Une électrification improbable

Cet article a paru dans Le Devoir,  le 25 avril 2016 et dans Métro Montréal, le 26 avril 2016

On apprenait récemment que Québec désire instaurer l’obligation d’une borne de chargement à voiture électrique dans chaque construction résidentielle neuve dans la foulée du plan d’électrification des transports prévoyant la présence de 1,2 million de véhicules de ce type en 2030.

Un vœu louable, mais qui se heurte malheureusement à la réalité économique d’un marché du pétrole et de l’automobile peu enclin à une telle mutation de la flotte véhiculaire au Québec et même ailleurs.

En effet, il demeure peu probable que l’industrie et les consommateurs amorcent volontairement ce changement de cap avec les aléas du cours du pétrole: de l’un, la hausse éventuelle du prix de l’essence fait engranger des milliards de dollars de profits aux pétrolières acoquinées avec les constructeurs automobiles qui n’ont qu’à maintenir le statu quo à leur avantage au lieu de provoquer une transformation du secteur ; de l’autre, advenant la baisse du coût du carburant fossile, les clients retardent l’achat d’une voiture plus «  verte  » et vont même jusqu’à se procurer des véhicules utilitaires sport dispendieux pourtant très énergivores au grand bonheur des industriels.

Un cercle vicieux du marché qui ne se brisera qu’avec une conscientisation véritable de la population et une volonté politique concrète d’en finir avec le pétrole ou ultimement avec une crise environnementale telle que l’urgence de la situation forcera un changement de paradigme dans le domaine des énergies du transport…

Flaherty 2012: le budget du mensonge

Certains poussèrent un soupir de soulagement.  Le premier budget conservateur majoritaire n’a pas été aussi draconien que prévu dans son austérité –  les conservateurs ayant sciemment choisi de couper la poire en deux afin de ne pas nuire à la relance de l’économie.  Mais le pire est sûrement à venir.

Le budget consacre des coupures dans tous les ministères, laissant croire à une certaine forme d’équité interministérielle dans la méthode.  En fait, c’est mensonger.

Le plus inconcevable est l’émasculation du ministère de l’Environnement qui deviendra un simple organisme de certification des études-maison des entreprises d’exploitation de ressources naturelles, ainsi que la hausse future de l’âge de l’accès aux prestations de la sécurité de la vieillesse et du supplément de revenu garanti pénalisant les travailleurs à faible revenu.

Notons aussi les révisions des crédits d’impôt aux organismes caritatifs ou écologistes qui pourront être suspendues s’ils critiquent trop ouvertement le gouvernement et le retranchement de 378 millions $ en aide internationale.

Cependant, malgré les coupures généralisées dans l’ensemble de l’appareil gouvernemental, les subsides des ministères de la Sécurité Publique et de la Défense Nationale, eux, continueront à augmenter.

En effet, le fédéral a annoncé, il y a à peine quelques mois, la construction de nouvelles prisons à un coût de 4,8 milliards $ rendant risibles les 688 millions $ de restrictions budgétaires demandées par le gouvernement au ministère de la Sécurité Publique.

Même logique pour les Forces Armées : près de 100 milliards $ – ajoutés à la dette publique du pays – ont été injectés dans l’achat d’équipements militaires depuis l’accession des conservateurs au pouvoir et des augmentations de 2% par année sont prévu par le cabinet Harper.  En soustrayant les 1,1 milliard $ de coupes d’ici 2015, le budget de la Défense Nationale haussera tout de même de 300 millions $ au terme de l’exercice.

Soulignons aussi le maintien des subventions de 1,4 milliard $ à l’industrie pétrolière proche des conservateurs. Stephen Harper a vraiment le sens des priorités!

Apparemment, le principe « faire sa juste part » est aussi relatif dans la gérance des deniers fédéraux qu’il l’a été au Québec avec le dernier budget Bachand…

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication : 173 (universitaire)

Comment faire tomber un président

Rien n’est joué pour la reconduite de Barack Obama à la présidence.

Malgré son trésor de guerre bien garni et l’approbation récente d’un Américain sur deux, le milieu des affaires semble le bouder tandis que le cours haussier du pétrole à la pompe gruge sa cote de popularité – celle-là qui vient de passer dernièrement sous la barre des 50 %.

Inutile de dire que les forces se liguant contre le premier président noir de l’histoire américaine sont quasi omnipotentes et ne reculeront devant rien pour barrer la route du pouvoir exécutif à Barack Obama.

D’abord, il y a les pétrolières qui ne portent pas l’actuel président dans leur cœur.  Remémorons-nous qu’Obama veut libérer les États-Unis de sa dépendance au pétrole et désire instaurer un programme de conversion vers des énergies renouvelables et donc plus écologiques.  Ainsi, est-ce que le prix du pétrole raffiné pourrait être gonflé sciemment par les pétrolières – par l’entremise des raffineries qu’elles possèdent – pour nuire à la réélection du président qu’elles abhorrent?

Ensuite, exacerbant l’incertitude sur le marché pétrolier, les deux favoris à l’investiture républicaine, Rick Santorum et Mitt Romney, ne cessent de brandir les armes contre l’Iran et son projet nucléaire : le premier promettant de lancer un ultimatum et le second envisageant une intervention militaire –  rien pour freiner la spéculation et l’explosion des prix de l’or noir.

L’influence de ces deux groupes opposés à Obama – unis depuis toujours par une alliance tacite et doutant des changements climatiques – paraît converger pour le détrôner de la présidence.

En vérité, ce ne serait pas la première fois que des puissances occultes s’unissent pour influer sur le destin politique d’une nation…

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication : 211 (initié)

La Pétrocratie

Ce que démontre le prix élevé de l’essence à la pompe, souvent sans corrélation au cours du baril du pétrole brut, est que la traditionnelle démocratie libérale ayant assise en Occident n’est plus qu’une vue de l’esprit.

En effet, les pétrolières – détenant parfois l’exploitation de la ressource et toujours les raffineries servant à traiter la matière brute – assoient leur pouvoir économique ainsi que leurs politiques en imposant leurs velléités implacables.

Lorsque le président des États-Unis, Barack Obama, – l’homme supposément le plus puissant de la planète –  admet son impuissance face aux montées du coût de l’essence lorsque celui-ci ne cesse de progresser depuis trois semaines dans son pays au risque de miner une reprise économique plus qu’attendue, on est en droit de s’interroger.

Et n’oublions pas son prédécesseur, Georges W. Bush, digne fils de son papa lui aussi ancien président à la solde des magnats du pétrole, qui déclencha une guerre en Irak pour le motif évident de mettre la main sur ses puits d’or noir.

Au Canada, l’homme de paille des géants pétroliers, Stephen Harper, fait fi des risques environnementaux apparentés à l’exploitation des sables bitumineux pour alimenter le puissant voisin du Sud si avide du pétrole nécessaire à son économie.  Rappelons-nous que le traité de libre-échange, l’ALENA, signé par un autre ancien premier ministre conservateur, Brian Mulroney, contraint le Canada à fournir les États-Unis du quart de sa production de cette ressource.  Pendant ce temps, en pure incohérence, l’Est du pays doit s’approvisionner à l’extérieur même si la logique dicte qu’un pays aussi pourvu en pétrole devrait être autarcique en ce domaine et ainsi pouvoir contrôler le prix à la pompe à l’avantage de ses citoyens avec un peu de volonté politique.

En somme, la souveraineté politique des États a migré vers des organisations transnationales se souciant peu de l’équité ou de la justice.

Oubliez la démocratie représentative. Elle est désormais désuète et surannée.  Dites bonjour à la pétrocratie!

Le vrai pouvoir n’est plus dans les assemblées législatives ou les cabinets exécutifs.  Il siège maintenant, derrière des portes-clauses, dans les conseils d’administration de l’oligarchie des grandes pétrolières….

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication : 172 (universitaire)

Les contradictions de Stephen Harper et de ses conservateurs

Rarement a-t-on vu autant de contradictions dans une gouvernance fédérale.  Le Parti Conservateur de Stephen Harper brandit vainement la menace d’un gouvernement de coalition entre les libéraux, les « socialistes » de Jack Layton et les séparatistes en espérant cacher les incohérences de ses politiques et le péril d’une majorité conservatrice.

La prétention de transparence détonne avec l’opacité des décisions gouvernementales et la Loi sur la responsabilité votée en grande trompe par les conservateurs eux-mêmes après le scandale des commandites.  Conflits d’intérêts, trafics d’influence, nominations partisanes, clientélisme culturel, outrage au parlement, utilisation de l’État à des fins politiques démagogiques se placent en contraste avec l’image éthique et d’ouverture du premier ministre Harper qui contrôle l’accès à l’information et musèle ses ministres ou députés trop encombrants.  Évoquons aussi les fraudes électorales des élections de 2006 avec le stratagème du « In and Out » dénoncé par Élection Canada et les tentatives d’éliminer le financement public des partis politiques pouvant avantager grandement les conservateurs déjà hautement financés par les pétrolières ainsi que le monde des affaires.  Tout ça en parfaite antinomie avec l’allocution du ministre de la défense, Lawrence Cannon, prétendant promouvoir la démocratie à travers le monde tandis que son parti viole les processus démocratiques les plus élémentaires.

L’allégement des taxes aux grandes entreprises, la mesure privilégiée des conservateurs pour appuyer la reprise économique, se porte en porte-à-faux à l’efficacité de la relance. En effet,  il est démontré, selon diverses études, dont celles de Statistique Canada et de la fiscaliste Brigitte Alepin, que l’investissement, qui se doit d’être inversement proportionnel à l’abaissement de la taxation, n’est pas au rendez-vous depuis les années 80.    La cible est ratée quand on considère que ce sont les petites et moyennes entreprises qui contribuent à 80% dans la création d’emplois.

Leur animosité face à l’avortement occulte une inconsistance philosophique profonde de cet aspect du conservatisme social.  Les conservateurs stipulent que seuls les enfants issus d’un mariage sont acceptables, mais enlèvent le droit aux femmes de se faire avorter à la suite d’un viol ou d’une relation amoureuse passagère.  Si l’enfantement n’est digne que dans le cadre des vœux sacrés du mariage, pourquoi alors refuser ce droit à l’extérieur de ceux-ci?

Les conservateurs érigent la famille comme valeur suprême, mais mettent en péril celle-ci en négligeant la protection de l’environnement.  En déniant le réchauffement planétaire et en atténuant la réglementation environnementale à l’exploitation des sables bitumineux, par exemple, ils laisseront à leurs enfants une planète malade et en piteuse état.  Belle façon de protéger sa descendance.

La loi et l’ordre, le crédo conservateur, ne s’arrime pas avec la réalité sociale canadienne.  Le crime est en baisse partout au Canada depuis plusieurs années.  Aussi, leurs attaques incessantes contre le registre des armes à feux, pourtant très utile aux policiers dans leur lutte contre les délinquants, sont incompréhensibles dans une logique de répression du crime. Même la Fédération des policiers municipaux clame avec véhémence l’utilité de ce registre.  De plus, permettre à des jeunes fautifs de 14 ans de purger une peine de prison avec de grands criminels adultes ne fait que perpétuer les comportements antisociaux générant encore plus de criminalité.

La militarisation, dont sont friands les conservateurs, va à l’encontre de leur mantra de réduction de l’État –  le budget de la défense gonflant de manière pléthorique.  Sans compter que les contrats sont donnés à l’extérieur du pays, privant ainsi les travailleurs canadiens de nouveaux emplois, lorsqu’il serait possible, dans certains cas, de les octroyer à l’interne.    Le gouvernement conservateur affirme, pour se justifier, que la majeure partie de l’entretien des avions F-35, par exemple, sera effectué à l’intérieur des frontières, ce qui s’avère erroné selon le Pentagone.  Bilan : les déficits cumulés depuis l’accession au pouvoir du Parti Conservateur atteignent 100 milliards de dollars – même si l’héritage de la précédente administration libérale avait dégagé des surplus de 13 milliards en 2006.  En parallèle, plus de 93 milliards ont été dédiés à l’achat de nouveaux équipements militaires. Très bonne gestion des finances publiques pour un parti prônant la rigueur budgétaire!  Il est ainsi inconséquent d’endetter le pays pour satisfaire le bellicisme des conservateurs.

Face à autant de contradictions, on peut se questionner sur le genre d’électeurs se confortant dans le programme de ce parti politique de droite. Le clientélisme qu’opèrent les conservateurs visant à cibler des segments de l’électorat favorables à telles ou telles promesses électorales semble avoir été récemment porteur pour ces derniers.  Néanmoins, les limites d’une stratégie aussi éclatée cherchant à séduire les uns et les autres risquent d’apparaître sans une ligne directrice et cohérente au niveau pancanadien.  Ce qui manque cruellement pour la formation de Stephen Harper…

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication :  179 (universitaire)

Oui à la hausse de la taxe sur l’essence

Les maires de Montréal et des banlieues vont bientôt demander à la Régie de l’énergie du Québec d’augmenter la taxation sur le prix du litre d’essence afin de supporter les coûts du transport en commun.

Cette majoration pourrait se situer entre 2 cents et 10 cents le litre dépendamment des projets en cours sous l’égide de l’Agence Métropolitaine de transport (AMT).

Il s’agit d’une excellente initiative pour deux raisons.

Premièrement, cette hausse du tarif de l’essence inciterait encore plus les automobilistes à utiliser les transports en commun, plus particulièrement les trains de banlieue, qui ont connu depuis un an une baisse d’achalandage et donc de financement.

Deuxièmement, cela contribuerait à opérer une pression à la baisse sur le prix du carburant fossile.  En effet, en offrant aux automobilistes une satisfaction alternative à leur besoin de transport, c’est-à-dire le train de banlieue au lieu de leurs voitures, on induirait un effet de substitution sur ce produit pétrolier qui poussera indubitablement son prix vers le bas.  Même si l’industrie du raffinage de pétrole est un oligopole imposant sa volonté implacable, la concurrence de la part d’un moyen de transport désormais plus économique aura tendance à faire replier la demande et à influer sur la fixation du prix du litre de manière baissière.

En fait, une telle suggestion intègre parfaitement la philosophie du présent cabinet libéral prétendant à une profession de foi envers la protection de l’environnement et la lutte contre les abus des pétrolières : on se souviendra des menaces contre ces dernières du ministre des ressources naturelles, Claude Béchard, à l’été 2007.

Le gouvernement provincial devrait accueillir favorablement cette proposition car elle permettra de délivrer un tant soit peu la population du joug des multinationales du pétrole et de jouer positivement sur l’écosystème en atténuant la pollution et le réchauffement climatique.

À lire: Oligopole et prix du carburant à Montréal

Stephen Harper veut vendre le Canada

Comme si la situation d’accaparation par des compagnies étrangères sur les entreprises canadiennes et québécoises n’était pas déjà fortement prononcée (pensons à Alcan), Stephen Harper entend favoriser ce phénomène.

Une récente déclaration du premier ministre conservateur lors de la présente campagne électorale canadienne soutient qu’il libéraliserait encore plus l’achat de corporations canadiennes par des intérêts outre-frontière. Il promet ainsi d’augmenter (en fait de diminuer) le seuil d’investissement étranger qui ferait l’objet d’un examen par le gouvernement fédéral. Ainsi, ce seuil passerait de 295 millions $ actuellement à un milliard de dollars.

Même logique pour les compagnies de lignes aériennes canadiennes dont la limite d’acquisition par des étrangers passerait de 25% à 49% ainsi que pour les entreprises d’exploitation minière d’uranium pour lesquelles un éventuel futur gouvernement conservateur permettrait une propriété étrangère de 100%!  Pourtant, saviez-vous que le Canada fournit plus du tiers de la demande de ce métal de part le monde?  Sûrement une raison pour les conservateurs de baisser les bras et de remettre nos gisements d’uranium aux businessmen étrangers parce que ceux-ci savent tellement mieux gérer les affaires que nous!

Le fait est que le Parti conservateur du Canada n’est pas une formation politique canadienne, mais un parti appuyant les capitalistes internationaux.  Son financement trouvant origine dans les compagnies pétrolières internationales, il ne s’intéresse pas aux citoyens canadiens comme vous et moi, mais aux intérêts des grands bourgeois de ce monde.

 

Comme l’ancien gouvernement conservateur de Mulroney, l’actuel Parti conservateur planifie d’ouvrir encore plus les frontières afin d’accueillir des investisseurs étrangers, surtout américains, qui s’accapareront des richesses de notre pays sans que les citoyens canadiens aient le moindre mot à dire.

Rappelons-nous que Brian Mulroney a signé l’accord de libre échange avec les États-Unis avec une clause obligeant le Canada à vendre le 2/3 de sa production de pétrole aux américains!

Depuis l’accession au pouvoir du Parti Conservateur de Stephen Harper, on a cessé de voir des compagnies étrangères s’établir en Alberta pour exploiter les ressources énergétiques des Canadiens! Nous perdons alors encore plus le contrôle sur nos avoirs et notre indépendance envers les marchés internationaux.

Le Canada n’est pas un pays, il est un non-pays satellite des États-Unis,  vendant aveuglément à rabais ses trésors aux gigantesques capitalistes de cette planète et particulièrement aux rapaces compagnies américaines.

Comment un parti politique peut-il prétendre vouloir défendre les intérêts de ses électeurs lorsqu’il a déjà donné jadis et promet de donner encore aujourd’hui sur un plateau d’argent nos fleurons commerciaux et nos ressources naturelles aux corporations étrangères?

Suspension du programme écoAuto par les conservateurs

Les conservateurs ont aboli la ristourne de 2000$ sur l’achat de voitures hybrides et écoénergétiques lors du dernier budget Flaherty.

Une mesure qui n’a pas défrayé les manchettes, mais qui met encore en lumière le caractère peu environnementaliste de l’actuel gouvernement conservateur.

Prolonger ce programme qui n’avait à l’origine qu’une durée de vie de deux ans relevait du bon sens dans le contexte d’une hausse du prix du pétrole et d’une demande accrue des modèles de véhicules alternatifs.

Cela aurait pu favoriser une plus large diffusion de ce genre de voiture et inciter les constructeurs automobiles à accélérer sa production qui ne comble actuellement pas la demande.

Les conservateurs se sont drapés dans un linceul écologiste.  Mais, à la première occasion, ils ne tardent pas à faire marche arrière pour ralentir les transformations nécessaires dans l’énergie du transport pour encore et toujours faire perpétuer les profits de leurs copains industriels du pétrole et par ricochet des géants de l’automobile.

À quand de réelles alternatives au moteur à combustion?

La cherté du pétrole atteint des hauteurs inégalées en ce mois de mai 2008.  Pourtant, peu de publicités concernant les voitures électriques, hybrides, à hydrogène ou à compression d’air sont diffusées dans les médias.

De telles technologies peuvent bien exister ainsi que quelques modèles timidement mis en vente, mais on ne leurs donne pas le marketing nécessaire à leur développement à grande échelle sur le marché.

On aurait pu croire que la montée fulgurante du prix du pétrole brut aurait incité GM, Ford ou Honda à s’impliquer plus dans une migration totale vers des engins de locomotion plus écologiques et moins dépendants des carburants fossiles. 

Mais non. 

Les grands constructeurs automobiles ne sont pas empressés de suggérer des alternatives viables au traditionnel moteur à combustion car la production de celui-ci est peu coûteuse et la complémentarité de leurs activités avec les pétrolières permet à leurs actionnaires d’engranger aisément des millions de profit. 

En monopolisant la publicité envers un seul type de véhicule, ils piègent les consommateurs qui n’ont alors d’autre choix que d’acheter toujours et encore la voiture à essence au grand plaisir de leurs amis naturels, c’est-à-dire les producteurs de pétrole raffiné.

Le pétrole avant les ours polaires

G.W. Bush vient de démontrer son incohérence en matière de protection des espèces menacées et sa faible adhésion à l’écologie.

Devant le danger de la fonte des glaciers arctiques causée par le réchauffement climatique, il a proposé, dans le cadre du «Endangered Species Act», une législation au Congrès vouant une protection plus étendue de l’ours polaire qui est menacé par la détérioration de son milieu naturel.

Cependant, il faut noter que cette idée n’est pas celle des républicains. En fait, cette initiative trouve son origine dans la démarche du représentant démocrate Edward Markey, président de la commission spéciale de la Chambre des représentants sur le réchauffement climatique et l’indépendance énergétique, qui désirait encadrer encore plus la survivance de cette espèce animale face à la prochaine exploitation de l’or noir en Alaska récemment permise par l’administration Bush. Les États-unis sont en manque de pétrole et désirent maintenant exploiter les ressources en carburant fossiles présentes sur leur territoire.

Mais, le « hic », est que la région spécialement touchée par les futurs forages, la mer de Chuckchi, pourtant à proximité d’habitats d’ours polaires, se trouve exclu de cette loi!

Pour le président Bush junior, l’environnement est un enjeu populaire dont son parti peut tirer avantage, mais il ne doit surtout pas contrecarrer le «Business as usual » de ses amis capitalistes.

Les républicains se montrent environnementalistes afin d’éteindre les craintes dans la population américaine face aux défis planétaires qui cognent à sa porte.

Ceci est « winner » sur le plan électoral, même si leurs intentions écologistes cachent des intérêts qui sont tout sauf préservateurs de l’environnement. En somme, les républicains sont « verts » lorsque cela fait leur affaire (voir Bush devient écologiste devant la montée du dollar canadien). Et encore là, leurs prétentions environnementalistes ne sont pas à la hauteur des attentes : le président Bush s’est montré hostile au pétrole albertain qu’il a qualifié de trop polluant à produire, mais celui-ci rentre toujours à flot sur le marché américain!

L’économie, selon eux, doit toujours et encore prédominer sur tout le reste.

Qu’importe la pérennité des races animales ou la préservation des milieux vivants qui se trouvent sur le chemin de la prospérité du monde des affaires, et surtout des méga-pétrolières.

Note: merci à Steeve C., un collègue de travail, de m’avoir rapporté cette nouvelle!