars en décembre — a sonné le glas de la politique suivie par le président iranien. Ce dernier a depuis été forcé de prendre des mesures impopulaires pour faire face à ses déficits budgétaires. Il n’a cependant pas réussi à imposer la TVA de 3 % annoncée en octobre dernier à la suite de la grève organisée par les marchands du bazar.

Contrairement aux pays pétroliers peu peuplés du golfe Persique, l’Iran ne dispose pas de réserves importantes de devises pour faire face à ses problèmes économiques qui sont l’inflation et le chômage pendant les années de vache maigre. Tout porte donc à croire qu’en l’absence d’une opposition organisée et crédible, les mollahs n’hésiteront pas à resserrer l’étau de la répression pour venir à bout des mécontentements populaires qui sont désormais impossibles à contenir.

Nirou Eftekhari, Chercheur-économiste indépendant
Source: http://www.ledevoir.com/2009/06/25/256480.html

Pour une Police du recyclage

L’insouciance des citoyens et des entreprises dans la pratique d’un recyclage systématique dirige à chaque année dans les dépotoirs des milliers de tonnes de produits réutilisables. On a bien muni les ménages et les compagnies de bacs bleus, mais trop souvent, par négligence ou manque de temps, on jette encore à la poubelle du plastique, du papier, du carton, du verre et des métaux. 

La volonté écologique est noble, mais, dans la pratique, beaucoup trop de laxisme demeure.

On devrait s’inspirer du Japon qui a établi dans certaines municipalités des escouades bénévoles de « gardiens des déchets » qui surveillent les familles ne procédant pas à un recyclage adéquat de leurs rejets domestiques.  Aucune « répression » contre les fautifs n’est instaurée à ce jour, mais on harcèle les contrevenants afin qu’ils se plient à cette nouvelle convention. La petitesse de cette île a accéléré la prise de conscience environnementale et la pression populaire est forte sur tous les japonais.

Il faudrait même aller plus loin au Québec.  Pourquoi ne pas créer une police du recyclage qui, à l’aide d’échantillons recueillis dans les vidanges des ménages et des entreprises privées ou publiques, émettrait des contreventions salées afin de forcer plus de rigidité dans le recyclage des biens de consommation en fin de vie utile? Fini la bouteille d’eau jetée à la poubelle au bureau.  Les employeurs eux-mêmes formeraient leurs employés dans une attitude plus verte qui se répercuterait dans la vie quotidienne, autant au travail qu’à la maison.   

À l’aide de ces amendes, on pourrait dégager des fonds pour investir dans les usines de recyclage et permettre un comportement optimal dans la réutilisation des ressources.

Les vœux pieux ne sont plus capables de protéger l’environnement.  Il est maintenant temps d’introduire des lois et règlements plus strictes pour tous et chacun afin de s’assurer que demain soit possible.

Une brèche à la démocratie


Depuis plusieurs années nous pouvons assister au Québec à de la répression excessive et des arrestations musclées lors des manifestations politiques. Et ce phénomène n’est pas seulement le propre de notre coin de pays, mais peut se constater partout en Occident à chaque réunion officielle des grands acteurs économiques et politiques. On a pu le voir en fin de semaine en Allemagne avec les troubles associés à la rencontre du G8.

Ici, la semaine dernière, une décision de la Cour municipale entache grandement les agissements du Service de Police de la Ville de Montréal pour ses abus et son zèle excessif lors d’une manifestation qui s’est déroulée le 15 novembre 2004 dont le but était de contester la hausse des frais de scolarité lors du Congrès du Parti Libéral du Québec. Il y a eu un peu de vandalisme de la part de certains manifestants, mais la riposte des forces de l’ordre a été exagérée, estime la Cour. Elle suspend aussi toutes les accusations d’attroupement illégal et évoque un accroc à la dignité humaine de la part de la police.

Le juge Minc en charge de la cause a constaté que la Charte des droits et libertés a été violée car on a retenu sans motif raisonnable pour une période de plus de deux heures près de 200 manifestants sans possibilité de rejoindre des avocats. Ces citoyens ont tous été menottés, fouillés et photographiés lorsqu’une simple remise de constats d’infraction aurait été suffisante.

La même méthode a été utilisée en avril 2002 dans le cadre d’une manifestation anti-G8 lorsque 500 personnes ont été encore encerclées par la police de Montréal. Le 2 novembre suivant, le Comité des droits de l’Homme de l’ONU a déploré cet acte qui brime la liberté d’expression et d’assemblée.

Que conclure? Le message politique est clair : ne manifestez pas, obéissez aux décisions des gouvernements et surtout restez chez-vous!

Nous prétendons vivre en démocratie, mais lorsqu’on démontre notre opposition à des projets politiques ou économiques qui nous choquent, l’État ne tarde pas à nous aliéner de nos droits fondamentaux sous le prétexte du maintien de l’ordre. Cela représente une sérieuse brèche à notre tradition démocratique. Elle ne s’exprime pas seulement par le droit de vote, mais aussi par le devoir de protester.