Argent et politique aux États-Unis

L’argent domine plus que jamais tout aux États-Unis. Même la politique.

Récemment, on a pu assister à la victoire du gouverneur du Wisconsin, Scott Walker, dans la procédure de rappel initiée par les syndicats à la suite d’un vote houleux sur l’élimination des droits de négociation dans le secteur public.

Les publicités mur-à-mur incessantes du côté républicain ont eu raison de la candidature de son adversaire démocrate.  Et cela, à un point tel, que plus du tiers des syndiqués de l’État ont voté pour Scott Walker…

Évidemment, ici, l’argent a joué un rôle déterminant. Walker avait en caisse sept fois plus de financement que son opposant démocrate et 30 millions$ en promotion ont été dépensés par des groupes dits « indépendants ».

Ce qu’il faut savoir est que la Cour Suprême a invalidé l’interdiction de publicités indépendantes (financés par des dons anonymes) avant des élections dans sa décision appelée « Citizen United » – la Cour Suprême étant investi par des juges à tendance conservatrice nommés sous les anciens mandats présidentiels républicains.

Et même au niveau fédéral, le scrutin présidentiel s’annonce aussi inégal.  Mitt Romney a empoché 76,8 millions$ contre 60 millions$ pour Obama au cours du mois de mai- le dépassant pour la première fois. De plus,  on estime que ces mêmes groupes –  fort probablement de riches républicains du monde des affaires ainsi que des entreprises– pourraient donner  jusqu’à un milliard de dollars en publicité contre le président sortant.

La mainmise des puissances d’argent sur les affaires publiques se concrétise de plus en plus aux États-Unis menant ce pays  progressivement vers une totale ploutocratie où le dollar et la propagande conservatrice imposeront leur implacable volonté.

Cependant, ceci va à l’encontre de la rhétorique de la droite américaine qui conspue la soi-disant domination des syndicats sur la nation.  En effet, l’étalement d’autant d’argent dans les campagnes électorales en faveur des poulains républicains laisse bien croire que les dominants ne sont pas ceux que l’on pointe du doigt dans les publicités républicaines…

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication : 169 (universitaire)

L’antigouvernement du Parti Libéral du Québec

Comment désigner un gouvernement qui va à l’encontre des aspirations de ses commettants?

On l’appelle un antigouvernement.

Une administration publique qui ne considère pas les objections des nombreux groupes de la communauté et qui néglige les bonnes relations avec les acteurs de la société civile.

Un gouvernement au comportement intransigeant qui ne remet que rarement en cause ses actions et rejette du revers de la main toute volonté de protestation.

Nous connaissons actuellement ce genre de gouvernement.

Manifestations, protestations et incompréhension imprègnent le paysage politique du Québec dans une ambiance de crise sociale.

Le présent gouvernement libéral du premier ministre Charest semble posséder la vérité absolue. Nul besoin de consultation, ni d’implication des intervenants sociaux. On impose sa vision de la société, sans tenir compte, visiblement, de l’opinion de la population.

L’inéquitable budget Bachand teinté d’une attaque frontale contre la classe moyenne s’est révélé être la goutte qui a fait déborder le vase après de nombreuses allégations de corruption et de trafic d’influence en relation au financement du Parti Libéral du Québec dans l’octroi de contrat de construction routière, de permis de garderie, de nomination de juges et de hauts fonctionnaires de l’État.

Suite au budget, l’insatisfaction du gouvernement libéral est à son plus bas, soit à 77%. Du jamais vu.

Et voilà que Marc Bellemarre jette son gros cailloux dans la marre et assure de dévoiler tout ce qu’il a vu dans le cadre de son rôle de ministre de la Justice sous le premier mandat de Charest.

Toute cette odeur nauséabonde de scandale constitue un précédent depuis l’époque duplessiste.

Rappelons que Jean Charest fut ministre conservateur sous le règne de Brian Mulroney, une triste période où les scandales ne cessaient de pleuvoir à Ottawa.

Il apparait que Jean Charest ait appris à bonne école car la situation politique au Québec ressemble beaucoup à celle qui existait entre 1984 et 1993 dans la capitale fédérale. Une révélation n’attend pas l’autre tandis que l’électorat est submergé de cynisme et de découragement.

Néanmoins, la trame maitresse demeure : un gouvernement de droite est toujours plus prompt à générer des scandales en raison de son affiliation avec les puissances d’argent.

 

Et l’article d’Alec Castonguay, du Devoir, semble le confirmer: une fois au pouvoir, le Parti Libéral du Québec attire plus de contributeurs et multiplie par deux son financement privé tandis que le Parti Québécois reçoit approximativement les mêmes dons indépendamment de sa position à l’Assemblée Nationale.

Voilà ce qu’est un antigouvernement: une administration publique, vendue aux intérêts des plus nantis, se rapprochant d’une ploutocratie.  En somme, pas un gouvernement pour et par le peuple, mais un gouvernement contre et sans le peuple.

Par ailleurs, nous devons nous inquiéter de tous les soupçons qui pèsent sur l’équipe libérale.  Comme un iceberg, seule une portion est visible et les mensonges cachent la majeure partie du tableau.  Bref, nous ne saurons jamais toute la vérité, car l’arbre cache la forêt, mais ce que nous apprenons lance un signal d’alerte et doit inciter la population à changer de gouvernement et cela très rapidement afin de contrer le désintéressement des citoyens à la chose politique qui met en péril la santé démocratique.

Afin d’embellir l’image de la classe politique qui n’est pas toute corrompue, on se doit d’assainir les mœurs politiques en rapport au financement des partis en réformant la loi dans le sens d’une contribution purement publique afin d’éviter le copinage entre élus et donateurs et de redorer le politique.

Ainsi, pourrons-nous redonner confiance à l’électorat et freiner l’érosion du taux de participation aux élections.

Citation pleine de sagesse d’un précurseur de la justice sociale

« Partout où la propriété est un droit individuel, où toutes choses se mesurent par l’argent, là on ne pourra jamais organiser la justice et la prospérité sociale, à moins que vous n’appeliez juste la société où ce qu’il y a de meilleur est le partage des plus méchants, et que vous n’estimiez parfaitement heureux l’État où la fortune publique se trouve la proie d’une poignée d’individus insatiables de jouissances, tandis que la masse est dévorée par la misère. »

Thomas MoreL’Utopie (1516 après Jésus-Christ)

Ces lignes auraient pu être écrites hier matin…

Un excellent ouvrage de philosophie politique que je recommande à tous. Un incontournable!