Tea Party : un masochisme à l’américaine

La popularité montante du Tea Party aux États-Unis a permis récemment aux candidats de ce mouvement politique ultraconservateur de ravir les primaires républicaines aux Delaware, New Hampshire et dans l’État de New York.

Cette ascension qui se veut une réaction aux politiques keynésiennes du président Barack Obama puise sa force dans l’endettement public ainsi que le mécontentement suscité par la chancelante reprise n’ayant pas encore apportée une diminution du taux de chômage officiel qui voisine le 10% tandis que le taux réel est de 16%.

Pour les Tea Partyers, avec Glen Beck et Sarah Palin en figures de proue, l’État doit être réduit au minimum et il demeure vain de soutenir une économie ébranlée par l’une des pires crises de l’Histoire – ironique lorsque l’on sait que ce sont des républicains près des idéaux du Tea Party qui ont surendetté l’État fédéral et ont jeté les bases de la débandade économique actuelle.

Ces partisans du « moins d’État » dénoncent les onéreux programmes de stimulation économique d’Obama, mais oublient que la vaste majorité de l’endettement public américain est l’héritage des administrations républicaines Reagan, Bush père et fils comme nous pouvons le constater sur le graphique ci-contre.  Comparativement, il est à noter que le poids de la dette a été stoppé et même amoindri sous le président démocrate Bill Clinton.

De surcroît, la déréglementation du secteur banco-financier et de l’économie, encore l’œuvre de ces mêmes présidents républicains, est la cause directe de la présente crise économique.

Ainsi, les prétentions et politiques de ce succédané du Parti Républicain frôlent le masochisme.

Il propose aux américains les mêmes recettes ayant déjà démontré leur inefficacité comme s’ils n’avaient pas déjà payé assez cher l’expérience désastreuse de l’application de ces dogmes socio-économiques.

Et comment les américains peuvent-ils encore tomber pour ce genre de fadaises quand les prédécesseurs idéologiques du Tea Party – les dernières gouvernances républicaines – ont aussi brandi de pareils préceptes tout en chargeant par la suite le pays d’un passif budgétaire désastreux – contrairement à leur idéologie anti-État – que les générations futures devront payer?

Appuyé par de grandes corporations conservatrices telles que Verizon, AT & T, Philip Morris ainsi que des milliardaires du pétrole comme les frères Koch et moussé par la propagande des réseaux médiatiques de droite comme Fox, le Tea Party prend racine dans un terreau fertile caractérisé par des exacerbations du sans-emploi et reçoit en conséquence de plus en plus d’appuis chez les électeurs déboussolés malgré le bon sens et les vérités historiques.

Ça passe ou ça casse pour Barack Obama

Suite de mon billet Le moment de vérité pour Barack Obama

___________________

Il y a onze jours, le nouveau président américain, Barack Obama, annonçait vouloir s’attaquer aux paradis fiscaux des particuliers et surtout des grandes entreprises.

Lundi dernier, il a continué de plus belle en promettant d’annuler les avantages fiscaux concédés sous l’ancienne administration  aux contribuables les plus riches ainsi qu’aux grosses compagnies.

En plus, il veut mettre fin au laxisme économique du règne de G.W. Bush en poursuivant des monopoles comme Microsoft, IBM et même Google pour pratiques anticoncurrentielles.

Le tout doit être approuvé prochainement par le congrès américain.

Ouf!  Obama a du pain sur la planche!

Il joue désormais toute sa carrière et le bien-fondé de sa politique économique avec un congrès pourtant démocrate mais hostile à de trop grandes transformations économiques car trop infiltré par des groupes de pression affairistes.

Certains disaient qu’Obama laisserait tomber son agenda économique après la prise du pouvoir… il semble qu’il y tient plus que jamais.

Ça passe ou ça casse pour Obama!  Souhaitons-lui bonne chance!

Peter MacKay le lèche-botte

L’armée canadienne en bon petit lèche-botte fidèle de l’Empire américain vient de donner un contrat de 274 millions $ à une firme américaine (Navistar) de l’Illinois dont la production se fait au Texas. 

 

1 300 camions sont ainsi commandés de l’autre coté de la frontière car selon le ministre conservateur de la Défense, Peter MacKay, l’industrie canadienne n’a pas l’expertise ni les moyens de produire ce genre de véhicules.

 

Mon œil !  Le Canada n’est pas le Bengladesh bordel !  Nous pourrions facilement construire ces camions en convertissant les usines abandonnées dans le domaine de l’automobile, particulièrement en Ontario.  De plus, l’entreprise Paccar dans les Laurentides qui a récemment licencié 600 travailleurs possède la logistique nécessaire à ce projet.

Mais non, le grand frère américain a besoin d’un coup de pouce et de l’argent des contribuables canadiens pour soutenir son économie en déroute.

On se demande bien où va l’allégeance des conservateurs : à ses commettants ou à ses amis de l’industrie pétro-automobile états-uniens?   

 

On peut dire que cela commence bien le plan de relance économique du gouvernement Harper. Afin de stimuler l’économie canadienne, on exporte la fabrication industrielle à l’extérieur du pays pour un montant d’un quart de milliard…

 

Ceci prouve encore l’incompétence du gouvernement Harper en économie… tout comme celle du gouvernement Bush aux États-Unis.

 

AJOUT AU 19 JANVIER 2009 : le Blogue « Majorité Silencieuse » a répliqué à ce billet par cet article et n’a même pas daigné publier mon commentaire de réponse.  Si la droite a peur de débattre, bien qu’elle se taise.

Voir aussi: Pourquoi « Majorité Silencieuse » ne veut pas débattre?