La mécanique libertarienne

Un mécanicien libertarien fait face à des problèmes de moteur.

Il dit à son client :  »  vous savez, la source du mal vient des pièces du véhicule.  Il y en a trop . »

Le client acquiesce en se disant qu’il doit connaître son affaire.

Alors, le mécano procède, éliminant ce qu’il considère comme inutile et, après son ouvrage, remet les clefs de l’automobile à son propriétaire.

« Voilà! Pourquoi faire compliquer quand on peut faire simple? », clame-t-il.

Le jour suivant, le client revient.  Il soutient que sa voiture est moins fonctionnelle qu’avant et fait un boucan d’enfer.

« Je vois.  Je connais la solution » affirme le mécanicien.  Ce dernier reprit la voiture devant un client exaspéré.

Et il appliqua sa solution.  Il enleva encore plus de boulons et amputa le moteur de plus de ses composantes,  tout fier de son accomplissement.

Le surlendemain, l’automobiliste reprit sa voiture en espérant que tout était en ordre.

Cette même journée, il eut un grave accident et se ramassa à l’hôpital pour plusieurs jours.

Colérique, le client téléphona à son mécanicien en lui lançant des bêtises.  Celui-là répondit : « Bien là. Ce n’est pas de ma faute si vous ne savez pas conduire . »

Wisconsin : la dictature de la liberté

Les événements du Wisconsin initiés par le programme d’austérité du jeune gouverneur républicain Scott Kevin Walker, en poste depuis seulement deux mois, constituent le premier jalon de la politique libertarienne du Tea Party.  Au grand plaisir des partisans du mouvement ultraconservateur, l’accession au pouvoir de l’un des leurs est une victoire inespérée et propulsera encore plus en avant leur dogmatisme ainsi que leur arrogance.

Ainsi donc, les diaboliques syndicats, ayant pris le contrôle de l’appareil de cet État du Middle West américain, sont mis en échec, malgré les protestations populaires réunissant, à plus d’une reprise, des centaines de milliers de personnes devant le Capitole du Wisconsin.  Pourtant, les syndicats ont déjà été passablement affaiblis depuis les trente dernières années et les leaders syndicaux du Wisconsin avaient déjà ouvert la porte à des compromis afin d’alléger le déficit de l’État. 

Mais que cela ne tienne.  Comme un éléphant entrant dans une boutique de porcelaine, on saccage tous les droits sociaux les plus élémentaires en usant de stratagèmes antidémocratiques frisant le despotisme. Cela donne aussi le ton que pourront employer les entreprises privées dans leurs pourparlers avec leurs salariés syndiqués.

Non seulement les républicains du Wisconsin ont empêché à des élus d’entrer dans la Chambre lors de l’adoption du contesté projet de loi, ils ont aussi fait fi des règles parlementaires au Sénat en contournant le quorum de l’assemblée par une entourloupette procédurale – 14 sénateurs démocrates ayant refusé de siéger à cette occasion.  On voit clairement ici que la démocratie passe bien loin derrière les velléités idéologiques des ultraconservateurs qui affichent donc comment ils régleront le cas de ceux qui osent s’opposer à leurs politiques.

Par ailleurs, toutes ces manœuvres autocratiques vont à contre sens de la pierre angulaire de l’idéologie des républicains du Tea Party : la liberté.  Ainsi donc, en bafouant le processus de négociation syndicale-patronale, ils contreviennent à la liberté d’association, un droit reconnu internationalement, ne laissant primer que les libertés individuelles afin de diviser pour mieux régner.  En reléguant l’individu comme seule entité morale capable de revendiquer la plénitude de ses droits, il le confine dans un coin en étant l’unique responsable de ses déboires ou de ses succès. 

La situation aurait été probablement moins explosive si le gouverneur Scott Walker avait réparti l’ensemble des coupures à une communauté plus large.  Ce qui n’a pas été le cas.  Un autre pan de son programme fut d’allégé les impôts sur les hauts revenus et d’abaisser la taxation aux entreprises –  la belle vieille rhétorique des républicains depuis les années Reagan stipulant que seuls les nantis peuvent créer de la richesse.  Une croyance qui a pourtant mené les États-Unis dans un criant état d’inégalité des revenus ayant généré la crise économique de grande ampleur qui perdure depuis 2008 par un taux d’endettement record.  De la pure pensée magique.  On préfère détrousser la classe moyenne pour satisfaire les envies des riches. 

La vague libertarienne commence à déferler sur une Amérique en désarroi économique. L’Ohio est la prochaine en liste. Elle visera à recroqueviller l’État sur lui-même, en sabrant dans les services et la fonction publique avec, comme effet, de laisser les individus seuls avec eux-mêmes et dépourvus de réseaux de protection sociale.  Autre conséquence : ces coupes sauvages auront tendance à faire vaciller la timide reprise économique car bien des personnes, dont les employés de l’État, perdront en pouvoir d’achat pour s’assurer des avantages sociaux de base (santé, assurance, pension) que le gouvernement ne leur fournira plus.

Trop de liberté, c’est comme pas assez.  En vérité, la liberté, sans l’égalité la soutenant, ne mène qu’à la dictature idiote de la liberté…

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication :  173 (universitaire)

Maxime Bernier et son « Quebec Bashing »

Maxime Bernier n’en rate pas une pour mousser sa popularité dans l’autre solitude. Maintenant, il fait du « Quebec Bashing » son cheval de bataille.

Il parcourt le Canada en dénigrant le Québec et en trainant dans la boue le modèle social-démocrate construit par nos ainés qui a permis à tous les québécois de jouir d’une qualité de vie exceptionnelle et à son père, un entrepreneur  homme d’affaires, de prospérer dans un milieu propice.

Il est le premier à avoir profité de ce Québec qu’il déteste tant et n’hésite pas à cracher sur celui-ci comme le ferait un enfant ingrat de la chance qu’il a eu.

Le Québec, selon lui, est dépendant du Canada et agit comme un assisté social en quémandant toujours plus d’argent à Ottawa.  La belle province croule sous la pauvreté la plus abjecte selon ses dires et se doit de tout privatiser afin de créer de la richesse (ce qui est en soit une antinomie).

Le député de Beauce devrait relire ses livres d’Histoire.  Il constaterait que jadis le Bas-Canada, l’ancêtre de la province de Québec, a été unie avec le Haut-Canada (c’est-à-dire l’Ontario) en absorbant sa dette colossale de 1 200 000 de livres sterling (soit 6 millions de dollars de 1840).  Ainsi, à l’époque, le Canada anglais agissait véritablement en assisté social envers le Canada français et monsieur Bernier oblitère ce fait historique avec ses déclarations caractérisées par des absurdités sans queue ni tête.

Et contemporainement, la situation ne semble pas avoir beaucoup changé.

L’Ontario a toujours reçu plus de subsides du gouvernement fédéral, notamment pour son industrie automobile et plus récemment pour son secteur aéronautique même si le Québec est à la fine pointe de la technologie dans ce domaine!  Peut-être que le Québec serait plus riche au goût de monsieur Bernier si le fédéral avait daigné subventionner son économie au même niveau que celle de l’Ontario!

De plus, le Québec est loin d’être la province la plus misérable dans la confédération canadienne.

En fait, le produit intérieur brut du Québec se situe au deuxième rang dans le classement des provinces canadiennes et ce depuis plusieurs décennies.  Par ailleurs, la rémunération hebdomadaire moyenne du québécois se positionne à la troisième place après l’ontarien et l’habitant de la Colombie-Britannique.  Pauvre le Québec? À d’autres!

En sujet de la soi-disante généreuse péréquation que reçoit le Québec d’Ottawa, qui se veut le principal argument de la diatribe du député Bernier contre sa province natale, on se doit de mettre les choses en perspective en précisant les montants reçus en rapport au nombre d’habitants.

Parmi les 5 provinces recevant de la péréquation (à l’exception de la nouvelle venue,  l’Ontario), le Québec se voit attribuer la plus petite portion d’aide fédérale en relation avec son poids démographique.

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Tableau des versements fédéraux de péréquation par rapport à la population en 2010

Île-du-Prince-Édouard             2 340$ par habitant

Nouveau-Brunswick                2 109$

Manitoba                                 1 309$

Nouvelle-Écosse                     1 183$

Québec                                   1 085$

Sources: Cyberpresse, Statistique Canada 

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À la lumière de ces statistiques, les dénigreurs du Québec, tel que Maxime Bernier, devraient modérer leurs propos.

Si l’on suit la logique de Bernier dans son élan de désengagement de l’État et de délestage des mécanismes de redistribution de la richesse, les véritables perdants ne seront pas les Québécois, mais surtout ces 4 provinces canadiennes beaucoup plus faibles économiquement et dépourvues de ressources abondantes.

Maxime Bernier espère susciter une effervescence de sa popularité dans le Canada par un plaidoyer inégalitaire dépourvu de sens social.  Ses idées vont à l’encontre des valeurs sociales du Québec et du reste du Canada sur lesquelles s’est bâti ce pays.

S’il espère, par cette manœuvre, bonifier sa carrière politique, il se trompe.

En se mettant à dos la moitié des provinces canadiennes qui comptent sur le support financier du fédéral, il ne fait que se discréditer davantage et miner son possible retour dans le cabinet ministériel.