L’opportunisme politique contre la faim dans le monde

Stéphane Dion, chef du Parti libéral du Canada, qui se targe d’être un défenseur de l’environnement maintient son appui au projet de loi (C-33), présenté par les conservateurs, favorisant l’industrie de l’éthanol-grain.

On aurait pu s’attendre au contraire. Réserver une partie de la production agricole pour permettre aux voitures de rouler est tout autant anti-éthique et nocif à l’environnement que l’est l’exploitation des sables bitumineux en Alberta. En fait, la production des biocarburants demande beaucoup d’énergie car les coûts en ressources naturelles y sont très élevés.

Devant la hausse du prix du carburant fossile, il est indubitable qu’on recourra de plus en plus à cette source alternative d’énergie afin de la substituer au pétrole. Les conservateurs affirment que cela ne toucherait que 5% des récoltes agricoles, mais une fois le pied dans la porte, on pourrait envisager que cette proportion ira en augmentant face à la crise énergétique et aux tarifs indécents du pétrole.

En plus de favoriser encore plus la déforestation et l’augmentation des prix des denrées alimentaires, l’adoption de ce projet de loi ne fera que contribuer à l’aggravation de la famine dans le monde.

« Monsieur environnement » fait preuve d’un opportunisme politique crasse. Sa popularité dans les sondages ne levant pas (à l’exception du dernier sondage qui semble encourageant), le mécontentement de son propre parti envers son leadership et les coffres vides du PLC sont les véritables motifs de sa faveur envers cette législation conservatrice.

S’il possédait réellement les valeurs qu’il prétend défendre, il voterait contre pour respecter ses convictions par pure cohérence au risque de perdre les élections.

Crise alimentaire mondiale : le calme avant la tempête

La hausse vertigineuse des prix des aliments sur l’ensemble de la planète laisse perplexe. En général, les tarifs de ces produits ont augmenté de 83% depuis 18 mois et celui du blé de 181%.

On connaît les principales causes : la flambée du prix du pétrole; la popularité de la production des biocarburants; les politiques économiques internationales des pays industrialisés envers les pays en développement leurs dictant les cultures a exploité sans considération des besoins des populations locales.

Aussi, il y a l’émergence de la Chine qui accroît notamment la demande de viandes et de lait et pousse ainsi les prix vers le haut.

Le raffinement des techniques agricoles a permis une production accrue des biens alimentaires, mais ces progrès ne peuvent plus combler la disette devant l’essor démographique planétaire.

Les réserves mondiales en nourriture ont aussi grandement diminué.   Le Programme alimentaire mondial des Nations unies quémande des milliards supplémentaires et prévient que la crise est encore loin d’être résorbée.

L’Occident mange trop, on le sait.  Notre apport calorique est disproportionné en relation à nos nécessités réelles, sans compter le gaspillage et le dumping.  Aussi, il n’est pas surprenant de voir alors de plus en plus de cas d’embonpoint ou d’obésité.  En fait, il faudrait revoir notre façon de manger.

Une trentaine de nations sont désormais frappées par la crise alimentaire et les problèmes sociaux qui s’en suivront pourraient mener à des révoltes populaires de plus en plus graves. 

Ainsi, les tensions internationales seront exacerbées.  De possibles changements de gouvernements issus de la grogne populaire pourraient glisser vers l’extrémisme et engendrer ultimement des conflits entre pays voisins. 

Mais, finalement, cela ne traduit que deux choses: les lois du marché, lorsque laissées à elles-mêmes, ne sont pas viables dans un contexte de rareté des ressources; et, les maîtres du monde, les capitaux-fascistes, ont démontré leur incompétence à gérer l’économie mondiale.

À quand des réglementations internationales sur les denrées alimentaires et l’énergie au service des gens au lieu des intérêts des grandes compagnies?