Géopolitique de l’injustice

Lors de son allocution du 29 juillet dernier sur l’Ukraine et l’ingérence de la Russie sur son territoire, le président des États-unis, Barack Obama, s’exclamait sur le rôle de chef de file des États-Unis dans la promotion et la défense des libertés de tous les individus à travers le monde. Tout comme l’Union européenne, le gouvernement américain a décidé d’instaurer des mesures dissuasives par une série de sanctions envers la Russie.

Par contre, concernant Gaza et Israël, une situation tout aussi injuste en rapport aux libertés, le gouvernement américain n’ose entreprendre des représailles contre son allié au Proche-Orient et ne se contente que d’une timide condamnation officielle envers Israël tout en maintenant son approvisionnement en munitions.

En dépit de son Nobel de la paix en 2009, force est de constater que l’actuel président américain est tout autant ballotté que ses prédécesseurs par les aléas de la géopolitique internationale dont les priorités sont dictées par les intérêts économiques, politiques, diplomatiques ou militaires du pays et non pas, malgré ce qu’il veut nous faire croire, par les droits de la personne ou la liberté…

Impérialisme et intégrisme

Les opérations militaires françaises au Mali ainsi qu’en Somalie contre des milices intégristes – paradoxalement ordonnées par un gouvernement de gauche censé défendre des valeurs humanistes – révèlent une fois de plus l’attitude impérialiste de l’Occident envers les pays de confession musulmane dont l’occupation de la Palestine par Israël est le paroxysme ultime.

Tout pour nous rappeler le chauvinisme occidental envers une grande civilisation qui fleurissait pendant que l’Occident rampait dans son Moyen Âge.

Les origines de cet impérialisme de l’Occident envers les peuples musulmans remontent au colonialisme du XIXe siècle et, malgré la décolonisation un siècle plus tard, des régimes autocratiques, au service des puissances occidentales assoiffées de ressources et de pétrole, ont dirigé ces pays d’une main de fer jusqu’au récent Printemps arabe qui a sonné le glas de plusieurs de ces dictatures.

Il nous faut alors ne pas s’étonner de l’émergence depuis une trentaine d’années de mouvements intégristes, tel qu’Al-Qaïda, qui représentaient et représentent encore une réaction envers l’impérialisme des nations occidentales et leurs hommes de paille autrefois assis dans les officines du pouvoir.

Finalement, les nouveaux gouvernements composés de factions intégristes, comme les Frères musulmans, constituent un retour de balancier face à la condescendance d’un monde occidental trop convaincu de sa supériorité…

Invasion de domicile en Palestine

Premièrement, lisez cette histoire :

Monsieur X habite une maison depuis plusieurs années et un beau jour un inconnu, Monsieur Y, sonne à sa porte. M. X ouvre et ce dernier pénètre en trombe dans son domicile et s’installe illico presto dans la chambre des maîtres prétextant qu’il y a déjà habité voilà très longtemps.

M. X tente de l’évincer, sans succès, car M. Y est bien armé.

Quelques jours passent. La tension entre les deux individus est forte. Et puis, subitement, toute la famille de M. Y débarque et occupe toutes les pièces de la demeure, à l’exception du placard à balais dans lequel se retrouve désormais M. X.

Désespéré, M. X appelle la police, mais, malheureusement, celle-ci, est achetée par la famille de M. Y qui est très opulente.

Et cette situation se maintient pendant des décennies.

Maintenant, relisez cette histoire en interchangeant Monsieur X pour Palestiniens, Monsieur Y pour Israéliens et police pour États-Unis. Vous comprendrez alors mieux la situation en Palestine…

Israël ne veut pas la paix

C’est limpide.  Israël ne désire pas une entente négociée et l’instauration d’un véritable État palestinien reconnu par le monde occidental.

Encore une fois, en pleine négociation de paix, cette fois-ci sous la tutelle des États-Unis, Israël démontre sa mauvaise foi en mettant fin au moratoire sur la construction de colonies juives en Cisjordanie, jetant ainsi de l’huile sur le feu.

Ne tournons pas autour du pot.  Il n’y aura jamais de paix au Proche-Orient tant que les gouvernements occidentaux seront influencés par les lobbys juifs.

Rappelons-nous la visite de Barack Obama devant le congrès juif américain la journée suivante de son investiture comme candidat présidentiel du Parti Démocrate et le refus des États-Unis – comme les pays de l’Europe de l’Ouest – de reconnaitre officiellement l’État Palestinien déclaré en 1988.

Et il est hypocrite du gouvernement américain de parrainer les présents pourparlers de paix quand il décline à donner une reconnaissance politique à l’autorité palestinienne qui appliquerait de la pression sur l’État sioniste afin qu’il conclue enfin une entente.

Le problème dans ce conflit, ce n’est pas les palestiniens, c’est la fourberie d’Israël et la lâcheté des États-Unis ainsi que de l’ensemble de l’Occident.

La sainte croisade de Richard Martineau

Richard Martineau dans son « Franc-parler » publié le 11 septembre 2010 dans Le Journal de Montréal élève sur un piédestal la sainte chrétienté, tout en dénigrant au passage un monde musulman dangereux par son intégrisme et ses exactions sommaires.

En premier lieu, affubler de barbarisme une religion qui englobe près de 1,8 milliard d’individus sur la planète est tout autant irrespectueux que démagogique.

Tous les musulmans ne sont pas des terroristes ou des intégristes en puissance.  Martineau use d’une généralisation malsaine qui traduit son étroitesse d’esprit et ses préjugés xénophobes.

En second lieu, Martineau semble occulter l’héritage de l’histoire chrétienne qui elle aussi n’a pas brillé pour son humanisme.  A-t-il oublié les bûchés de l’inquisition qui carbonisaient les « hérétiques »?  A-t-il oublié les croisades avec son lot de massacres de musulmans au Proche-Orient?  Et se souvient-il de la prise de Constantinople par les croisés contre d’autres chrétiens de confession orthodoxe?

Pas très reluisant comme passé, n’est-ce pas?

Ainsi, nous sommes mal placés pour faire la morale aux musulmans.

Et surtout, il faut démontrer de l’empathie envers ces peuples de foi musulmane qui ont subi la brutale colonisation européenne pendant des siècles.  De plus, la création de l’État d’Israël et les occupations de la Palestine, de l’Irak ainsi que de l’Afghanistan sont des constants rappels de l’impérialisme occidental qui domine dans l’ensemble de la sphère musulmane.

Difficile alors de jouer la vierge offensée.

Martineau ne prouve pas son intelligence ici en sortant une telle diatribe antimusulmane la journée même de l’anniversaire des événements du World Trade Center.

Il dénonce le sectarisme de l’Islam, mais en fait lui aussi preuve, tout comme les croisés du Moyen-âge…

Le génocide tranquille

N’ayons pas peur des mots : Israël procède à un véritable génocide de la population palestinienne dans la bande de Gaza.

Quelques rockets du Hamas ne causant que des dommages matériels mineurs et quelques morts ne se comparent aucunement avec la guerre totale qu’opère l’armée israélienne envers un peuple démuni et pratiquement sans défense qui doit maintenant faire le deuil de plusieurs centaines de ses membres dont de jeunes enfants innocents depuis le début des attaques.

Le blocus érigé autour de toutes les frontières de la bande de Gaza dès janvier 2008 a fait de celle-ci un véritable camp d’extermination à ciel ouvert en privant ses habitants de nourriture, de soins médicaux et des nécessités de base.

Le culot du gouvernement israélien est tel qu’il ne se gêne plus désormais pour tirer sur des groupes humanitaires internationaux et d’utiliser sur des civils des armes prohibées (bombes au phosphore blanc) par les conventions internationales.  Sa volonté est claire : en finir une fois pour toute avec les palestiniens par la force de sa puissante armée (la cinquième au monde) après que le blocus les ait affamé et affaibli le plus possible.

L’Occident ferme les yeux malgré ses protestations officielles tandis que le peuple palestinien lutte pour sa survie et les États-Unis s’efforceront comme toujours par leur veto de bloquer toute coercition de la part de l’ONU.

Le Hamas réplique en tant que gouvernement légitime de sa population et on l’accuse de terrorisme lorsqu’il s’agit en fait d’une mesure défensive d’une nation envers la perverse et insistante agression d’une autre.

Gaza et Israël à la cour d’école

Il y a deux garçons à la cour d’école du Proche-Orient qui ne cessent de se chamailler à la récréation.

L’un, Israël, est baraqué et l’autre, Gaza, est petit et chétif. Le premier arbore de beaux vêtements et le second est habillé de lambeaux.

À chaque jour, dès que la cloche de la récréation sonne, Israël harcèle Gaza en lui volant ses collations et en lui enlevant le ballon des mains. Ce dernier tente de répliquer de ses mains frêles mais il ne reçoit en conséquence qu’une bonne raclée à toutes les fois.

Son visage est contusionné, son nez saigne, des bleus apparaissent sur tout son corps. L’extrême violence et le mépris d’Israël envers Gaza sont évidents pour tous les élèves.

Alors le directeur de l’école réprimande verbalement le jeune agresseur à chaque occasion mais ne lui inflige jamais de punition corporelle car son papa est le puissant maire de la Ville…

Une chance que ce genre d’injustice ne se produit pas dans le monde des adultes…