Antiterrorisme 101

L’attentat perpétré au Charlie Hebdo élève à un nouveau paroxysme ce conflit séculaire entre l’Occident et le monde musulman qui fait rage depuis les premières batailles entre chrétiens et dévots d’Allah au VIIIe siècle de notre ère.

Les motifs et les blâmes fusent de part et d’autre pour expliquer ce feu sanglant perpétuel – les deux côtés croyant posséder l’unique vérité.

Les intégristes dénoncent l’occupation de la Palestine, le néocolonialisme, l’ingérence de l’Occident, les occupations militaires et les bombardements parfois indiscriminés sur leurs pays.

Le monde occidental, lui, s’offusque de l’obscurantisme et du barbarisme sans nom des tenants de cet islamisme radical échappant à la raison.

Devant cette escalade de la haine, plusieurs se demandent comment mettre un terme au terrorisme.

Certains suggèrent une réponse avec plus de répression et d’interventions militaires dans les zones où pullule la «  main-d’œuvre terroriste  ». Mais ce serait une erreur. Répondre à la violence par la violence ne fait que perpétuer ce cercle vicieux dont la fin ne sera jamais à notre portée si nous continuons à emprunter cette voie.

L’alternative la plus positive serait de s’attaquer directement aux racines du terrorisme.

Premièrement, rappelons-nous les déclarations récentes du Pape François qui pointait «  la pauvreté, le sous-développement, l’exclusion  » comme les principales sources de la genèse du terrorisme contemporain. Il souligne ainsi les défauts de notre capitalisme implacable laissant sur le bas-côté les moins chanceux de la vie. Il serait alors de plus en plus pressant d’organiser une véritable social-démocratie planétaire soutenant les oubliés du système économique afin d’éradiquer les germes du terrorisme.

Deuxièmement, il deviendrait nécessaire d’atteindre un nouveau moment tournant dans les relations internationales entre les démocraties libérales et la sphère musulmane en y incluant un paradigme de respect mutuel. L’impérialisme occidental dans cette région devrait céder le terrain à une entente sur le développement et les riches élites des pays arabo-musulmans, principalement celles de la péninsule arabique, devraient arrêter de faire double jeu et de financer subrepticement les organisations terroristes.

Évidemment, il demeure difficile d’oublier la haine ainsi que les fantômes du passé et les forces de l’immobilisme combinées à la pluralité des acteurs rendent pratiquement utopique l’application de ces solutions. Mais, au moins, elles sont énoncées ici…

Impérialisme et intégrisme

Les opérations militaires françaises au Mali ainsi qu’en Somalie contre des milices intégristes – paradoxalement ordonnées par un gouvernement de gauche censé défendre des valeurs humanistes – révèlent une fois de plus l’attitude impérialiste de l’Occident envers les pays de confession musulmane dont l’occupation de la Palestine par Israël est le paroxysme ultime.

Tout pour nous rappeler le chauvinisme occidental envers une grande civilisation qui fleurissait pendant que l’Occident rampait dans son Moyen Âge.

Les origines de cet impérialisme de l’Occident envers les peuples musulmans remontent au colonialisme du XIXe siècle et, malgré la décolonisation un siècle plus tard, des régimes autocratiques, au service des puissances occidentales assoiffées de ressources et de pétrole, ont dirigé ces pays d’une main de fer jusqu’au récent Printemps arabe qui a sonné le glas de plusieurs de ces dictatures.

Il nous faut alors ne pas s’étonner de l’émergence depuis une trentaine d’années de mouvements intégristes, tel qu’Al-Qaïda, qui représentaient et représentent encore une réaction envers l’impérialisme des nations occidentales et leurs hommes de paille autrefois assis dans les officines du pouvoir.

Finalement, les nouveaux gouvernements composés de factions intégristes, comme les Frères musulmans, constituent un retour de balancier face à la condescendance d’un monde occidental trop convaincu de sa supériorité…

Invasion de domicile en Palestine

Premièrement, lisez cette histoire :

Monsieur X habite une maison depuis plusieurs années et un beau jour un inconnu, Monsieur Y, sonne à sa porte. M. X ouvre et ce dernier pénètre en trombe dans son domicile et s’installe illico presto dans la chambre des maîtres prétextant qu’il y a déjà habité voilà très longtemps.

M. X tente de l’évincer, sans succès, car M. Y est bien armé.

Quelques jours passent. La tension entre les deux individus est forte. Et puis, subitement, toute la famille de M. Y débarque et occupe toutes les pièces de la demeure, à l’exception du placard à balais dans lequel se retrouve désormais M. X.

Désespéré, M. X appelle la police, mais, malheureusement, celle-ci, est achetée par la famille de M. Y qui est très opulente.

Et cette situation se maintient pendant des décennies.

Maintenant, relisez cette histoire en interchangeant Monsieur X pour Palestiniens, Monsieur Y pour Israéliens et police pour États-Unis. Vous comprendrez alors mieux la situation en Palestine…

Israël ne veut pas la paix

C’est limpide.  Israël ne désire pas une entente négociée et l’instauration d’un véritable État palestinien reconnu par le monde occidental.

Encore une fois, en pleine négociation de paix, cette fois-ci sous la tutelle des États-Unis, Israël démontre sa mauvaise foi en mettant fin au moratoire sur la construction de colonies juives en Cisjordanie, jetant ainsi de l’huile sur le feu.

Ne tournons pas autour du pot.  Il n’y aura jamais de paix au Proche-Orient tant que les gouvernements occidentaux seront influencés par les lobbys juifs.

Rappelons-nous la visite de Barack Obama devant le congrès juif américain la journée suivante de son investiture comme candidat présidentiel du Parti Démocrate et le refus des États-Unis – comme les pays de l’Europe de l’Ouest – de reconnaitre officiellement l’État Palestinien déclaré en 1988.

Et il est hypocrite du gouvernement américain de parrainer les présents pourparlers de paix quand il décline à donner une reconnaissance politique à l’autorité palestinienne qui appliquerait de la pression sur l’État sioniste afin qu’il conclue enfin une entente.

Le problème dans ce conflit, ce n’est pas les palestiniens, c’est la fourberie d’Israël et la lâcheté des États-Unis ainsi que de l’ensemble de l’Occident.

Le génocide tranquille

N’ayons pas peur des mots : Israël procède à un véritable génocide de la population palestinienne dans la bande de Gaza.

Quelques rockets du Hamas ne causant que des dommages matériels mineurs et quelques morts ne se comparent aucunement avec la guerre totale qu’opère l’armée israélienne envers un peuple démuni et pratiquement sans défense qui doit maintenant faire le deuil de plusieurs centaines de ses membres dont de jeunes enfants innocents depuis le début des attaques.

Le blocus érigé autour de toutes les frontières de la bande de Gaza dès janvier 2008 a fait de celle-ci un véritable camp d’extermination à ciel ouvert en privant ses habitants de nourriture, de soins médicaux et des nécessités de base.

Le culot du gouvernement israélien est tel qu’il ne se gêne plus désormais pour tirer sur des groupes humanitaires internationaux et d’utiliser sur des civils des armes prohibées (bombes au phosphore blanc) par les conventions internationales.  Sa volonté est claire : en finir une fois pour toute avec les palestiniens par la force de sa puissante armée (la cinquième au monde) après que le blocus les ait affamé et affaibli le plus possible.

L’Occident ferme les yeux malgré ses protestations officielles tandis que le peuple palestinien lutte pour sa survie et les États-Unis s’efforceront comme toujours par leur veto de bloquer toute coercition de la part de l’ONU.

Le Hamas réplique en tant que gouvernement légitime de sa population et on l’accuse de terrorisme lorsqu’il s’agit en fait d’une mesure défensive d’une nation envers la perverse et insistante agression d’une autre.

Gaza et Israël à la cour d’école

Il y a deux garçons à la cour d’école du Proche-Orient qui ne cessent de se chamailler à la récréation.

L’un, Israël, est baraqué et l’autre, Gaza, est petit et chétif. Le premier arbore de beaux vêtements et le second est habillé de lambeaux.

À chaque jour, dès que la cloche de la récréation sonne, Israël harcèle Gaza en lui volant ses collations et en lui enlevant le ballon des mains. Ce dernier tente de répliquer de ses mains frêles mais il ne reçoit en conséquence qu’une bonne raclée à toutes les fois.

Son visage est contusionné, son nez saigne, des bleus apparaissent sur tout son corps. L’extrême violence et le mépris d’Israël envers Gaza sont évidents pour tous les élèves.

Alors le directeur de l’école réprimande verbalement le jeune agresseur à chaque occasion mais ne lui inflige jamais de punition corporelle car son papa est le puissant maire de la Ville…

Une chance que ce genre d’injustice ne se produit pas dans le monde des adultes…