Un peu de philosophie: Alain

« L’individu qui pense contre la société qui dort, voilà l’histoire éternelle, et le printemps aura toujours le même hiver à vaincre. »

Alain (Émile Chartier, dit) Propos de politique (1934) 

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Seul l’individu peut bouleverser l’ordre social, car ce dernier tend à se perpétuer et à conserver les mêmes structures à l’avantage des élites et des privilégiés.

Sans le libre penseur, aucune société ne pourrait évoluer ni progresser….

Un peu de philosophie: Jean-Jacques Rousseau

« Le premier qui, ayant enclos un terrain, s’avisa de dire : ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la vie civile. « 

Jean-Jacques Rousseau, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes (1754)

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En d’autres termes, le concept de propriété, ou du « ceci est à moi », ne relève pas de la providence ou d’une volonté divine, mais de la directe appropriation ancestrale ou contemporaine par certains individus et/ou familles de biens meubles et surtout immeubles.

Il s’agit d’un questionnement sur qui possède quoi et sur la pertinence ainsi que la justesse de cet état de fait.

Donc, pourquoi quelqu’un possède beaucoup tandis qu’un autre possède peu?  Parce que le premier a décrété que ceci était sa propriété et que le dernier s’est soumis à la volonté du premier….

Un peu de philosophie : Kant

« Agis comme si la maxime de ton action devait être érigée par ta volonté en loi universelle de la nature. « 

Emmanuel Kant –  Fondements de la métaphysique des mœurs (1785)

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Autrement dit, accomplis tes gestes quotidiens selon une perspective de bien commun et demande toi s’ils sont acceptables pour un être raisonnable.

Ainsi, il n’est pas approprié de mentir, de voler, de tuer, de se suicider ou, dans une vision moderne, de polluer l’environnement pour des motifs de gain personnel – car on doit toujours se poser la question : si chacun agissait de la sorte?

Dommage que nos sociétés contemporaines aient oublié cette pensée philosophique si profonde et pertinente…

Des origines et de l’utilité des religions

Quelle est la source de l’éclosion d’un phénomène religieux?  La révélation divine à un messie ou un simple contexte historique favorisant son apparition?

De prime abord, l’Homme a toujours tenté d’expliquer ce qu’il ne saisissait pas des phénomènes naturels ou des grandes questions existentielles par des références surnaturelles, mythiques ou divines.  Une réaction anthropologiquement normale qui permettait et permet encore à l’Humain de combler le vide dont ce qu’il ne peut expliquer l’existence.

Par ailleurs, les religions ont toujours joué un rôle social prépondérant dans les sociétés plus primitives.  Dès les débuts de la vie en collectivité, les communautés humaines cherchaient à définir les rapports sociaux entre les individus.  Aucun État de droit n’étant présent, les groupes humains devaient édicter un code de conduite applicable à tout un chacun pour le bien commun.  Ainsi, toutes les religions possèdent un ensemble de règles morales qui ont inspiré d’une façon ou d’une autre les lois qui régissent actuellement les civilisations contemporaines.

De plus, l’avènement et l’expansion d’une religion peuvent trouver leurs origines en réaction à un environnement d’oppression ou d’indigence.

Par exemple, le christianisme est né de l’opposition au joug romain et au barbarisme de l’Empire.  À la force et la violence, les Chrétiens proposaient la compassion et la paix. Ainsi, il semble plus plausible que Jésus-Christ ait été un agitateur politique et l’un des premiers révolutionnaires de l’Histoire que l’improbable fils de Dieu affirmé par la Bible.  Tout ce qui a été écrit par la suite à son sujet n’est probablement qu’exagération et fabulation tirées de la pensée rudimentaire régnant dans les siècles subséquents.

Un autre exemple est la popularité et l’extension de l’Islam aux XXe et XXIe siècles.  Cette religion monothéiste se renforce à l’époque contemporaine et accueille progressivement un nombre croissant de fidèles, particulièrement en Afrique où la misère est grande.  Encore ici, il s’agit d’un réflexe à une situation historique et socio-économique particulière.  Devant l’extrême pauvreté, bien des populations se refugient dans la foi en un dieu protecteur dans l’espoir d’une après-vie meilleure.

Quel est l’avenir des religions?  En face des temps difficiles au niveau social, géopolitique, économique ou environnemental que nous entrevoyons par la porte embrouillée du futur, nous pouvons assister à une recrudescence de la fibre ecclésiastique, chez-nous, en Occident.  La crainte de l’avenir, la plus grande inconnue de toute, surtout à notre ère perturbée, alimente les religions et ravive la flamme croyante au risque de s’éloigner de la raison et de la logique.

Citation pleine de sagesse d’un précurseur de la justice sociale

« Partout où la propriété est un droit individuel, où toutes choses se mesurent par l’argent, là on ne pourra jamais organiser la justice et la prospérité sociale, à moins que vous n’appeliez juste la société où ce qu’il y a de meilleur est le partage des plus méchants, et que vous n’estimiez parfaitement heureux l’État où la fortune publique se trouve la proie d’une poignée d’individus insatiables de jouissances, tandis que la masse est dévorée par la misère. »

Thomas MoreL’Utopie (1516 après Jésus-Christ)

Ces lignes auraient pu être écrites hier matin…

Un excellent ouvrage de philosophie politique que je recommande à tous. Un incontournable!

La route est longue vers l’équilibre

La route est longue vers l’équilibre.

Elle est parsemée d’embuches, d’égarements, de retours en arrière, de crises et de conflits.

Le parcours est hasardeux, le cap difficile à maintenir et la lumière au bout du tunnel paraît inaccessible.

Mais, au long de cette route, nous forgerons notre identité et nous apprendrons de nos erreurs passées et, conséquemment, nous sortirons grandis et plus fort du voyage qui est le nôtre.