La vacuité du vote obligatoire

Ce texte a été publié dans Métro Montréal le 16 août 2012

On peut saluer l’Institut du Nouveau Monde (INM) pour sa proposition du vote obligatoire afin de susciter une augmentation de la présence des jeunes électeurs aux urnes.

Cependant, cette solution, que l’on peut qualifier de « magique », fut imaginée jadis par beaucoup de penseurs politiques et appliquée dans quelques rarissimes pays, sans jamais devenir la panacée à la chute de l’implication des citoyens à la vie publique en Occident.  Et cela pour de nombreuses raisons.

Tout d’abord, dans notre contexte proprement québécois, une telle mesure coercitive avec possibilité d’amende au délinquant viendrait choquer les jeunes déjà épris d’un libre arbitre que la société leur a inculqué dès leur tendre enfance.

Ainsi, le succès du résultat du vote obligatoire est loin d’être garanti : contraindre la participation électorale des citoyens peut amener l’élection de dirigeants populistes car certains électeurs, peu intéressés par la chose politique, voteraient sans trop réfléchir pour les candidats leurs promettant mer et monde.

Finalement, l’INM prend le problème du mauvais côté.  On ne peut imposer l’intérêt envers les choses de l’État dans la Polis.  Il faut le créer, le stimuler, le mousser dès le début de la vie du citoyen jusqu’à son décès.  Ceci engendre des citoyens plus éclairés et donc une démocratie plus saine.

La suggestion de l’INM de cours d’éducation civique va en ce sens.  Il devrait s’y tenir et insister davantage sur ce point…

Défendre le futur

Peu de Québécois comprennent l’importance du combat contre la hausse des droits de scolarité.  Au-delà des calculs et des coûts, le nœud du débat se situe ailleurs, c’est-à-dire dans l’avenir d’une société juste et équitable que nous voudrions léguer à nos enfants et petits-enfants.

L’éducation est le premier et le dernier jalon de l’établissement de la démocratie politique, mais aussi le fondement de la justice sociale dont dépend la pérennité de la culture démocratique.

Sans la diffusion tous azimuts de l’éducation supérieure dans la population, le phénomène de polarisation des richesses, d’accaparation de privilèges au seul bénéfice des élites et l’abrutissement de la masse devenue servile deviennent la norme.

Nous, Québécois, devrions pourtant bien le savoir. Sous la Grande Noirceur, l’analphabétisme et l’ignorance populaire maintenaient la nation québécoise sous le joug du clergé et des notables tandis que des compagnies américaines pillaient nos ressources avec comme seule base de redevance le principe duplessiste « d’une cenne la tonne ».

La démocratisation de l’éducation supérieure implantée dans les années 60 a fait sortir les Québécois de leur rôle de porteur d’eau et a permis leur appropriation des leviers du développement économique.  Ce retour du pendule dans l’autre sens avec cette hausse des droits de scolarité minerait tout ce que nous avons accompli : le Ministère de l’Éducation lui-même estime que celle-ci empêchera 7 000 personnes d’accéder à des études universitaires. Qui plus est, selon les Nations Unies, plus les droits de scolarité sont élevés, plus l’indice du développement humain (IDH) est faible.  Comme quoi l’éducation est et demeure la richesse la plus importante de chaque nation.

Mais n’essayez pas de faire entendre raison au gouvernement libéral de Jean Charest.  Plusieurs avenues étaient possibles pour renflouer les coffres des universités –  comme faire le ménage dans la bureaucratie et les avantages princiers des recteurs -, surtout lorsqu’on considère que la nouvelle contribution estudiantine demandée ne correspond qu’à un minime 5% du budget total des universités.

Le choix est donc purement idéologique, malgré les sorties lénifiantes de la ministre Line Beauchamp.

L’opposition à ce renchérissement des tarifs universitaires n’est donc pas anodine.  C’est le premier front de l’équité sociale ainsi que de la préservation des idéaux solidaires sur un continent nord-américain où tout ce qui a de la valeur doit nécessairement avoir un prix exorbitant.

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication : 180 (universitaire)

L’oubli du passé

Ce texte a été publié dans Métro Montréal le 13 mars 2012

Les pourfendeurs de la grève étudiante sont souvent les mêmes qui décriaient, il n’y a pas si longtemps, l’apathie sociale et la dépolitisation de la jeunesse québécoise.

Or, cette dernière vient de démontrer, avec l’élargissement de la protestation, qu’elle est bel et bien capable de se mobiliser face à des politiques aux antipodes des valeurs sociales ayant jadis été portées par leurs prédécesseurs qui croyaient à un idéal de société juste permettant un accès facile aux études supérieures, garantes de la formation de citoyens éclairés et conscientisés aux enjeux sociopolitiques, si nécessaire à la santé de la démocratie.

Maintenant, un bon nombre de ces mêmes prédécesseurs – parents et grands-parents –  regardent du haut de leur piédestal, et avec une certaine condescendance, leurs progénitures se battre pour préserver ce qu’ils ont autrefois réclamé et obtenu. 

Force est de constater que ces étudiants d’hier ont vite oublié que l’éducation est la principale arme contre l’asservissement d’un peuple et que l’ignorance permet à un régime autocratique de s’installer dans la passivité populaire – comme sous Duplessis.

En fait, ironiquement, ce sont désormais eux qui sont enclins à l’apathie sociale et à la dépolitisation…     

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication : 270 (initié)

La tragédie russe

Cet article a été publié dans le journal Métro Montréal le 6 mars 2012

De la monarchie absolutiste du Tsar au régime autocratique de Poutine en passant par la dictature du prolétariat de l’URSS, la nation russe n’a jamais pu établir un semblant de société démocratique.

Tous les espoirs étaient permis après la chute du mur de Berlin qui insuffla un vent de changement et d’espoir démocratiques parmi les populations de l’ancien bloc de l’Est.

Or, la récente victoire de Vladimir Poutine à la présidence – cette fois-ci avec un mandat allongé de six ans – consacre bien le fait que la Russie n’a pas modifié son paradigme politique même si elle espérait copier le modèle occidental – de nombreuses fraudes électorales ayant encore été dénoncées par une opposition latente et une nouvelle oligarchie financière maîtresse de la plupart des industries et des ressources du pays s’étant implantée.

L’ironie de l’histoire est telle que la nouvelle Russie de l’ex-officier du KGB ne casse en rien avec l’héritage de l’ancienne république soviétique, si dénigré par une majorité de Russes.  Au contraire, elle s’en inspire.  Ainsi, le chemin du peuple russe vers la démocratie nécessitera peut-être une nouvelle révolution…

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication : 208 (initié)

La Pétrocratie

Ce que démontre le prix élevé de l’essence à la pompe, souvent sans corrélation au cours du baril du pétrole brut, est que la traditionnelle démocratie libérale ayant assise en Occident n’est plus qu’une vue de l’esprit.

En effet, les pétrolières – détenant parfois l’exploitation de la ressource et toujours les raffineries servant à traiter la matière brute – assoient leur pouvoir économique ainsi que leurs politiques en imposant leurs velléités implacables.

Lorsque le président des États-Unis, Barack Obama, – l’homme supposément le plus puissant de la planète –  admet son impuissance face aux montées du coût de l’essence lorsque celui-ci ne cesse de progresser depuis trois semaines dans son pays au risque de miner une reprise économique plus qu’attendue, on est en droit de s’interroger.

Et n’oublions pas son prédécesseur, Georges W. Bush, digne fils de son papa lui aussi ancien président à la solde des magnats du pétrole, qui déclencha une guerre en Irak pour le motif évident de mettre la main sur ses puits d’or noir.

Au Canada, l’homme de paille des géants pétroliers, Stephen Harper, fait fi des risques environnementaux apparentés à l’exploitation des sables bitumineux pour alimenter le puissant voisin du Sud si avide du pétrole nécessaire à son économie.  Rappelons-nous que le traité de libre-échange, l’ALENA, signé par un autre ancien premier ministre conservateur, Brian Mulroney, contraint le Canada à fournir les États-Unis du quart de sa production de cette ressource.  Pendant ce temps, en pure incohérence, l’Est du pays doit s’approvisionner à l’extérieur même si la logique dicte qu’un pays aussi pourvu en pétrole devrait être autarcique en ce domaine et ainsi pouvoir contrôler le prix à la pompe à l’avantage de ses citoyens avec un peu de volonté politique.

En somme, la souveraineté politique des États a migré vers des organisations transnationales se souciant peu de l’équité ou de la justice.

Oubliez la démocratie représentative. Elle est désormais désuète et surannée.  Dites bonjour à la pétrocratie!

Le vrai pouvoir n’est plus dans les assemblées législatives ou les cabinets exécutifs.  Il siège maintenant, derrière des portes-clauses, dans les conseils d’administration de l’oligarchie des grandes pétrolières….

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication : 172 (universitaire)

Des origines de l’inégalité sociale

Depuis des temps immémoriaux, l’inégalité parmi les hommes est proclamée, voire même encensée.

Platon édictait une hiérarchie sociale dans laquelle chacun avait sa place attitrée selon sa “vertu”.  Il suggère trois classes – ou plutôt castes dans lesquelles la naissance détermine l’appartenance – ; les dirigeants, les soldats et les artisans.

Aristote va dans le même sens.  Les « vertueux » de descendance, les nobles,  sont appelés à gouverner tandis que les non-vertueux, esclaves et paysans, sont condamnés à la soumission ainsi que leur progéniture.

De même, au Moyen Âge, selon le grand penseur scolastique Augustin, les individus ne sont pas égaux – ce qui se veut antinomique pour une religion chrétienne valorisant le partage et l’équité parmi les hommes.

Pour Saint Augustin, tout pouvoir est tributaire du divin, particulièrement celui du dirigeant.  L’authentique chrétien ne se soumet pas seulement à ses dirigeants, il se doit de les aimer, même s’ils s’avèrent être des tyrans, car en les aimants, c’est Dieu qu’il vénère.

À notre époque, malgré les pieuses prétentions démocratiques et de respect des droits de l’homme, le même schème de pensée habite la nouvelle classe dirigeante, les mercantilistes.

On peut le constater avec les bonis octroyés aux PDG des banques et des multinationales, malgré leurs états financiers désastreux.  Ceux-ci sont au-delà de la vile plèbe.  On les gratifie de leur incompétence en les engraissants encore plus en toute impunité pendant que le peuple doit se serrer la ceinture et voir les protections sociales de base amputées de plus en plus, chaque jour, avec des mesures d’austérité épargnant les plus nantis.

Pourrons-nous briser ce cercle vicieux historique?  Certains le pensent en occupant les temples de la finance et du capitalisme…

Participalisme politique

S’il y a une chose que les Indignés du monde peuvent nous apprendre, c’est le modèle différent de concevoir la société et les rapports entre les hommes qu’ils apportent.

Dans leurs camps d’occupation – inspirés de l’autogestion et de la participation de tous aux délibérations ainsi que dénués de chef ou de figure dominante –  une véritable vie communautaire et solidaire se développe en opposition à la société qui les entoure où règne le chacun pour soi et l’individualisme exacerbé.

Ce modèle, situé à l’antipode des dogmes productivistes et compétitifs du capitalisme, influe un vent de changement dans des sociétés mercantiles déracinées de tous liens sociaux durables.

Et, au niveau politique, le mouvement des indignés suggère un nouveau paradigme.  Il propose le participalisme politique et la prise de décision en groupe au-lieu d’une démocratie représentative, datant du 13e siècle,  aux mains de groupes d’intérêt privés dont les velléités sont souvent contraires au bien commun.

Pour lutter contre le cynisme ambiant envers la classe politique, il est de mise de redonner le pouvoir décisionnel aux principaux intéressés, les citoyens, en organisant des jurys citoyens, des budgets participatifs, des sondages délibératifs ou des référendums.

Après tout, comme le dit l’adage, on n’est jamais mieux servi que par soi-même. Et cela se vaut aussi en politique.

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication : 185 (universitaire)

Citoyenneté à vendre

La crise grecque a atteint son paroxysme.

Avec le nouvel accord imposé par l’Union Européenne, la nation hellénique se doit de sabrer sauvagement dans les services publics, de vendre son patrimoine historique, de remettre au plus offrant ses infrastructures urbaines et, le comble, d’augmenter les impôts, les taxes tout en diminuant les pensions de retraite.

Néanmoins, toute cette vente de feu révèle un sombre avenir qui guette toutes les nations occidentales.

En effet, face à la mondialisation néolibérale, les États-nations sont soumis au diktat économique du FMI et de la Banque Mondiale en laissant partir une partie de leur souveraineté à l’avantage de l’implacable capitalisme international.

Désormais –  en fait,  depuis les années 80 –,  les gouvernements ont plié devant les velléités du libre-marché mondial et acquiescé implicitement à ce délestage de leurs prérogatives en politique économique et sociale au détriment des besoins des citoyens qu’ils doivent, supposément, représenter.

Ainsi, la citoyenneté et la démocratie s’érodent progressivement, car les droits politiques qu’elles comportent, sont aliénés par un despotisme supranational immatériel et dépourvu d’instance politique officiel.

Seul demeure le marché, la « main invisible », censée résoudre toutes les problématiques et maintenir l’équilibre, mais qui, en réalité, ne fait que détruire le tissu social sur l’autel du mercantilisme primaire sans foi ni loi situé à mille lieux de la justice sociale et des préoccupations concrètes des hommes.

Le fléau de cette « citoyenneté à vendre » se répand même aux États-Unis – aussi empêtrés dans un dossier de dette souveraine divisant leur monde politique entre démocrates voulant augmenter les impôts des plus riches et républicains intraitables sur une réduction unilatérale de l’État sans contribution des plus nantis.

Sans un pouvoir politique fort – contrepoids aux intérêts particuliers-  incarné par un État, les droits politiques inhérents à la citoyenneté et à la démocratie sont menacés ainsi que les besoins humains les plus élémentaires passant alors à la seconde place derrière les priorités purement économiques et financières d’un système qui ne repose que sur l’argent et le bénéfice immédiat.

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication :  239 (initié)

Wisconsin : la dictature de la liberté

Les événements du Wisconsin initiés par le programme d’austérité du jeune gouverneur républicain Scott Kevin Walker, en poste depuis seulement deux mois, constituent le premier jalon de la politique libertarienne du Tea Party.  Au grand plaisir des partisans du mouvement ultraconservateur, l’accession au pouvoir de l’un des leurs est une victoire inespérée et propulsera encore plus en avant leur dogmatisme ainsi que leur arrogance.

Ainsi donc, les diaboliques syndicats, ayant pris le contrôle de l’appareil de cet État du Middle West américain, sont mis en échec, malgré les protestations populaires réunissant, à plus d’une reprise, des centaines de milliers de personnes devant le Capitole du Wisconsin.  Pourtant, les syndicats ont déjà été passablement affaiblis depuis les trente dernières années et les leaders syndicaux du Wisconsin avaient déjà ouvert la porte à des compromis afin d’alléger le déficit de l’État. 

Mais que cela ne tienne.  Comme un éléphant entrant dans une boutique de porcelaine, on saccage tous les droits sociaux les plus élémentaires en usant de stratagèmes antidémocratiques frisant le despotisme. Cela donne aussi le ton que pourront employer les entreprises privées dans leurs pourparlers avec leurs salariés syndiqués.

Non seulement les républicains du Wisconsin ont empêché à des élus d’entrer dans la Chambre lors de l’adoption du contesté projet de loi, ils ont aussi fait fi des règles parlementaires au Sénat en contournant le quorum de l’assemblée par une entourloupette procédurale – 14 sénateurs démocrates ayant refusé de siéger à cette occasion.  On voit clairement ici que la démocratie passe bien loin derrière les velléités idéologiques des ultraconservateurs qui affichent donc comment ils régleront le cas de ceux qui osent s’opposer à leurs politiques.

Par ailleurs, toutes ces manœuvres autocratiques vont à contre sens de la pierre angulaire de l’idéologie des républicains du Tea Party : la liberté.  Ainsi donc, en bafouant le processus de négociation syndicale-patronale, ils contreviennent à la liberté d’association, un droit reconnu internationalement, ne laissant primer que les libertés individuelles afin de diviser pour mieux régner.  En reléguant l’individu comme seule entité morale capable de revendiquer la plénitude de ses droits, il le confine dans un coin en étant l’unique responsable de ses déboires ou de ses succès. 

La situation aurait été probablement moins explosive si le gouverneur Scott Walker avait réparti l’ensemble des coupures à une communauté plus large.  Ce qui n’a pas été le cas.  Un autre pan de son programme fut d’allégé les impôts sur les hauts revenus et d’abaisser la taxation aux entreprises –  la belle vieille rhétorique des républicains depuis les années Reagan stipulant que seuls les nantis peuvent créer de la richesse.  Une croyance qui a pourtant mené les États-Unis dans un criant état d’inégalité des revenus ayant généré la crise économique de grande ampleur qui perdure depuis 2008 par un taux d’endettement record.  De la pure pensée magique.  On préfère détrousser la classe moyenne pour satisfaire les envies des riches. 

La vague libertarienne commence à déferler sur une Amérique en désarroi économique. L’Ohio est la prochaine en liste. Elle visera à recroqueviller l’État sur lui-même, en sabrant dans les services et la fonction publique avec, comme effet, de laisser les individus seuls avec eux-mêmes et dépourvus de réseaux de protection sociale.  Autre conséquence : ces coupes sauvages auront tendance à faire vaciller la timide reprise économique car bien des personnes, dont les employés de l’État, perdront en pouvoir d’achat pour s’assurer des avantages sociaux de base (santé, assurance, pension) que le gouvernement ne leur fournira plus.

Trop de liberté, c’est comme pas assez.  En vérité, la liberté, sans l’égalité la soutenant, ne mène qu’à la dictature idiote de la liberté…

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication :  173 (universitaire)

La droite xénophobe

Une tendance inquiétante balaie la droite politique dans le monde occidental.

De l’Europe à l’Amérique du nord, l’ancienne droite libérale multiculturaliste cède la place à une droite conservatrice réactionnaire et xénophobe.

Les représentants du pouvoir exécutif des trois grandes nations européennes, tous conservateurs, tournent le dos à l’intégration des immigrants qu’ils qualifient comme étant un échec: le président de la France, Nicolas Sarkozy; la chancelière allemande, Angela Merkel; le premier ministre britannique, David Cameron.  À ce stade, il n’y a qu’un pas à franchir pour parler de xénophobie, voire de racisme.

De plus, en Suède, un parti d’extrême droite a réussi à faire élire des députés au parlement tandis qu’en Hongrie, un régime fasciste contrôle le pays d’une main de fer.

Et, en Amérique du nord, le Tea Party de Sarah Palin, mouvement politique ultraconservateur, accusé de racisme, prend de l’ampleur en dénigrant fanatiquement le premier président américain noir de l’Histoire, Barack Obama.

Lentement, mais sûrement, l’Occident s’éloigne des principes démocratiques et d’ouverture sur les autres cultures de la planète tandis que le monde musulman s’éveille aux principes du libéralisme politique, pourtant issu de la sphère occidental, dans sa propre Renaissance en pleine ébullition, notamment en Libye, Tunisie et en Égypte.

Une situation plus que paradoxale.

D’un coté, un glissement vers l’extrême droite est en train de s’opérer dans les sociétés occidentales et de l’autre, les pays musulmans, qui s’ouvrent à la démocratie et à l’éveil des libertés individuelles, dont celles des femmes.

Par ailleurs, sociologiquement, le paradoxe est encore plus prononcé.  Une jeune population musulmane aspirant à plus de liberté et de justice s’oppose à une communauté vieillissante en Occident cherchant à protéger à tout prix ses prérogatives et ses paradigmes culturels face à une immigration étrangère en progression, beaucoup composée de personnes de confession musulmane.

Cependant, on peut se questionner sur les véritables motifs de cette montée de l’extrême droite en Occident.  Le multiculturalisme a connu bien des heurts, exacerbés par les médias aux penchants sensationnalistes, mais, globalement, on ne peut parler implicitement de fiasco.  Sans compter que les nations occidentales ont besoin d’immigrants pour contrer l’implosion de ses populations générée par leur déficit de régénération démographique.

Mais, surtout, les motivations de la droite conservatrice doivent être mises en examen.

En propageant la crainte de l’étranger à la nation ou d’une immigration menaçante et agressive contre les caractéristiques culturelles de l’Occident via la propagande des conglomérats médiatiques privés souvent sous son contrôle idéologique, la nouvelle droite xénophobe espère susciter la peur afin de maintenir sa mainmise sur le pouvoir politique et même de l’accentuer encore plus.

C’est pourtant vieux comme le monde.  Adolf Hitler a déjà usé du même stratagème dans le but d’obtenir l’autocratie totale en échafaudant l’incident de l’incendie du Reichstag tout en rejetant sa paternité sur la communauté juive après avoir monté son peuple contre elle…

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication :  191 (initié)