Les murs dans notre esprit

Partout, on construit des murs.  Des murs pour nous protéger de l’autre qui nous fait peur.  Des murs pour ne pas voir la misère de notre prochain. Des murs pour nous isoler dans nos croyances face aux idées perturbatrices qui remettent en question notre conception de la vie et de la société.

L’Histoire regorge d’exemples en ce sens : les limes de l’ancien Empire Romain cherchant à protéger ses frontières des invasions barbares; le mur de Berlin concrétisant la scission entre les idéologies capitaliste et communiste; les remparts autour des palestiniens séparant le peuple hébreu de ces derniers; les clôtures des quartiers bourgeois de nos sociétés occidentales protégeant les riches des hordes de démunis; les cloisons entre le Mexique et les États-Unis voulant flouer l’immigration illégale de pauvres gens espérant une amélioration de leur niveau de vie; etc.

En fait, ces murs ne sont que l’expression de nos propres craintes intérieures que nous édifions dans l’érection de barrières physiques sur cette terre qui est la nôtre.  Ils ne sont que le reflet concret de notre manque de compassion et de compréhension envers autrui et du désir de ne pas voir opérer des transformations dont nous avons peur.   

Les murailles tombent quand l’injustice et la tyrannie sont trop grandes ou lorsque la vérité éclate enfin au grand jour.  Et lorsque cela arrive, le dénie de certains d’entre-nous ne peut arrêter la vague de changement qui déferle sur les digues de l’esprit humain éclatant alors sur une nouvelle perspective. Le monde a besoin d’ouverture, non seulement économiquement, mais culturellement et socialement afin de progresser.

Les murs dans nos esprits nous empêchent d’avoir un regard ouvert sur les autres habitants de la planète et retardent l’ascension de l’Humanité à un nouvel âge d’or de paix et de justice.

Ouvrez vos esprits.

Réflexe de conquis


Ce texte a aussi été publié dans le journal Le Devoir.

Les coprésidents de la commission Bouchard-Taylor l’affirment. Les Québécois voient de manière suspicieuse ses minorités même si elle est la culture majoritaire sur son propre territoire. Un fait que le chef de l’ADQ avec ses propos toujours « éclairés » a encore démontré en affirmant récemment que la capacité du Québec d’accueillir les immigrants avait atteint ses limites, ce qui nous rappelle les politiques de Duplessis en matière démographique qui favorisaient la forte natalité des Québécois de souche.

Un non-sens, lorsque le Québec a besoin de plus en plus d’immigrants afin de renflouer son faible rendement de remplacement des générations. Aussi, un comportement de conquis, qui empoisonne notre inconscient collectif depuis la conquête britannique et tend à nous diriger vers la méfiance envers les nouveaux arrivants. Les anciennes déclarations de Mario Dumont sur les accommodements raisonnables visant à limiter les droits culturels des immigrants vont dans le même sens.

Il s’agit peut être d’un signe des temps. Une nation québécoise qui connaîtra une baisse démographique de sa population peut engendrer une riposte politique réactionnaire. L’Histoire du monde a déjà connu ce genre de revirement d’une société se sentant menacer dans sa survie et qui, pour contrer un possible déclin, se tourne vers la xénophobie, le protectionnisme culturel ainsi qu’économique, et accepte un recul social vers des valeurs plus conservatrices pour renforcer son sentiment d’identité nationale.

C’est la voie de la facilité, engendrée par la peur de tout un peuple de disparaître, mais les Québécois ne doivent pas s’engager dans cette direction. Il est important de s’intégrer au reste du monde, d’accepter les différences et de trouver d’autres solutions à nos problématiques nationales.

Il est préférable de propager l’image d’une nation ouverte sur l’égalité de tout un chacun, capable d’accueillir les ethnies sans préjudices, pour permettre un apport accru d’immigration qui bénéficiera économiquement et socialement à tout le peuple québécois dans l’avenir.

Les "Méchants" musulmans


Nous avons accepté (moi et ma conjointe) de donner la responsabilité de la garde de notre enfant (dans le cadre du programme des CPE) à une dame de confession musulmane, originaire du Maroc. Il s’agit bien sûr d’une garderie en milieu familial sous l’égide du gouvernement.

Néanmoins, on nous a reproché de l’avoir fait. Des reproches de certaines de nos connaissances, frôlant le racisme, en passant par la pédophilie, nous ont choqué au plus au point.

Soyons limpide : je n’ai pas de problème à confier la garde partielle de mon enfant à une personne musulmane. Pourquoi ces personnes seraient-elles inaptes à occuper ce genre de fonction? En raison de leur religion? De leur culture? De leur nationalité? Les qualités personnelles ne prévalent-elles pas dans cette situation?

Au contraire, je crois que cela sera un atout pour mon enfant. Le fait de côtoyer des individus issus d’une autre sphère culturelle lui sera sûrement bénéfique.

Mais la rhétorique occidentale nous informe que les musulmans sont méchants, des terroristes en puissance, tandis qu’en fait, la grande majorité ne sont que des gens ordinaires qui désirent vivre leurs vies sans nuire à quelqu’un d’autre.

L’extrémisme islamique est une aberration pour ces personnes tout autant pour le chrétien laïc face au fondamentalisme chrétien.