Casser les étudiants

Toute cette saga entourant la hausse des droits de scolarité ne nous ramène qu’à une chose : le gouvernement libéral de Jean Charest, représentant les segments les plus âgés de la population ainsi que le monde des affaires, cherche à casser l’émancipation politique des jeunes étudiants.

En effet, ignorer les revendications des travailleurs de demain – en refusant toute véritable négociation – revient à nier leurs droits de citoyen pleins et entiers.

C’est simplement les considérer avec condescendance.  C’est les inférioriser en les traitant comme des citoyens de seconde classe.

Mais, surtout, c’est les préparer à un avenir politique dans lequel leurs voix ne compteront guère.

En fait, il s’agit de les formater, de les conditionner, de les modeler à devenir des êtres apolitiques, déconnectés des autres, recroquevillés sur eux-mêmes et incapables de tout mouvement collectif –  tout ça pour maintenir la prédominance future des élites… mais à quel prix?

Une démocratie qui ne considère pas sa relève est vouée à disparaître…

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication : 161 (universitaire)

La prochaine grande rupture sociétale : capital ne rime pas avec social

On la sent dans l’air. Elle est palpable. La grande rupture sociétale arrive.

Bientôt, les sociétés occidentales seront au prise avec un dilemme incontournable: maintenir le balancement des finances publiques ou respecter leurs engagements en services publics ainsi qu’en protection sociale.

En raison de la diminution des rentrées fiscales des États conséquente à la crise et surtout des plans d’aide économique ayant pompé les deniers publics à la hauteur de milliers de milliards, les gouvernements de part et d’autres sont de plus en plus acculés à la banqueroute.

On le voit déjà : le ratio endettement public/produit intérieur brut (PIB) atteint des proportions inquiétantes dans plusieurs pays développés.

En fait, selon l’OCDE, les 30 nations les plus économiquement avancées connaitront une hausse pouvant atteindre 100% de leur PIB en 2010, ce qui signifie un doublement du fardeau des dettes publiques en deux décennies. De plus, de 2007 à 2010, la période correspondant au sommet actuel de la crise économique, le gonflement de celles-ci aurait atteint 45% (source).

Un danger plus que réel, comme le souligne Cinzia Alcidi, du Centre for European Policy Studies : « Une dette à 100 % du PIB signifie que tout ce qui a été produit pendant un an devrait être consacré au remboursement. Les gouvernements sont-ils en situation de le faire?  »

Certains États sont désormais au bord de la faillite : l’Islande, l’Irlande, l’Espagne et surtout la Grèce. Un effet domino pourrait bien entrainer plus de pays dans cette spirale infernale.

En considération de ces faits troublants, quelle est la suite?

Comment aligner les impératifs budgétaires des États avec les besoins sociaux et communautaires des populations de ces États? La solution paraît hors de portée avec la timide reprise économique que l’on connaît.

Dans le passé, c’est-a-dire après la deuxième guerre mondiale, les énormes dettes contractées à la suite de la grande dépression des années 30 et des frais militaires dus à l’effort de guerre ont été remboursés lors de la période de prospérité appelée les « Trente Glorieuses ». À cette époque, la reconstruction de l’Europe avec le plan Marshall a permis de dévier l’immense potentiel industriel des États-Unis développé pendant la guerre vers la consommation de masse.

Mais, en 2011, alors que les dettes publiques éclatent encore une fois, aucune période de forte croissance ne pointe à l’horizon. Bien au contraire. Le système semble sclérosé et même la Chine commence à s’étouffer avec son inflation galopante et son secteur immobilier au bord d’un dégonflement.

Par ailleurs, on ne doit plus compter sur la croissance du PIB pour réduire le poids des dettes publiques comme dans les années 40 à 70 du siècle dernier. Le fort ralentissement économique amenant une cadence moindre de la progression du PIB n’est pas à l’avantage des États tout comme une possible déflation ne serait pas positive pour tous les débiteurs de la planète car cela contribuera à alourdir la pesanteur des dettes au delà de leur valeur nominale.

Le point de rupture va bientôt être atteint et des choix difficiles et paradoxaux se présenteront.

Les gouvernements occidentaux auront tendance à couper sauvagement dans les dépenses et les services sociaux comme cela se passe actuellement en Grèce. Mais, en agissant de la sorte, ils entraineront l’éclosion d’une grogne populaire de la part de leurs électeurs habitués à une qualité de vie adéquate et à un certain niveau de services publics. Il faut aussi mettre en perspective que le vieillissement de la population fera accroitre la demande pour plus d’investissement public en soins de santé et que les hausses de demandes d’assistance au chômage résultantes de la crise actuelle plomberont encore plus l’’équilibre budgétaire des États.

Bref, ça va brasser (et ça brasse déjà comme on a pu voir dernièrement en Grèce), et seul un rétablissement d’un équilibre entre les forces économiques privées et la sphère du domaine public peut désamorcer une situation plus qu’explosive socialement.

C’est d’ailleurs ce que tente de mettre en marche le nouveau président américain, Barack Obama, en essayant de rehausser l’imposition et la taxation sur les hauts revenus et les grandes compagnies en dépit de la forte opposition républicaine qui ne cesse de lui mettre des bâtons dans les roues. Le président essaie tout bien que mal d’initier un nouveau mouvement en politique fiscale en incitant les autres nations industrialisées à faire de même.

Le plus ironique ainsi qu’hypocrite est que ce sont les républicains qui multiplièrent la dette publique américaine depuis Reagan et qu’ils montent les premiers aux barricades lorsque le présent président démocrate tente de redresser la situation en dénichant de nouveaux revenus chez les classes très aisées ayant profité le plus des règnes républicains.

Les prochaines années seront déterminantes pour l’économie mondiale. Les défenseurs d’un marché libre dépourvu de toute entrave ou de toute ingérence étatique ne pourront plus se mettre la tête sous le sable.

La grande rupture sociétale entre les pouvoirs économiques transnationaux et les aspirations concrètes des populations humaines est à notre porte.

Peut-être comprendront-ils et comprendrons-nous enfin que capital ne rime pas avec social.

Un monde sans dessus dessous


Un article du journal « The Guardian » de Grande Bretagne inspiré d’un rapport de l’armée britannique trace un futur perturbé du monde. Cette analyse prospective évoque une paupérisation de la planète, un boom démographique dans les pays sous-développés, une baisse de la natalité en Europe et la prolifération de groupes criminels et terroristes.

On prédit, sans surprise, que l’Inde et la Chine joueront un rôle économique déterminant dans le monde. L’espace devrait se militariser à l’extrême, devenant un atout stratégique incontournable de la géopolitique planétaire. Par ailleurs, la bombe à neutron, éliminant les êtres vivants mais laissant intacte les infrastructures, serait privilégiée face à un accroissement sans précèdent de la population. On estime à 8,5 milliards le nombre d’êtres humains sur la planète en 2035, dont 98% se localiseraient dans les pays en développement.

Les classes moyennes occidentales pourraient aussi se révolter contre les écarts grandissants de la richesse. Elles constitueraient un nouveau prolétariat, tel qu’énoncé par Karl Marx au XIXe siècle, revendiquant une meilleure répartition économique des revenus et du capital.

En 2010, la moitié de la population vivrait dans les centres urbains, et ce chiffre augmenterait à 60% en 2035, exacerbant ainsi les conflits sociaux. Le fossé démographique se fera aussi de plus en plus grand entre les pays du nord et du sud. L’Occident verra sa population vieillir rapidement tandis que dans les pays en développement, le poids de la jeunesse se fera de plus en plus grand. L’agitation politique qui s’en suivrait susciterait la montée de régimes nationalistes et socialistes à travers le tiers-monde en corrélation à l’appauvrissement des habitants.

Les mouvements politiques radicaux ainsi que les factions terroristes s’opposeront au capitalisme global aggravant les inégalités sociales. Des regroupement violents de communistes, d’écologistes et des terroristes musulmans se répandraient à travers le globe dans le but de déstabiliser l’ordre mondial. Ces derniers pourraient même collaborer ensemble, malgré leurs différences idéologiques, afin d’optimiser l’impact de leurs interventions.

Coté environnemental, la fonde de l’Arctique devrait perturber les courants chauds océaniques modifiant le climat, particulièrement en Europe, qui connaîtra une baisse marquée de la température.

Rien de bien rassurant dans ce monde en ébullition. Bien que cette étude ne soit qu’un exercice hypothétique, elle donne tout de même froid dans le dos. Mais le futur n’est pas écrit dans le marbre, il est encore possible de changer les choses. Un meilleur équilibre des revenus et des richesses, des lois strictes en matière de protection de l’environnement et une acceptation des différences des nombreuses cultures dans le monde seraient les premières étapes à suivre afin d’endiguer ce sombre futur.