L’iniquité fiscale des libéraux

Bien que le premier ministre Jean Charest n’ait pas endossé entièrement la proposition d’un relèvement généralisé des tarifs évoqué par les jeunes de son parti lors de leur récent congrès, il semble qu’il s’engage tout de même sur cette voie.

«Nous avons annoncé lors du dernier budget que nous voulions faire une remise à niveau sur la question des tarifs et c’est de là que nous allons partir. Il y aura cette évaluation et nous verrons de quelle façon on peut agir, de manière équitable», a affirmé le premier ministre à la presse.

Ainsi, dans la ligne de mire se trouvent les tarifs d’électricité et conséquemment dans l’avenir ceux de tous les services gouvernementaux. En corolaire, toute hausse des impôts est écartée par le gouvernement Charest.

Cependant, contrairement à ce que croit le chef du Parti libéral du Québec, ce genre de mesures fiscales est tout sauf équitable.

Le concept de l’utilisateur-payeur va à contre-sens de la justice sociale et de la juste répartition des richesses.

En fait, une hausse globale des tarifs frapperait plus durement les classes démunies et moyennes que les nantis de la société, car plus élevé est le revenu d’un individu ou d’un ménage, plus facilement il peut absorber des nouvelles taxations sans diminuer son niveau de vie et envisager de couper dans ce qui est le plus essentiel, comme la nourriture, le logement, les médicaments, etc.

Somme toute, il s’agirait d’un impôt déguisé épargnant les citoyens les plus aisés et alourdissant du même coup la charge fiscale aux coffres de l’État des autres contribuables moins richissimes.

Seule une augmentation des impôts sur le revenu selon une table progressive peut assurer une perception fiscale équitable car elle porte sur la capacité à payer de chaque contribuable.

Mais si le gouvernement libéral désire y aller uniquement avec une majoration des tarifs des services publics afin de retrouver l’équilibre budgétaire au Québec, il devrait, par souci d’équité, établir ces nouveaux tarifs selon les revenus des demandeurs et non pas en rapport à une grille tarifaire uniforme et arbitraire.

Ce serait alors véritablement plus équitable.

Ne pas payer d’impôt : un exemple à ne pas suivre

L’ex-médecin Guylaine Lanctôt refuse de payer ses impôts depuis 13 ans, au risque d’être incarcérée, qu’elle qualifie de frauduleux car ils serviraient à financer des guerres, les paiements des intérêts des dettes gouvernementales et l’acquisition d’armements.

Aussi, elle ne désire simplement pas payer pour des services publics qu’elle ne veut pas.  Elle s’est d’ailleurs désaffiliée du régime d’assurance maladie du Québec en stipulant qu’elle paierait elle-même ses frais médicaux en cas de maladie.

En fait, ce n’est que du pur individualisme rejetant la mise en commun de services essentiels desservant le plus grand nombre.

Cette dame avec son ancien salaire de médecin a peut-être les moyens de se substituer à l’aide sociale de l’État en santé, en éducation, en pensions de vieillesse ou en soutien aux sans-emplois, mais ce n’est pas le cas d’une vaste partie de la population.  L’impôt prélevé chez les mieux nantis est une mesure qui garantit une relative équité sociale.

Si on suivait son raisonnement, le gouvernement devrait simplement disparaître emportant avec lui le maintien d’un ordre public minimal et l’existence d’une justice sociale nécessaire dans toute société évoluée.  Ce ne serait qu’un retour à l’état de nature dont profiterait évidemment les plus riches mais qui propulserait dans les bas-fonds les conditions de vie des citoyens à faibles ou moyens revenus.

Cette retraitée devrait saisir le non-sens de ses propos et comprendre que malgré le fait que nos impôts servent dans une certaine proportion à soutenir des activités militaires souvent contestables, la majeure partie sert aussi dans le financement des programmes sociaux qui profitent tout de même à l’ensemble de la communauté qui n’a pas les moyens financiers qu’elle possède.