Un chef à l’image de l’ADQ

Enfin.  L’Action Démocratique du Québec a un chef à la juste mesure de son idéologie politique.

Il était un peu anachronique d’avoir un jeune dans la trentaine à la tête d’une formation politique aussi rétrograde et même réactionnaire à certains égards.  Mais c’était là la beauté de la chose :  mettre en avant de la scène un petit jeune « premier de classe » pour faire avancer les lubies vétustes d’un parti fondé et dirigé à ses tous débuts par une relique du passé (Jean Allaire, né en 1930).

Bref, on essayait de draper le programme carrément conservateur du parti sous un emballage de nouveauté afin de séduire ainsi que duper un électorat peu conscientisé politiquement.

En fait, un tel parti politique aurait été beaucoup plus cohérent avec un dirigeant dont l’âge réflétait les notions arriérées de l’ADQ.  Maintenant, c’est chose faite avec Gilles Taillon.

Désormais, la voix principale de l’ADQ est au diapason de sa plate-forme électorale et les électeurs peuvent enfin voir le vrai visage de ce parti avec son nouveau chef âgé de 64 ans, issu du patronat et imprégné des idées d’une autre époque.

On est loin du sympathique Dumont, fier représentant de la jeunesse et soi-disant porteur d’idées « novatrices », qui faisait écran aux véritables promoteurs et objectifs du parti.

Mario Dumont succédera-t-il à Jean Charest?

On se doute bien que Jean Charest quittera la politique après la terminaison de son présent mandat. 

Le chef des libéraux québécois tirera sûrement sa révérence après trois mandats consécutifs au pouvoir qui constituent déjà un exploit dans l’histoire politique récente du Québec.

 

Alors, qui lui succédera à la tête du Parti Libéral du Québec dans 4 ans? 

 

Claude Béchard est sûrement le nom qui vous vient à l’esprit.  Un politicien jeune, diplômé en sciences politiques et en administration publique.  Un possible dauphin, certes.

 

Mais, celui qui possède le plus d’expérience en tant que chef et le plus de popularité est sans aucun doute l’ancien leader de l’Action Démocratique du Québec. 

Après tout, Mario Dumont a fait ses premières armes au PLQ en tant que président de la commission jeunesse libérale et son retour au bercail plaira probablement grandement à la nouvelle génération des libéraux qui épouse son idéologie de déréglementation teintée d’anti-syndicalisme, comme le témoignait le dernier congrès des jeunes libéraux.

 

Plusieurs anciens sondages ont démontré que le personnage Dumont était apprécié dans la population pour son verbe et son charisme, mais on lui reprochait son jeune âge et son inexpérience du pouvoir.  Il n’a pas réussi à accéder au titre de premier ministre pour ces raisons. Mais cela pourrait changer avec le temps qui s’écoule et la maturité qu’il acquerra dans les prochaines années.

L’ADQ est moribonde

Une nouvelle inopinée est venue marquer la soirée électorale de ces élections provinciales de 2008. 

 

Mario Dumont, l’inimitable chef de l’Action Démocratique du Québec, quitte la tête de son parti!

 

Avec l’élection du premier député de Québec Solidaire et ce départ annoncé, on peut dire que cette campagne électorale a été malgré tout riche en rebondissements .

 

Mais, maintenant, quel est l’avenir pour l’ADQ?

 

Cette formation politique devient orpheline en perdant son père fondateur ainsi que deux de ses piliers importants lors de ces élections, c’est-à-dire Gilles Taillon et le jeune politicien vedette Sébastien Proulx. 

 

De plus, l’ADQ sort du rang des partis officiels reconnus à l’Assemblée nationale.  Une bien mauvaise nouvelle pour ses partisans car dès lors les adéquistes se voient dépouiller de fonds monétaires et d’une logistique essentiels à leur existence.

 

Ceci dit, si quelqu’un doit être heureux de cette tournure des événements, c’est bien Stephen Harper.  Comme je le citais dans un billet précédent datant de juin 2008 (Mario Dumont digne remplaçant de Maxime Bernier? ), le Parti Conservateur du Canada a besoin d’une bonne tête d’affiche au Québec.

 

Mario Dumont se profile alors comme le meilleur candidat à cette fonction après la disgrâce du gaffeur Maxime Bernier. Il dit qu’il quitte pour s’occuper de sa famille.  Ce qui est sûrement partiellement véridique.  Mais je me demande s’il ne se prépare pas à être recruté par les conservateurs à Ottawa…

Mario Dumont: le Barack Obama du Québec?!

Le chef de l’ADQ nous a depuis toujours habitués à un discours incohérent et à un opportunisme politique de bas niveau.

En ce début de campagne électorale provinciale, ses premières déclarations démontrent qu’il utilise encore les mêmes stratégies boiteuses.

Il appelle au changement, à l’image du résultat des récentes élections américaines, un changement que bien sur lui seul représente au Québec.

On aura tout entendu. Au niveau de la récupération politique, Dumont vient de battre son propre record.

Oser se comparer ainsi à Barack Obama qui prône un interventionnisme accru de la part de l’État dans la sphère économique ainsi qu’une meilleure justice sociale pendant que le programme politique de l’ADQ a toujours suggéré une orientation inverse frise l’indécence.

Et comme si cela n’était pas suffisant, il s’est référé à Jean Lesage dans un discours au lac à l’Épaule dans la réserve faunique des Laurentides, lieu où les premières prémisses de la révolution tranquille ont été établies. Il a suggéré de balancer les acquis sociaux de la révolution tranquille qui ne fonctionneraient plus selon lui afin de « moderniser » le Québec, c’est-à-dire privatiser le plus possible les services publics (comme Hydro-Québec, la santé, l’éducation…).  Jean Lesage a fait un bon travail dans le passé. Alors faisons le contraire et appelons cela du progrès pour la société québécoise!

Incohérence et démagogie. Au moins, Dumont reste égal à lui-même. Il s’obstine à demeurer sur ses positions de droite tout en essayant de profiter insidieusement d’un changement politique vers la gauche aux États-Unis.  De plus, le décalage total de l’idéologie adéquiste avec le mouvement politique mondial de régulation et d’interventionnisme dans l’économie éclate encore plus au grand jour avec la crise financière planétaire.

D’accord pour du changement. Mais ne changeons pas pour n’importe quoi et surtout pas pour un retour en arrière aux années 50!

Mario Dumont, Montréal-Nord et l’éducation

Le sans-pareil chef de l’Action Démocratique du Québec utilise les événements de Montréal-Nord afin de discréditer le système d’éducation public du Québec. Une récupération politique crasseuse dont lui seul à la recette.

À son avis, cela confirme la faillite du régime d’éducation et l’on devrait, bien sûr, se tourner vers le merveilleux modèle américain qui s’approche, selon lui, de la perfection.

Néanmoins, les données du « Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) » démontrent que le Québec s’en tire très bien sur le plan éducatif. Les résultats scolaires des jeunes québécois en mathématique surpassent ceux des autres provinces canadiennes et se classent au 5e rang mondial derrière Taïwan, Hong-Kong, la Corée et la Finlande. En lecture et en sciences, le Québec se situerait aussi au 4e rang international.

Alors monsieur Dumont devrait se tourner sept fois la langue dans la bouche avant de parler de faillite de l’éducation au Québec et d’exploiter indument tout ce qui se passe dans l’actualité afin de convaincre les électeurs de la pertinence de son programme néolibéral.

En somme, il propose tout bêtement de régler les problèmes ethno-sociaux de Montréal-Nord en misant sur l’éducation lorsque la véritable cause des maux qui affligent cette localité n’est pas le manque d’instruction, mais bien le chômage chronique. En fait, à Montréal-nord, le taux de chômage s’établit à 12%  tandis qu’il est de 7,4% dans l’ensemble de la population québécoise.

Certains diront que Montréal-Nord comporte un pourcentage élevé de décrocheurs et ils ont raison. Mais ce n’est pas l’origine de la problématique, mais simplement la conséquence. On ne résout pas un problème en s’attardant aux résultats en aval, mais en s’attaquant à la source en amont : une famille dont les parents sont victimes de chômage et de pauvreté n’offre pas un milieu propice à la réussite scolaire des enfants. Bref, la pauvreté engendre la pauvreté.

Aussi, comme tout bon défenseur des idées de droite, Dumont entend instaurer une discipline accrue dans les institutions d’enseignement et créer des groupes policiers d’intervention spéciale pour lutter contre les gangs de rue. Pourtant, l’expérience tend à prouver que la répression ne résout pas la criminalité, mais la catalyse encore plus en suscitant la révolte et en brisant des familles par les incarcérations subséquentes. La véritable voie est l’intégration par l’emploi mais monsieur Dumont n’est pas capable de comprendre ce concept.

Le chef de l’ADQ aborde ce dossier dans une logique inverse sans tenir compte de l’ensemble du tableau socio-économique de Montréal-Nord. Il place sur l’avant-scène des solutions faciles tout en évitant des questionnements profonds sur une société basée sur les inégalités économiques et les valeurs individualistes.

Mario Dumont digne remplaçant de Maxime Bernier?

On le sait, l’ADQ chute dans les sondages, même dans la région de Québec, pourtant un récent bastion de la formation de droite.  On ne jurait là-bas, il n’y a pas si longtemps, que par Mario et sa formation politique.

La débâcle est évidente. L’Action démocratique du Québec, selon les électeurs, n’a pas livré la marchandise.  Son équipe peu expérimentée a dévoilé son rôle déficient en tant qu’opposition officielle à l’Assemblée Nationale. 

Ce parti n’attire pas de candidats de qualité et le chef essaie, comme toujours, de mousser sa popularité par des déclarations à l’emporte-pièce teintées d’un opportunisme affligeant. 

Le rêve de Mario Dumont de devenir premier ministre du Québec parait de plus en plus éloigner.

Alors,  ne serait-il pas tenté de traverser de l’autre coté de la clôture advenant un recul de la députation adéquiste lors des prochaines élections provinciales?

Après tout, le Parti Conservateur du Canada et l’ADQ ont plusieurs atomes crochus avec leurs penchants néolibéraux en économie et leurs tendances réactionnaires en justice ainsi qu’envers tout ce qui est étranger à la préservation de la culture « blanche » (québécoise ou canadienne).

Stephen Harper a plus que jamais besoin d’un lieutenant fort au Québec après l’affaire Maxime Bernier-Julie Couillard, et ce rôle semble totalement être conçu pour l’actuel chef de l’ADQ. 

Un petit gars de Rivière-du-loup, québécois de souche, et en plus pas trop réfractaire au maintient du Québec dans le Canada avec son idéologie autonomiste et conservatrice inspirée du duplessisme est exactement ce que Harper recherche. De plus, les deux comparses se sont montrés en public en décembre 2007 afin de consolider leurs affinités.
 
Ainsi, au lieu de devenir possiblement le premier titulaire de l’exécutif du gouvernement du Québec, Mario Dumont pourrait espérer occuper un poste de ministre important au fédéral et qui sait, un jour, devenir premier ministre d’un pays et non seulement d’une province. 

En plein ce qui comblerait un politicien opportuniste assoiffé de pouvoir!

Les verts devancent l’ADQ dans Bourget et Hull

Le Parti Vert du Québec n’a pas remporté la victoire qu’il espérait tant dans les récentes élections partielles. Cependant, dans les circonscriptions de Bourget et de Hull, ses candidats ont tout de même dépassé dans les suffrages les poulains de l’Action Démocratique du Québec.

Un prix de consolation pour le parti écologiste, mais, surtout, une défaite humiliante pour le parti de l’opposition officielle qui a mordu la poussière et perdu le terrain qu’il avait gagné dans ces circonscriptions lors des dernières élections générales.

Que dire? Nous pouvons affirmer que les idées cohérentes l’emportent sur la basse démagogie.

L’ADQ n’est qu’une mode, un éternel parti marginal et inconsistant qui vire parfois à 180 degrés quand ça lui chante et attaque de tous bords tous côtés afin de mousser sa popularité.

Les élections de 2007 n’étaient qu’un accident de passage, un vote de protestation ponctuelle, qui ne traduisent en rien la volonté des québécois d’opter pour les principes réactionnaires et ambigus de Mario Dumont qui domine son parti sans partage.

La droite conservatrice se dévoile au grand jour

Tant au provincial qu’au fédéral, les conservateurs (Parti Conservateur et ADQ) sont de plus en plus ternis par des événements et des déclarations qui dévoilent enfin leur véritable aspect à l’électorat. 

Au Québec, l’Action Démocratique du Québec dirigée par Mario Dumont est contestée par certains de ses propres membres qui désapprouvent la culture élitiste et absolutiste qui règne dans ce parti.  On se souviendra des récriminations récentes au sujet de l’attitude cavalière et irrespectueuse du numéro deux du parti, Gilles Taillon, envers des bénévoles de sa circonscription et, en août 2007, de la sortie contre Mario Dumont du président de la commission politique du PLQ, Christian Ouellet, un ancien ami, qu’il qualifiait de personnage « dictatorial. »

Cette semaine, c’etait au tour de l’ex-vice-présidente de l’ADQ, Sylvie Tremblay, de quitter le navire en dénonçant encore une fois les méthodes autocratiques de l’establishment du parti et l’intimidation dont elle aurait été victime.  Elle déclare après avoir fait parvenir un courriel au chef qui n’y a d’ailleurs jamais répondu : « «À partir de ce point, mon estime pour monsieur Dumont en a pris un coup, lui qui se prétendait transparent. Si le comité exécutif national était contrôlé, que les élections n’étaient qu’un show, il aurait fallu qu’ils m’en avisent avant que je fasse campagne.».  Et elle en remet : « «J’espère que l’ADQ n’entrera pas au pouvoir aux prochaines élections, car ce parti, que je connais un peu mieux maintenant et qui n’est pas du tout ce qu’il prétend être, me fait peur, concernant les droits des femmes et concernant son manque de démocratie. Le gouvernement serait sûrement dirigé de la même manière s’il prenait le pouvoir.»

De plus, comme si ce n’était pas assez, Mario Dumont a suggéré durant la même semaine de sortir les matraques contre les actions perturbatrices des foules un peu trop allumées, tel que ce fut le cas après la victoire des Canadiens de Montréal contre les Bruins de Boston.  On se plaignait déjà de l’image négative à travers le monde des débordements qui ont eu lieu.  Alors, imaginez si les forces de l’ordre avaient frappé dans le tas et envenimé encore plus les choses!  Cela aurait fait une bien plus belle réputation à Montréal et au Québec.

Ceci met encore plus en évidence les penchants dictatoriaux de Mario La Matraque.  On peut alors imaginer, un jour, s’il devient premier ministre, qu’il n’hésiterait pas à réprimer les manifestants opposés à ses politiques afin de maintenir l’ordre (en fait, son ordre à lui et de ses petits amis richissimes). Comme à Montebello, on pourrait infiltrer quelques agitateurs de la SQ dans le groupe de manifestants qui briseraient quelques vitrines et le tour serait joué!  Le prétexte serait ainsi trouvé et l’on sonnerait la charge en réprimant durement les protestataires.

À Ottawa, le Parti Conservateur est aussi en eaux troubles.  Les fraudes électorales concernant les dépenses lors du dernier scrutin général qui ont mené à des accusations formelles d’Élections Canada contre ce parti rentrent en contradiction flagrante avec les prétentions d’intégrité et de transparence de ce gouvernement.  Somme toute, les preuves semblent solides. En fait, les conservateurs ont triché lors des dernières élections et certains remettent même en cause la validité des résultats et la légitimité de cette législature. 

Il y a aussi l’affaire Chuck Cadman qui met en lumière les stratégies de coulisses et les tactiques de bas étages des conservateurs afin d’atteindre leurs objectifs.  Pour eux, la fin justifie les moyens.

Également, il ne faudrait pas être surpris par d’autres révélations scandaleuses.  Corrompu un jour, corrompu toujours.  Le parti conservateur peut bien changer d’image en se proclamant plus blanc que blanc, mettre quelques nouveaux visages sur le devant de la scène, il demeurera toujours une formation de notables et de gens puissants qui tirent les ficelles dans l’ombre.  

Par ailleurs, on connaît le contrôle total qu’impose Stephen Harper sur son parti.  Les députés ne peuvent généralement s’exprimer librement sur la place publique et certains médias amicaux sont favorisés au détriment de ceux un peu trop critique envers le gouvernement (on a pu le voir cette semaine avec l’exclusion de Radio-Canada des conférences de presse du PC suite aux démêlées avec Élections Canada). 

Action Démocratique du Québec ou Parti Conservateur du Canada, du pareil au même.  Les deux formations politiques usent des mêmes modus operandi autant à l’intérieur qu’à l’extérieur de leurs partis.  Intégrité? Transparence? Que des valeurs dénuées de sens pour la droite conservatrice servant à épater la galerie et piéger les électeurs naïfs.

Véritablement, ces partis politiques jumeaux se moquent de la démocratie et espèrent, une fois au pouvoir, instaurer par tous les subterfuges possibles une ploutocratie à l’avantage des mieux nantis matraquant les opposants au régime à l’image du fonctionnement interne de leurs organisations. 

Le salaire contestable de Mario Dumont

Le chef de l’Action Démocratique du Québec a le beau jeu.  Étant le président de « ADQ Inc. », il s’est octroyé lui-même une allocation de 50 000$ par année dans les coffres du parti sans consultation ou débat sur le sujet.

Antérieurement, il a affirmé que cette décision de rétribution fut entérinée par le comité exécutif de son parti, mais il ait revenu sur cette déclaration par la suite. En fait, il se comporte en véritable PDG d’entreprise se votant autocratiquement un salaire dont lui-même était le seul juge. 

Il faut aussi noter qu’une proportion du financement public de ce parti étant calculée au prorata des votes (l’État donne des sous aux partis officiels), cela reviendrait à dire qu’une partie de nos impôts aurait servi à payer ce salaire partisan du chef adéquiste. 

Pour un personnage politique anti-syndicaliste, on doit dire que Dumont ne manque pas de culot.  Il ne faut rien comprendre à l’économie du travail ou en relations industrielles pour réclamer une diminution des salaires des employés de l’État tout en s’attribuant plus que le salaire moyen en tant que chef de parti de l’opposition en puisant dans les subventions gouvernementales dédiées aux partis politiques officiels.

Cela nous rappelle que l’ADQ n’est pas un parti de masse, mais un parti d’un seul homme.

Des parasites les fonctionnaires? Avec ce salaire que s’est permis le chef de l’ADQ partiellement aux frais des payeurs d’impôts,  monsieur Dumont devrait se regarder lui-même dans le miroir…

Les dérives réactionnaires de Mario Dumont

Cette semaine, le chef de l’ADQ a émis deux déclarations qui laissent perplexes et démontrent les penchants réactionnaires de son parti. 

La première : il s’oppose à la volonté du gouvernement libéral de ne pas multiplier les effectifs de répression policière qu’il aurait pu faire à l’aide d’un transfert fédéral à cet effet vers le Québec de 93$ millions sur cinq ans.  Le ministre Jacques Dupuis étudie le dossier et affirme que l’administration libérale utilisera ce montant comme bon elle lui semble.

Plusieurs portefeuilles de l’État, comme la santé ou l’éducation, sont en manques chroniques de financement et le fait d’augmenter les forces policières serait malvenu dans un contexte de sous-investissement de ces secteurs sociaux.

Mais que cela ne tienne, l’ADQ tient mordicus à augmenter le nombre d’agents de la paix tout en promettant, si elle obtient le pouvoir, de sabrer dans les budgets ainsi que de privatiser les services et les organismes publics tout en s’attaquant au monde syndical.  Cela traduit aussi un illogisme de son programme politique: pendant qu’on désire réduire la taille et l’interventionnisme du gouvernement, on suggère une police étatique plus imposante!  Finalement, on aggravera les inégalités sociales, la pauvreté et la criminalité que l’ADQ réprimera avec une force de l’ordre accrue afin de protéger les intérêts de ses contributeurs, c’est-à-dire les supers riches, dénigrant tout ce qui est progressiste.   En fait, une nouvelle ère Duplessiste avec ses répressions sanglantes contre les mouvements ouvriers et sociaux.

La deuxième déclaration : Dumont a préconisé un gel de l’immigration devant le rapport de l’Office québécois de la langue française (OQLF) prédisant une future diminution du fait français, particulièrement à Montréal, si le Québec continue à accueillir 55 000 immigrants par année.  Pourtant, Statistique Canada a affirmé que la place du français dans l’ensemble de la province a demeuré stable entre 2001 et 2006. 

Certes, il faut agir afin de permettre l’augmentation de l’utilisation du français dans la société québécoise, mais ce n’est pas en se refermant sur lui-même que le Québec fera des avancées positives sur le plan démographique (à balance négative), à moins de revenir à l’époque auto-procréative de Duplessis.  Il y a d’autres solutions : comme l’investissement d’argent supplémentaire pour l’intégration des immigrants et la mise en place d’avantages fiscaux incitatifs aux francophones de part le monde désirant immigrer chez-nous.

L’ADQ monte en épouvantail les craintes du subconscient collectif québécois de perdre du terrain devant les « étrangers ».  On joue sur les peurs primitives et on dénigre les autres cultures en espérant recueillir un jour assez de voix pour obtenir le pouvoir.  De plus, ce parti vise au démantèlement quasi-total de l’État et par ricochet de la justice sociale.  Davantage de privé, davantage de profits pour les entreprises, davantage de richesses pour les nantis tandis que l’ordre social vacillant sera maintenu avec un appareil de répression rehaussé tenant fermer le couvercle de la marmite des injustices sociales exacerbées.

Voilà, en somme, la vision réactionnaire à l’inspiration duplessiste de l’Action Démocratique du Québec.