Réaction en chaîne nucléaire

Avec la découverte de la puissance de l’atome, les hommes se sont approprié le Feu de Prométhée.   Semblables à des dieux, ils croyaient avoir dominé la nature.

Cependant, la nature ne se soumet pas ni ne se dompte.  Elle ne se plie pas aux velléités de la race humaine.  Dotée de sa propre volonté, elle est capable de rétablir brusquement sa primauté à la grande stupeur de l’Humanité.

 

C’est ce que nous avons pu constater avec l’incident nucléaire au Japon.

Ce que dévoile cette nouvelle est la problématique énergétique auquelle font face les sociétés humaines de plus en plus énergivores : toujours plus de déplacements motorisés, toujours plus de gadgets électroniques coûteux en énergie, toujours plus de besoins pour assurer le confort de la multitude en dépit des risques environnementaux d’une telle exploitation énergétique massive.

Voilà ce que démontrent les récents événements.  Certains diront que le Japon mérite ce qui lui arrive.  Une nation ayant connu deux explosions atomiques, à l’issue de la deuxième guerre mondiale, aurait dû être mieux avisée malgré ses ressources énergétiques limitées. Mais, en fait, ce que cela met en lumière sont les aléas que notre espèce est prête à encourir afin de maintenir son style de vie, indépendamment de l’avenir des générations futures.

Tout comme le pétrole ou le charbon avec leurs gaz à effet de serre et leurs émanations toxiques dans l’écosystème planétaire, le nucléaire n’est que l’ultime aboutissement de cette volonté avec ses menaces radioactives.

Il n’est donc plus possible de continuer dans cette voie.  Les richesses énergétiques étant contingentées dans le temps et l’espace, plus que jamais,  nous devons changer nos paradigmes sociétaux ancrés dans la surconsommation afin de réduire notre soif en énergie.  Pour ce faire, on doit évaluer nos besoins énergétiques, non en lien à notre demande vorace conséquente à notre mode de vie, mais en rapport à ce que la nature peut nous procurer de façon pérenne et sécuritaire.

En ce sens, les énergies éolienne, solaire, géothermique, et même marémotrice, seront des alternatives renouvelables à privilégier dans un futur rapproché.

Finalement, cette catastrophe entrainera une réaction en chaine.  Pas celle nécessaire à la viabilité d’un réacteur ou d’une déflagration nucléaire, mais une réaction en chaine dans la conscientisation des limites ainsi que des périls de cette énergie dite « propre ».

Anti-Anticosti

La nouvelle de l’octroi à la compagnie Pétrolia de la prospection et de l’exploitation des gisements de pétrole récemment découvert sur l’île québécoise d’Anticosti révèle la triple inconséquence du gouvernement Charest.

Nous connaissons les axes d’ordre politique de l’administration libérale : gestion serrée des finances publiques – telle qu’évoquée dans le dernier budget Bachand; généralisation du modèle de partenariat public- privé (PPP) afin de réduire les coûts d’investissement de l’État endetté;  et, enfin, lutte aux gaz à effet de serre –  le Québec étant le champion canadien en ce domaine à la grande fierté de Jean Charest.

Or, l’aval donné à l’extraction de carburants fossiles sur cette ile et cette décision de léguer à une compagnie privée la totalité des opérations de cette aventure et, qui plus est,  sans la divulgation du taux de redevances à l’État par la ministre Nathalie Normandeau, traduisent une trahison de ce triplet idéologique (voir dernier paragraphe) si cher au Parti Libéral du Québec.

Premièrement, le dernier budget, prétendu comme « courageux », afin de rétablir la viabilité des finances publiques va à contre sens de cette prise de position dans ce dossier.  En remettant les clés du projet à une entreprise privée qui en récoltera apparemment la plus grande part des bénéfices  – le gouvernement hésitant à dévoiler les termes du contrat concernant les redevances – les libéraux empêchent le Québec d’engranger des revenus substantiels pouvant bonifier la situation financière de la province et imputent par le fait même un fardeau supplémentaire à la classe moyenne touchée par les hausses régressives de tarification du récent budget.

Deuxièmement, si ce gouvernement est tellement adepte du concept de PPP, son cheval de bataille en développement économique, pourquoi, ici,  n’a-t-il pas procédé selon la même méthode?  La Norvège offre pourtant un exemple d’exploitation pétrolière comportant une participation publique à 50% +1, laissant le reste de la tarte aux investisseurs privés.  Ainsi, l’État québécois aurait pu partager les risques ainsi que les bénéfices potentiels qui paraissent prometteurs sur l’ile d’Anticosti.  Il ne s’agit pas d’une politique économique socialiste, mais dictée par le bon sens.  Les ressources d’un territoire doivent rapporter concrètement aux habitants de ce dit territoire.

Troisièmement, le plus important, et ce qui aurait du être le premier motif de rejet de cette initiative, réside dans la contradiction entre les prétentions du gouvernement Charest de lutter contre les gaz à effet de serre et sa volonté de permettre d’extraire du pétrole d’Anticosti qui contribuerait au réchauffement planétaire par son utilisation!  Pourtant, d’autres voies énergétiques au transport se profilent à l’horizon, comme les véhicules électriques, dont le Québec pourrait être un chef de file.  Un vrai gouvernement « vert » opterait sans hésiter pour ces options.

Incohérence, quand tu nous tiens.

Finalement, malgré ses vœux pieux, l’administration libérale penche toujours du coté d’une économie libéralisée peu soucieuse de l’environnement ou des besoins collectifs des québécois.  Pour elle, seuls comptent les profits à court terme d’un monde des affaires, dont elle est la représentante, au prix d’une désagrégation du milieu écologique ou de la pérennité économique de la majorité.  On l’a déjà bien constaté avec les gaz de schiste…

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication :  214 (initié)

La fin de la mondialisation néolibérale?

La mondialisation néolibérale est en recul.

L’augmentation du prix du pétrole oblige nombre d’entreprises à produire leurs biens commerciaux et industriels à proximité de leurs bassins de consommateurs au lieu d’importer des produits et des ressources de l’autre bout du monde car les coûts de transport deviennent trop onéreux en cette année 2008.

Au cours des dernières décennies, la globalisation fut déclarée inéluctable selon les penseurs de droite du Consensus de Washington et de l’école monétariste de Chicago. Et bien, il faut reconsidérer cette prétention en rapport aux derniers événements en matière d’énergie.

L’histoire économique semble montrer que le libre-échangisme a toujours connu un retour en arrière lorsque les limites de sa viabilité ont été atteintes.

C’est ce que tentait de nous expliquer John Saul dans son livre : « La mort de la globalisation ». Dans cet essai, il mettait en lumière les cycles des politiques économiques dans l’histoire occidentale et jetait un doute sur la prétendue inéluctabilité de la globalisation économique. En se basant sur des faits historiques, il évoquait la récurrence périodique des mouvements protectionnistes et libre-échangistes tout en niant le dogme d’une inévitable intégration économique du monde.

Aussi, deux économistes de la CIBC, Jeff Rubin et Benjamin Tal, abondent dans le même sens en comparant l’explosion du tarif de l’énergie fossile à des nouvelles barrières tarifaires qui pousseront les entreprises à rechercher leurs matériaux ainsi qu’a établir leurs industries tout près des marchés.

Une théorie qui semble se confirmer.

Les statistiques des 12 derniers mois démontrent une chute de 20% de l’exportation de l’acier chinois pendant que les aciéries américaines ont accrue de 10% leur production. Il s’agirait d’un phénomène semblable à la première crise pétrolière de 1973 dans laquelle ont a assisté à un retrait des importations des pays étrangers.

Ici, au Québec, plusieurs entreprises rapatrient leurs activités industrielles dans la Belle Province.  Mario Lampron de la compagnie Les Accessoires de piscine Compétition a délocalisé de la Chine une grande partie de sa production pour la concentrer au Québec. Il n’était plus rentable avec la montée du prix du pétrole de maintenir la plupart de sa production en Extrême-Orient malgré la main-d’œuvre bon marché.

On craignait de voir complètement disparaître le secteur manufacturier chez nous, mais la tendance parait s’inverser.

Par ailleurs, devant une récession aux États-unis qui s’implante et l’accroissement du chômage, les politiciens américains doutent de plus en plus de la mondialisation néolibérale. La première puissance économique a payé cher son adhésion au libre-échange international en perdant des emplois au profit des pays émergents. La situation est telle que les démocrates de Barack Obama songent à recourir au protectionnisme et même à rouvrir l’ALENA advenant la prise du pouvoir.

Voir aussi: La pire crise économique depuis 1929

Nationalisons le pétrole, et vite!

Léo-Paul Lauzon ne cesse de réclamer la nationalisation du pétrole et les vertigineuses ascensions du prix du baril de pétrole semblent encore lui donner raison.

Pourquoi devrions-nous payer le carburant au prix fixé sur le marché international lorsque le Canada aurait le potentiel de devenir autosuffisant en énergie? Le comble est que le pétrole de l’Alberta se dirige en direction du marché américain pendant que l’est du pays importe son carburant d’ailleurs sur la planète.

On a privatisé Pétro-Canada à tout vent depuis 1991 et les profits retournent uniquement au domaine privé car on a abandonné en 2004 les dernières parts gouvernementales sur l’ancienne compagnie publique. En plus, 50% de ses actions peuvent être détenues par des intérêts étrangers tandis que plusieurs autres compagnies pétrolières présentes au Canada n’appartiennent pas à des canadiens, comme le témoigne le récent investissement de la compagnie française Total dans les sables bitumineux albertains.

Le Canada se fait avoir sur tous les plans car il ne retire pratiquement rien de l’exploitation du pétrole sur son propre territoire, à l’exception de quelques emplois temporaires qui disparaîtront après l’épuisement des gisements. En fait, nous sommes le seul pays exportateur qui ouvre ses portes à l’implantation d’entreprises étrangères sans demander de ristournes appréciables.

Les bénéfices dédiés au privé ne servent pas à amoindrir les impacts environnementaux des activités des usines de raffinage ou à la R&D d’énergies de rechange, ce qui serait pourtant souhaitable et possible sous un contrôle national car l’argent reviendrait au trésor public. Présentement, ils ne font qu’engraisser de façon indécente les riches actionnaires des pétrolières étrangères profitant du pétrole qui est le nôtre.

La nationalisation de l’industrie pétrolière est de plus en plus crédible et nécessaire dans le présent contexte. Il s’agirait de révoquer les contrats privés d’exploitation et d’investir avec les fonds publics dans l’exploitation et le traitement de cette énergie. Des coûts élevés au départ, mais qui s’avéreront très profitables dans l’avenir. Après tout, ces terres sont la propriété de la population canadienne et le siphonage de cette ressource épuisable par des intérêts particuliers constitue un véritable vol à grande échelle.

L’inflation galopante résultante qui nous rattrapera dans les prochaines années et affectera notre pouvoir d’achat ainsi que notre qualité de vie pourrait être évitée ou atténuée si nous avions l’audace de réclamer une gestion publique du pétrole national comme cela se fait en d’autres États.

Une telle opération s’avèrerait difficile, voire impensable, sous le règne du Parti Conservateur qui n’est qu’un gouvernement fantoche des pétrolières. On tente de nous éluder de la dilapidation des réserves pétrolifères du pays en nous accordant des baisses d’impôt dans le but d’acheter notre consentement ainsi que notre silence.

Mais, ce que nous gagnerons en diminution d’imposition, nous le perdrons en hausse générale des prix à la consommation.

Il nous reste qu’à ouvrir les yeux et faire entendre nos voix discordantes lors des prochaines élections fédérales.