De la pertinence des petits partis

Lors des dernières élections provinciales, certains ont jeté la faute sur les petits partis pour expliquer le fait que le Parti québécois n’ait pas obtenu une majorité parlementaire.

Néanmoins, l’apparition de formations politiques à l’extérieur des pâturages des partis traditionnels témoigne de la vivacité de notre démocratie qui se tonifie avec l’émergence de positions politiques différentes en chambre.

Le plus grand des petits partis, Québec solidaire, comportant 13 000 membres et ayant doublé sa députation avec l’élection de Françoise David, insuffle un vent de nouveauté sur le paysage politique québécois.  Madame David, femme de convictions, s’est élevée, par sa retenue et sa sagesse, au-dessus de la mêlée lors du débat des chefs –  des qualités qui ont su plaire à un électorat désabusé et rongé par le cynisme.

En science politique, il est admis que les partis aux portes du pouvoir ont une forte tendance à édulcorer leur programmes et à se diriger vers le centre pour séduire le plus d’électeurs possible.

Or, l’avènement de petits partis politiques produit l’effet inverse et tire les débats vers les idées et le contenu plutôt que sur la vieille rhétorique électorale populiste.

C’est ce que le récent scrutin général a démontré : le Parti québécois s’est clairement positionné vers le centre-gauche dès le début de la campagne afin de gruger des « parts de marché » sur la « clientèle » de Québec solidaire.

Par ailleurs, le nouveau gouvernement péquiste s’est empressé d’adopter par décrets des mesures normalement revendiquées par la gauche et s’éloigne ainsi du centre.

Avant de dénigrer les petits partis sur leur rôle de division du vote, il faut considérer leur apport dans notre régime parlementaire majoritaire uninominal à un tour déficient jusqu’au jour où une réforme des institutions démocratiques leur donnera la place qui leur est due.

Pourquoi voter le 4 septembre?

Votez le 4 septembre, car si vous ne le faites pas, les autres le feront pour vous.

Votez pour vous et non parce que l’on vous l’impose.

Votez pour faire connaître votre opinion sur la direction que la société doit prendre.

Votez, parce que ce n’est pas seulement un droit, c’est surtout un devoir lorsque l’on prend le temps de s’informer des grands enjeux débattus.

Votez, les jeunes, afin de faire votre place et influer sur la société de demain que vous désirez.

Votez contre le cynisme ambiant avantageant les puissants et les nantis qui souhaitent notre indifférence pour mieux asseoir leur pouvoir.

Votez, parce qu’une fois les élections terminées, vous n’aurez rien à dire sur les conséquences de votre abstentionnisme.

Votez, car si vous ne vous occupez pas de politique, la politique s’occupera de vous…

Participalisme politique

S’il y a une chose que les Indignés du monde peuvent nous apprendre, c’est le modèle différent de concevoir la société et les rapports entre les hommes qu’ils apportent.

Dans leurs camps d’occupation – inspirés de l’autogestion et de la participation de tous aux délibérations ainsi que dénués de chef ou de figure dominante –  une véritable vie communautaire et solidaire se développe en opposition à la société qui les entoure où règne le chacun pour soi et l’individualisme exacerbé.

Ce modèle, situé à l’antipode des dogmes productivistes et compétitifs du capitalisme, influe un vent de changement dans des sociétés mercantiles déracinées de tous liens sociaux durables.

Et, au niveau politique, le mouvement des indignés suggère un nouveau paradigme.  Il propose le participalisme politique et la prise de décision en groupe au-lieu d’une démocratie représentative, datant du 13e siècle,  aux mains de groupes d’intérêt privés dont les velléités sont souvent contraires au bien commun.

Pour lutter contre le cynisme ambiant envers la classe politique, il est de mise de redonner le pouvoir décisionnel aux principaux intéressés, les citoyens, en organisant des jurys citoyens, des budgets participatifs, des sondages délibératifs ou des référendums.

Après tout, comme le dit l’adage, on n’est jamais mieux servi que par soi-même. Et cela se vaut aussi en politique.

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication : 185 (universitaire)