L’IEDM ou la désinformation en santé

Comme pour changer, l’Institut Économique de Montréal plaide encore pour les services médicaux privés.

Une récente soi-disante étude (par l’économiste Julie Frappier) de ce think tank de droite préconise que l’État aurait avantage à favoriser le temps supplémentaire au privé des infirmières à son emploi parce que cela contribuerait à résoudre la pénurie de main-d’œuvre en santé.

Cela atténuerait le manque de personnel, mais pour qui?  Il semble évident qu’une migration accrue des infirmières publiques vers le privé, même seulement pour le surtemps, n’avantagera pas le secteur public déjà en crise de ressources humaines.

Le plus inconséquent dans tout ça est que les infirmières du réseau étatique effectuent déjà des heures supplémentaires nombreuses, souvent obligatoires en raison des services essentiels, et qu’on suggère ici au gouvernement de relaxer cette politique afin de fournir des travailleuses à la santé privé au risque d’aggraver la situation dans le public.

Serait-ce une stratégie pour miner encore plus le système public en faisant croire que la suggestion de cette étude de l’IEDM serait au bénéfice de tous les patients québécois?

Il ne s’agit que de pure désinformation qui essai de nous faire prendre des vessies pour des lanternes et visant à implanter le privé en santé de façon générale au détriment des plus démunis.

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La fin de la mondialisation néolibérale?

La mondialisation néolibérale est en recul.

L’augmentation du prix du pétrole oblige nombre d’entreprises à produire leurs biens commerciaux et industriels à proximité de leurs bassins de consommateurs au lieu d’importer des produits et des ressources de l’autre bout du monde car les coûts de transport deviennent trop onéreux en cette année 2008.

Au cours des dernières décennies, la globalisation fut déclarée inéluctable selon les penseurs de droite du Consensus de Washington et de l’école monétariste de Chicago. Et bien, il faut reconsidérer cette prétention en rapport aux derniers événements en matière d’énergie.

L’histoire économique semble montrer que le libre-échangisme a toujours connu un retour en arrière lorsque les limites de sa viabilité ont été atteintes.

C’est ce que tentait de nous expliquer John Saul dans son livre : « La mort de la globalisation ». Dans cet essai, il mettait en lumière les cycles des politiques économiques dans l’histoire occidentale et jetait un doute sur la prétendue inéluctabilité de la globalisation économique. En se basant sur des faits historiques, il évoquait la récurrence périodique des mouvements protectionnistes et libre-échangistes tout en niant le dogme d’une inévitable intégration économique du monde.

Aussi, deux économistes de la CIBC, Jeff Rubin et Benjamin Tal, abondent dans le même sens en comparant l’explosion du tarif de l’énergie fossile à des nouvelles barrières tarifaires qui pousseront les entreprises à rechercher leurs matériaux ainsi qu’a établir leurs industries tout près des marchés.

Une théorie qui semble se confirmer.

Les statistiques des 12 derniers mois démontrent une chute de 20% de l’exportation de l’acier chinois pendant que les aciéries américaines ont accrue de 10% leur production. Il s’agirait d’un phénomène semblable à la première crise pétrolière de 1973 dans laquelle ont a assisté à un retrait des importations des pays étrangers.

Ici, au Québec, plusieurs entreprises rapatrient leurs activités industrielles dans la Belle Province.  Mario Lampron de la compagnie Les Accessoires de piscine Compétition a délocalisé de la Chine une grande partie de sa production pour la concentrer au Québec. Il n’était plus rentable avec la montée du prix du pétrole de maintenir la plupart de sa production en Extrême-Orient malgré la main-d’œuvre bon marché.

On craignait de voir complètement disparaître le secteur manufacturier chez nous, mais la tendance parait s’inverser.

Par ailleurs, devant une récession aux États-unis qui s’implante et l’accroissement du chômage, les politiciens américains doutent de plus en plus de la mondialisation néolibérale. La première puissance économique a payé cher son adhésion au libre-échange international en perdant des emplois au profit des pays émergents. La situation est telle que les démocrates de Barack Obama songent à recourir au protectionnisme et même à rouvrir l’ALENA advenant la prise du pouvoir.

Voir aussi: La pire crise économique depuis 1929

Mario Dumont digne remplaçant de Maxime Bernier?

On le sait, l’ADQ chute dans les sondages, même dans la région de Québec, pourtant un récent bastion de la formation de droite.  On ne jurait là-bas, il n’y a pas si longtemps, que par Mario et sa formation politique.

La débâcle est évidente. L’Action démocratique du Québec, selon les électeurs, n’a pas livré la marchandise.  Son équipe peu expérimentée a dévoilé son rôle déficient en tant qu’opposition officielle à l’Assemblée Nationale. 

Ce parti n’attire pas de candidats de qualité et le chef essaie, comme toujours, de mousser sa popularité par des déclarations à l’emporte-pièce teintées d’un opportunisme affligeant. 

Le rêve de Mario Dumont de devenir premier ministre du Québec parait de plus en plus éloigner.

Alors,  ne serait-il pas tenté de traverser de l’autre coté de la clôture advenant un recul de la députation adéquiste lors des prochaines élections provinciales?

Après tout, le Parti Conservateur du Canada et l’ADQ ont plusieurs atomes crochus avec leurs penchants néolibéraux en économie et leurs tendances réactionnaires en justice ainsi qu’envers tout ce qui est étranger à la préservation de la culture « blanche » (québécoise ou canadienne).

Stephen Harper a plus que jamais besoin d’un lieutenant fort au Québec après l’affaire Maxime Bernier-Julie Couillard, et ce rôle semble totalement être conçu pour l’actuel chef de l’ADQ. 

Un petit gars de Rivière-du-loup, québécois de souche, et en plus pas trop réfractaire au maintient du Québec dans le Canada avec son idéologie autonomiste et conservatrice inspirée du duplessisme est exactement ce que Harper recherche. De plus, les deux comparses se sont montrés en public en décembre 2007 afin de consolider leurs affinités.
 
Ainsi, au lieu de devenir possiblement le premier titulaire de l’exécutif du gouvernement du Québec, Mario Dumont pourrait espérer occuper un poste de ministre important au fédéral et qui sait, un jour, devenir premier ministre d’un pays et non seulement d’une province. 

En plein ce qui comblerait un politicien opportuniste assoiffé de pouvoir!

L’éternelle incohérence de Claude Béchard

S’il existait un livre intitulé « Le ministère des ressources naturelles pour les nuls », Claude Béchard devrait le lire.

Comme en juillet 2007, ses récentes prises de position et ses politiques détonnent par son peu de respect de la forêt québécoise. À cette époque, il a limité le nombre d’hectares disponibles à l’exploitation forestière, mais il a relaxé le contrôle sur les coupes en donnant la responsabilité de la bonne gestion aux compagnies forestières qui ont pourtant dilapidé cette ressource depuis au moins 30 ans.

La semaine dernière, il a suggéré de favoriser encore plus l’utilisation de la matière ligneuse dans la construction de bâtiments non-résidentiels ou multifamiliales.

Le plus ahurissant, c’est qu’il croit qu’une telle incitation se veut écologique car le béton ou l’acier émettraient des gaz à effet de serre dans leurs productions.

Mais la coupe accrue d’arbres, surtout dans la forêt boréale, ne fera qu’accentuer les gaz à effet de serre dans l’atmosphère parce que celle-ci est un capteur naturel de ces émissions gazeuses.

En fait, cela reviendrait à changer quatre trente sous pour une piasse.

Donc, on peut encore constater l’incohérence de ce ministre dans la gestion des ressources naturelles. La forêt québécoise est sur le déclin, et on cherche encore à accélérer sa dégénérescence.

Mais la toile de fond de toute cette affaire est une vaine tentative de sauver l’industrie du bois au Québec qui bat de l’aile avec la rareté des matériaux cellulosiques, la montée du dollar canadien et les quotas imposés par les États-unis.

Et c’est aussi une révélation des liens du Parti Libéral du Québec avec le monde des affaires : Claude Béchard a fait cette dernière annonce en révélant une collaboration du gouvernement avec l’entreprise privée via un centre de développement des produits du bois.

En bon gouvernement néolibéral, l’équipe de Jean Charest oblitère les considérations environnementales en plaisant à ses amis capitalistes tout en faisant croire aux citoyens que ses actions sont écologistes.

Les verts devancent l’ADQ dans Bourget et Hull

Le Parti Vert du Québec n’a pas remporté la victoire qu’il espérait tant dans les récentes élections partielles. Cependant, dans les circonscriptions de Bourget et de Hull, ses candidats ont tout de même dépassé dans les suffrages les poulains de l’Action Démocratique du Québec.

Un prix de consolation pour le parti écologiste, mais, surtout, une défaite humiliante pour le parti de l’opposition officielle qui a mordu la poussière et perdu le terrain qu’il avait gagné dans ces circonscriptions lors des dernières élections générales.

Que dire? Nous pouvons affirmer que les idées cohérentes l’emportent sur la basse démagogie.

L’ADQ n’est qu’une mode, un éternel parti marginal et inconsistant qui vire parfois à 180 degrés quand ça lui chante et attaque de tous bords tous côtés afin de mousser sa popularité.

Les élections de 2007 n’étaient qu’un accident de passage, un vote de protestation ponctuelle, qui ne traduisent en rien la volonté des québécois d’opter pour les principes réactionnaires et ambigus de Mario Dumont qui domine son parti sans partage.

L’anarcho-syndicalisme : le meilleur des deux mondes

La gestion interne des entreprises par les travailleurs fait des avancées et se dévoile comme une alternative crédible aux pertes d’emplois conséquentes aux fluctuations économiques inhérentes à la globalisation économique.

Récemment, on apprenait la création de la Coopérative Filspec, à Sherbrooke, qui en est à sa quatrième année d’opération. Une centaine d’ex-employés syndiqués ont décidé d’acheter la compagnie qui fermait ses portes en raison de la compétitivité internationale et de la diriger par eux-mêmes avec le soutient financier de la Centrale des Syndicats Démocratiques (CSD) et des Caisses Desjardins qui participent au projet.

La coopérative avec un chiffre d’affaire de 30 millions de dollars exporte ses produits spécialisés aux États-unis, en Europe ainsi qu’en Australie. Elle opère malgré vents et marrées dans le domaine du textile qui ne cesse de décliner au Québec et a dû se soumettre à de difficiles sacrifices après que le privé ait décidé de se désengager : baisse des salaires de 12% en 2006 et contribution de 5% sur le taux horaire des coopérants dans un plan d’investissement de la nouvelle « compagnie ». Mais, sur le long terme, l’entreprise est rentable, malgré quelques difficultés héritées de la concurrence mondiale, particulièrement de la Chine, et devient de plus en plus un exemple pour d’autres entreprises en eaux troubles.

Le sentiment d’appartenance a eu un effet positif sur le rythme de production car les travailleurs-entrepreneurs ont la sensation de travailler pour eux-mêmes.

Par ailleurs, différentes expériences du même genre ont éclos dans d’autres pays, spécialement en Argentine qui a frôlé la banqueroute avec la crise financière et économique de 2001. C’est ce que met en lumière le documentaire « The Take » de Naomi Klein et Avi Lewis.

La plus connue est l’ancienne compagnie de céramique Zanon rebaptisée FaSinPat (pour Fabrique Sans Patron en espagnol). Suite au lock-out de l’usine ordonné par Luigi Zanon, le propriétaire, en raison des demandes d’amélioration des conditions de travail de la part du syndicat, les ouvriers ont investi les lieux et pris en charge le redémarrage de la production. Et le pire est que cela a fonctionné! La nouvelle entité commerciale fait des profits retournant directement à ses travailleurs!

Les insurgés ont justifié leurs actions de mutinerie en alléguant que la compagnie privée n’avait pas payé aux ex-employés les redevances de salaires qu’elle leurs devait. De plus, la compagnie localisée sur des terres publiques aurait bénéficié de prêts gouvernementaux dans les années 90 sans jamais rendre quoi que ce soit à l’État.

Croyant que cette manœuvre se résulterait par un échec lamentable, l’ancien détenteur de Zanon n’aurait pas réagi immédiatement à l’intrusion des travailleurs jusqu’en 2002, année où le gouvernement abandonna la parité du peso argentin avec le dollar américain. Dans ce nouveau contexte, l’entreprise recouvra son potentiel de profitabilité capitaliste et des démarches légales ont été initiées par la suite contre la coopérative de travailleurs. Depuis ce jour, elle a été victime de menaces et l’une des travailleuses de FaSinPat a même été kidnappée et torturée en 2005.

Malgré tout, la Fabrique Sans Patron tient bon. Depuis le début de l’aventure, elle a crée 170 emplois, pour un total de 410 employés actifs en 2005. De plus, elle a financé des centres communautaires et des cliniques médicales dans la région qui lui a permis d’obtenir le support des habitants locaux.

En octobre 2007, un ordre de la cour réduisit la durée de la gérance de la coopérative sur l’usine. Elle devra céder le bâtiment à l’ancien propriétaire d’ici octobre 2008 et elle promet de faire appel. Ceci se révèle encore comme une tentative de saborder un projet ouvrier prometteur par les forces capitalistes qui y voient une menace à leur domination. Un dossier à suivre.

L’anarcho-syndicalisme et l’autogestion par les employés gagnent du terrain et deviennent une voie de rechange en réponse aux fermetures d’entreprises par les investisseurs privés lorsqu’elles ne rentrent plus dans leurs barèmes de rentabilité.

Et ça se comprend. Pour l’entrepreneur privé, le seuil de viabilité doit se définir après avoir soustrait les salaires élevés des cadres et surtout la marge des bénéfices. Cependant, ces « charges » n’existent plus sous un régime d’entreprise optant pour la propriété commune de la compagnie par ses propres travailleurs. Ces « frais inhérents » sont transformés en ristournes dirigées vers les poches des salariés car on élimine le parasitage des gains par des intérêts particuliers.

Plusieurs avantages sont reliés à l’anarcho-syndicalisme : les travailleurs se sentent impliquer dans les activités de l’entreprise et donc mettent plus de cœur à l’ouvrage, ce qui se résulte par un accroissement de la productivité; la compétitivité de l’entreprise coopérative s’en trouve accrue car on élimine les intermédiaires dans la gestion (personnel cadre et actionnaires) ainsi que les coûts qui y sont associés; les profits reviennent à l’ensemble des travailleurs et de la communauté locale (comme je le citais plus haut dans le cas de FaSinPat avec ses investissements sociaux).

Il s’agirait du meilleur des deux mondes. En fait, une économie de marché composée d’entreprises coopératives et démocratiques soumises à la loi de l’offre et de la demande. On préserverait ainsi le meilleur du capitalisme tout en y incluant le meilleur du socialisme.

Ce serait sûrement une voie à explorer pour les tenants de la nouvelle gauche qui espèrent conjuguer une meilleure redistribution des richesses avec prospérité économique.

Le temps est compté pour Maxime Bernier

Les multiples frasques du ministre des affaires étrangères du Canada, Maxime Bernier, sont tellement embarrassantes pour le gouvernement conservateur de Stephen Harper qu’on se demande pourquoi il n’a pas été relégué à un rôle de député d’arrière banc.

Ses déclarations intempestives et ses gaffes médiatiques ont défrayé les manchettes depuis son élection comme député et les dernières allusions sur le passé louche de sa récente ex-petite amie (Julie Couillard) ne font qu’ajouter à la perte de crédibilité du nouveau venu en politique.

Faisons une récapitulation de ses nombreuses actions maladroites: en avril 2006, monsieur Bernier a affirmé que les possibilités de récupération de milliards de dollars dans le litige sur le bois d’œuvre opposant le Canada et les États-unis étaient pratiquement nulles, en complète contradiction avec la position du gouvernement fédéral et les jugements rendus dans ce dossier ; en août 2007, son amie de coeur (son ex aujourd’hui), l’accompagne à son assermentation ministérielle avec un généreux décolleté qui a dû faire sursauter la faction de la droite religieuse du Parti Conservateur;  en octobre 2007, c’est la fameuse affaire des Jos Louis en Afghanistan que le principal intéressé croyait être un formidable coup médiatique, mais qui s’est révélée être un véritable flop.  Combattez les boys et le Canada vous remerciera avec une poignée de gâteaux!; en novembre 2007, il confirme ses lacunes en Histoire en citant le nom de Jean-Bertrand Aristide comme étant celui de l’actuel président de Haïti!; enfin, en avril 2008, il s’ingère malhabilement dans la politique intérieure de l’Afghanistan en suggérant que le gouverneur de Kandahar soit limogé pour soupçons de corruption et de torture.

Le Parti Conservateur a besoin de quelques têtes d’affiches au Québec afin de séduire l’électorat québécois, mais, sous un éventuel gouvernement majoritaire des nouveaux Tories, il serait fort probable que monsieur Bernier aurait été jeté aux oubliettes depuis bien longtemps pour ses erreurs politiques à répétition.  On le tolère jusqu’aux prochaines élections en souhaitant trouver de meilleurs candidats d’ici là.

Et les dernières unes des journaux au sujet de son ancienne concubine n’arrangent rien à l’affaire!  On doit se poser de sérieuses questions dans les hautes sphères du Parti Conservateur.

Pour une formation politique au pouvoir qui désire instaurer la loi et l’ordre, la morale, les valeurs religieuses ainsi que la lutte à la criminalité, les relations de jadis avec les motards de l’ex-conjointe de monsieur Bernier ne doivent sûrement pas plaire à l’establishment du PC.

Ajout au 28 mai 2008: Bien, son temps était encore plus compté que je ne le pensais. Sa dernière gaffe concernant les documents oubliés chez son ex-conjointe ont planté les derniers clous sur son cercueil. Bye bye Maxime!

Les Canadiens de Montréal sont hors séries!

Les Habs viennent de perdre leur dernière partie contre les Flyers et sont par le fait même en vacance technique.  Ils joueront au golf ce printemps.

 

Toutes mes condoléances aux fans qui doivent enterrer leur espoir en le Canadien qui a connu une belle saison mais qui n’a pu conserver la cadence en séries.

 

Mais, pour moi, cette défaite permettra de passer à autre chose. Je commençais à être las des unes des journaux étalant les prouesses de ces joueurs lorsque des sujets beaucoup plus importants auraient mérité de défrayer la une, comme la détérioration de l’environnement, le privé dans la santé, la pauvreté croissante, la centralisation de l’information ou tout autre sujet plus pertinent que ces événements de sportifs de salon qui ne sont pas déterminants dans nos vies.

 

Comme je le citais dans mon billet Du pain et des jeux, le sport professionnel est comparable aux jeux de l’antique Colisée de Rome qui abrutissaient la plèbe romaine en dérivant l’attention de la populace des véritables problèmes. Les gens se laissent prendre dans l’euphorie tandis que les affairistes accroissent leurs profits « par la bande ».

 

J’ai de la difficulté à comprendre la suraffection des québécois envers une équipe qui ne leur rapporte rien personnellement, sauf une poussée d’adrénaline lors des victoires, et qui de plus, ne contient que peu de joueurs québécois.

 

La nation québécoise en est rendue ainsi.  On transporte notre fierté nationale sur une équipe sportive commerciale qui n’a plus rien de québécois et qui nous fait oublier que notre véritable salut réside dans notre seule indépendance collective en tant que nation souveraine.

 

 

 

 

 

La droite conservatrice se dévoile au grand jour

Tant au provincial qu’au fédéral, les conservateurs (Parti Conservateur et ADQ) sont de plus en plus ternis par des événements et des déclarations qui dévoilent enfin leur véritable aspect à l’électorat. 

Au Québec, l’Action Démocratique du Québec dirigée par Mario Dumont est contestée par certains de ses propres membres qui désapprouvent la culture élitiste et absolutiste qui règne dans ce parti.  On se souviendra des récriminations récentes au sujet de l’attitude cavalière et irrespectueuse du numéro deux du parti, Gilles Taillon, envers des bénévoles de sa circonscription et, en août 2007, de la sortie contre Mario Dumont du président de la commission politique du PLQ, Christian Ouellet, un ancien ami, qu’il qualifiait de personnage « dictatorial. »

Cette semaine, c’etait au tour de l’ex-vice-présidente de l’ADQ, Sylvie Tremblay, de quitter le navire en dénonçant encore une fois les méthodes autocratiques de l’establishment du parti et l’intimidation dont elle aurait été victime.  Elle déclare après avoir fait parvenir un courriel au chef qui n’y a d’ailleurs jamais répondu : « «À partir de ce point, mon estime pour monsieur Dumont en a pris un coup, lui qui se prétendait transparent. Si le comité exécutif national était contrôlé, que les élections n’étaient qu’un show, il aurait fallu qu’ils m’en avisent avant que je fasse campagne.».  Et elle en remet : « «J’espère que l’ADQ n’entrera pas au pouvoir aux prochaines élections, car ce parti, que je connais un peu mieux maintenant et qui n’est pas du tout ce qu’il prétend être, me fait peur, concernant les droits des femmes et concernant son manque de démocratie. Le gouvernement serait sûrement dirigé de la même manière s’il prenait le pouvoir.»

De plus, comme si ce n’était pas assez, Mario Dumont a suggéré durant la même semaine de sortir les matraques contre les actions perturbatrices des foules un peu trop allumées, tel que ce fut le cas après la victoire des Canadiens de Montréal contre les Bruins de Boston.  On se plaignait déjà de l’image négative à travers le monde des débordements qui ont eu lieu.  Alors, imaginez si les forces de l’ordre avaient frappé dans le tas et envenimé encore plus les choses!  Cela aurait fait une bien plus belle réputation à Montréal et au Québec.

Ceci met encore plus en évidence les penchants dictatoriaux de Mario La Matraque.  On peut alors imaginer, un jour, s’il devient premier ministre, qu’il n’hésiterait pas à réprimer les manifestants opposés à ses politiques afin de maintenir l’ordre (en fait, son ordre à lui et de ses petits amis richissimes). Comme à Montebello, on pourrait infiltrer quelques agitateurs de la SQ dans le groupe de manifestants qui briseraient quelques vitrines et le tour serait joué!  Le prétexte serait ainsi trouvé et l’on sonnerait la charge en réprimant durement les protestataires.

À Ottawa, le Parti Conservateur est aussi en eaux troubles.  Les fraudes électorales concernant les dépenses lors du dernier scrutin général qui ont mené à des accusations formelles d’Élections Canada contre ce parti rentrent en contradiction flagrante avec les prétentions d’intégrité et de transparence de ce gouvernement.  Somme toute, les preuves semblent solides. En fait, les conservateurs ont triché lors des dernières élections et certains remettent même en cause la validité des résultats et la légitimité de cette législature. 

Il y a aussi l’affaire Chuck Cadman qui met en lumière les stratégies de coulisses et les tactiques de bas étages des conservateurs afin d’atteindre leurs objectifs.  Pour eux, la fin justifie les moyens.

Également, il ne faudrait pas être surpris par d’autres révélations scandaleuses.  Corrompu un jour, corrompu toujours.  Le parti conservateur peut bien changer d’image en se proclamant plus blanc que blanc, mettre quelques nouveaux visages sur le devant de la scène, il demeurera toujours une formation de notables et de gens puissants qui tirent les ficelles dans l’ombre.  

Par ailleurs, on connaît le contrôle total qu’impose Stephen Harper sur son parti.  Les députés ne peuvent généralement s’exprimer librement sur la place publique et certains médias amicaux sont favorisés au détriment de ceux un peu trop critique envers le gouvernement (on a pu le voir cette semaine avec l’exclusion de Radio-Canada des conférences de presse du PC suite aux démêlées avec Élections Canada). 

Action Démocratique du Québec ou Parti Conservateur du Canada, du pareil au même.  Les deux formations politiques usent des mêmes modus operandi autant à l’intérieur qu’à l’extérieur de leurs partis.  Intégrité? Transparence? Que des valeurs dénuées de sens pour la droite conservatrice servant à épater la galerie et piéger les électeurs naïfs.

Véritablement, ces partis politiques jumeaux se moquent de la démocratie et espèrent, une fois au pouvoir, instaurer par tous les subterfuges possibles une ploutocratie à l’avantage des mieux nantis matraquant les opposants au régime à l’image du fonctionnement interne de leurs organisations. 

Pierre-Karl Péladeau : l’avarice du parvenu des médias

La réprimande salée du maire de Magog, Marc Poulin, envers le président de Quebecor suite à la fermeture de l’imprimerie de la localité a enfin fait apparaître au grand jour l’antisyndicalisme primaire de Pierre-Karl Péladeau.

Selon ce parvenu égocentrique, les syndicats sont les seuls à blâmer dans le déclin manufacturier du Québec. « Tant que d’honnêtes travailleurs demeureront les otages d’organisations cyniques qui les manipulent et leur cachent la vérité, la crise manufacturière ira en s’aggravant et le Québec continuera de s’appauvrir » affirme-t-il.

Euh, pardon?  Les syndicats ne travailleraient pas pour améliorer les conditions de travail de leurs membres et des travailleurs en général? Les syndicats seraient responsables de la délocalisation des entreprises et de la mondialisation néolibérale? Bien sûr. Ils doivent aussi être à la source de la détérioration de l’environnement et du terrorisme dans le monde, quant à y être.

Le plus pathétique, dans ces propos tenus dans la lettre qu’il a adressé jeudi dernier au maire de cette municipalité, est que PKP renie le respect que son père avait pour ses employés.  Il a tout fait pour mener Quebecor World à la faillite après le refus du syndicat d’accepter des demandes irréalistes diminuant les acquis des travailleurs de l’endroit.

Le maire de Magog a bien fait de dénoncer l’attitude intransigeante du dirigeant de Quebecor et a fait comme tout bon élu en protégeant les travailleurs de sa ville en face du géant de la convergence médiatique.  Lui, au moins, ne se prosterne pas devant les affairistes sans cœur amalgamant fallacieusement leurs  « profits» et le soi-disant « bien être » des salariés.

Ce qui est le plus déroutant est que PKP fut un communiste révolté dans sa jeunesse et que, maintenant, il joue le rôle du gros capitaliste avare et sans compassion.

À croire que l’argent pourrit tout ce qu’il touche, mêmes les idéalistes les plus convaincus. En fait, si le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument.