R.I.P. Parti libéral du Québec

Ce texte a été publié dans Métro Montréal le 20 septembre 2011

Jean Charest n’aurait pas pu mieux poser le dernier clou sur le cercueil du Parti Libéral du Québec que par sa dernière conférence de presse au sujet du rapport Duchesneau de l’Unité anti-collusion.

En ignorant ce document choc qu’il a lui-même commandé –  et qu’il n’a même pas parcouru-, Jean Charest démontre encore une fois sa nonchalance lorsqu’il est temps de s’occuper des dossiers de corruption qui assaillent son administration.

La mainmise de certaines compagnies privées sur le ministère des Transports ainsi que les liens dévoilés entre le gouvernement actuel et les firmes de génie-conseil sautent aux yeux du rédacteur du rapport, mais n’ébranlent en rien Jean Charest.

Il garde les yeux fermés et espère s’en tirer à bon compte en espérant que le cynisme de la population et ses récurrents trous de mémoire politique le maintiennent encore une fois au pouvoir.

Pourtant, s’il avait étudié l’histoire du parti dont il est présentement le chef et appris de celle-ci, il devrait se rappeler la cuisante défaite de Robert Bourassa en 1976 dans une aura de malversations dans la construction.

Et, pis encore, en tant qu’ancien ministre fédéral sous les conservateurs de Brian Mulroney, Jean Charest aurait dû être mieux avisé dans sa réaction à ce rapport dévastateur.

On se remémorera que les tories ont été pratiquement rayés de la carte électorale fédérale en 1993 après une succession de scandales et c’est exactement ce qui risque d’arriver au PLQ lors des prochaines élections provinciales, malgré le déni du premier ministre québécois.

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication :  167 (universitaire)

Les syndicats et la corruption

Lorsqu’on parle de corruption dans la construction, on accuse surtout les syndicats en les associant au crime organisé.

Évidemment, certains syndicats n’ont pas pattes blanches dans ce domaine.  Intimidation, chantage, favoritisme sont parfois évoqués.  Mais, ils sont malheureusement imbriqués dans un système corrompu dont ils ne sont que des acteurs insignifiants.

Leurs torts sont minimes devant ceux des vrais initiateurs de la corruption.

Demandons-nous quelque chose : qui soumet les appels d’offres, a remis les enveloppes brunes et fixé les prix en collusion avec d’autres?  Les firmes de génie-conseil ainsi que les compagnies de construction.

Ce ne sont pas les syndicats qui manipulent les coûts des projets.  Ce ne sont pas les syndicats qui magouillent en arrière de portes-closes et qui achètent le Parti Libéral du Québec avec des techniques de contournement de la loi sur le financement des partis politiques.

Or, dans les médias, on suppose que les syndicats sont responsables de la corruption dans la construction, parce qu’il est plus facile de les mettre sur les bancs des accusés que les puissants patrons et ingénieurs possédant maints contacts et amis bien placés.

En fait, l’Opération Marteau évoque la collusion de 14 compagnies de construction et Le Devoir parle d’un regroupement de 9 firmes d’ingénieries qui se situeraient au centre de tout ce scandale de la corruption dans la construction.

Encore et toujours, le mouvement syndical est éternellement un paratonnerre aux crimes du patronat acoquiné avec les médias contrôlés par les forces de droite.

Jean Charest doit démissionner et déclencher des élections

Assez c’est assez. La coupe est pleine. Le Parti Libéral du Québec a perdu le droit de gouverner.

Même si Jean Charest essaie de maintenir le couvercle sur la marmite, les vapeurs de la corruption ne cessent de s’échapper et ce n’est qu’une question de temps avant que tout éclate au grand jour.

Le financement occulte du PLQ par des compagnies privées, les places de garderie octroyées à des amis du parti, les nominations douteuses de juges et de hauts fonctionnaires, les contrats de construction routière donnés à des entreprises proches des libéraux et surtout le budget inéquitable de Bachand sont des indices plus que suffisants pour foutre à la porte ce gouvernement complètement déconnecté de ses citoyens et de l’éthique politique.

Alors mettons un terme à cette agonie du gouvernement libéral.

Joignez-vous à nous afin d’exiger de nouvelles élections et de demander la démission de l’incompétent Jean Charest du poste de premier ministre.

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À  lire aussi sur le même sujet: L’antigouvernement du Parti Libéral du Québec,   Corruption libérale,    Collusion dans la construction et mœurs politiques, La machine à magouille des libéraux

Corruption libérale

Qui peut encore en douter? Le gouvernement libéral de Jean Charest est bel et bien corrompu.

Le récent scandale sur les contrats octroyés de façon plus que douteuse dans le domaine municipal nous avait mis la puce à l’oreille et le refus des libéraux au pouvoir de mettre sur pied une commission d’enquête publique sur le monde de la construction a alimenté l’idée qu’eux-aussi avaient des squelettes dans le placard.

Le rapport du vérificateur général, Renaud Lachance, déposé mercredi dernier vient de confirmer que le gouvernement libéral est loin d’avoir pattes blanches dans l’attribution des contrats de travaux d’infrastructures routières au niveau provincial.

Et l’on peut dire que la situation est encore pire que celle dévoilée dans le monde municipal, car cette fois-ci, le scandale implique un ancien ministre, David Whissell, dont la compagnie (ABC Rive-Nord) dans laquelle il est actionnaire a reçu deux fois plus de contrats gouvernementaux sans appel d’offre pendant sa présence au cabinet exécutif du premier-ministre.

Mais l’évaluation du vérificateur général ne s’arrête pas là : il a noté plus d’anomalies dans le processus d’obtention des contrats du ministère des transports.  En fait, un tiers de ces contrats, d’une valeur de 1 milliard$, n’aurait pas été alloué selon une procédure irréprochable car les motifs de situation d’urgence évoqués ne s’appliquaient pas.  En somme, dans les 2/3 des cas, les travaux ont pris 6 mois avant de débuter.

Comme si ce n’était pas assez, monsieur Lachance soulève de sérieuses interrogations sur une apparente collusion des entrepreneurs en déneigement qui aurait sciemment fait gonfler les prix des soumissions.  Pourtant, dès 2004, de nombreux indices pointaient en cette direction et le Ministère des Transports n’a pas daigné en informer la Sureté du Québec.

Il y a aussi la question des dépassements de coûts en travaux routiers.  Dans près de la moitié des 29 contrats étudiés, « l’envergure des dépassements était telle qu’il y a lieu de s’interroger», résume monsieur Lachance.  Cela n’est pas sans rappeler les données fournies par un reportage d’Enquête à Radio-Canada traitant de collusion qui relatait que les coûts de construction routière au Québec étaient de 42% plus élevés que la moyenne des provinces canadiennes.

Un autre dossier épineux : celui des partenariats publics-privés dans la construction des centres hospitaliers universitaires comme le CHUM. Le vérificateur général conclut que le gouvernement libéral a opté pour les PPP avec un fort préjugé idéologique favorable en réfutant des études qui démontraient les nombreux désavantages financiers et logistiques de cette formule.  Le gouvernement libéral avait peut-être quelques amis à gratifier en mettant sur pied la construction des CHU avec des partenaires privés… même si cela s’était avéré plus dispendieux pour les contribuables québécois.

L’équipe libérale est depuis trop longtemps au pouvoir.  Les graines de la corruption commencent à germer et la puanteur de la décomposition éthique remonte jusqu’aux nez des citoyens.

Le trafic d’influence a maintenant atteint un niveau digne de l’époque duplessiste : une collusion entre entrepreneurs pour faire hausser les prix côtoie une infiltration des gens d’affaires dans le cabinet du premier-ministre et cela sans que le gouvernement y voit un problème ou déclenche des enquêtes publiques pour laver la réputation de l’État.

Tout ce parfum de scandale nous remémore les beaux jours du règne des conservateurs de Brian Mulroney au fédéral dont monsieur Charest faisait partie en tant que ministre. Périodiquement, les médias déterraient des affaires louches dont les plus célèbres furent le scandale Oerlikon et les conflits d’intérêts de Stevens Sinclair.

Une vérité demeure en politique : la droite au pouvoir (conservateurs ou libéraux) est toujours plus encline à générer des scandales de corruption car son financement politique et ses membres sont issus presque uniquement des classes d’affaires ou des milieux élitistes.

Avec un tel mélange explosif entremêlant intérêts politiques et commerciaux, il n’est pas surprenant que les gouvernements de droite se fassent autant « pogner les culotes à terre »… comme notre présent gouvernement libéral (source).

À lire:

Collusion dans la construction et mœurs politiques

La machine à magouille des libéraux

Corrompu un jour, corrompu toujours

La pointe de l’iceberg

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Rien ne va plus.

Les récentes révélations d’une collusion des entrepreneurs en construction lors de l’octroi de contrats municipaux ou gouvernementaux, la corruption politique afférente et le ras-le-bol général appellent à une remise en question des mœurs politiques.

Tout a commencé avec la saga des compteurs d’eau pour être suivi par les allusions de relations douteuses de Benoit Labonté, ancien chef de l’opposition à l’Hôtel de ville de Montréal,  avec l’entrepreneur Tony Accurso.  En entrevue à RDI, Monsieur Labonté a répondu à ces accusations en impliquant anonymement plusieurs élus et fonctionnaires dans le « système mafieux » qui régnerait à la Ville de Montréal.

Et le gouvernement libéral de Jean Charest réagit avec tiédeur en écartant une enquête publique, comme s’il avait des choses à cacher, et remet la paternité du dossier à la Sureté du Québec (SQ) avec l’opération Marteau afin de se délester des conséquences politiques éventuelles et de diluer ses rapports incestueux avec certaines entreprises privées de génie-conseil et de construction.

Pourtant, les coûts de construction en infrastructure au Québec sont de 42% supérieurs à la moyenne des provinces canadiennes (selon le reportage d’Enquête à Radio-Canada) et l’on se demande pourquoi notre réseau routier est en si pitoyable état.  Il y a évidemment anguille sous roche.

Le monde politique québécois est malade, même si notre démocratie est l’une des plus saines de la planète par ses pratiques électorales intègres.  Mais le symptôme de la maladie se situe en amont, pas en aval.

Il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain.

Le nœud du problème se situe dans le financement des élus et des partis politiques.  Bien qu’une loi sur le financement des partis politiques ait été votée en 1977 par le Parti Québécois, il semble évident que cette législation manque de dents et devrait être revue de fond en comble.

Comme je l’affirmais dans un précédent article publié dans Le Devoir, il faudrait limiter le financement des partis politiques qu’aux contributions de l’État déterminées en rapport aux nombres de voix obtenues.  Ainsi, un parti politique ne recevrait qu’un budget égal à la quantité de votes reçus lors du dernier scrutin et ne pourrait travestir les élections et la gestion des affaires publiques par des dons électoraux privés et particuliers contraires aux intérêts collectifs.

Seulement ainsi pourrions-nous assainir les mœurs politiques et se payer une véritable démocratie.

Ajout: un nouveau parti pourrait recevoir du financement en rapport à son nombre de membres et ensuite, après une élection, se voir attribuer des contributions selon les voix obtenues, comme tous les autres.

À lire:  Corruption libérale

Une loi vide de sens

Une démocratie plus équitable

Pour en finir avec la corruption politique

L’éternelle incohérence de Claude Béchard

S’il existait un livre intitulé « Le ministère des ressources naturelles pour les nuls », Claude Béchard devrait le lire.

Comme en juillet 2007, ses récentes prises de position et ses politiques détonnent par son peu de respect de la forêt québécoise. À cette époque, il a limité le nombre d’hectares disponibles à l’exploitation forestière, mais il a relaxé le contrôle sur les coupes en donnant la responsabilité de la bonne gestion aux compagnies forestières qui ont pourtant dilapidé cette ressource depuis au moins 30 ans.

La semaine dernière, il a suggéré de favoriser encore plus l’utilisation de la matière ligneuse dans la construction de bâtiments non-résidentiels ou multifamiliales.

Le plus ahurissant, c’est qu’il croit qu’une telle incitation se veut écologique car le béton ou l’acier émettraient des gaz à effet de serre dans leurs productions.

Mais la coupe accrue d’arbres, surtout dans la forêt boréale, ne fera qu’accentuer les gaz à effet de serre dans l’atmosphère parce que celle-ci est un capteur naturel de ces émissions gazeuses.

En fait, cela reviendrait à changer quatre trente sous pour une piasse.

Donc, on peut encore constater l’incohérence de ce ministre dans la gestion des ressources naturelles. La forêt québécoise est sur le déclin, et on cherche encore à accélérer sa dégénérescence.

Mais la toile de fond de toute cette affaire est une vaine tentative de sauver l’industrie du bois au Québec qui bat de l’aile avec la rareté des matériaux cellulosiques, la montée du dollar canadien et les quotas imposés par les États-unis.

Et c’est aussi une révélation des liens du Parti Libéral du Québec avec le monde des affaires : Claude Béchard a fait cette dernière annonce en révélant une collaboration du gouvernement avec l’entreprise privée via un centre de développement des produits du bois.

En bon gouvernement néolibéral, l’équipe de Jean Charest oblitère les considérations environnementales en plaisant à ses amis capitalistes tout en faisant croire aux citoyens que ses actions sont écologistes.