La crise économique : une belle occasion de bafouer les droits des travailleurs

Avec la crise financière et le soutient monétaire de plus de 20 milliards$ accordé aux grands constructeurs automobiles nord-américains, on a tiré le premier boulet de canon contre les droits des travailleurs.

On devait s’attendre à une telle attitude de la part des deux gouvernements conservateurs présents de part et d’autre de la frontière canado-américaine.

En effet, une condition essentielle de cette restructuration de GM et de Chrysler financée par l’État inclut une clause de diminution salariale majeure des employés de production ainsi qu’un affaiblissement marqué de leurs avantages sociaux.

Un non-sens.

Par cette mesure, on ne permettra ni aux fabricants de voitures de se relever ni à l’économie mondiale de sortir du marasme. Bien au contraire.

En fait, on fragilisera encore plus l’état de santé du système économique en minant davantage la demande et l’on favorisera encore plus l’infernale spirale de la dépression économique. Pourtant, ce n’est pas Henry Ford, le fondateur de l’industrie automobile, qui préconisait de bien payer ses employés afin qu’ils puissent acheter ses voitures?

Il s’agit aussi d’un inquiétant précédent. On envoi clairement ce message aux entreprises : la solution à votre déroute commerciale réside dans l’attrition des émoluments de vos salariés. Le mot d’ordre est ainsi lancé dans le monde des affaires : coupez, coupez, coupez dans la masse salariale afin de sauver votre peau le plus longtemps possible… sans penser à l’avenir.

On reconnaît bien là la philosophie économique des tenants de la droite et de leurs amis business men : pelleter les conséquences de leurs erreurs sur le dos des travailleurs en évoquant le dur contexte économique tout en niant leur responsabilité.

En somme, ce n’est jamais de la faute des grands entrepreneurs ou de leurs prestigieux conseils d’administration, bien sûr que non. Eux, ils ont la science infuse et ne peuvent être blâmés en aucun cas pour les déboires des ventes de leurs compagnies. Ce n’est pas le tort des dirigeants de GM si leurs voitures énergivores sont boudées par les consommateurs… c’est sûrement de la faute de ces satanés syndicats qui demandent toujours plus pour leurs membres exploiteurs de la société.

Pour sortir de la crise, il faudrait aider les bonnes personnes. Ce n’est pas en injectant des milliards de dollars dans des entreprises situées au bord du précipice que nous pourrons donner un coup de pouce à l’économie. C’est prendre le problème du mauvais coté.

La vitalité de toute économie commerciale réside dans une consommation forte. En vérité, pour sortir de la crise, il faut stimuler la demande et non l’offre. Toutefois, c’est tout le contraire qu’appliquent actuellement nos politiciens de droite au pouvoir. Et ils en paieront le prix dans le futur.

Les dangers d’un gouvernement libéral majoritaire

Pour la première fois depuis les années 30, le Parti Libéral du Québec (PLQ) se dirige vers un troisième mandat consécutif. Une victoire électorale que l’on pourrait qualifier d’historique pour les troupes libérales.

 

Mais doit-on désirer une telle éventualité?

 

Rappelons-nous les faits d’armes du premier mandat majoritaire de Jean Charest : la pierre angulaire de son programme de l’époque était le dégraissage de l’État en roulant sur le corps du mouvement syndical et des groupes sociaux. On faisait planer la menace d’une privatisation généralisée des services publics ainsi qu’une modification du rapport de force entre travail et capital par un amendement au code du travail favorisant la sous-traitance. Bref, le privé était devenu le nouveau veau d’or et l’État le mal incarné.

 

On a pu constater une certaine modération de la part du chef libéral suite à l’élection de 2007. Il a dû recentrer ses politiques face à une opposition majoritaire et à une grogne générale dans la population envers son gouvernement.

 

Maintenant, dans la présente campagne électorale, on a vu le chef du Parti Libéral se présenter en tant que défenseur des services publics, particulièrement en santé, et de l’interventionnisme étatique en économie à l’aide de grands travaux publics en complète dissonance avec son idéologie d’autrefois.

 

Pouvons-nous réellement croire que l’ancien chef conservateur canadien ait autant changé en quelques années?

 

On a pourtant bien constaté à Ottawa que lorsqu’on chasse le naturel chez les conservateurs, il revient au galop aussitôt. Ils se drapent d’un costume de brebis afin de séduire l’électorat modéré, mais à la première opportunité, le loup refait surface.

 

Prenons l’exemple de la santé : les cliniques privées depuis le jugement Chaoulli ne cessent de croitre en nombre et le départ précipité de l’ex-ministre Couillard pour une firme conseil en santé démontre que les nouvelles prétentions progressistes du PLQ ne tiennent pas à grand-chose. Couillard a jeté les bases d’une privatisation en santé et lorsque que sa job a été terminée il s’est empressé de rejoindre les rangs de ses nouveaux copains entrepreneurs.

 

Et parlons dont des jeunes libéraux (nous devrions plutôt parler des jeunes conservateurs) qui ont proposé des mesures plus conservatrices que libérales à faire frémir. Charest peut bien essayer de cacher l’idéologie réactionnaire des jeunesses libérales, il n’en demeure pas moins que ces jeunes membres influenceront grandement les décisions de ce parti dans l’avenir.

 

Que se passera-t-il quand les revenus de l’État commenceront à fléchir en conséquence de la crise et que les compagnies demanderont toujours plus d’aide financière de la part de l’État? Vous verrez alors le gouvernement Charest retourner à ses anciens amours dogmatiques en sabrant dans les budgets sociaux et en réprimant les centrales syndicales ainsi que les mouvements sociaux en colère.

 

Il y a un réel danger à élire un gouvernement majoritaire libéral au Québec, particulièrement par les temps qui courent. L’arrogance du premier mandat réapparaitra de nouveau et la nécessité de gérer la crise économique sera une justification de plus pour imposer encore une fois des lois par décrets au nom du bien-être national.

C’est le début d’un temps nouveau

L’avenir qui succédera à la grande dépression des années 2000 initiera le début d’un temps et d’un monde nouveau.

Un monde dans lequel la primauté de l’argent aura enfin disparu devant l’effondrement de la superstructure financière du capitalisme. Encore cette semaine, les chutes des Bourses et les hausses du chômage aux quatre coins de la planète laissent entrevoir des lendemains difficiles et pousseront encore plus vers une redéfinition totale de l’économie mondiale.

Un monde qui valorisera contre toute attente le facteur social dans la gestion des affaires socio-économiques. C’est ce que nous pouvons constater avec la nouvelle tournure socialisante de plusieurs pays occidentaux qui ne pavoisaient il n’y a pas si longtemps que par les privatisations et les déréglementations économiques généralisées.

Un monde où la propagande des fortunés n’aliénera plus les masses car ils auront perdu tout ascendant sur les destinés de l’Humanité après la déchéance de leur système unilatéral de valeurs basé sur le pécule à court terme.

Un monde dans lequel le bien-être de l’humain et la perpétuité de sa descendance dans un environnement viable redeviendront les enjeux principaux de tous.

Un monde qui nous permettra enfin de redevenir des êtres humains au lieu de simples automates sans cervelles programmés pour acheter des produits de consommation futiles comblant le néant de leurs existences dénuées de tout sens dans cet univers capitaliste.

En fait, le début d’une vraie Humanité consciente d’elle-même, des conséquences et des limites de ses actions ainsi que de la petite planète qu’elle occupe.

La pire crise économique depuis 1929

Le blogueur que je suis vous avait pourtant averti plusieurs fois de la dépression économique à venir et cela depuis plus d’un an (voir les liens ci-dessous).

En conséquence, on m’a décrié, on m’a insulté, on m’a traité d’oiseau de malheur et on a dit que je ne connaissais rien en économie car je ne suis qu’un minable petit gauchiste.

Mais la réalité rattrape les incrédules.

Voila aujourd’hui que plusieurs économistes vont dans le même sens en parlant de la pire crise économique depuis 1929 et ils entrevoient peu de développements positifs pour les prochaines années.

Nous en sommes rendus là.

L’économie occidentale et mondiale vient d’atteindre le fond du baril et ce ne sont pas les injections massives de milliards de dollars ou d’euros dans les institutions financières privées provenant des trésors publics ou les baisses des taux directeurs des banques centrales qui y changeront quelque chose.

Le système économique capitaliste est malade de sa propre inefficacité et de l’avarice de ses élites.

On a poussé trop loin la logique mercantile sans considération du facteur humain ou social tout en favorisant le crédit à l’extrême afin de soutenir une croissance déconnectée du monde réel qui ne profitait qu’à une infime minorité en absence d’une juste répartition des richesses.

L’Histoire se souviendra de cette année 2008 comme le début de la pire dépression économique du capitalisme et de l’avénement d’une nouvelle ère pour l’Humanité.

À lire encore et toujours:

Frénésie boursière et endettements massifs : un signe des temps ?

La Bourse: au bord du gouffre financier?

L’économie américaine au bord du gouffre

Une croissance à crédit

La globalisation économique en déclin

Économie américaine : le point de rupture à l’horizon?

Le cul-de-sac américain

Le cul-de-sac américain II: inflation, hausse du taux d’intérêt et subprime

Le public toujours à la rescousse du privé

Une crise économique salvatrice pour la planète?

Nouveau: La faillite des nations

Le public toujours à la rescousse du privé

Certains penseurs de droite se plaignent que les pauvres se tournent toujours vers l’État lorsque les choses vont mal pour eux.

Mais le sauvetage du monde financier américain par le président américain G.W. Bush à coup de centaines de milliards de dollars aux frais des contribuables américains prouve que mêmes les capitalistes de Wall Street quémandent aussi du coté du gouvernement lorsque leurs portefeuilles d’actions sont menacés.

Pourtant, ce sont les premiers à réclamer une déréglementation de l’économie afin que l’État ne soit pas trop dans leurs pattes en laissant le champ libre aux affairistes. Leurs marionnettes républicaines ayant investi la maison blanche se détournent de la situation économiquement précaire de plusieurs concitoyens en leur coupant les vivres par des réductions de programmes sociaux tout en stipulant que ceux-ci sont trop onéreux, mais lorsqu’une crise financière frappe leurs riches contributeurs électoraux de plein fouet, ils n’hésitent pas alors à modifier leurs propres règles à leur avantage.

C’est pour cela que Bush et sa clique néoconservatrice renient leur philosophie économique de non-intervention car ils ne sont que les pantins d’une caste économico-financière qui s’est mise elle-même dans le pétrin. Ils instaurent un plan d’urgence afin de maintenir debout une maison qui branle sous ses fondations et ce seront encore les contribuables américains issus de la classe moyenne qui paieront la facture tandis que les plus nantis ne contribueront presque rien car l’administration républicaine a allégé leur fardeau fiscal depuis l’accession de G.W. Bush au pouvoir!

Les américains ne sont pas sortis du bois. Les États-Unis sont au bord de la faillite avec une dette accumulée astronomique dépassant les 9 000 milliards de dollars pendant que le déficit commercial des États-Unis atteignait 711,6 milliards en 2007, un quasi-record de tous les temps (le record s’est établi en 2006 avec 758,5 milliards).

Mais la droite américaine n’est pas responsable de cette débâcle, bien sûr que non. Elle n’avouera jamais ses torts. Elle attaque depuis toujours la gauche en l’accusant de proposer des mesures socio-économiques trop dispendieuses à la collectivité, mais elle-même n’a guère fait mieux en imposant des politiques économiques désastreuses et une coûteuse guerre impérialiste en Irak dont les motivations sont loin d’être louables.

Son règne a consacré la chute de la première puissance mondiale s’effondrant sous le poids d’un endettement étatique et personnel qui ne s’était jamais vu auparavant. Et l’on dit que la gauche est dépensière et irresponsable…

Une crise économique salvatrice pour la planète?

La course du capitalisme mondial est effrénée. Comme une machine folle s’étant emballée, rien ne paraît pouvoir l’arrêter. La Chine et l’Inde embarquent dans la danse tandis que les richesses sont encore plus dilapidées, la terre polluée et que la surconsommation des uns fait contraste avec la pauvreté de plusieurs.

Comment stopper ou au moins mettre un frein à ce mouvement apparemment irréversible? Les États souverains ne peuvent s’y opposer et encore moins les groupes d’intérêts sociaux, humanitaires ou écologistes.

On en vient à souhaiter que ce système se saborde lui-même et jette par son inconsistance les fondements de sa propre chute.

La récession américaine à venir, la crise du crédit (subprime) et leurs répercussions sur le commerce et le système financier mondial pourraient éventuellement mener à une nouvelle grande dépression économique. La baisse de la demande du principal client des puissances économiques montantes en Orient n’épargnera pas ces dernières d’une baisse de leurs activités économiques.

Alors, pourquoi ne pas la désirer, cette crise? Cela forcerait les nations à opter pour de nouvelles méthodes d’allocation plus équitables des biens et des services, comme ce fut le cas dans les turbulentes années 30 du siècle dernier. On peut citer le New Deal aux États-Unis ou les politiques du Front Populaire en France.

On remettrait ainsi en question l’ordre économique mercantile mondialisé et favoriserait l’implantation d’une production locale et d’une consommation responsable moins axée sur la frivolité.

Les producteurs locaux seraient aussi avantagés car on ferait appel à leurs services au lieu d’importer de l’autre bout de la planète des produits dispendieux en coûts environnementaux et de transport.

De plus, cela est sans compter l’impact positif sur la préservation de l’écosystème et sur l’exploitation des ressources planétaires en conséquence d’une baisse de la consommation.

Il est vain de croire que la décroissance et la simplicité volontaire vont s’imposer par elles-mêmes sans un ébranlement de la structure économique actuelle. La situation économiquement difficile des futures années risque de réussir là où les bonnes intentions passées ont échoué.

L’Humain ne change pas par plaisir ou par grandeur d’âme, mais seulement lorsque le contexte l’impose.

Économie américaine : le point de rupture à l’horizon?

Un vent de panique s’est installé de l’autre coté de la frontière.  La baisse de 0.75% du taux directeur de la FED traduit une inquiétude face à la santé de l’économie américaine. 

Dans le passé, l’injection de fonds publics dans l’activité économique par l’entremise de grands projets, les baisses d’impôts et la réduction des taux d’intérêts ont permis de sortir de la plupart des crises et récessions.
Mais aujourd’hui, ces anciens remèdes pourront difficilement s’appliquer. La crise du subprime, l’endettement généralisé des consommateurs et la dette intérieure astronomique du gouvernement fédéral ont acculé les États-Unis au pied du mur et une voie de sortie est de plus en plus inaccessible. 

Il ne serait pas surprenant de voir redescendre le taux directeur à 1%, comme cela a été le cas il y a quelques années, qui réduirait encore plus la marge de manœuvre du gouvernement américain.  De plus, il faut compter l’écart dans la répartition de la richesse qui s’est aggravé depuis 10 ans et qui rend inopérante toute baisse d’impôt ponctuelle.   

L’interdépendance économique planétaire se remettrait mal d’un embourbement de l’économie américaine.  En exemple, la Chine perdrait l’un de ses gros clients et s’enfoncerait elle aussi dans le marasme. 

Le capitalisme néolibéral a abattu pratiquement toutes les barrières au développement du commerce et de l’industrie en imposant une déréglementation des marchés et l’intégration des diverses économies nationales.  Et c’est peut-être ce qui causera sa perte, car maintenant, il ne possède que peu de leviers économiques afin de relancer la croissance.

AJOUT AU 30 JANVIER 2008: La banque centrale américaine abaisse son taux directeur d’un demi pourcent.  Il est maintenant à 3%. Quand ça va mal…. 

AJOUT AU 31 JANVIER 2008: Les pertes d’emplois aux États-Unis dépassent les créations d’emplois pour la première fois depuis 2002.

Une dépression économique à venir?

NOUVEAU! LA PIRE CRISE ÉCONOMIQUE DEPUIS 1929

La chute récente des marchés boursiers sur l’ensemble de la planète laisse craindre le pire.

Voici en rappel quatre billets de 2007 qui évoquaient la triste éventualité d’une crise économique mondiale majeure:

Une croissance à credit

L’économie américaine au bord du gouffre

La bourse au bord du gouffre financier

Frénésie boursière et endettements massifs

Bonne lecture!

Une croissance à crédit


Après une décennie de croissance économique quasi-ininterrompue, voila que des signes de récession pointent à l’horizon. Les années folles sont belles et bien terminées, et on doit s’attendre à un brutal retour d’ascenseur.

Les États-Unis, première économie du monde, sont à bout de souffle. La consommation décroît associée à la crise du crédit et le chômage commence à s’étendre pernicieusement. Le pire est à craindre. Plusieurs compagnies de distribution, dont Target et Lowe’s, ont connu des baisses importantes de leurs ventes. De plus, les centres commerciaux américains ont observé la même tendance. Les consommateurs sont craintifs et cela affecte l’ensemble de l’économie américaine et possiblement celle du reste du globe.

Tout ce qui monte doit redescendre. On ne peut connaître une hausse formidable de la croissance économique sans en payer le prix un peu plus tard. Cela rappelle la période euphorique des années 20 du siècle dernier (voir ce lien) qui a débouché sur une crise économique sans précédent.

La prospérité économique des dernières années s’est basée sur un accès trop ouvert au crédit: hypothèques, cartes de crédit, prêts personnels et marges d’emprunt trop faciles ont poussé la croissance à la hausse, mais sans une juste répartition des revenus, il est impossible de maintenir la vitesse de croisière économique à ce niveau.

Il s’agissait d’une fausse croissance, appuyée par des fonds que les consommateurs ne possédaient pas en réalité. Aussi, des bénéfices faramineux de la part des compagnies que l’on alimentaient par l’emprunt. Une croissance à crédit, voilà tout. Devant la hausse du coût de la vie, suscitée par les augmentations du prix du pétrole, bien des américains se sont endettés sans penser au lendemain. Et on en voit les conséquences aujourd’hui.

Le Canada et le Québec ne seront pas épargnés par la crise qui s’annonce. Les liens commerciaux intimes que nous avons avec les États-unis subiront eux aussi les contrecoups d’une récession chez nos voisins. Par ailleurs, la crise risque de s’étendre comme une traînée de poudre à l’ensemble de la planète. L’imbrication du système financier international dans tous les recoins de la terre et le commerce mondial symbiotique ne pourront se soustraire à ces turbulences.

L’économie américaine au bord du gouffre


L’ancien président de la banque centrale américaine (FED), Alan Greenspan, économiste américain émérite, règle ses comptes avec l’administration de GW Bush dans son récent livre « L’age des turbulences ».

Il critique sa mauvaise gestion des finances publiques. Sous ses deux mandats, les États-Unis ont enregistré des déficits budgétaires successifs à chaque année. Une plaie que Bill Clinton avait pourtant réussie à éradiquer. La vision idéologique néo-conservatrice de Bush et du parti républicain consistant à baisser les impôts et à multiplier les dépenses dans la guerre en Irak ainsi que dans la lutte au terrorisme est responsable de cet état de fait, clame-t-il.

Le mois dernier, les États-unis ont connu une importante baisse de l’emploi qu’on n’avait pas vu depuis 2003. Monsieur Greenspan et plusieurs de ses collègues évoquent maintenant la possibilité d’une sévère récession dans les prochaines années.

Et les attaques contre l’ancien chef de la FED n’ont pas tardé à venir. On le tient maintenant comme bouc émissaire de la crise économique dans laquelle s’enfonce l’Amérique. Il aurait maintenu les taux d’intérêts trop bas et cette action serait à la source du problème, ce que nit catégoriquement Greenspan. Il rétorque qu’il n’avait pas le choix et que la croissance était tributaire de taux peu élevés afin de stimuler la consommation et la production.

Mais qui est vraiment responsable de la situation actuelle? Je vous le donne en mille. Qui a endetté ce pays de façon inégalée depuis 2001? La dette de l’état fédéral américain approcherait 7 000 milliards de dollars, un lourd fardeau que les générations futures auront à rembourser dans le futur. De plus, le déficit commercial des États-unis atteignait 763 milliards en 2006, un record de tous les temps.

Les tenants de la mondialisation néolibérale ont démontré leur incapacité à gérer une économie qui était pourtant la plus prospère et la plus dynamique du monde. En à peine 6 ans, ils ont ruiné l’économie américaine et la crise du subprime, c’est-à-dire l’accès trop facile au crédit par les banques et les institutions hypothécaires, risque de mener le monde vers une dépression majeure. L’Europe craint aussi des répercussions dans son secteur financier. La banque Northern Rock de Grande-Bretagne est en difficulté et même des économistes français prévoient des impacts subséquents dans l’hexagone.

Les affairistes néolibéraux au pouvoir depuis la présidence de Ronald Reagan viennent de prouver sans aucun doute leur incapacité et leur incompétence dans la gestion rigoureuse du système économique. Il faudra retourner vers une pratique interventionniste et keynésienne de la part des pouvoirs publics afin de réguler de façon adéquate la sphère économique. Une tendance qui s’imposera par elle-même de toute manière devant la détérioration imminente de l’économie et l’expansion du chômage et de la pauvreté.