Le mirage Legault

Une oasis s’offre aux Québécois dans le désert de la politique provinciale. Apparaissant à l’horizon comme un havre de changement, la Coalition Avenir Québec (CAQ) attire les électeurs désabusés de la sempiternelle alternance entre les deux partis traditionnels que sont le Parti libéral du Québec et le Parti québécois. Cet asile politique que représente le parti de François Legault empreint d’une image de « nouveauté » (la CAQ est en fait une ADQ 2.0) ne constitue qu’un mirage dans lequel les citoyens peuvent se laisser berner.

Derrière la façade consensuelle de la CAQ se cache un parti autocratique centré sur le chef qui prend la plupart du temps les décisions, ce qui amène souvent des déclarations controversées, car aucune consultation n’est réellement faite avec les membres du parti. Formation politique possédant peu de structures démocratiques, le chef, François Legault, nomme directement les candidats du parti dans chaque circonscription, contrairement aux autres grands partis qui permettent aux membres de désigner démocratiquement leur candidat dans chaque comté. Notons aussi que la CAQ a l’effectif de membres le moins élevé (beaucoup moins) des quatre principaux partis. Ce parti peut être ainsi considéré comme un parti de notables au lieu d’un parti de masse.

En fait, ce genre de parti est calqué sur un modèle d’entreprise dans lequel le haut de la pyramide dicte ses volontés à toute l’organisation. La CAQ s’avère dès lors comme une formation politique non démocratique et centralisatrice. Notons aussi que François Legault est un ancien d’homme d’affaires ayant dirigé Air Transat et que plusieurs de ses candidats proviennent du monde des affaires.

Si la CAQ prend les rênes du pouvoir, elle imposera ce modèle à l’appareil gouvernemental en tentant de changer la philosophie de l’État dans un but de rentabilité à tout prix, comme cela se fait dans le domaine privé. Pour ce faire, Legault a déjà implicitement déclaré en 2012 qu’il remplacerait les hauts fonctionnaires et les dirigeants des sociétés publiques qui ne penseraient pas comme lui, c’est-à-dire avec une logique mercantile. Dans la présente élection, « L’aspirant premier ministre compte confier à la vérificatrice générale du Québec la tâche de passer au peigne fin le curriculum vitae des premiers fonctionnaires de chacun des ministères » selon Le Devoir – ce qui pourrait servir de prétexte pour faire le coup de balai tant préconisé.

Par ailleurs, il faut souligner le caractère « amateur » de François Legault, lui, pourtant, qui navigue dans les eaux de la politique québécoise depuis longtemps. Il a fait preuve d’une méconnaissance de plusieurs dossiers, notamment sur les politiques fédérales en immigration, sur l’abolition des commissions scolaires (l’une de ses promesses phares) qui serait difficile, car elles sont enchâssées dans la constitution canadienne, parce que linguistiques et rappelons-nous son ancienne déclaration dans laquelle il promettait d’obliger les médecins ayant étudié au Québec de demeurer dans la province même si cela contrevient à la Charte des droits et libertés.

Venons-en maintenant à l’idéologie politique de la CAQ: résolument à droite sur le plan économique, elle préfère un État moins interventionniste afin de laisser se développer à sa guise la loi du marché et du même coup favoriser le monde entrepreneurial dont sont issus François Legault et plusieurs des membres de son équipe. Dans la foulée, elle prévoit réduire progressivement le nombre de fonctionnaires, donc réduire la taille du gouvernement, mais simultanément promet de bonifier les services à la population (?). Ensuite, Legault désire « mettre au pas » les centrales syndicales comme il le promettait jadis afin d’émasculer le principal contrepoids au grand capital dont il est le digne représentant. Ajoutons qu’Air Transat, ancienne entreprise de Legault, fut soutenue financièrement par le Fonds de solidarité FTQ et que l’actuel chef de la CAQ les a remercié vingt ans plus tard en pointant directement les syndicats comme les responsables de la collusion dans la construction lorsqu’en vérité ce fut des entrepreneurs comme lui qui en ont été la source principale.

Un autre des aspects les plus malsains de la CAQ reste son caractère démagogique. La crainte du chef de la CAQ que nos petits-enfants ne parlent pas français joue sur une corde sensible de l’identité nationale, même si l’affirmation est sans fondement. Mais cela permet de faire des gains chez une frange de l’électorat plus réceptive à ces messages populistes. Demeure aussi en parallèle la question de l’immigration, dont la CAQ veut resserrer les vannes, même si le Québec a besoin de nouveaux travailleurs pour combler les nombreuses retraites à venir – des travailleurs issus de l’immigration qui occupent déjà pourtant 50% des nouveaux emplois créés depuis 2006.

Comme l’affirmait autrefois le chef de l’Action démocratique du Québec, ancêtre de la CAQ, Mario Dumont, le Québec serait la province la plus pauvre de la Confédération canadienne et François Legault répète ce mantra à qui veut l’entendre en espérant que les électeurs lui donnent le mandat de revitaliser un Québec selon lui moribond. Mais c’est oublier que le Québec, malgré les salaires plus bas, a un coût de la vie beaucoup moins élevé qu’en Ontario et que les services à la population sont plus généreux. Sans compter que l’écart entre les classes sociales est moins prononcé qu’ailleurs sur le continent.

Legault appelle à une nouvelle révolution tranquille à la sauce néolibérale, c’est-à-dire avec plus de privé, moins de réglementations et moins d’État afin de faire rouler le business – ce qui constitue en somme une antithèse du programme original de Lesage qui préconisait, au contraire, une intervention plus poussée de l’État dans toutes les sphères de la société afin d’être maîtres chez nous.

Changeant de direction au gré du vent, accolée à un monde des affaires plus soucieux de ses bénéfices que du bien-être de la population et infestée d’arrivistes de tout acabit reniflant la prise éventuelle du pouvoir, la CAQ est tout sauf un choix politique viable.

Régis Labeaume, les syndiqués et la ville de Québec

Le maire de Québec Régis Labeaume tire à boulets rouges sur tout le mouvement syndical avec les problèmes des régimes de retraite en toile de fond.

Au lieu d’ouvrir la porte à une possible entente, il alimente le feu de la dissension avec des commentaires démagogiques et irresponsables envers ses employés municipaux afin de susciter une grogne croissante envers tout ce qui est syndical pour mousser sa popularité – une colère quasi irrationnelle qui ouvre la porte à tous les dérapages.

En effet, des menaces contre des employés de la ville et leurs familles ont été proférées : un récent communiqué de l’Association des payeurs de taxes de la ville de Québec (A.P.T.V.Q) affirme « qu’elle a répertorié les coordonnées des chefs syndicaux, des employés et de leurs familles et qu’il ne reste qu’à définir le jour et l’endroit de la partie de bâton de baseball ».

Pourtant, d’autres maires ont réussi à s’entendre avec leurs syndicats sans leur déclarer la guerre. Le non moins conservateur maire Jean Tremblay de la ville de Saguenay a réussi à atteindre un point de compromis avec ses salariés et Montréal en a fait autant avec ses cols bleus – ce qui démontre qu’ en faisant preuve de bonne foi de part et d’autre, une voie alternative à la confrontation est possible.

Bien que la ville de Québec soit composée d’une multitude de fonctionnaires syndiqués, on y remarque la prépondérance d’une idéologie conservatrice latente qui détonne avec tous les autres grands centres urbains de la province.  Les victoires électorales de plusieurs députés conservateurs fédéraux et caquistes au provincial (anciennement adéquistes) dans la région, une radio-poubelle (Radio X) vilipendant la social-démocratie ainsi que ses attributs et évidemment les élections successives de Régis Labeaume à la mairie tendent à le démontrer.

Il s’agit là d’un curieux phénomène de sociologie politique que la popularité du maire Régis Labeaume et du conservatisme dans une capitale nationale où pullulent les syndiqués….

L’antisyndicalisme réactionnaire de Gérard Deltell

Plus ça change, plus c’est pareil à l’Action Démocratique du Québec.

D’un chef à l’autre, le même paradigme idéologique demeure malgré les déboires électoraux de cette formation politique. Ce qui se veut anachronique pour un parti qui prône le changement…

Le dogmatisme de droite et l’antisyndicalisme primaire pullulent encore parmi les rangs de l’ADQ, comme le témoignent les récentes déclarations négatives du chef, Gérard Deltell, à propos de l’entente de principe conclue entre le gouvernement et ses salariés syndiqués.

Pourtant, ici, le front commun syndical a fait preuve de bonne volonté en acceptant une moyenne de 1,2% par année de hausse salariale qui pourra être bonifiée si l’économie reprend en vigueur.  On s’entend que 1,2% n’est pas excessif, car l’inflation a atteint une moyenne de 1,72% par année au Québec depuis 2004 et que le taux d’inflation annualisé pour avril 2010 fut de 1,9% (selon Statistiques Canada).  Ce sont, en soit, des élévations salariales timides pour le demi-million d’employés de l’État.

Et même si ces hausses se voyaient indexer au coût de la vie, comme le prévoit l’accord, les revenus supplémentaires de l’État en parallèle avec la croissance de l’économie combleraient aisément la différence.  Il faut aussi mettre en lumière qu’une partie de ces concessions salariales reviendra dans les coffres du gouvernement via l’impôt sur le revenu.

De plus, le corps des employés de l’État, le plus nombreux parmi les états de l’Amérique du nord, a joué un grand rôle au Québec dans l’atténuation de la crise économique.  La présence d’une masse de consommateurs possédant un pouvoir d’achat stable a contribué au maintien de l’économie. En effet, le Québec s’est relativement bien sorti de cette tornade récessionnelle au contraire de la majorité des pays de l’OCDE.

Ainsi, la position de l’ADQ surprend.   On se serait néanmoins attendu à plus de souplesse et de désir consensuel pour un parti à la dérive dans la faveur de l’électorat. La seule raison soutenant ce point de vue ne peut qu’être idéologique.  L’ADQ pourfend les syndicats, point.  Pour ses sympathisants, les syndiqués sont des exploiteurs, voire des bandits, et ne méritent simplement pas d’exister.  Mario Dumont, co-fondateur et ancien chef de ce parti,  l’a lui-même soutenu : les syndicats n’existent que pour ramasser les cotisations syndicales de leurs membres.

En somme, Deltell fait la même erreur que Dumont : il se borne obstinément dans un carcan idéologique en dépit de l’opinion du public et il en paiera aussi la note.

Il attaque cette entente en affirmant que le gouvernement ne pense pas à la classe moyenne qui devra, selon lui, débourser les frais financiers de cette convention collective.

Mais Deltell se met les pieds dans les plats.  Après tout, les travailleurs de l’État représentent une partie importante de la classe moyenne.  En fait, ils composent près du quart de tous les contribuables québécois (dû moins ceux qui en paient).  Ajoutez à cela les conjoints ou conjointes de ces employés et l’on arrive à la moitié des salariés « imposés » du Québec qui seraient affectés par une diminution des conditions de travail des fonctionnaires prônée par l’ADQ!   Il n’est alors pas étonnant que les idées amenées par ce parti ne trouvent pas preneurs parmi la population.

Deltell se bat comme un diable dans l’eau bénite.  Il multiplie les sorties démagogiques dans l’espoir de rallumer l’ancienne flamme de l’ADQ ayant brillée de tous ses feux lors de  la campagne électorale de 2007.

Cependant, son parti est actuellement en crise.  Sa dette se chiffre à 640 000$ et il ne compte que 5 000 membres en 2010.  Or, ce n’est pas en tapant encore une fois sur le mouvement syndical, une recette qui a maintes fois prouvé son inefficacité, que Gérard Deltell pourra faire remonter la pente à l’ADQ.

Quebecor: une menace pour la démocratie

Rarement n’a-t-on vu une telle menace pour la démocratie au Québec.  La concentration des médias a atteint un tel niveau que la santé du processus démocratique et la liberté d’expression sont en péril.

Quebecor de Pierre-Karl Péladeau a réussi avec sa stratégie de« convergence » (un terme mielleux remplaçant « monopolisation ») à mettre la main sur un vaste réseau médiatique chevauchant l’imprimerie commerciale, la presse écrite, les médias télévisuels, la câblodistribution et les portails internet.

Qu’est-ce que Quebecor?

Faisons un portrait rapide de Quebecor.  Tout d’abord, il s’agit d’un amalgame d’entreprises de communication à concentration verticale.

Quebecor, c’est Videotron, le plus grand réseau câblé dans la province et Canoë, un portail internet bien connu.  C’est aussi le groupe télévisuel TVA, les librairies Archambault, les éditions CEC et Sogides incluant les Éditions de l’Homme ainsi que les Presses Libres.  Il ne faut surtout pas oublier Sun Media avec son éventail de journaux comprenant Le Journal de Montréal, le Journal de Québec, le Toronto Sun et bien d’autres quotidiens locaux.

Le tout générant près de 4 milliards de dollars de revenus annuellement.

Nous devons aussi inclure les imprimeries de Quebecor World, présentement sous la protection de la loi sur les arrangements avec les créanciers, qui rapportaient presque 7 milliards de dollars à la fin de l’exercice fiscal 2006 (source).

Les périls de la concentration et de la convergence

Au fil des années, Quebecor acquis de nombreuses entreprises afin d’étendre ses activités et d’opérer de la sorte des économies d’échelle.  En ayant la mainmise sur des compagnies aux fonctions complémentaires, elle a pu réduire ses coûts d’opération en contrôlant du bas jusqu’au haut tous les intermédiaires impliqués dans son processus de production.

Des presses de l’atelier d’imprimerie à la Une du Journal de Montréal, de l’enregistrement des nouvelles du soir à TVA jusqu’aux téléviseurs des clients câblés de Videotron,  Quebecor contrôle de A à Z l’ensemble des étapes d’exploitation.

La machine fonctionne tellement bien qu’une récente étude d’  Influence Communication révèle qu’ « en 2008, 36% de la couverture des quotidiens de l’empire Quebecor a porté sur des émissions diffusées par ses propres chaînes (TVA et LCN, entre autres) » et que plusieurs autres émissions issues d’autres réseaux ont été éclipsées.

Seulement, c’est que toute cette concentration indue pose un problème éthique évident.  Outre le fait que l’on impose un modèle culturel aux clients en privilégiant tel contenu provenant du même propriétaire au lieu d’un autre originaire d’un concurrent, il y aussi la problématique de la conservation de la liberté de presse et de l’objectivité des journalistes.

C’est ce qu’évoquait l’Institut de Recherche sur le Québec à la suite d’un avis du Conseil de Presse du Québec datant de 2003 : «  on constate que les salles de rédaction et les rédacteurs en chef sont en perte d’autonomie et d’indépendance face aux directives formelles et informelles des propriétaires ayant des visées certes économiques mais aussi idéologiques ».

Ingérence politique de Quebecor

Depuis les tentatives de rationalisation de Quebecor par son président, Pierre-Karl Péladeau, initiées avec l’ancien conflit au Journal de Québec et se continuant avec le présent lock-out au Journal de Montréal, nous avons pu constater de nombreuses attaques contre le modèle québécois et le mouvement syndical à TVA/LCN ainsi qu’au Journal de Montréal avec des campagnes propagandistes telle que « Le Québec dans le rouge » et les participations de ténors de droite comme Daniel Audet, Nathalie Elgrably, Joseph Facal et Richard Martineau dont certains sont collaborateurs à l’Institut Économique de Montréal.

Le patron de Quebecor cherche évidemment à dicter une direction idéologique à son empire en privilégiant les discours de la droite économique et en implantant  une nouvelle agence de presse de son cru dénommée QMI.

Plusieurs éléments de preuves peuvent appuyer ce constat :

–  Dans un récent article de QMI, une agence se prétendant de même qualité et aussi objective que la Presse Canadienne ou l’AFP, on a pu lire, dans un texte sans auteur, une phrase émettant clairement un jugement de valeurs contraire à la véritable objectivité journalistique : «  Les gouvernements ont-ils raison de sacrifier autant d’argent alors que les finances publiques sont à la dérive? Le déficit du Québec devrait se chiffrer à près de cinq milliards pour l’exercice 20092010 et celui d’Ottawa atteindra une cinquantaine de milliards. »

Le travail d’un journaliste se borne à rapporter les faits, pas à les interpréter.

–  En février 2010, un article du journaliste Dany Doucet du Journal de Québec, repoussait l’insolence et le dédain de la volonté populaire au delà de ses limites.  La trame et le titre de son torchon « Le Québec dans le rouge: dix solutions acceptées » laissent perplexe.

Se basant sur un sondage, il affirme que les recettes proposées pour s’attaquer aux « vaches sacrées » de la société québécoise sont approuvées par la population!

Depuis quand un sondage traduit la volonté d’un peuple? Depuis quand on remet l’expression des désirs d’une société à un média qui affirme sans équivoque qu’un consensus s’est dégagé sans à prime abord qu’un véritable débat public se soit déroulé ou qu’une implication des citoyens ait eu lieu?

On suggère carrément aux citoyens ce qu’ils doivent penser. Pure démagogie et propagande, voilà tout.

–  Le 28 octobre 2009, on publiait le prétendu témoignage d’un papa québécois qui s’inquiète de la dette publique refilée à son bambin.  Ce que le Journal de Montréal a évité de dire dans cet article est que ce père, Yannick Labrie, est un chercheur associé à l’Institut Économique de Montréal, un groupe de réflexion de droite!

Quebecor est vraiment prompt à faire toutes les bassesses et joue sur la fibre sentimentale ainsi que sur la fourberie afin de faire passer son message doctrinal et propagandiste.

En conclusion

L’arrogance du prince des médias ne s’arrête donc plus à la sphère communicationnelle, son terreau naturel, mais déborde maintenant sur la vie publique et politique du peuple québécois. Jamais le pouvoir d’un seul homme n’a autant menacé la viabilité démocratique du Québec.

Une menace qu’a mis en lumière la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) : « Le président de la Fédération, Bryan Myles, considère que le droit du public à une information complète et diversifiée est menacé ».

Même constation de la part de l’Institut de Recherche sur le Québec : « l’uniformisation et la standardisation du contenu fait en sorte que le pluralisme idéologique et la libre circulation des idées inhérents à la bonne santé démocratique d’un pays sont mis en péril. Cette situation constitue un danger puisque la diffusion de différents points de vue sur un enjeu est réduite »

Les autorités publiques devraient se pencher sur ce dossier et envisager un démantèlement de Quebecor pour assurer une véritable pluralité de l’information et des opinions mais aussi pour empêcher une domination des points de vue et conséquemment des intérêts particuliers de certains individus sur ceux de la population en général.

La vie démocratique du Québec en dépend.

Mise à jour au 21 février :  le nouveau président du Conseil de presse du Québec évoque le problème:  »  John Gomery entend proposer des décisions plus tranchées lorsque des dérives journalistiques surviendront. Il y a quelques jours, un article signé Agence QMI dans le Journal de Montréal faisait carrément la promotion d’articles dérivés de la téléréalité Montréal-Québec diffusée sur les ondes de TVA. Ce genre d’article est-il un dérapage aux yeux du nouveau président? « Si un journaliste prône une certaine attitude, c’est son droit. S’il a été engagé pour faire la promotion, ce n’est plus du journalisme, mais bien du lobbying. Je pense que ça devient une [faute] en matière de déontologie et le reporter doit être critiqué », a-t-il répondu.

http://www.ruefrontenac.com/nouvelles-generales/55-enjeux/18208-gomery-conseil-de-presse

À lire:

Convergence politico-médiatique

Le vol de la dette publique

Diagnostic de l’ADQ

Mouton noir des partis politiques pendant toute son existence, l’ADQ a connu deux vagues de popularité dans l’électorat lui permettant d’espérer prendre le pouvoir.  Mais, à deux reprises, les électeurs ont détourné leur affection pour ce parti politique qui n’est, en réalité, qu’un succédané du Parti Libéral du Québec.   Et, on le voit présentement, le jugement de l’électorat a été avisé.

Faisons un court diagnostic de l’ADQ : elle fut longtemps le parti d’un seul homme même après l’élection de 2007 avec une présence en chambre de 41 élus. À cette époque pas si lointaine,  la députation adéquiste de piètre qualité faisait bien pitié face à deux groupes parlementaires expérimentés que sont le Parti Québécois et le Parti Libéral du Québec.

L’ADQ avait enfin eu sa chance et a passé à coté de manière lamentable.  Même avec l’ajout de quelques personnalités plus ou moins connues, comme Gilles Taillon,  le jugement des citoyens a été sans équivoque car aucun parti politique ne peut aspirer à diriger un État avec une équipe autant dénuée des compétences essentielles à la bonne gestion d’un gouvernement.

La dernière course à la chefferie, que l’on peut qualifier comme la pire qu’ait connu un parti politique au Québec, illustre clairement que l’ADQ n’a jamais atteint un stade de maturité lui permettant de réclamer pertinemment les rênes du pouvoir.

Et il y a quelques jours, la scène disgracieuse de la démission du nouveau chef récemment élu, Gilles Taillon, à la suite des départs des députés adéquistes Marc Picard et Éric Caire, confirme une fois de plus que les bases de ce parti ne se sont jamais consolidées après 15 ans de présence sur la scène politique.

Et le « couronnement catastrophe » de Gérard Deltell, un novice en politique active, en tant que successeur du court règne de Gilles Taillon,  atteste davantage que l’ADQ fut, est et sera toujours un parti sans réelles assises qui vogue au gré des marées sans compas à son bord.

Bref, une formation politique n’ayant jamais pu compter sur une clientèle électorale solide, une représentation parlementaire crédible et un programme cohérent en raison de son populisme facile et de ses affirmations démagogiques à l’emporte-pièce.

L’Action Démocratique du Québec a toujours vacillé sur des fondations qui tenaient à peine debout et la même histoire se répète encore après le départ de Mario Dumont.

Il ne suffira que d’un petit coup de vent pour faire s’écrouler toute la baraque…

À lire:

Un chef à l’image de l’ADQ

Le torchon brûle à l’ADQ

L’ADQ est toujours aussi déconnectée

L’ADQ est moribonde

Mario Dumont: le Barack Obama du Québec?!

Le chef de l’ADQ nous a depuis toujours habitués à un discours incohérent et à un opportunisme politique de bas niveau.

En ce début de campagne électorale provinciale, ses premières déclarations démontrent qu’il utilise encore les mêmes stratégies boiteuses.

Il appelle au changement, à l’image du résultat des récentes élections américaines, un changement que bien sur lui seul représente au Québec.

On aura tout entendu. Au niveau de la récupération politique, Dumont vient de battre son propre record.

Oser se comparer ainsi à Barack Obama qui prône un interventionnisme accru de la part de l’État dans la sphère économique ainsi qu’une meilleure justice sociale pendant que le programme politique de l’ADQ a toujours suggéré une orientation inverse frise l’indécence.

Et comme si cela n’était pas suffisant, il s’est référé à Jean Lesage dans un discours au lac à l’Épaule dans la réserve faunique des Laurentides, lieu où les premières prémisses de la révolution tranquille ont été établies. Il a suggéré de balancer les acquis sociaux de la révolution tranquille qui ne fonctionneraient plus selon lui afin de « moderniser » le Québec, c’est-à-dire privatiser le plus possible les services publics (comme Hydro-Québec, la santé, l’éducation…).  Jean Lesage a fait un bon travail dans le passé. Alors faisons le contraire et appelons cela du progrès pour la société québécoise!

Incohérence et démagogie. Au moins, Dumont reste égal à lui-même. Il s’obstine à demeurer sur ses positions de droite tout en essayant de profiter insidieusement d’un changement politique vers la gauche aux États-Unis.  De plus, le décalage total de l’idéologie adéquiste avec le mouvement politique mondial de régulation et d’interventionnisme dans l’économie éclate encore plus au grand jour avec la crise financière planétaire.

D’accord pour du changement. Mais ne changeons pas pour n’importe quoi et surtout pas pour un retour en arrière aux années 50!

La foi obstinée du maire Jean Tremblay

Cet article a paru le 8 août 2008 dans le journal “Le Quotidien ” (Saguenay).

La croyance en Dieu est tellement grande pour le maire de Ville de Saguenay qu’il est prêt à faire payer ses contribuables afin de s’assurer de la perpétuité de la prière aux séances de son Conseil de ville. C’est ce qu’on a appris cette semaine à la suite de la poursuite déposée par des habitants de Ville de Saguenay.

Ce maire populiste tient mordicus à conserver sa petite prière malgré l’opposition marquée de plusieurs de ses électeurs. Une attitude digne d’un petit magistrat régional confiné dans ses croyances conservatrices et religieuses.

Peu importe le fardeau fiscal supplémentaire que ses concitoyens auront à subir et le temps alloué sur cette affaire puérile par les avocats de la ville. Pourtant, ceux-ci devraient être attribués à des dossiers plus pertinents.

C’est à croire que ce notaire, pourtant un homme de loi, n’a pas bien compris la notion de séparation entre la religion et les pouvoirs publics qui est pourtant à la base de la démocratie occidentale depuis l’époque des Lumières.

En tant que maire responsable, il devrait jeter l’éponge et passer à des choses plus importantes dans l’intérêt de sa municipalité et de son électorat.

Remstar recycle les rebuts

Télévision Quatre-Saisons (TQS) a besoin d’argent et cela à n’importe quel prix afin de générer des profits au plus vite.

Le nouvel acquéreur Remstar a l’habitude de travailler avec des déchets et il met son expertise à l’œuvre ici en créant une programmation matinale d’information animée par Jeff Fillion. De plus, avec son savoir-faire dans le traitement des sacs de vidange, cette compagnie prouvera possiblement qu’on peut faire du cash avec des émissions-poubelles!

On connaît le passé de Jeff Fillion. Ses anciens propos vitrioliques à CHOI-FM, qui lui ont valu maintes poursuites, contre tout ce qui est communautaire ou syndical et son manque de respect flagrant envers les minorités visibles ne devraient pourtant pas lui ouvrir les portes de TQS.

Mais que cela ne tienne. Le salissage et le manque de rigueur journalistique ont toujours été les marques de commerce du « Mouton noir de la télé» comme le démontraient les diffusions de « L’avocat du Diable » ou l’émission de Jean-Luc Mongrain. L’achat par Remstar ne changera pas ce fait car cette entreprise compte bien en profiter et en remettre pour augmenter les cotes d’écoute.

Et comme si ce n’était pas assez, on prévoit inclure dans l’émission la collaboration de Nathalie Elgrably et de Jacques Brassard afin d’aller encore plus loin dans la démagogie de droite! Bonjour la désinformation!

On prétend que monsieur Fillion ferra preuve de plus de retenu. Je l’espère. Mais connaissant le personnage qui n’a cessé autrefois de péter sans vergogne l’élastique de la liberté d’expression, il est à parier que les dérives réactionnaires et les bavures arriveront avant longtemps.

Voir aussi: CHOI FM : rien de nouveau

Mario Dumont digne remplaçant de Maxime Bernier?

On le sait, l’ADQ chute dans les sondages, même dans la région de Québec, pourtant un récent bastion de la formation de droite.  On ne jurait là-bas, il n’y a pas si longtemps, que par Mario et sa formation politique.

La débâcle est évidente. L’Action démocratique du Québec, selon les électeurs, n’a pas livré la marchandise.  Son équipe peu expérimentée a dévoilé son rôle déficient en tant qu’opposition officielle à l’Assemblée Nationale. 

Ce parti n’attire pas de candidats de qualité et le chef essaie, comme toujours, de mousser sa popularité par des déclarations à l’emporte-pièce teintées d’un opportunisme affligeant. 

Le rêve de Mario Dumont de devenir premier ministre du Québec parait de plus en plus éloigner.

Alors,  ne serait-il pas tenté de traverser de l’autre coté de la clôture advenant un recul de la députation adéquiste lors des prochaines élections provinciales?

Après tout, le Parti Conservateur du Canada et l’ADQ ont plusieurs atomes crochus avec leurs penchants néolibéraux en économie et leurs tendances réactionnaires en justice ainsi qu’envers tout ce qui est étranger à la préservation de la culture « blanche » (québécoise ou canadienne).

Stephen Harper a plus que jamais besoin d’un lieutenant fort au Québec après l’affaire Maxime Bernier-Julie Couillard, et ce rôle semble totalement être conçu pour l’actuel chef de l’ADQ. 

Un petit gars de Rivière-du-loup, québécois de souche, et en plus pas trop réfractaire au maintient du Québec dans le Canada avec son idéologie autonomiste et conservatrice inspirée du duplessisme est exactement ce que Harper recherche. De plus, les deux comparses se sont montrés en public en décembre 2007 afin de consolider leurs affinités.
 
Ainsi, au lieu de devenir possiblement le premier titulaire de l’exécutif du gouvernement du Québec, Mario Dumont pourrait espérer occuper un poste de ministre important au fédéral et qui sait, un jour, devenir premier ministre d’un pays et non seulement d’une province. 

En plein ce qui comblerait un politicien opportuniste assoiffé de pouvoir!

Les verts devancent l’ADQ dans Bourget et Hull

Le Parti Vert du Québec n’a pas remporté la victoire qu’il espérait tant dans les récentes élections partielles. Cependant, dans les circonscriptions de Bourget et de Hull, ses candidats ont tout de même dépassé dans les suffrages les poulains de l’Action Démocratique du Québec.

Un prix de consolation pour le parti écologiste, mais, surtout, une défaite humiliante pour le parti de l’opposition officielle qui a mordu la poussière et perdu le terrain qu’il avait gagné dans ces circonscriptions lors des dernières élections générales.

Que dire? Nous pouvons affirmer que les idées cohérentes l’emportent sur la basse démagogie.

L’ADQ n’est qu’une mode, un éternel parti marginal et inconsistant qui vire parfois à 180 degrés quand ça lui chante et attaque de tous bords tous côtés afin de mousser sa popularité.

Les élections de 2007 n’étaient qu’un accident de passage, un vote de protestation ponctuelle, qui ne traduisent en rien la volonté des québécois d’opter pour les principes réactionnaires et ambigus de Mario Dumont qui domine son parti sans partage.