Impérialisme et intégrisme

Les opérations militaires françaises au Mali ainsi qu’en Somalie contre des milices intégristes – paradoxalement ordonnées par un gouvernement de gauche censé défendre des valeurs humanistes – révèlent une fois de plus l’attitude impérialiste de l’Occident envers les pays de confession musulmane dont l’occupation de la Palestine par Israël est le paroxysme ultime.

Tout pour nous rappeler le chauvinisme occidental envers une grande civilisation qui fleurissait pendant que l’Occident rampait dans son Moyen Âge.

Les origines de cet impérialisme de l’Occident envers les peuples musulmans remontent au colonialisme du XIXe siècle et, malgré la décolonisation un siècle plus tard, des régimes autocratiques, au service des puissances occidentales assoiffées de ressources et de pétrole, ont dirigé ces pays d’une main de fer jusqu’au récent Printemps arabe qui a sonné le glas de plusieurs de ces dictatures.

Il nous faut alors ne pas s’étonner de l’émergence depuis une trentaine d’années de mouvements intégristes, tel qu’Al-Qaïda, qui représentaient et représentent encore une réaction envers l’impérialisme des nations occidentales et leurs hommes de paille autrefois assis dans les officines du pouvoir.

Finalement, les nouveaux gouvernements composés de factions intégristes, comme les Frères musulmans, constituent un retour de balancier face à la condescendance d’un monde occidental trop convaincu de sa supériorité…

La chute du mur de… Wall Street

Ce texte a été publié dans Le Devoir le 26 octobre 2011

Berlin, 1989 : le mur de la honte tombe et sonne le glas de l’Union Soviétique et du bloc de l’est.  Tout un ordre social s’effaca devant la faillite d’un système sclérosé et usé par le temps.

New York, 2008 : la plus grande crise financière du capitalisme frappe Wall Street ainsi que les places boursières du monde et fait vaciller sur lui-même le système bancaire de l’Occident.    Une crise systémique s’installe avec le chômage structurel, l’endettement massif des consommateurs et les problèmes liés aux dettes souveraines.

De part et d’autre, les anciennes grandes idéologies porteuses d’idéaux de prospérité et d’équité s’effondrent laissant un grand vide à combler.

Le communisme à la soviétique n’a pas rempli ses promesses de justice sociale et son antagoniste, le capitalisme, a failli à répartir les richesses malgré ses prétentions pérennes.

Ainsi, le marché se révèle comme imparfait, en dépit de la « main invisible » censée tout réguler indéfectiblement.  Une caste dirigeante s’est formée, bien
protégée dans les châteaux modernes que sont les gratte-ciel, et les serfs
contemporains se paupérisant protestent devant autant d’accumulation pécuniaire.

Encore une fois, la fin d’un système se profile à l’horizon.  En conséquence, un nouveau mur s’effritera…

Les leçons de l’histoire sont limpides : trop de laisser-aller est aussi inefficace que trop de concentration des pouvoirs.  Une société éclairée doit choisir une voie intermédiaire constituant un juste milieu entre planification globale et
libertés des individus.

Le Printemps occidental

Ce texte a été publié dans Métro Montréal le 18 octobre 2011

Les divers mouvements « d’occupation » initiés par les « indignés »sur Wall Street à New York se répandent comme une trainée de poudre dans tout l’Occident et au-delà.

Les temps sont mûrs à la contestation populaire transnationale.  La hausse des prix des aliments partout sur le globe et la débâcle financière – ayant dégénéré en crise systémique du capitalisme –  ont planté les germes d’une opposition à l’ordre socio-économique existant.  Les chômeurs – souvent de jeunes diplômés – prennent d’assaut les temples de la finance et réclament plus de justice sociale.

Cependant,  le fait le plus ironique, au niveau historique de cet événement, est que ce « Printemps occidental » a succédé aux révoltes du « Printemps arabe », comme si le monde arabo-musulman avait allumé la mèche d’une révolution du paradigme social dans la civilisation voisine au nord.

Ironique, car la période du Moyen-âge occidental dans laquelle l’Europe fut plongée – se caractérisant par une noirceur philosophique et une perte de connaissances techniques – côtoyait un monde musulman fleurissant et qui conservait le savoir que l’Occident avait jadis perdu et qu’il se réappropriera quelques siècles plus tard grâce à lui.

Aujourd’hui, la civilisation occidentale s’enfonce dans une pénombre sociale dominée par les nouveaux prêtres de la finance et de l’argent, et c’est les voisins arabes qui nous éclairent encore une fois sur la voie à emprunter…

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication : 220 (initié)

La droite xénophobe

Une tendance inquiétante balaie la droite politique dans le monde occidental.

De l’Europe à l’Amérique du nord, l’ancienne droite libérale multiculturaliste cède la place à une droite conservatrice réactionnaire et xénophobe.

Les représentants du pouvoir exécutif des trois grandes nations européennes, tous conservateurs, tournent le dos à l’intégration des immigrants qu’ils qualifient comme étant un échec: le président de la France, Nicolas Sarkozy; la chancelière allemande, Angela Merkel; le premier ministre britannique, David Cameron.  À ce stade, il n’y a qu’un pas à franchir pour parler de xénophobie, voire de racisme.

De plus, en Suède, un parti d’extrême droite a réussi à faire élire des députés au parlement tandis qu’en Hongrie, un régime fasciste contrôle le pays d’une main de fer.

Et, en Amérique du nord, le Tea Party de Sarah Palin, mouvement politique ultraconservateur, accusé de racisme, prend de l’ampleur en dénigrant fanatiquement le premier président américain noir de l’Histoire, Barack Obama.

Lentement, mais sûrement, l’Occident s’éloigne des principes démocratiques et d’ouverture sur les autres cultures de la planète tandis que le monde musulman s’éveille aux principes du libéralisme politique, pourtant issu de la sphère occidental, dans sa propre Renaissance en pleine ébullition, notamment en Libye, Tunisie et en Égypte.

Une situation plus que paradoxale.

D’un coté, un glissement vers l’extrême droite est en train de s’opérer dans les sociétés occidentales et de l’autre, les pays musulmans, qui s’ouvrent à la démocratie et à l’éveil des libertés individuelles, dont celles des femmes.

Par ailleurs, sociologiquement, le paradoxe est encore plus prononcé.  Une jeune population musulmane aspirant à plus de liberté et de justice s’oppose à une communauté vieillissante en Occident cherchant à protéger à tout prix ses prérogatives et ses paradigmes culturels face à une immigration étrangère en progression, beaucoup composée de personnes de confession musulmane.

Cependant, on peut se questionner sur les véritables motifs de cette montée de l’extrême droite en Occident.  Le multiculturalisme a connu bien des heurts, exacerbés par les médias aux penchants sensationnalistes, mais, globalement, on ne peut parler implicitement de fiasco.  Sans compter que les nations occidentales ont besoin d’immigrants pour contrer l’implosion de ses populations générée par leur déficit de régénération démographique.

Mais, surtout, les motivations de la droite conservatrice doivent être mises en examen.

En propageant la crainte de l’étranger à la nation ou d’une immigration menaçante et agressive contre les caractéristiques culturelles de l’Occident via la propagande des conglomérats médiatiques privés souvent sous son contrôle idéologique, la nouvelle droite xénophobe espère susciter la peur afin de maintenir sa mainmise sur le pouvoir politique et même de l’accentuer encore plus.

C’est pourtant vieux comme le monde.  Adolf Hitler a déjà usé du même stratagème dans le but d’obtenir l’autocratie totale en échafaudant l’incident de l’incendie du Reichstag tout en rejetant sa paternité sur la communauté juive après avoir monté son peuple contre elle…

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication :  191 (initié)

La Grèce : berceau de l’Occident et initiatrice d’un nouveau changement civilisationnel?

Il y a de ces redondances dans l’Histoire qui surprennent toujours.

Après avoir été le berceau de l’Occident nous ayant apporté plusieurs de nos us et coutumes architecturelles, culturelles et politiques, voici que la Grèce redevient le centre de notre civilisation avec sa crise économique qui questionne la pertinence de tous les paradigmes sociaux que nous connaissons.

En effet, la Grèce est la première nation occidentale depuis la dernière grande dépression dans laquelle sévit une remise en question du modèle sociétal se basant sur l’économie de marché.

Grève générale des syndicats publics et privés, grogne des citoyens qui voient les tarifs et la taxation augmenter de façon significative et immobilisation totale des activités économiques de la Grèce sont le lot de cette situation causée par un trop lourd endettement du gouvernement.

L’état catastrophique des finances publiques de ce pays avec une dette publique s’élevant à 133% du PIB, le deuxième plus haut taux en Occident, est peut-être précurseur d’une vague de crises budgétaires pouvant frapper de plein fouet l’ensemble des pays industrialisés.  C’est ce que soulignait dernièrement l’OCDE.

La source de tout ce mal se retrouve dans le caractère dysfonctionnel du capitalisme qui ne peut survivre sans l’apport d’une quantité gigantesque de fonds publics.

En examinant bien l’évolution des 40 dernières années, on constate que les dettes n’ont cessé d’alourdir les comptes des États tandis qu’explosaient les bénéfices des grandes entreprises.  En fait, le libre marché est intrinsèquement incapable de maintenir des profits avantageux aux compagnies sans pomper des milliards aux deniers publics afin de compenser le déficit structurel existant entre offre et demande (c’est-à-dire que la totalité des biens produits ne peut être consommée par la totalité des revenus des consommateurs/travailleurs).

Ainsi donc, la crise hellénique est le premier épisode d’une tempête sociale se profilant à l’horizon. Tel qu’énoncé dans mon billet La grande rupture sociétale : capital ne rime pas avec social    : « La grande rupture sociétale entre les pouvoirs économiques transnationaux et les aspirations concrètes des populations humaines est à notre porte. ».

La résolution ou la non-résolution et les conséquences de la présente condition en Grèce se répercuteront par la suite aux autres pays occidentaux qui connaîtront sous peu la même problématique.  Le précédent sera créé et inspirera alors les autres nations.

Ce pays se dirigera-t-il vers la gauche ou la droite afin de résoudre ses problèmes?  Nul ne le sait encore.  Mais une chose demeure certaine : la Grèce, comme jadis dans l’antiquité, redeviendra un phare d’un imminent renouveau civilisationnel.

Le capitalisme est contre-nature

On entend souvent dire : le capitalisme est à l’image du comportement humain et de sa psyché.  À la base, l’Homme serait un être absolument axé sur lui-même. Seule la motivation pécuniaire peut influencer l’humain car ce dernier ne serait pas un animal altruiste.

Rien n’est plus faux.

Le fait est que l’Homme est le résultat de son environnement et de ses expériences. L’individualisme primaire qui règne dans l’Occident contemporain n’est donc pas un absolu du comportement humain.

D’autres communautés se sont construites en s’appuyant sur des valeurs contraires, comme le partage et la solidarité : citons les amérindiens et les tribus primitives de la préhistoire qui combinaient les forces de tous leurs membres afin de survivre dans un milieu hostile.

À notre époque, l’omniprésente domination culturelle des élites industrielles et commerciales qui imposent leur vision de la société aux autres citoyens est probablement la cause de cette attitude individualiste ayant maintenant entré dans tous les esprits. Le modelage des valeurs ne vient pas du bas de la structure sociale, mais bien, de nos jours, du haut. Une minorité nous force à accepter ses idées par sa propagande mercantiliste incessante dans les médias et cela à un point tel que nous les prenons pour des vérités inaltérables.

Il est aussi tout autant inapproprié de soulever la théorie que le capitalisme est perpétuel et, qu’à l’image du milieu naturel, il évolue selon les concepts de compétition et d’équilibre un peu comme un écosystème vivant avec sa balance naturelle.

Comment a-t-on le culot de proposer une pensée du genre?  Ce système économique ne cesse de polluer la biosphère, de détruire les espèces animales et d’épuiser les ressources naturelles du globe.

Et du coté humain, le capitalisme accroît les inégalités sociales et l’injustice.  Il divise l’Humanité au-lieu de la rassembler et les désirs égoïstes qu’il suscite fait ressortir ce qu’il y a de plus vil chez l’être humain.

Le capitalisme amène des valeurs qui sont aux antipodes de celles ayant permis à notre espèce de siéger au-dessus de la pyramide de la chaine alimentaire et de dominer la planète.

Il faut sortir de cet occidentocentrisme nous faissant fallacieusement croire que notre civilisation est immuable et que seuls nos paradigmes culturels, sociaux et économiques sont des valeurs universelles.

C’est justement ces croyances préconçues qui ont fait tomber toutes les civilisations avant la nôtre et nous retombons lamentablement dans le même piège.

À lire:

“Le capitalisme touche à sa fin” – Entrevue avec Immanuel Wallerstein

Le participalisme et l’après capitalisme

Des origines et de l’utilité des religions

Quelle est la source de l’éclosion d’un phénomène religieux?  La révélation divine à un messie ou un simple contexte historique favorisant son apparition?

De prime abord, l’Homme a toujours tenté d’expliquer ce qu’il ne saisissait pas des phénomènes naturels ou des grandes questions existentielles par des références surnaturelles, mythiques ou divines.  Une réaction anthropologiquement normale qui permettait et permet encore à l’Humain de combler le vide dont ce qu’il ne peut expliquer l’existence.

Par ailleurs, les religions ont toujours joué un rôle social prépondérant dans les sociétés plus primitives.  Dès les débuts de la vie en collectivité, les communautés humaines cherchaient à définir les rapports sociaux entre les individus.  Aucun État de droit n’étant présent, les groupes humains devaient édicter un code de conduite applicable à tout un chacun pour le bien commun.  Ainsi, toutes les religions possèdent un ensemble de règles morales qui ont inspiré d’une façon ou d’une autre les lois qui régissent actuellement les civilisations contemporaines.

De plus, l’avènement et l’expansion d’une religion peuvent trouver leurs origines en réaction à un environnement d’oppression ou d’indigence.

Par exemple, le christianisme est né de l’opposition au joug romain et au barbarisme de l’Empire.  À la force et la violence, les Chrétiens proposaient la compassion et la paix. Ainsi, il semble plus plausible que Jésus-Christ ait été un agitateur politique et l’un des premiers révolutionnaires de l’Histoire que l’improbable fils de Dieu affirmé par la Bible.  Tout ce qui a été écrit par la suite à son sujet n’est probablement qu’exagération et fabulation tirées de la pensée rudimentaire régnant dans les siècles subséquents.

Un autre exemple est la popularité et l’extension de l’Islam aux XXe et XXIe siècles.  Cette religion monothéiste se renforce à l’époque contemporaine et accueille progressivement un nombre croissant de fidèles, particulièrement en Afrique où la misère est grande.  Encore ici, il s’agit d’un réflexe à une situation historique et socio-économique particulière.  Devant l’extrême pauvreté, bien des populations se refugient dans la foi en un dieu protecteur dans l’espoir d’une après-vie meilleure.

Quel est l’avenir des religions?  En face des temps difficiles au niveau social, géopolitique, économique ou environnemental que nous entrevoyons par la porte embrouillée du futur, nous pouvons assister à une recrudescence de la fibre ecclésiastique, chez-nous, en Occident.  La crainte de l’avenir, la plus grande inconnue de toute, surtout à notre ère perturbée, alimente les religions et ravive la flamme croyante au risque de s’éloigner de la raison et de la logique.

Richard Martineau et les clichés à l’occidental

Comme propagandiste de droite, Martineau est difficile à battre dans sa chronique « C’est l’économie, stupide ! » de lundi dernier dans le Journal de Montréal.

Il affirme que seul l’incitatif économique peut changer l’être humain et que ce dernier n’est pas un animal altruiste. Ce chroniqueur faisait référence ici à la hausse du prix du pétrole qui oblige les consommateurs à faire des choix plus « verts » dans leurs moyens de transport.

Martineau devrait s’enrichir de quelques notions d’anthropologie avant de sortir ce cliché purement occidental.

Le fait est que l’Homme est le résultat de son environnement et de ses expériences. L’égoïsme et l’individualisme primaire qui règnent dans l’Occident contemporain ne sont pas des absolus du comportement humain.

D’autres communautés se sont construites en s’appuyant sur des valeurs contraires, comme le partage et la solidarité : citons les amérindiens et les tribus primitives de la préhistoire qui combinaient les forces de tous leurs membres afin de survivre dans un milieu hostile.

Aussi, la domination omniprésente de l’élite industrielle et commerciale qui impose sa vision de la société aux travailleurs est probablement la cause de cette attitude individualiste qui est maintenant entrée dans tous les esprits. Le modelage des valeurs ne vient pas du bas de la pyramide sociale, mais bien, de nos jours, du haut. Une minorité nous force à accepter ses idées par sa propagande incessante dans les médias (tel que Quebecor World qui est l’employeur de monsieur Martineau) et ce à un tel point que nous les prenons pour des vérités inaltérables.

De plus, comment opter pour un mode de vie plus écologique quand les producteurs ne proposent pratiquement aucune alternative de consommation?  Par ailleurs, comment acquérir des produits moins polluants et plus dispendieux lorsqu’un salarié moyen a peine à joindre les deux bouts?

Ici, Martineau fait preuve d’occidentocentrisme et d’un manque de vision globale. Ce n’est pas le « peuple » qui est responsable de la stagnation devant les problèmes environnementaux, mais bien les actionnaires des grandes entreprises et leurs sbires qui retardent les véritables changements car ceux-ci ne s’avéreraient pas rentables à court terme.

Deux mondes aux antipodes en environnement et politiques sociales

L’Occident et les pays en voie de développement sont aux antipodes. Dans le sud, la grogne fait rage. On met au pouvoir des gouvernements socialistes, c’est-à-dire de gauche (comme au Venezuela, en Bolivie, au Brésil, au Chili, et beaucoup d’autres) tandis qu’au nord les partis de droite (c’est-à-dire conservateurs ou néolibéraux) dominent en raison d’une volonté de conserver les acquis économiques et politiques de la civilisation occidentale. Le déclin démographique, l’immigration étrangère sont insécurisants, et la précarité de l’emploi déstabilise les sociétés occidentales .

Il est dommage de voir une civilisation qui a prôné le concept de liberté et de démocratie se refermer sur elle même et devenir autant protectionniste tant au plan culturel qu’économique. Il s’agit sûrement d’un signe des temps. Le même phénomène a déjà été vécu en Europe dans les années 30.

Les pays développés tentent alors de conserver leur suprématie, en mettant au pouvoir des gouvernements aux politiques nationalistes et réactionnaires, restreignant l’immigration (pensons à Bush aux États-Unis ou à Sarkozy en France) et limitant les ristournes aux classes sociales populaires les plus pauvres au profit des élites économiques. De plus, ces dirigeants négligent l’écologie et donnent carte blanche aux entreprises en matière de protection de l’environnement.

On favorise au contraire la consommation excessive, afin de permettre un taux de croissance de l’économie qui bénéficie seulement aux grandes entreprises, et hypothèque l’environnement au détriment des générations futures. On croit que la croissance est illimitée, et constitue la réponse à tous les maux de la société. Mais la croissance éternelle est une impossibilité car les ressources de la terre ne sont pas illimitées.

En donnant libre cours au jeu du commerce et du libre marché, on accentue les inégalités sociales et la pollution de l’environnement, comme l’ont compris les pays du sud. C’est pour cette raison que ces pays ont élu des partis progressistes, visant une meilleure redistribution de la richesse et un respect du milieu de vie de ses habitants. La vie en société nécessite un équilibre entre développement économique, sauvegarde de l’environnement et équité entre tous les membres de la communauté.

Même en Occident, il faut s’attendre à ce genre de revirement dans l’avenir. Ce n’est qu’une question de temps avant que les populations constatent l’état déplorable de l’économie, de l’environnement ainsi que du système social. Elles devront alors accepter des politiques sociales et environnementales plus responsables.