Les Dix Commandements du Capitalisme

• Premier commandement: Je suis l’Argent, ton Seigneur et ton Dieu.
• Deuxième commandement : Tu prononceras toujours le nom du Dieu-Argent et te soumettras à ses volontés.
• Troisième commandement : Tu convoiteras le bien de ton prochain.
• Quatrième commandement : Tu accumuleras des montagnes de richesses sans considération envers la misère d’autrui.
• Cinquième commandement : Honore le marché et le saint système financier.
• Sixième commandement : Tu ne remettras jamais en question les saintes paroles des grands prêtres de l’économie mercantile.
• Septième commandement : Tu pollueras impunément l’environnement tout en espérant t’en tirer à bon compte le plus longtemps possible.
• Huitième commandement : Tu ne tueras point, sauf de manière détournée (appauvrissement, guerres… ) et si cela permet de t’enrichir encore plus.
• Neuvième commandement : Tu ne voleras point, sauf si cela est encadré de façon « légale » avec tes copains au pouvoir.
• Dixième commandement : Tu ne feras point de faux témoignages, sauf pour t’éviter la prison en cas de fraude.

La foi obstinée du maire Jean Tremblay

Cet article a paru le 8 août 2008 dans le journal “Le Quotidien ” (Saguenay).

La croyance en Dieu est tellement grande pour le maire de Ville de Saguenay qu’il est prêt à faire payer ses contribuables afin de s’assurer de la perpétuité de la prière aux séances de son Conseil de ville. C’est ce qu’on a appris cette semaine à la suite de la poursuite déposée par des habitants de Ville de Saguenay.

Ce maire populiste tient mordicus à conserver sa petite prière malgré l’opposition marquée de plusieurs de ses électeurs. Une attitude digne d’un petit magistrat régional confiné dans ses croyances conservatrices et religieuses.

Peu importe le fardeau fiscal supplémentaire que ses concitoyens auront à subir et le temps alloué sur cette affaire puérile par les avocats de la ville. Pourtant, ceux-ci devraient être attribués à des dossiers plus pertinents.

C’est à croire que ce notaire, pourtant un homme de loi, n’a pas bien compris la notion de séparation entre la religion et les pouvoirs publics qui est pourtant à la base de la démocratie occidentale depuis l’époque des Lumières.

En tant que maire responsable, il devrait jeter l’éponge et passer à des choses plus importantes dans l’intérêt de sa municipalité et de son électorat.

Une Église rétrograde


Le Vatican sous l’égide du pape Benoît XVI se retranche dans ses positions idéologiques. La perte de vitesse de l’Église catholique à travers le monde amène cette religion à adopter des politiques réactionnaires qui désespèrent plusieurs membres du clergé et de nombreux pratiquants.

En Amérique Latine, le nouveau pape, que l’on considère comme un adepte conservateur de l’interprétation religieuse, a déjà réprimandé le professeur et jésuite à tendance socialiste Jon Sobrino de l’Université centraméricaine de San Salvador et menace de ne pas canoniser l’ancien archevêque monseigneur Romero qui, croit-on, fut très proche des partisans de ce que l’on appelle la « théologie de la libération » qui combat la pauvreté et les abus du capitalisme sauvage. On l’a abattu en pleine messe en 1980.

De plus, une attitude difficile à saisir après que six personnes de cette institution d’enseignement aient été assassinées en 1989 par le régime pro-américain qui dirigeait alors le pays du Salvador.

Rome se trompe carrément dans cette position rétrograde et méprisante envers les plus démunis et les victimes de gouvernements responsables de crimes odieux. L’élitisme semble avoir investi le Vatican qui porte le drapeau du catholicisme prônant pourtant les valeurs de partage et de justice. Il s’agit d’une organisation déconnectée de sa base et qui ignore les revendications de plusieurs croyants demandant une réforme de l’Église par l’ordination complète des femmes et l’acceptation du fait homosexuel.

Les hauts responsables du Vatican oublient que leur religion s’est forgée en luttant justement contre la tyrannie, l’injustice et la barbarie qu’imposait l’Empire Romain. Les milliers de morts catholiques de cette période de l’Antiquité sous le joug romain n’auront finalement, deux milles ans plus tard, servi à rien.

L’avenir paraît sombre pour le catholicisme qui fait figure d’un petit club privé qui ne désire pas s’adapter aux nouvelles réalités socio-politiques de ce monde. Par ailleurs, son conformisme, son appui tacite aux grandes corporations et à la domination américaine font contrastes avec le mouvement politique de gauche qui prend de l’ampleur en Amérique Latine.

Creationism Inc.


On savait depuis l’élection de GW Bush que l’influence de la religion sur la vie politique et sociale américaine s’était amplifiée. Ce président, un « born again », a plusieurs fois réitéré sa profession de foi religieuse et a eu le concours de plusieurs mouvements de croyants dans ses victoires électorales à titre de chef de l’état.

Nous apprenons maintenant que la Maison Blanche a interdit au Dr Richard Carmona, responsable fédéral de la Santé publique jusqu’en 2006 de parler de cellules souches, de la pilule du lendemain ou d’éducation sexuelle. En 2001, Bush a aussi bloqué le financement de recherches sur les cellules souches se basant sur des convictions religieuses. Le pouvoir religieux américain s’attaque directement à la science en évoquant des théories aussi dépassées et farfelues que le créationnisme. Les fondamentalistes religieux dénigrent le réchauffement de la planète, l’évolution des espèces et les principes mêmes de la biologie.

Cette nouvelle mouvance religieuse met en péril la séparation de la politique et de la religion et plusieurs scientifiques s’inquiètent de la situation. On a même empêché à un haut fonctionnaire de la Nasa de subir une interview avec des journalistes de peur qu’il divulgue des informations concluantes sur le réchauffement de la planète. La censure religieuse s’implante graduellement dans toutes les organisations publiques américaines.

Au mois de mai dernier, au Kentucky, un musée promouvant la théorie créationniste a ouvert ses portes avec un budget de 27 millions de dollars et des effets spéciaux dignent de Hollywood. Ce dernier se veut une explication biblique des origines humaines en opposition au Darwinisme qui met en avant la sélection naturelle comme moteur de l’évolution. Le monde aurait été créer voila seulement 10 000 ans affirme-t-on, en contradiction flagrante avec l’astrophysique qui fait remonter la formation du système solaire voila près de 5 milliards d’années. On y prétend aussi que les dinosaures, certains de dangereux carnivores, auraient vécu à proximité des humains, ce qui contredit toutes les recherches archéologiques sur le sujet. Comment les humains, avec des bâtons et des flèches, auraient pu combattre de telles créatures?

Le capitalisme américain exploite aussi cet engouement pour la thèse créationniste. Sur le site du musée, une entreprise commerciale, on peut acheter des livres et différents articles promouvants cette conception de la création du monde.

Les États-unis retournent lentement au Moyen-âge idéologique lorsque 46% des américains croient en une telle théorie. L’enrichissement de certains entrepreneurs sur le dos de la croyance des gens soulève aussi un conflit d’éthique que peu de personnes évoquent en ce pays. On pourrait dire aussi la même chose du présent conflit en Iraq, une occupation aux caractères purement économique et culturel. Comme tous les anciens empires, ils désirent exploiter les ressources des pays conquis en imposant leurs valeurs aux populations locales. Les américains combattent des extrémistes religieux lorsque leur propre pays pullule de radicaux chrétiens. Ils ne sont finalement que l’autre coté du miroir de l’ennemi qu’ils combattent.