Canada fasciste

Qui l’eut cru.

Le Canada, ce pays si respecté sur la scène mondiale pour son aide internationale, son respect des droits de l’homme, sa justice sociale et son respect des préceptes démocratiques glisse lentement, si la tendance se maintient, vers le fascisme sous l’égide des conservateurs.

Le gouvernement de Stephen Harper, fidèle à sa coutume depuis le début de sa gouvernance, ne se gène pas pour contourner les lois et profiter de toutes les occasions possibles pour faire avancer ses réformes de droite antidémocratiques.

Avec et depuis l’élection du Parti Conservateur en 2006, les citoyens canadiens ont vu progressivement leurs droits démocratiques reculés et la libre circulation de l’information brimée.

Tout d’abord, il y a la mainmise du bureau du premier ministre sur toute l’information émanant du gouvernement.  En effet, toute communication vers l’externe doit passer par les mains de Stephen Harper lui-même. Sans compter que ce dernier tient en laisse l’ensemble de ses ministres qui ne peuvent pas ouvrir leurs bouches sans son accord explicite.

Et, fait inquiétant, seuls les journalistes autorisés peuvent poser des questions lors de déroulement de conférences de presse!

Mais ce n’est pas tout : le groupe Journalistes canadiens pour la liberté d’expression s’est déclaré inquiet de la tournure que prend le cabinet Harper dans l’accès à l’information.  Selon un rapport du groupe, 43 % des requêtes d’accès à l’information n’ont pas été traitées à l’intérieur du délai prescrit de 30 jours. Par ailleurs, dans 23 % des cas, plus de 60 jours ont été nécessaires avant qu’une réponse soit donnée.

Autre dossier : les arrestations massives du dernier G20 à Toronto, avec la présence sur place de 5 000 agents de la GRC, font transpirer que le gouvernement fédéral actuel ne lésine pas avec la sécurité ainsi que sur son credo de « la loi et l’ordre ».

Et, cet été, le gouvernement conservateur essaie de faire passer incognito et insidieusement certains pans de son agenda en pleine période de vacances estivales dans laquelle les citoyens ne sont pas autant à l’affût de l’actualité politique.  On tente ainsi de nous en faire passer des « p’tites vîtes ».

Prenons le cas du changement du formulaire obligatoire de Statistique Canada en un caractère volontaire.  Ils ont annoncé ce changement en attestant qu’il s’agissait d’une demande expresse de l’organisme public.  Ce qui s’est avéré éminemment faux tout en suscitant la colère du statisticien en chef de Statistique Canada qui remit immédiatement sa démission.

Dans le même temps, Maxime Bernier, l’inimitable député de Beauce, renchérit en stipulant que des milliers de plaintes ont été adressé à son bureau de circonscription.   Monsieur Bernier proclame qu’il représente une « majorité silencieuse».  Or, celle-ci doit être vraiment silencieuse ou Bernier mythomane, car seulement trois personnes se sont plaintes au près de Statistique Canada depuis 2001!

Quoi qu’il en soit, on réalise très bien que cette décision est idéologique.  Quelques mois plus tôt, Statistique Canada, une institution reconnue mondialement pour sa neutralité et la justesse de ses sondages, a sorti une donnée démontrant la diminution de la criminalité au Canada, ce qui n’a évidemment pas plu aux conservateurs qui élèvent en dogme le « Law and order » et la sévérité des lois en matière criminelle.

Il est à noter que le passage à un formulaire volontaire réduit considérablement la précision des données de Statistique Canada et ainsi fait l’affaire des conservateurs.  Dans l’avenir, ils pourront alors mettre en doute la précision des conclusions de Statistique Canada.

Autre affaire épineuse : la fin de la discrimination positive dans l’embauche de la fonction publique fédérale.  Outre le fait que cette décision mettra fin à un rééquilibrage de la proportion de fonctionnaires fédéraux issus des minorités visibles –  ces dernières représentent 12,4% de la population active mais n’occupent seulement que 9,8% du fonctionnariat fédéral-  cela sonnera l’arrêt de mort d’une juste représentation culturelle et ethnique du pays dans la cohorte des employés de l’État.

Mais, plus précisément, cela traduit la volonté des conservateurs d’exclure le plus possible les minorités au sein de l’appareil gouvernemental.  Ce qui demeure, évidemment, un sentiment exclusif et xénophobe contraire aux valeurs fondamentales de ce pays.

Citons aussi l’octroi de 9 milliards de dollars à l’achat de 65 F-35  en pleine période de restrictions budgétaires.  La situation économique avec son lot de détresses personnelles ne demanderait-elle pas plutôt des investissements plus ciblés socialement?  De plus, pourquoi ainsi exporter ces milliards en dehors de nos frontières pour engraisser la compagnie américaine Lockheed Martin au-lieu de les investir directement dans l’économie canadienne?

La militarisation est à l’ordre du jour chez les conservateurs tandis qu’ils annoncent de prochaines coupes sombres dans la structure gouvernementale à la suite des coûteux programmes de relance de l’économie.  On voit dès lors où résident leurs priorités.

Un pays qui dérive vers l’exclusion des ethnies minoritaires, le contrôle de l’information, la répression et le militarisme ne vous rappelle-t-il pas un schème familier?

L’Histoire nous apprend que la déviation totalitaire ne s’est jamais opérée du jour au lendemain, mais, insidieusement, progressivement, pour finir par étendre son étreinte à toutes les sphères de la vie publique.

Il revient aux citoyens d’être vigilants car la démocratie ne doit jamais être tenue pour acquise.  Elle est un combat perpétuel devant les forces cherchant à la corrompre.

Les conservateurs ne sont même pas majoritaires, et déjà, ils tentent de modeler le corps social selon leurs paradigmes idéologiques.

Imaginez si le Parti Conservateur était majoritaire…

AJOUT : l’affaire du bateau de réfugiés tamouls confirme encore l’assertion que les conservateurs sont répulsifs aux minorités!

Démocratie à géométrie variable

Une version abrégée de cet article a paru le 6 juillet 2010 dans le journal “Le Devoir”

La démocratie n’est pas appliquée de la même façon d’une personne à l’autre ou d’un groupe à l’autre.  C’est ce que nous a enseigné récemment le service de police de Toronto lors du déroulement des sommets conjoints du G8 et du G20.

Les abus policiers commis par les représentants des forces de l’ordre ayant mené à l’arrestation de plus de 900 personnes sont sans commune mesure avec le passé et les violations des droits civiques les plus élémentaires- malgré le peu d’accusations portées- méritent l’enclenchement d’une enquête publique indépendante sur les interpellations arbitraires des policiers ainsi que sur les conditions indécentes de détention.

C’est ce que demande d’ailleurs l’Association Canadienne des Libertés Civiles qui posta 50 observateurs sur le terrain.

La méthodologie policière utilisée après les quelques vitrines cassées et voitures de police incendiées – moins que les dégâts infligés à Montréal lors de la victoire du Canadiens dans la série éliminatoire de 2008-  fut selon plusieurs analystes excessive et inappropriée.  En outre, il fallait s’attendre à un peu de grabuge lorsque l’on tient un événement international si contesté comme le G20 dans la métropole du pays et ce n’est pas le milliard en dépenses pour la sécurité qui aurait pu éviter tout incident.

Mais, le plus affligeant, ont été les manœuvres douteuses et contraires à la déontologie de la part de la police de la capitale ontarienne.  De prime abord, elles contrevenaient au droit canadien en incarcérant de manière préventive plusieurs centaines de personnes durant plus de 24 heures sans l’intervention d’un avocat.

De plus, les agents de la « paix », ont usé de provocation inutile envers des manifestants pacifiques, comme le témoigne ce petit enregistrement vidéo.  Les tactiques de bravade et de démonstration de force doivent sûrement constituer un chapitre du petit guide policier du contrôle des foules. Toutefois, celles-ci paraissent plutôt générer plus de grogne et de rancœur parmi les protestataires au grand dam de l’image publique de la police.

Mettons aussi en lumière un autre incident perturbant.  Plusieurs arrestations expéditives ont été effectuées de manière illégale et en non-conformité au décret qu’a voté le gouvernement ontarien quelque temps avant le sommet. Même le chef de la police torontoise, Bill Blair, l’a reconnu subséquemment.

Le cas le plus démonstratif relativement à ce dossier fut celui de Bill Barrett : le jeune homme de 25 ans a été interpellé en dehors de la « zone chaude », maintenu en détention durant 3 heures et s’est vu confisqué son attirail inoffensif de jeu de rôle médiéval.  Suite au sommet, le chef de police a exhibé fièrement ces jouets aux journalistes comme faisant partie de la panoplie des armes utilisées par les manifestants.  Monsieur Barrett, voyant cela, a averti la presse et l’inimitable chef Bill Blair a dû encore rectifier les faits.

L’ensemble de ces événements doit remettre en question le travail des policiers dans leur rôle de chien de garde de la société et de la démocratie.

En agissant de la sorte, par tromperie et actes illicites, les forces de police vont à l’encontre des principes mêmes de la tradition démocratique.  Malheureusement, cela n’est pas la première fois et sûrement pas la dernière.

Souvenons-nous du sommet de Montebello durant lequel les infiltrateurs de la Sureté du Québec (SQ) ont été repérés par les contestataires pacifiques ou encore de la rencontre montréalaise du G8 en 2002 pendant laquelle 500 personnes ont vu leurs droits civiques suspendus – un fait que le Comité des droits de l’Homme de l’ONU a déploré en raison de l’atteinte à la liberté d’expression et d’assemblée.

Il s’agit de prétendre à une menace terroriste et voilà!  On suspend les droits civiques de certains individus illico presto bien que les hommes d’État présents à ce genre de rencontres ne courent aucun réel danger.

En trame de fond, on doit admettre que la démocratie ou son application ne dépend que de la manière dont les autorités veulent l’appliquer.

Soyez un politicien impliqué à fond dans un scandale des commandites, comme Jean Chrétien, ou un ancien premier ministre conservateur ayant accepté douteusement de l’argent d’un investisseur étranger, tel que Brian Mulroney, ou encore un ministre libéral provincial pris les mains dans le sac dans un scandale de trafic d’influence et de copinage, et l’on vous exonérera de tout tort en vous donnant peut-être une petite tape sur les doigts.

Par contre, montrez-vous dans la rue avec des pancartes et en chantant des slogans contestataires en pleine jouissance de votre droit démocratique de manifester et d’exprimer votre désaccord sur un sommet international à huis-clos dépourvu d’implication populaire, et la police essaiera de vous intimider en lésant outrancieusement et de toutes les manières possibles vos libertés fondamentales.

C’est cela, une démocratie à géométrie variable.

Le message politique est clair : ne manifestez pas, obéissez aux décisions des gouvernements et surtout restez chez-vous sous peine d’incarcération!

Nous prétendons vivre en démocratie, mais lorsqu’on démontre notre opposition à des projets politiques ou économiques qui nous choquent, l’État ne tarde pas à nous aliéner de nos droits fondamentaux sous le prétexte du maintien de l’ordre.

Même si une majorité de répondants à un sondage sur les événements de Toronto se dise d’accord avec les procédés des policiers, ceux-ci représentent une sérieuse brèche à notre vie démocratique.

Lorsque l’on sursoit les droits civiques de quelques-uns pour apaiser l’incertitude des plus influents, l’ensemble des privilèges démocratiques des citoyens est endommagé.

Petit à petit s’érodent alors les valeurs fondamentales de la démocratie et plus rapidement approchons-nous de l’autocratie.

Quebecor: une menace pour la démocratie

Rarement n’a-t-on vu une telle menace pour la démocratie au Québec.  La concentration des médias a atteint un tel niveau que la santé du processus démocratique et la liberté d’expression sont en péril.

Quebecor de Pierre-Karl Péladeau a réussi avec sa stratégie de« convergence » (un terme mielleux remplaçant « monopolisation ») à mettre la main sur un vaste réseau médiatique chevauchant l’imprimerie commerciale, la presse écrite, les médias télévisuels, la câblodistribution et les portails internet.

Qu’est-ce que Quebecor?

Faisons un portrait rapide de Quebecor.  Tout d’abord, il s’agit d’un amalgame d’entreprises de communication à concentration verticale.

Quebecor, c’est Videotron, le plus grand réseau câblé dans la province et Canoë, un portail internet bien connu.  C’est aussi le groupe télévisuel TVA, les librairies Archambault, les éditions CEC et Sogides incluant les Éditions de l’Homme ainsi que les Presses Libres.  Il ne faut surtout pas oublier Sun Media avec son éventail de journaux comprenant Le Journal de Montréal, le Journal de Québec, le Toronto Sun et bien d’autres quotidiens locaux.

Le tout générant près de 4 milliards de dollars de revenus annuellement.

Nous devons aussi inclure les imprimeries de Quebecor World, présentement sous la protection de la loi sur les arrangements avec les créanciers, qui rapportaient presque 7 milliards de dollars à la fin de l’exercice fiscal 2006 (source).

Les périls de la concentration et de la convergence

Au fil des années, Quebecor acquis de nombreuses entreprises afin d’étendre ses activités et d’opérer de la sorte des économies d’échelle.  En ayant la mainmise sur des compagnies aux fonctions complémentaires, elle a pu réduire ses coûts d’opération en contrôlant du bas jusqu’au haut tous les intermédiaires impliqués dans son processus de production.

Des presses de l’atelier d’imprimerie à la Une du Journal de Montréal, de l’enregistrement des nouvelles du soir à TVA jusqu’aux téléviseurs des clients câblés de Videotron,  Quebecor contrôle de A à Z l’ensemble des étapes d’exploitation.

La machine fonctionne tellement bien qu’une récente étude d’  Influence Communication révèle qu’ « en 2008, 36% de la couverture des quotidiens de l’empire Quebecor a porté sur des émissions diffusées par ses propres chaînes (TVA et LCN, entre autres) » et que plusieurs autres émissions issues d’autres réseaux ont été éclipsées.

Seulement, c’est que toute cette concentration indue pose un problème éthique évident.  Outre le fait que l’on impose un modèle culturel aux clients en privilégiant tel contenu provenant du même propriétaire au lieu d’un autre originaire d’un concurrent, il y aussi la problématique de la conservation de la liberté de presse et de l’objectivité des journalistes.

C’est ce qu’évoquait l’Institut de Recherche sur le Québec à la suite d’un avis du Conseil de Presse du Québec datant de 2003 : «  on constate que les salles de rédaction et les rédacteurs en chef sont en perte d’autonomie et d’indépendance face aux directives formelles et informelles des propriétaires ayant des visées certes économiques mais aussi idéologiques ».

Ingérence politique de Quebecor

Depuis les tentatives de rationalisation de Quebecor par son président, Pierre-Karl Péladeau, initiées avec l’ancien conflit au Journal de Québec et se continuant avec le présent lock-out au Journal de Montréal, nous avons pu constater de nombreuses attaques contre le modèle québécois et le mouvement syndical à TVA/LCN ainsi qu’au Journal de Montréal avec des campagnes propagandistes telle que « Le Québec dans le rouge » et les participations de ténors de droite comme Daniel Audet, Nathalie Elgrably, Joseph Facal et Richard Martineau dont certains sont collaborateurs à l’Institut Économique de Montréal.

Le patron de Quebecor cherche évidemment à dicter une direction idéologique à son empire en privilégiant les discours de la droite économique et en implantant  une nouvelle agence de presse de son cru dénommée QMI.

Plusieurs éléments de preuves peuvent appuyer ce constat :

–  Dans un récent article de QMI, une agence se prétendant de même qualité et aussi objective que la Presse Canadienne ou l’AFP, on a pu lire, dans un texte sans auteur, une phrase émettant clairement un jugement de valeurs contraire à la véritable objectivité journalistique : «  Les gouvernements ont-ils raison de sacrifier autant d’argent alors que les finances publiques sont à la dérive? Le déficit du Québec devrait se chiffrer à près de cinq milliards pour l’exercice 20092010 et celui d’Ottawa atteindra une cinquantaine de milliards. »

Le travail d’un journaliste se borne à rapporter les faits, pas à les interpréter.

–  En février 2010, un article du journaliste Dany Doucet du Journal de Québec, repoussait l’insolence et le dédain de la volonté populaire au delà de ses limites.  La trame et le titre de son torchon « Le Québec dans le rouge: dix solutions acceptées » laissent perplexe.

Se basant sur un sondage, il affirme que les recettes proposées pour s’attaquer aux « vaches sacrées » de la société québécoise sont approuvées par la population!

Depuis quand un sondage traduit la volonté d’un peuple? Depuis quand on remet l’expression des désirs d’une société à un média qui affirme sans équivoque qu’un consensus s’est dégagé sans à prime abord qu’un véritable débat public se soit déroulé ou qu’une implication des citoyens ait eu lieu?

On suggère carrément aux citoyens ce qu’ils doivent penser. Pure démagogie et propagande, voilà tout.

–  Le 28 octobre 2009, on publiait le prétendu témoignage d’un papa québécois qui s’inquiète de la dette publique refilée à son bambin.  Ce que le Journal de Montréal a évité de dire dans cet article est que ce père, Yannick Labrie, est un chercheur associé à l’Institut Économique de Montréal, un groupe de réflexion de droite!

Quebecor est vraiment prompt à faire toutes les bassesses et joue sur la fibre sentimentale ainsi que sur la fourberie afin de faire passer son message doctrinal et propagandiste.

En conclusion

L’arrogance du prince des médias ne s’arrête donc plus à la sphère communicationnelle, son terreau naturel, mais déborde maintenant sur la vie publique et politique du peuple québécois. Jamais le pouvoir d’un seul homme n’a autant menacé la viabilité démocratique du Québec.

Une menace qu’a mis en lumière la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) : « Le président de la Fédération, Bryan Myles, considère que le droit du public à une information complète et diversifiée est menacé ».

Même constation de la part de l’Institut de Recherche sur le Québec : « l’uniformisation et la standardisation du contenu fait en sorte que le pluralisme idéologique et la libre circulation des idées inhérents à la bonne santé démocratique d’un pays sont mis en péril. Cette situation constitue un danger puisque la diffusion de différents points de vue sur un enjeu est réduite »

Les autorités publiques devraient se pencher sur ce dossier et envisager un démantèlement de Quebecor pour assurer une véritable pluralité de l’information et des opinions mais aussi pour empêcher une domination des points de vue et conséquemment des intérêts particuliers de certains individus sur ceux de la population en général.

La vie démocratique du Québec en dépend.

Mise à jour au 21 février :  le nouveau président du Conseil de presse du Québec évoque le problème:  »  John Gomery entend proposer des décisions plus tranchées lorsque des dérives journalistiques surviendront. Il y a quelques jours, un article signé Agence QMI dans le Journal de Montréal faisait carrément la promotion d’articles dérivés de la téléréalité Montréal-Québec diffusée sur les ondes de TVA. Ce genre d’article est-il un dérapage aux yeux du nouveau président? « Si un journaliste prône une certaine attitude, c’est son droit. S’il a été engagé pour faire la promotion, ce n’est plus du journalisme, mais bien du lobbying. Je pense que ça devient une [faute] en matière de déontologie et le reporter doit être critiqué », a-t-il répondu.

http://www.ruefrontenac.com/nouvelles-generales/55-enjeux/18208-gomery-conseil-de-presse

À lire:

Convergence politico-médiatique

Le vol de la dette publique

Pour une démocratie plus participative

La démocratie au Québec est en crise.  Le taux de participation à tous les niveaux du gouvernement est en baisse dans la foulée de tous les scandales qui ont accablé le monde politique.

La dégradation du sentiment démocratique appelle à une revalorisation du devoir citoyen par un recentrage de l’électeur dans la prise de décision politique.

Au-delà de la volonté de revoir les règles entourant le financement des partis politiques, il y a une constatation de plus en plus évidente : la démocratie représentative vient de démontrer ses limites et a peut-être atteint son stade de non-viabilité.  Ou, dû moins, elle devrait être agrémentée d’une participation citoyenne plus directe afin de rétablir la crédibilité du processus démocratique.

La récente proposition du Directeur général des élections, Marcel Blanchet, va en ce sens.  La formation éventuelle d’un jury citoyen délibérant sur le dossier du financement politique est un pas vers une réappropriation, même partielle, des centres décisionnels par les citoyens après une dérive concentrant le pouvoir dans les mains de professionnels de la politique, de technocrates et de lobbys d’affaires infiltrés dans toutes les sphères de l’autorité publique.

Les partis politiques officiels, PQ, PLQ et ADQ, ont pourtant rejeté l’idée du DGE car l’établissement d’un tel exercice participatif rapprochant les électeurs des leviers politiques édulcorerait leur influence déterminante sur la chose politique.

Le temps est désormais venu de retourner le pouvoir dans les mains de ceux à qu’il appartient de droit et pour ce faire nous pouvons nous inspirer de plusieurs exemples de part le monde de démocratie participative (comme dans les cantons suisses par exemple).

Il est plus que jamais nécessaire de cesser d’apprécier l’électeur comme un enfant dont l’élu serait le parent et de l’impliquer enfin dans la gérance politique à l’aide de jurys citoyens, de budgets participatifs, de sondages délibératifs ou de référendums car la démocratie québécoise vient de dépasser son stade infantile et demande d’atteindre sa maturité.

À lire:

Collusion dans la construction et mœurs politiques

La machine à magouille des libéraux

L’argent parle chez les conservateurs

Une loi vide de sens

Une démocratie plus équitable

Pour en finir avec la corruption politique

Collusion dans la construction et mœurs politiques

Rien ne va plus.

Les récentes révélations d’une collusion des entrepreneurs en construction lors de l’octroi de contrats municipaux ou gouvernementaux, la corruption politique afférente et le ras-le-bol général appellent à une remise en question des mœurs politiques.

Tout a commencé avec la saga des compteurs d’eau pour être suivi par les allusions de relations douteuses de Benoit Labonté, ancien chef de l’opposition à l’Hôtel de ville de Montréal,  avec l’entrepreneur Tony Accurso.  En entrevue à RDI, Monsieur Labonté a répondu à ces accusations en impliquant anonymement plusieurs élus et fonctionnaires dans le « système mafieux » qui régnerait à la Ville de Montréal.

Et le gouvernement libéral de Jean Charest réagit avec tiédeur en écartant une enquête publique, comme s’il avait des choses à cacher, et remet la paternité du dossier à la Sureté du Québec (SQ) avec l’opération Marteau afin de se délester des conséquences politiques éventuelles et de diluer ses rapports incestueux avec certaines entreprises privées de génie-conseil et de construction.

Pourtant, les coûts de construction en infrastructure au Québec sont de 42% supérieurs à la moyenne des provinces canadiennes (selon le reportage d’Enquête à Radio-Canada) et l’on se demande pourquoi notre réseau routier est en si pitoyable état.  Il y a évidemment anguille sous roche.

Le monde politique québécois est malade, même si notre démocratie est l’une des plus saines de la planète par ses pratiques électorales intègres.  Mais le symptôme de la maladie se situe en amont, pas en aval.

Il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain.

Le nœud du problème se situe dans le financement des élus et des partis politiques.  Bien qu’une loi sur le financement des partis politiques ait été votée en 1977 par le Parti Québécois, il semble évident que cette législation manque de dents et devrait être revue de fond en comble.

Comme je l’affirmais dans un précédent article publié dans Le Devoir, il faudrait limiter le financement des partis politiques qu’aux contributions de l’État déterminées en rapport aux nombres de voix obtenues.  Ainsi, un parti politique ne recevrait qu’un budget égal à la quantité de votes reçus lors du dernier scrutin et ne pourrait travestir les élections et la gestion des affaires publiques par des dons électoraux privés et particuliers contraires aux intérêts collectifs.

Seulement ainsi pourrions-nous assainir les mœurs politiques et se payer une véritable démocratie.

Ajout: un nouveau parti pourrait recevoir du financement en rapport à son nombre de membres et ensuite, après une élection, se voir attribuer des contributions selon les voix obtenues, comme tous les autres.

À lire:  Corruption libérale

Une loi vide de sens

Une démocratie plus équitable

Pour en finir avec la corruption politique

Le profit avant la liberté d’expression

Pour le patronat québécois, la liberté de faire de l’argent pèse plus lourd dans la balance que la liberté d’expression.

En effet, un projet de loi anti-slapp (loi 9) est en procédure d’adoption à l’Assemblée nationale du Québec en réponse aux poursuites des minières Barrick Gold et Banro contre les Éditions Écosociété qui ont publié récemment l’essai controversé «Noir Canada ».

Dans cette cause toujours pendante, ces compagnies tentent de bâillonner la liberté d’expression en poursuivant pour un total de 11 millions de dollars la maison d’édition et les trois auteurs du livre.  Autrement dit, elles cherchent à faire fermer les portes de cet éditeur.

En guise d’information, le Slapp (Strategic Lawsuits Against Public Participation) est une tactique légale utilisée par les entreprises pour lutter contre toute organisation environnementale, communautaire, sociale ou gouvernementale qui oserait s’opposer aux projets de développement d’une compagnie.  Ce que vous ignorez surement, c’est qu’on a enchâssé une clause aux conséquences analogues (chapitre 11) dans l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) datant de 1994.

Ceci dit, il n’en fallait pas plus avec ce projet de loi pour faire monter aux barricades les gens d’affaires de toute la province regroupés sous la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) et le Conseil du patronat (CPQ).  Ils brandissent l’épouvantail d’un ralentissement économique amplifié par cette nouvelle législation comme ils le font toujours lorsqu’on sème de quelques embuches leurs activités.

Ces hommes (et femmes) d’affaires s’inquiètent de voir entraver leur course folle vers leur enrichissement personnel.  De la sorte, ils s’opposent et piétinent le droit à la dénonciation par le public des possibles dérives que pourrait engendrer leur soif aveugle de bénéfice.

Mais de quoi ces gens ont-ils peur?  Craignent-ils la critique ou d’être soumis à l’examen?  Pourtant, après les nombreux scandales qui ont ébranlé le capitalisme depuis quelques années, une surveillance publique accrue de leurs agissements est plus que jamais de mise.

Et si on leur imposait les mêmes entraves à la liberté d’expression en leur interdisant de montrer leur désaccord envers les gestes d’un gouvernement, d’un groupe écologiste, social ou communautaire?  Leur vision du dossier changerait probablement du tout au tout.

En fait, la liberté d’expression s’applique à tous et c’est sur la base de la confrontation des opinions que se fonde le libéralisme politique.  La démocratie ne peut être viable si on dépouille plusieurs de leurs droits pour avantager les droits de quelques-uns.

En somme, ce projet de loi vise à rétablir un équilibre entre le pouvoir de l’argent et le pouvoir sociétal.  En vérité, un rééquilibrage entre ces deux pôles est tout à fait normal dans cette « Nouvelle Nouvelle Économie » qui se dessine après la faillite du libéralisme économique dogmatique (néolibéralisme).

Le business québécois n’a pas raison de s’offusquer d’une telle loi, sauf s’il a des choses à camoufler.  Après tout, si un groupe non-mercantile quelconque diffuse des propos diffamatoires infondés, il sera facile à la compagnie attaquée de le faire taire sous juste prétention devant les tribunaux.  Sinon, toute autre poursuite-bâillon est non-avenante et injustifiée.

Stephen Harper est-il schizophrène?

Le premier ministre Stephen Harper a mit le feu aux poudres avec son énoncé économique teinté de dogmatisme et s’attaquant directement aux principes démocratiques, au bon sens économique et aux droits des travailleurs.  Il a tenté, avant de retourner sa veste, de couper massivement dans tous les ministères fédéraux, d’interdire les grèves dans la fonction publique et de mettre fin à la politique d’équité salariale! 

 

Cependant, le plus abjecte fut d’inséré une mesure de nature politique dans un emballage économique : la fin des contributions de l’État aux partis politiques visait clairement à couper l’herbe sous le pied aux partis d’opposition qui dépendent grandement de ces contributions.  On sait que les coffres du Parti Conservateur sont plein à craquer avec le soutient financier des pétrolières.

 

Stephen Harper parle d’une tentative de coup d’État de la  part de l’opposition, mais on se demande bien qui a essayé de se perpétuer au pouvoir de façon détournée en faisant prioriser les dons monétaires des entreprises sur le financement démocratique des formations politiques. Il n’est alors pas surprenant que les autres partis essaient de signer l’arrêt de mort de ce gouvernement car cette dernière attaque constituait un véritable assaut frontal envers l’opposition et la démocratie.

 

En fait, les conservateurs ont raté leur coup aux dernières élections générales.  Ils espéraient une majorité en face de la faiblesse du Parti Libéral du Canada pour pouvoir enfin imposer leurs réformes de droite.  Or, ils se sont encore retrouvés minoritaires et ils ont subséquemment poussé l’audace un peu trop loin.  Stephen Harper comptait sur le fait que le PLC, le NPD et le Bloc Québécois n’oseraient pas convoquer une nouvelle fois les électeurs aux urnes aussi rapidement et que l’émasculation du Parti Libéral avec l’absence d’un chef fort ferait passer sans trop de problème son énoncé économique à travers le processus législatif.  Mais il s’est trompé et il n’a apparemment pas vu venir le train d’un possible gouvernement de coalition.  Pourtant, cela est pratique courante depuis des décennies dans les démocraties parlementaires d’Europe de l’ouest.

 

Aussi, le chef conservateur évoque un affront à la démocratie et cela est complètement risible lorsque les trois partis qui se proposent de former un futur gouvernement représentent plus de la moitié des suffrages de l’électorat.

 

De plus, le leader conservateur réécrit l’Histoire à sa guise.

 

En dénigrant les élus du Bloc Québécois dans cette aventure d’un gouvernement de coalition, Stephen Harper oubli que lui-même avait tendu la main pour former une coalition avec le Bloc en 2004.  Mais, maintenant qu’il est au pouvoir, les députés du BQ ne sont plus dignes d’être des représentants légitimes dans la Chambres des Communes. 

 

Par ailleurs, il affirme que les autres partis ont refusé de participer à l’élaboration de son énoncé économique. Il a tout faux.  Le Bloc a suggéré beaucoup de propositions qui ont toutes été rejetés du revers de la main par les conservateurs.

 

Avons-nous à faire à un schizophrène? Stephen Harper courberait-il la réalité à son avantage au dépends de la vérité?

 

Au dernier acte du premier chapitre de cette saga, la gouverneure générale du Canada, madame Michaelle Jean, s’est pliée à la volonté du titulaire de l’organe exécutif en prorogeant les activités du parlement.  Sa fonction étant non-élue, il était difficile pour elle de ne pas acquiescer à la demande du premier ministre.

 

Celui-ci a étiré son  mandat en suspendant les délibérations législatives en pleine crise économique mondiale. Il aurait peut-être mieux valu de déclencher des élections afin de dénouer l’impasse. Cela aurait été plus responsable car aucune intervention dans l’économie ne sera possible pendant l’intervalle nous menant au 26 janvier. De toute façon, il est fort probable que le gouvernement sera défait en chambre dès le recommencement des travaux parlementaires.    Ici, les conservateurs font passer leurs intérêts électoraux avant ceux des citoyens en espérant un essoufflement de la coalition.

 

Ce n’est pas tout. En novembre, monsieur Harper avait pourtant fait un vibrant plaidoyer au sommet de l’APEC sur la viabilité de l’interventionnisme de l’État en tourmente économique quitte à générer des déficits.  En revanche, son récent énoncé économique se proposait de faire tout le contraire en effectuant des coupes sombres dans l’administration publique!  À n’y rien comprendre. 

 

Je le répète encore : avons-nous un schizophrène comme premier ministre du Canada?  Il dit une chose et fait le contraire aussitôt!

 

L’actuelle administration fédérale devra mettre de l’eau dans son vin dans son budget du 27 janvier afin de dissoudre la coalition, ce qui est loin d’être assuré.  Les politiques de droite du Parti Conservateur sont tout à fait incompatibles avec les volontés plus progressistes des autres formations et il serait surprenant cette fois-ci que l’une de celles-ci appuie le budget, à moins de concessions majeures du gouvernement conservateur. 

André Arthur versus l’éthique politique

Le député André Arthur a été engagé par TQS pour animer une émission d’opinion sur l’heure du midi.  Il s’agit sûrement d’une première au Québec.  Jamais dans le passé récent un politicien n’a usé d’une tribune « privée » sous rémunération en tant que « sideline » à son travail de député. 

 

Un événement qui soulève bien des interrogations.

 

Comme le soulignait Gilles Duceppe, chef du Bloc Québécois, il y a risque de conflit d’intérêts et la qualité de son rôle de député pourrait en subir les contrecoups aux dépens de son électorat.

 

Il semble évident qu’un élu à l’emploi d’un réseau télévisuel aura tendance à suivre la pensée politique générale de son employeur qui en profitera du même coup pour diffuser ses croyances.  Ainsi, cet élu serait tiraillé entre les intérêts de ses électeurs et ceux du média qui signe son chèque de paie.  Ce genre d’association est en pure contradiction avec la démocratie car c’est comme si on achetait un député en lui prodiguant des faveurs.

 

De plus, pourquoi un député en particulier aurait droit à cette publicité gratuite plus qu’un autre? On se souviendra que chaque député a droit à la même période de télédiffusion politique que tous les autres via la télévision publique.  Ne serait-ce pas plus juste de permettre à tous les députés de participer à une telle émission par souci d’équité? 

 

Par ailleurs, monsieur Arthur aura un avantage indu sur les futurs candidats-députés dans son comté lors des prochaines élections.   Cela, en fait, ne s’opposerait-il pas à la loi électorale?

 

On voit ainsi l’allégeance politique des nouveaux acquéreurs de TQS.  Remstar ramasse des propagandistes de droite en son sein comme monsieur Arthur et Jeff Fillion qui occupera la plage horaire du matin afin de répandre encore plus les idéaux conservateurs et réactionnaires dans la société québécoise. 

Ajout:  TQS a confirmé la fermeture de sa salle des nouvelles.  Adieu l’objectivité! On aime mieux les tribunes de droite afin d’informer (ou de désinformer) la clientèle déjà peu conscientisée du Mouton Noir de la télé.

La foi obstinée du maire Jean Tremblay

Cet article a paru le 8 août 2008 dans le journal “Le Quotidien ” (Saguenay).

La croyance en Dieu est tellement grande pour le maire de Ville de Saguenay qu’il est prêt à faire payer ses contribuables afin de s’assurer de la perpétuité de la prière aux séances de son Conseil de ville. C’est ce qu’on a appris cette semaine à la suite de la poursuite déposée par des habitants de Ville de Saguenay.

Ce maire populiste tient mordicus à conserver sa petite prière malgré l’opposition marquée de plusieurs de ses électeurs. Une attitude digne d’un petit magistrat régional confiné dans ses croyances conservatrices et religieuses.

Peu importe le fardeau fiscal supplémentaire que ses concitoyens auront à subir et le temps alloué sur cette affaire puérile par les avocats de la ville. Pourtant, ceux-ci devraient être attribués à des dossiers plus pertinents.

C’est à croire que ce notaire, pourtant un homme de loi, n’a pas bien compris la notion de séparation entre la religion et les pouvoirs publics qui est pourtant à la base de la démocratie occidentale depuis l’époque des Lumières.

En tant que maire responsable, il devrait jeter l’éponge et passer à des choses plus importantes dans l’intérêt de sa municipalité et de son électorat.

L’industrie pétrolière : un gouvernement mondial occulte

La récente rencontre du G8 l’a confirmé : les pays industriels développés ne désirent pas s’engager dans une réduction substantielle des gaz à effet de serre. Au mieux, ils ont fait un vœu pieux en déclarant vouloir réduire de moitié les GES d’ici 2050 en reportant encore une fois les mesures à plus tard, c’est-à-dire en 2009, lors d’une prochaine conférence des Nations Unies au Danemark.

Autrement dit, ils ne veulent rien entreprendre en ce sens et renvoient encore les problèmes environnementaux aux calendes grecques en sachant très bien que l’ONU ne pourra rien résoudre en raison de sa division inhérente entre pays émergents et pays occidentaux.

Le carburant fossile est l’assise de l’économie industrielle et commerciale (transport, transformations…) dont les pétrolières sont les maitres d’oeuvres.

On le constate de plus en plus, la flambée du prix du baril de pétrole échappe au pouvoir politique. Non parce que celui-ci manque de bonne volonté, mais simplement parce que les partis politiques au pouvoir depuis 20 ans sont carrément au service de l’industrie pétrolière.

Aux États-Unis, on sait très bien que le véritable motif de la guerre en Irak déclenchée par le président républicain G.W. Bush fut la possession des gisements d’or noir de ce pays à l’avantage des pétrolières américaines.

Aussi, au Canada, pendant que le coût du baril de pétrole passa de 11$US en 1999 à plus de 130$US en 2008 et que les profits des pétrolières bondirent de 1300%, on diminua les impôts de ces compagnies de 9% durant la même période!

Il y a évidemment anguille sous roche. Cette dynamique ne peut être incombée au seul Parti Conservateur que l’on sait très proche des géants pétroliers, mais aussi au Parti Libéral du Canada qui était au pouvoir jusqu’en 2006.

L’influence des pétrolières sur les gouvernements occidentaux est sans commune mesure et celles-ci feront tout pour retarder des plans environnementaux efficaces contre le réchauffement climatique afin de préserver leurs marges bénéficiaires. C’est ce que ce sommet du G8 confirme encore.

Arrêtons de nous leurrer. La véritable démocratie s’est depuis longtemps évaporée. Le vrai détenteur du pouvoir politique mondial est au-dessus des simples citoyens, des groupes d’intérêts et même des nations souveraines : il s’agit aujourd’hui de l’industrie pétrolière transnationale qui transcende toutes les frontières.