Improbable Charest

Cet article a été publié le 11 mars 2022 dans Le Devoir et Le Soleil de Québec

Photo de Tetyana Kovyrina provenant de Pexels

On le sait depuis toujours. Jean Charest rêve de devenir premier ministre du Canada. Il a raté sa chance autrefois, et maintenant le rêve semble à sa portée. Vraiment ?

M. Charest oublie que ce Parti conservateur est un Reform party 2.0 qui n’a plus rien à voir avec le défunt Parti progressiste-conservateur. Plus le temps passe, plus ce parti ressemble au Parti républicain de l’autre côté de la frontière. Il se dirige à droite de la droite comme nous avons pu le voir avec les appuis de certains conservateurs envers le Convoi de la liberté.

Donc, Jean Charest ne se retrouverait pas dans le même parti qu’avant. Ce qui reste du Parti ­progressiste-conservateur a disparu avec lui lorsqu’il a quitté pour le Parti libéral du Québec. Et Charest n’est pas assez à droite pour diriger ce parti. C’est un conservateur dans la vieille tradition tory, pas un extrémiste religieux et réactionnaire comme l’est la base partisane de l’Ouest du nouveau Parti conservateur… à moins qu’il ne décide d’ouvrir la porte à un contrôle moindre des armes à feu, à la restriction du droit à l’avortement ou même au rétablissement de la peine de mort afin de s’attirer des partisans.

De plus, le dernier chef a justement été désavoué parce qu’il recentrait trop le parti. Un chef Charest ne reviendrait-il pas à la même chose ? Et son passé comme premier ministre du Québec, avec la participation du Québec à la Bourse du carbone et son ancienne étiquette libérale, ne devrait-il pas lui nuire aussi devant les Albertains et l’Ouest conservateur ? Toute cette histoire me semble très improbable…

L’État, c’est nous… dirait Stephen Harper

Que cela ne soit la réforme drastique de l’assurance-emploi – du jamais-vu – votée sans consultation d’aucune sorte précarisant les chômeurs ayant pourtant contribué au financement du programme ou le changement d’orientation de l’ACDI passant d’objectifs d’aide humanitaire à une politique néocoloniale appuyée par les entreprises canadiennes à l’étranger ou encore la déréglementation dangereuse pour la santé publique de l’Agence canadienne d’inspection des aliments laissant le champ libre aux producteurs alimentaires dans l’hygiène de leurs installations, il y avait déjà bien des raisons de se questionner sur le caractère autocratique de la gouverne conservatrice.

Toutes ces mesures passent encore, même si contestables, car elles demeurent légales dans le cadre constitutionnel canadien ainsi que dans les paramètres d’un gouvernement majoritaire.

Cependant, la récente nouvelle que les députés conservateurs emploieront désormais la communication écrite permise aux élus pour rejoindre leurs commettants dans un sens partisan – c’est-à-dire pour attaquer la personne du nouveau chef du Parti libéral, Justin Trudeau – soulève une problématique éthique criante, même si Stephen Harper approuve d’emblée cette démarche. Mais, il faut savoir que cette pratique est une première et que le Parti conservateur exploite une faille dans les réglementations du jeu politique, une faille qui, par ailleurs, n’existe pas au Québec où l’on fait une distinction claire à ce niveau entre la fonction du député et sa filiation partisane.

En fait, l’éthique est plutôt élastique chez les conservateurs. Il y a quelques années, des députés conservateurs avaient usé du même stratagème dans leurs circonscriptions, mais, devant l’inaction subséquente d’Élection Canada, le PC a opté maintenant pour l’application généralisée de cette tactique dans sa lutte contre les libéraux. Donnez-leur un pouce, et ils prendront trois pieds…

Mais, il y a plus.

En 2009, 47 députés et ministres conservateurs ont posé fièrement devant des chèques géants signés de leurs mains et arborant le logo du Parti conservateur… même si ces fonds alloués pour divers projets gouvernementaux étaient directement puisés du Trésor public canadien! Le député libéral, David McGuinty, a vivement dénoncé cette manœuvre: « La confusion entre les fonds gouvernementaux et partisans rappelle des situations que l’on constate régulièrement dans les pays en développement, qui n’ont pas encore de structure démocratique solide. »

Autre chose : tout récemment, on a éliminé les mots « Environnement Canada » sur le site météorologique du gouvernement fédéral, comme si l’on voulait éradiquer toute référence à la protection de l’environnement sur les portails internet de l’État. De plus, le fond de page, habituellement vert, a été changé pour le bleu… couleur du Parti conservateur!

Sur le plan communicationnel, depuis l’accession des conservateurs au pouvoir, les critiques ne cessent de pleuvoir sur les entraves à l’accès à l’information des données du gouvernement.

Depuis 2008, le Conseil du Trésor a laissé tomber la mise à jour du Système de coordination des demandes d’accès à l’information (SCDAI). Cette base de données électronique permettait depuis 2003 à tout citoyen ou organisme d’accéder à des renseignements sur la gestion du gouvernement fédéral.

De plus, une étude internationale, datant de février 2013, place le Canada bon dernier parmi les démocraties parlementaires sur la question de la libre circulation de l’information gouvernementale. Une chute surprenante depuis 2011 : le Canada a passé du 40e rang au 55e, juste derrière la Mongolie et la Colombie!

Explication? Il est connu que toutes les communications de l’État fédéral doivent passer obligatoirement par le bureau du premier ministre Harper pour approbation.  Encore une fois, une méthode inédite jamais pratiquée dans les gouvernements précédents minant les principes démocratiques pourtant acquis depuis des décennies…

« L’État, c’est moi », lançait jadis le roi Louis XIV à ses parlementaires… et notre chef de gouvernement canadien, Stephen Harper, fier porte-drapeau du monarchisme britannique, assimile fort bien le concept sous-jacent à cette formulation dans son exercice du pouvoir exécutif… quitte à faire reculer le Canada des décades en arrière.

Transparence et intégrité clamait Stephen Harper en 2006… pourtant, l’expérience de six années d’administration conservatrice amène le constat contraire.

Bref, la séparation du Parti et de l’État pour Stephen Harper ne constitue pas un enjeu crucial. Comme dans toutes les dictatures fascistes, communistes ou les monarchies absolutistes, « l’État, pour les conservateurs, c’est nous. »

La « grande peur » des conservateurs

Le parti de Stephen Harper tente de nous effrayer une fois de plus.

Les conservateurs ont sans doute un agenda caché en annonçant cette prévision pessimiste d’un déficit important de 50 milliards de dollars dans le budget fédéral de l’année fiscale en cours.

Pourtant, en novembre 2008, le ministre des finances Jim Flaherty prévoyait un petit excédent budgétaire pour se réviser par la suite en janvier 2009 avec un déficit de 34 milliards.  Là, il nous annonce sans sourciller un manque à gagner de 50 milliards.  C’est à croire qu’il est incompétent ou qu’il exagère les choses afin d’atteindre les objectifs non-dévoilés de son parti.

Il est très surprenant et rare qu’un gouvernement au pouvoir dévoile à l’avance des projections négatives sur l’état des finances publiques.  Il faut être masochiste ou inconséquent politiquement pour avouer ouvertement un échec futur malgré tous les risques de perte de crédibilité pouvant jouer lors des prochaines élections générales, sauf si cette manœuvre s’intègre dans une stratégie à long terme.

Depuis leur accession au pouvoir, les conservateurs cherchent à imposer leur politique économique de droite, c’est-à-dire dégraisser l’État et couper sauvagement dans les services publics.

On se souviendra qu’ils ont déjà tenté le coup avec le budget de novembre 2008 et que seule l’opposition majoritaire avait pu les faire changer d’idée avec la menace d’élections précipitées.

Les conservateurs ne ratent jamais une occasion.  La tourmente économique sera un nouveau prétexte pour justifier des mesures d’urgence de délestage étatique devant cette soi-disante crise des finances publiques.

Pas besoin de posséder une boule de cristal pour deviner où le Parti Conservateur au pouvoir s’en va avec cette prédiction d’un déficit imposant pour l’année fiscale 2009-2010.

Il va s’en servir pour faire avancer l’application de son précepte de diminution du rôle de l’État, en convaincant les électeurs du bien-fondé de sa politique économique agrémentée de baisses d’impôt, même si des milliers de canadiens perdent leurs emplois et que tous les pays occidentaux n’hésitent pas à nationaliser des entreprises et intervenir vigoureusement afin de soutenir une économie mondiale hypothéquée par des années de laisser-faire économique.

Le non-sens des coupures à Radio-Canada

En période de crise économique, tout gouvernement responsable se doit d’encourager la création d’emplois et de préserver ceux existants.  C’est pourtant ce genre de politiques économiques keynésiennes qu’applique la grande majorité des pays industrialisés afin de relancer le piètre état de leurs économies nationales.

 

Mais, pour le gouvernement conservateur canadien, la crise économique n’est qu’un prétexte pour dépecer de 805 postes Radio-Canada/CBC en conformité avec son idéologie de démantèlement du secteur public. 

Une belle occasion qu’il ne devait pas rater.   

 

On évoque des pertes publicitaires de 171 millions comme motifs des coupures. Mais le cabinet de Stephen Harper semble oublier que Radio-Canada/CBC n’est pas une entreprise privée obnubilée par le profit comme ses concurrents.  En ces temps économiques difficiles, le rôle de toute corporation publique, même si elle enregistre un déficit budgétaire temporaire,  est de soutenir l’économie par le maintient des emplois présents et non pas d’encourager la débâcle économique en ajoutant encore plus de personnes dans les rangs des chômeurs. 

 

Car, en fait, les emplois préservés dans le domaine public favorisent la consommation et la stabilité économique.  L’argent qu’un employé de l’État dépense en achat de biens ou services de toutes sortes soutient un emploi et un autre dans le secteur privé qui engendreront par la suite des rentrées subséquentes en impôts dans les coffres du gouvernement. 

 

Les conservateurs ont toujours été frileux envers des mesures interventionnistes en économie.  Nous l’avons bien constaté avec leur énoncé économique de novembre 2008, caractérisé par des compressions massives dans l’appareil gouvernemental, qui a bien failli faire tomber leur gouvernement. 

 

En fait, le Parti Conservateur préfère les bonnes vieilles méthodes corporatistes de ses copains du monde des affaires en sabrant sauvagement dans la main-d’œuvre sans réfléchir aux conséquences éventuelles d’une telle stratégie sur l’aggravation de la situation économique de crise. 

 

Ces coupures chez Radio-Canada/CBC laissent présager les solutions futures qu’utiliseront les conservateurs si, un jour, ils deviennent majoritaires à la Chambre des Communes. 

Ils chercheront alors à gérer le pays comme une business en dépit de la recherche du bien-être collectif que tout gouvernement digne de ce nom devrait vouloir atteindre.

Un troisième référendum sur la souveraineté du Québec?

Le débat sur la souveraineté devrait gagner en popularité dans les prochaines années en raison du contexte économique défavorable.

Dans le passé, nous avons pu remarquer une effervescence de la cause souverainiste en période de turbulence économique et le même phénomène pourrait opérer dans un futur pas si lointain.

 

En effet, les années antérieures aux deux référendums sur la souveraineté du Québec (1980, 1995) furent des périodes d’incertitudes économiques qui ont ravivé la problématique de la question nationale. 

 

Dans les années 70,  l’économie mondiale connu ses premiers ralentissements majeurs depuis la fin de la deuxième guerre mondiale.  Les Trente Glorieuses se terminaient abruptement avec les deux chocs pétroliers et l’entrée d’un nouveau mal : la stagflation, c’est-à-dire la présence simultanée de la stagnation de l’économie et d’une forte inflation.

 

C’est dans ce climat de vacillement du système économique mondial ainsi que dans l’éveil de la conscience nationale des québécois émergeante de la révolution tranquille que le mouvement souverainiste prit le pouvoir en 1976 avec une coalition hétéroclite appelée Parti Québécois.  Quatre ans plus tard, le premier référendum sur la souveraineté du Québec eut lieu avec le résultat que l’on connaît. 

 

Quinze ans plus tard, le discours référendaire renaissait de ses cendres après la dure récession du début des années 90.  Le chômage progressa significativement de 1990 à 1994 et la crise des finances publiques frappa le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux.

 

C’est alors que, dans une ambiance de difficultés économiques combinée avec la crise politique de l’après Lac Meech, le Parti Québécois regagna le pouvoir en 1994 et eu l’audace de suggérer un nouveau référendum se soldant par une amère défaite des partisans de l’option souverainiste qui fut rejetée par seulement quelques milliers de voix.

 

Si l’Histoire tend à se répéter, nous devrions assister à un troisième référendum dans les années à venir.  La présente crise économique devrait exacerber l’insécurité économique des québécois et la moindre friction politique Québec-Ottawa pourrait propulser encore en avant le sujet de l’indépendance du Québec.   

 

En somme, lorsque l’économie va bien, que tout le monde est occupé par le travail, que chacun est plus ou moins satisfait de sa condition matérielle, une société ne s’interroge pas sur son futur ou sa situation politique. 

 

Mais, au contraire, en temps de ralentissement, de récession ou de crise économique, les problèmes non-résolus d’une société reviennent la hanter car il n’y plus rien pour détourner l’attention des citoyens envers les affaires publiques. 

 

Dans la foulée, une société peut rechercher de nouveaux moyens afin de résorber un état de crise chronique et ces nouveaux moyens peuvent parfois se présenter dans un rapatriement d’un plus grand pouvoir politique dont le but serait de mieux sortir cette dite société d’une situation difficile.  Ainsi, en possédant tous les leviers de la politique économique (taux d’intérêt, aide financière ciblée dans des secteurs en difficultés propre au Québec, fiscalité, etc.), le peuple Québécois serait ainsi plus en mesure de relancer adéquatement son économie.    

 

Le dernier budget fédéral du conservateur Stephen Harper semble démontrer la pertinence d’un État québécois indépendant.  Effectivement, le Québec va subir un sous-investissement prononcé des subsides du gouvernement central au profit de l’Ontario.  Le gouvernement conservateur a décidé de laisser tomber le Québec après ses faibles résultats des deux dernières élections fédérales dans la Belle Province.

 

La règle non-écrite de l’alternance politique devrait être à l’avantage du Parti Québécois aux prochaines élections générales et l’alignement des astres pourrait bien être plus favorable à une éventuelle souveraineté du Québec dans cet environnement économique précaire.

L’argent parle chez les conservateurs

Le Parti Conservateur du Canada ne se gêne pas pour recevoir des dons d’entreprises privées malgré ses lois sur l’éthique en politique.

C’est ce que l’on peut conclure en rapport aux dernières révélations de dons électoraux généreux de la firme Minto Developments à quatre ministres conservateurs d’importance dans le cadre du déménagement du quartier général de la Gendarmerie Royale du Canada (GRC).

Non heureuse de seulement soudoyer les députés-ministres (MM. Baird et Poilièvre) des deux circonscriptions sur lesquelles se situe le bâtiment de la compagnie dédié à ce déménagement, Minto a voulu s’assurer de la réussite de son projet en arrosant au passage le ministre des Finances Jim Flaherty ainsi que celui du Revenu national Gordon O’Connor.

L’argent parle chez les conservateurs.  Le secrétaire parlementaire au Conseil du trésor Pierre Poilièvre s’était pourtant montré défavorable au projet qu’il considérait comme trop dispendieux.  Mais, suite à la donation qu’il a reçue, il a retourné sa veste et soutient maintenant l’initiative.

Un très bon « move » rentable de la compagnie Minto qui acquerra ce contrat de 600 millions de dollars pour une contribution politique totale de 8000$ (ce montant est celui qui rentre dans les livres officiels. Il y a peut-être plus)!!!

Qui a dit que les conservateurs lavaient plus blanc que blanc?

Voir aussi:

Stephen Harper, le tout puissant

La droite conservatrice se dévoile au grand jour

Corrompu un jour, corrompu toujours

La pointe de l’iceberg

Mario Dumont digne remplaçant de Maxime Bernier?

On le sait, l’ADQ chute dans les sondages, même dans la région de Québec, pourtant un récent bastion de la formation de droite.  On ne jurait là-bas, il n’y a pas si longtemps, que par Mario et sa formation politique.

La débâcle est évidente. L’Action démocratique du Québec, selon les électeurs, n’a pas livré la marchandise.  Son équipe peu expérimentée a dévoilé son rôle déficient en tant qu’opposition officielle à l’Assemblée Nationale. 

Ce parti n’attire pas de candidats de qualité et le chef essaie, comme toujours, de mousser sa popularité par des déclarations à l’emporte-pièce teintées d’un opportunisme affligeant. 

Le rêve de Mario Dumont de devenir premier ministre du Québec parait de plus en plus éloigner.

Alors,  ne serait-il pas tenté de traverser de l’autre coté de la clôture advenant un recul de la députation adéquiste lors des prochaines élections provinciales?

Après tout, le Parti Conservateur du Canada et l’ADQ ont plusieurs atomes crochus avec leurs penchants néolibéraux en économie et leurs tendances réactionnaires en justice ainsi qu’envers tout ce qui est étranger à la préservation de la culture « blanche » (québécoise ou canadienne).

Stephen Harper a plus que jamais besoin d’un lieutenant fort au Québec après l’affaire Maxime Bernier-Julie Couillard, et ce rôle semble totalement être conçu pour l’actuel chef de l’ADQ. 

Un petit gars de Rivière-du-loup, québécois de souche, et en plus pas trop réfractaire au maintient du Québec dans le Canada avec son idéologie autonomiste et conservatrice inspirée du duplessisme est exactement ce que Harper recherche. De plus, les deux comparses se sont montrés en public en décembre 2007 afin de consolider leurs affinités.
 
Ainsi, au lieu de devenir possiblement le premier titulaire de l’exécutif du gouvernement du Québec, Mario Dumont pourrait espérer occuper un poste de ministre important au fédéral et qui sait, un jour, devenir premier ministre d’un pays et non seulement d’une province. 

En plein ce qui comblerait un politicien opportuniste assoiffé de pouvoir!

Nationalisons le pétrole, et vite!

Léo-Paul Lauzon ne cesse de réclamer la nationalisation du pétrole et les vertigineuses ascensions du prix du baril de pétrole semblent encore lui donner raison.

Pourquoi devrions-nous payer le carburant au prix fixé sur le marché international lorsque le Canada aurait le potentiel de devenir autosuffisant en énergie? Le comble est que le pétrole de l’Alberta se dirige en direction du marché américain pendant que l’est du pays importe son carburant d’ailleurs sur la planète.

On a privatisé Pétro-Canada à tout vent depuis 1991 et les profits retournent uniquement au domaine privé car on a abandonné en 2004 les dernières parts gouvernementales sur l’ancienne compagnie publique. En plus, 50% de ses actions peuvent être détenues par des intérêts étrangers tandis que plusieurs autres compagnies pétrolières présentes au Canada n’appartiennent pas à des canadiens, comme le témoigne le récent investissement de la compagnie française Total dans les sables bitumineux albertains.

Le Canada se fait avoir sur tous les plans car il ne retire pratiquement rien de l’exploitation du pétrole sur son propre territoire, à l’exception de quelques emplois temporaires qui disparaîtront après l’épuisement des gisements. En fait, nous sommes le seul pays exportateur qui ouvre ses portes à l’implantation d’entreprises étrangères sans demander de ristournes appréciables.

Les bénéfices dédiés au privé ne servent pas à amoindrir les impacts environnementaux des activités des usines de raffinage ou à la R&D d’énergies de rechange, ce qui serait pourtant souhaitable et possible sous un contrôle national car l’argent reviendrait au trésor public. Présentement, ils ne font qu’engraisser de façon indécente les riches actionnaires des pétrolières étrangères profitant du pétrole qui est le nôtre.

La nationalisation de l’industrie pétrolière est de plus en plus crédible et nécessaire dans le présent contexte. Il s’agirait de révoquer les contrats privés d’exploitation et d’investir avec les fonds publics dans l’exploitation et le traitement de cette énergie. Des coûts élevés au départ, mais qui s’avéreront très profitables dans l’avenir. Après tout, ces terres sont la propriété de la population canadienne et le siphonage de cette ressource épuisable par des intérêts particuliers constitue un véritable vol à grande échelle.

L’inflation galopante résultante qui nous rattrapera dans les prochaines années et affectera notre pouvoir d’achat ainsi que notre qualité de vie pourrait être évitée ou atténuée si nous avions l’audace de réclamer une gestion publique du pétrole national comme cela se fait en d’autres États.

Une telle opération s’avèrerait difficile, voire impensable, sous le règne du Parti Conservateur qui n’est qu’un gouvernement fantoche des pétrolières. On tente de nous éluder de la dilapidation des réserves pétrolifères du pays en nous accordant des baisses d’impôt dans le but d’acheter notre consentement ainsi que notre silence.

Mais, ce que nous gagnerons en diminution d’imposition, nous le perdrons en hausse générale des prix à la consommation.

Il nous reste qu’à ouvrir les yeux et faire entendre nos voix discordantes lors des prochaines élections fédérales.

 

Le temps est compté pour Maxime Bernier

Les multiples frasques du ministre des affaires étrangères du Canada, Maxime Bernier, sont tellement embarrassantes pour le gouvernement conservateur de Stephen Harper qu’on se demande pourquoi il n’a pas été relégué à un rôle de député d’arrière banc.

Ses déclarations intempestives et ses gaffes médiatiques ont défrayé les manchettes depuis son élection comme député et les dernières allusions sur le passé louche de sa récente ex-petite amie (Julie Couillard) ne font qu’ajouter à la perte de crédibilité du nouveau venu en politique.

Faisons une récapitulation de ses nombreuses actions maladroites: en avril 2006, monsieur Bernier a affirmé que les possibilités de récupération de milliards de dollars dans le litige sur le bois d’œuvre opposant le Canada et les États-unis étaient pratiquement nulles, en complète contradiction avec la position du gouvernement fédéral et les jugements rendus dans ce dossier ; en août 2007, son amie de coeur (son ex aujourd’hui), l’accompagne à son assermentation ministérielle avec un généreux décolleté qui a dû faire sursauter la faction de la droite religieuse du Parti Conservateur;  en octobre 2007, c’est la fameuse affaire des Jos Louis en Afghanistan que le principal intéressé croyait être un formidable coup médiatique, mais qui s’est révélée être un véritable flop.  Combattez les boys et le Canada vous remerciera avec une poignée de gâteaux!; en novembre 2007, il confirme ses lacunes en Histoire en citant le nom de Jean-Bertrand Aristide comme étant celui de l’actuel président de Haïti!; enfin, en avril 2008, il s’ingère malhabilement dans la politique intérieure de l’Afghanistan en suggérant que le gouverneur de Kandahar soit limogé pour soupçons de corruption et de torture.

Le Parti Conservateur a besoin de quelques têtes d’affiches au Québec afin de séduire l’électorat québécois, mais, sous un éventuel gouvernement majoritaire des nouveaux Tories, il serait fort probable que monsieur Bernier aurait été jeté aux oubliettes depuis bien longtemps pour ses erreurs politiques à répétition.  On le tolère jusqu’aux prochaines élections en souhaitant trouver de meilleurs candidats d’ici là.

Et les dernières unes des journaux au sujet de son ancienne concubine n’arrangent rien à l’affaire!  On doit se poser de sérieuses questions dans les hautes sphères du Parti Conservateur.

Pour une formation politique au pouvoir qui désire instaurer la loi et l’ordre, la morale, les valeurs religieuses ainsi que la lutte à la criminalité, les relations de jadis avec les motards de l’ex-conjointe de monsieur Bernier ne doivent sûrement pas plaire à l’establishment du PC.

Ajout au 28 mai 2008: Bien, son temps était encore plus compté que je ne le pensais. Sa dernière gaffe concernant les documents oubliés chez son ex-conjointe ont planté les derniers clous sur son cercueil. Bye bye Maxime!

Stephen Harper, le tout puissant

Encore une preuve de l’animosité des conservateurs fédéraux envers les principes démocratiques.

Dans les derniers jours, on nous informait que le Conseil du Trésor laissait tomber la mise à jour du Système de coordination des demandes d’accès à l’information (SCDAI).  Cette base de données électronique permettait depuis 2003 à tout citoyen ou organisme d’accéder à des renseignements sur la gestion du gouvernement fédéral.

Cela va dans le sens de la politique du cabinet du premier ministre de contrôler toute l’information gouvernementale et de la centraliser entre ses mains. 

La démocratie sans la diffusion libre d’informations est caduque et non avenue, ce que savent très bien ces autocrates de droite logés à Ottawa.  Nulle surprise alors qu’ils aient voté contre la motion du Bloc québécois confirmant la confiance envers Élections Canada lorsque cet organisme est l’un des plus respectés sur la planète en matière de processus électoraux pour son intégrité et sa compétence.

Les conservateurs sentent la température montée et tentent à tout prix de maintenir le couvercle sur la marmite des scandales qui les accablent.  Le parti de Stephen Harper essai de limiter les dégâts et de retarder le plus possible la sortie dans la sphère publique de toute information pouvant encore entacher son administration.

Voir aussi : La droite conservatrice se dévoile au grand jour, Corrompu un jour, corrompu toujours, Dissimulations antidemocratiques