Les conservateurs s’attaquent encore aux changements climatiques

Le Devoir dévoilait mercredi dernier qu’Ottawa allait couper les vivres  à la Fondation canadienne pour les sciences du climat et de l’atmosphère.

En effet, cet organisme s’attardant à la recherche sur les changements climatiques ne recevra plus de financement fédéral et les scientifiques qui y sont rattachés perdront leurs rémunérations habituelles.

Fidèle à leurs habitudes, les conservateurs en ont passé une petite vite en pleine vacances de la construction afin d’éviter la médiatisation de cette décision et tout débat public.

On le sait, le gouvernement conservateur, très lié d’amitié avec les pétrolières, ne croit pas au réchauffement climatique ainsi qu’à l’implication humaine dans l’accentuation du phénomène.  En 2002, Stephen Harper lui-même, parlait à la Chambre des communes de « complot socialiste » à propos du protocole de Kyoto.

Ainsi, afin de couper l’herbe sous le pied aux écologistes et aux études attestant de la réalité du réchauffement climatique, l’administration conservatrice procède à un délestage du support monétaire fédéral en ce domaine.  Cette tactique est aisément plus pratique que de confronter les données et susciter un véritable dialogue sur ce sujet « chaud » pendant que l’industrie pétrolière en Alberta génère en énorme quantité des gaz à effet de serre dans la transformation des sables bitumineux.

Le plus incohérent dans toute cette histoire est que près de 200 scientifiques canadiens risquent de se retrouver sans emploi en temps de crise économique et pourraient fuir le pays vers des cieux plus cléments.

Le ministre de la Défense, Peter Mackay, n’a pas hésité à accorder, le 8 juillet dernier, 5 milliard$ au secteur de la défense malgré les prévisions d’un déficit budgétaire accumulé de 172 milliard$ sur cinq ans et le cabinet conservateur se permet d’éliminer ces misérables petits subsides de 10 millions de dollars dans les recherches sur le climat!!!

En fait,  les contraintes budgétaires ne sont évidemment pas les réels motifs de cette coupure, mais bien les prétentions idéologiques.

Les contre-vérités environnementales de Nathalie Elgrably

La dernière chronique de Nathalie Elgrably dans le Journal de Montréal intitulée «  Choisir ses batailles » dévoile encore son parti pris pour le sacro-saint monde des affaires et son animosité envers les véritables causes du réchauffement planétaire.

Maintenant, elle tente de soutenir la position environnementale de Stephen Harper qui a été tant décriée par l’Union européenne et les groupes écologistes. Pourtant, cette semaine, le G8 a réitéré la prédominance des gaz à effet de serre dans la hausse générale des températures. Mais que cela ne tienne : madame Elgrably s’efforce de miner la crédibilité du consensus scientifique qui existe en ce domaine.

Nathalie Elgrably cite l’Oregon Petition qui contiendrait 32 000 signatures de scientifiques opposés à l’idée que les GES sont les principaux moteurs du réchauffement mondial.  Un nombre de signatures imposant, certes, mais elle évite de préciser que seulement 2600 de ces signataires sont des chercheurs en sciences physiques (climatologie, océanographie, science de l’environnement, etc.). 

En fait, la vaste majorité de ces 32 000 personnes a étudié dans des champs de connaissance n’ayant aucun lien avec l’écologie.  Est-ce parce qu’on se prétend « homme de science » que notre opinion est valable dans tous les domaines scientifiques?  Un astronome est-il expert en biologie?

De plus, tous les signataires de cette pétition sont américains et donc ne peuvent prétendre représenter l’opinion scientifique mondiale.  Aussi, provenant d’un pays qui doute de la théorie de l’évolution, qui dépend des carburants fossiles et se veut le premier consommateur de pétrole, on est en droit de douter de la validité de cette pétition.      

Dans sa basse récrimination, cette employée de l’Institut Économique de Montréal (IEDM) se demande pourquoi les médias ne diffusent pas la nouvelle de cette pétition à contre-courant.  Peut-être que la raison réside dans le fait que les journalistes savent faire la part des choses et distinguer la puérile propagande aux véridiques constats scientifiques.
 
L’accord mutuel de mai 2007 de la part de 2500 scientifiques émanant de plus de 130 pays qui ont été réunis précisément pour évaluer l’état du climat de la planète n’a-t-il aucun poids?  Ce consensus scientifique a été établi à partir d’un groupe de gens « connaissants leur affaire » et non pas par un ensemble hétéroclite d’individus originaires d’un seul pays avec des compétences variées.

Encore une fois par cette nouvelle chronique, cette économiste néolibérale prouve davantage que sa subjectivité n’a d’égal que son manque de rigueur.

 Voir aussi: L’inconsistance de Nathalie Elgrably, La petite démagogue

 

Kyoto est mal parti


Depuis son adoption en 1997, on avait espéré que les émissions de CO2 dans l’atmosphère diminueraient en proportion remarquée. Le protocole prévoyait la réduction de 5,2% du niveau de dioxyde de carbone constaté en 1990 d’ici 2012. Un objectif audacieux, mais que plusieurs scientifiques ont qualifié comme étant l’effort minimum à effectuer afin d’éviter plus de bouleversements planétaires. Des décennies de négligence en étant la cause.

Selon le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat, au lieu de diminuer, les rejets de carbone ont augmenté de façon significative. De 2000 à 2004, le taux de hausse a été de 3,1% par année, comparativement à 1,1% annuellement dans la décennie 90.

Les pays en développement, comme la Chine ou l’Inde ont une part de responsabilité en conséquence de leurs croissances rapides, mais l’on remarque aussi que les pays industrialisés ont augmenté leurs émissions en raison de l’augmentation des activités de transport.

En fait, 77% de tout le dioxyde de carbone émit depuis le début de la révolution industrielle proviennent des pays développés qui comptent pour seulement 20% de la population mondiale.

On note aussi que les pays en développement rejettent 41% des 27 millions de tonnes mondiales de C02 (en 2004) mais qu’ils sont à l’origine de 73% des nouvelles émissions.

Et la tendance devrait se poursuivre : on projette une augmentation de 57% de la demande énergétique mondiale d’ici 2030. La Chine a déjà connu un boom de plus de 100% de ses gaz CO2 de 1992 à 2004. Elle devrait tripler ses émissions dans les deux prochaines décennies.

Encore une fois, l’humanité a raté le train. On fait prévaloir le développement et la sainte « croissance » au détriment de la qualité de vie des générations futures. L’alarme a depuis longtemps sonné, mais les dirigeants à travers le globe ne l’entendent pas, trop soucieux de conserver ou de profiter des avantages de la société industrielle.

Un gouvernement Harper hors-la-loi


Pourquoi cela ne surprend-t-il personne? Malgré l’adoption finale au sénat de la loi du député libéral Pablo Rodriguez sur le respect du Protocole de Kyoto, le premier ministre Harper déclare d’emblée que son gouvernement ne la respectera pas. Le ridicule a encore atteint un sommet inégalé avec cette déclaration du Parti Conservateur.

Selon Stephen Harper, cette loi n’est qu’une déclaration d’intention, tout au plus, mais n’engage pas l’État à investir des fonds dans son application concrète. Ils ont pourtant tout tenter dans les deux chambres législatives afin d’enterrer ce projet de loi, et devant leur défaite, ils jouent aux mauvais perdants et s’apprêtent à ne pas respecter les règles politiques.

L’Opposition officielle stipule, au contraire, que les conservateurs ont 60 jours pour présenter un plan structuré d’application de Kyoto.

Ceci constitue encore un exemple d’un gouvernement qui viole ses propres lois sans sourciller et qui bafoue la démocratie face à un dossier qu’une majorité de canadiens soutient.

MISE À JOUR au 25 juin : extrait d’un article de la Presse Canadienne (PC)

« Mais le président de la Chambre des communes, Peter Milliken, a statué que le projet de loi n’oblige pas le gouvernement à dépenser de l’argent, et les partisans de Kyoto disent que les conservateurs pourraient parvenir à respecter les objectifs du traité sans dépenser de fonds fédéraux, en appliquant des règlements sévères ou en imposant une taxe sur le carbone. »

Manque de fonds ou mauvaise volonté politique des conservateurs? Je penche pour la seconde affirmation.