Un investissement perdant

La décision de la Caisse de dépôt et placement du Québec d’investir davantage (à hauteur de 16,7 milliards en 2016) dans les énergies fossiles, le secteur gazier, le pétrole des sables bitumineux et les pipelines fut plutôt à courte vue et insensée.

Cette stratégie financière de la Caisse contrevient à l’esprit de la politique environnementale de la province voulant s’attaquer aux gaz à effet de serre et hisser le Québec au niveau de champion de la lutte aux changements climatiques sur le continent.

Il s’agit aussi d’un placement à court terme qui se met en porte à faux avec le but ultime de l’investisseur institutionnel qui cherche à maximiser les rentes de retraite des Québécois. À quoi sert-il d’amasser des milliards de dollars pour la future retraite des citoyens si les placements que nous effectuons fragilisent le climat, polluent notre environnement et détériorent notre qualité de vie et celle des futures générations de retraités?

À cette époque de gains rapides et de maximisation des profits sans considération de l’avenir, la Caisse de dépôt et placement, au contraire, devrait être un moteur de changement vers une transition énergétique viable, car elle est de propriété publique et se doit d’être responsable envers ses actionnaires, les citoyens québécois.

À quoi bon épargner afin de jouir plus tard d’une retraite dorée si le futur n’est plus assuré ?

Une révolution… grise?

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Au train où vont les choses, on se demande bien quand cette crise économique s’arrêtera. 

Selon ce que l’on en sait, elle sera très longue et la reprise éventuelle très lente.

Ses victimes se répertorient autant parmi les jeunes familles qui perdent des revenus importants que les retraités qui voient fondre comme neige au soleil les épargnes de toute une vie de travail.

Et si la situation persiste encore trop longtemps, le mécontentement peut éventuellement s’exacerber et les risques de débordements sociaux se multiplier.

Les prédictions sur un dénouement éventuel de cette crise frappant surtout le monde occidental développé constituent d’emblé un terrain glissant.  Il est difficile de prévoir la finalité de cette méga-récession ainsi que ses répercussions futures.   

Mais, en corrélation avec le vieillissement de la population occidentale, nous pouvons y aller d’une hypothèse qui n’est, après tout, pas si farfelue que ça : devant l’érosion des fonds de retraite et les déficits budgétaires poussant les États à sabrer dans les services sociaux ainsi que dans une prestation à moindre coût des soins médicaux, nous pourrions assister à une révolte, non pas de la jeunesse, comme c’est usuellement le cas, mais cette fois-ci de la masse de retraités qui voit tout l’accomplissement de son dur labeur s’envolé en fumée avec cette crise économique.

La prochaine « révolution », si nous pouvons appeler ainsi la prochaine remise en question de l’ordre économique ou de la politique économique en place, sera peut-être engendrée par les « têtes grises » qui refuseront de perdre tous leurs avantages durement acquis et de devoir payer pour des besoins essentiels dont on leur avait promis un accès sans complication.

Cependant, oubliez la révolution violente avec son lot d’émeutes et de répression.  Le poids démographique en constante progression et l’influence politique conséquente des personnes âgées joueront grandement sur les aboutissements des élections futures (voir graphique). 

Nonobstant les lourds déficits budgétaires appréhendés pour les prochaines années, la pression politique sera forte pour maintenir un système de protection sociale adéquat malgré les avertissements des hautes instances financières internationales. 

Peut-être verrons-nous, enfin, que la simple et bête logique comptable est incompatible avec l’assouvissement des besoins du plus grand nombre.

Les motivations cachées de Nathalie Elgrably

La pseudo-économiste Nathalie Elgrably, déesse néolibérale de l’Institut Économique de Montréal et de l’Institut Fraser, s’est attaquée dernièrement aux régimes publics de retraite qu’elle qualifie de frauduleux au même titre que l’escroquerie de l’affaire Madoff, comme si l’État était un bandit de grands chemins.

 

Pour ce chantre du libre-marché, le régime des rentes du Québec (RRQ) ainsi que le fond de pension du Canada constituent du vol caractérisé. Elle stipule que les travailleurs devraient se voir dégager des paiements de la RRQ car ce régime est depuis toujours déficitaire.  C’est pourtant le lot de tous les fonds de pension par les temps qui courent.

 

Néanmoins, bien que ce fond ait été mal établi depuis sa fondation ( les premiers prestataires n’ont pas déboursé un sous dans leurs vies de travail), il n’en demeure pas moins que le RRQ est une mesure sociale d’équité qui permet à ceux n’ayant pas les moyens de se payer un fond de pension privé de recevoir des revenus décents durant leurs retraites.

 

Un fait qu’elle a oublié de plein gré. 

Cependant, la réelle motivation de madame Elgrably se cachant derrière cet article n’est pas le bien-être des futurs retraités québécois, comme elle semble le prétendre, mais bien d’accroître encore plus les profits des capitalistes.

 

En effet, les employeurs contribuent eux-aussi, comme leurs employés, au régime des rentes du Québec.  Une réalité qu’elle ne dévoile pas dans sa chronique car son objectif est de libérer le patronat de ce boulet anti-profit au détriment de leurs employés qui devront alors contribuer seuls dans leurs plans de retraite.  

 

De plus, sa position est totalement incohérente en période de crise économique. 

Pendant qu’on cherche à diminuer les salaires et les avantages sociaux pour renflouer les coffres des entreprises en difficulté, on devrait, selon elle, en plus, retirer ce filet social minimal à l’ensemble des travailleurs pour permettre à une minorité de s’enrichir encore plus. 

 

Elle vise ainsi à détourner l’argent dû aux salariés vers les poches des plus nantis en exacerbant le fossé entre les classes sociales et en aggravant conséquemment la crise par une diminution de la demande générale.

 

Finalement, toutes les interventions de madame Elgrably ne servent qu’à avantager unilatéralement toujours et encore la caste des richissimes en faisant fallacieusement croire au commun des mortels que ce qui est bon pour les privilégiés économiques est aussi bon pour toute la société. 

Lire:

La mauvaise foi de Nathalie Elgrably

Les contre-vérités environnementales de Nathalie Elgrably

L’inconsistance de Nathalie Elgrably

La petite démagogue

Donnons une chance aux idées de Nathalie Elgrably!