Se mettre la tête dans les sables… bitumineux

Les conservateurs ne manquent pas d’aplomb ni de contradictions dans leur défense dogmatique des sables bitumineux.

Depuis quelques semaines, nous pouvons écouter dans les médias une publicité mielleuse du gouvernement du Canada encensant la nouvelle rigueur du fédéral dans sa lutte aux pollueurs dans l’industrie du pétrole (principe du pollueur-payeur) et, dans le même temps, on apprenait qu’Ottawa hésite à débloquer un montant pour la décontamination du site de l’incident du train de l’entreprise Montreal Maine and Atlantic à Lac-Mégantic.

On se serait pourtant attendu à une réponse immédiate avec les nouvelles vertus écologiques du gouvernement conservateur ou est-ce simplement la crainte d’une facture salée qui rebute Stephen Harper dans son élan?  En effet, le déversement (d’un pipeline d’Enbridge) de 3,7 millions de litres à Kalamazoo au Michigan en 2010 a coûté à ce jour plus de 1 milliard de dollars et les opérations de nettoyage ne sont pas encore terminées.  Or, avec ses 5,7 millions de litres répandus, la décontamination de Lac-Mégantic devrait demander tout au moins le double d’investissement!!!  En période de compression budgétaire, le fédéral y pense alors à deux fois avant de délier le cordon de sa bourse!

Et qu’en est-il de l’Alberta et de ses bassins de rétention des résidus de traitement des sables bitumineux?  Qui payera les dommages catastrophiques sur la faune et la flore ainsi que sur les conséquences des fuites dans la nappe phréatique causant maladies et cancers chez les populations environnantes (on a d’ailleurs déjà noté un taux de cancer élevé chez les habitants à proximité)?  Et même si les entreprises responsables payaient, aucune somme d’argent ne compensera jamais la destruction de l’environnement pendant des générations et les souffrances et vies détruites par cette exploitation désastreuse et irresponsable.

Aucune problématique ici pour les conservateurs au pouvoir, car comme le disait à l’étranger le ministre des Ressources naturelles du Canada, M. Joe Oliver, en voyage promotionnel pour les sables bitumineux, il s’agit d’une ressource « renouvelable et verte »!

Une autre contradiction réside aussi dans les coupures sauvages dans le personnel scientifique d’Environnement Canada  : comment assurer la qualité de vastes projets de décontamination sans une cohorte de scientifiques qualifiés de l’État?  Les entreprises fautives devront donc gérer les opérations et surveiller elles-mêmes la réparation des dégâts qu’elles ont causés? N’importe quoi…

On peut dire une chose et faire son contraire, continuer à extraire un produit pétrolier dommageable pour l’environnement et le faire promener aux quatre coins du continent dans des pipelines aussi peu sécuritaires que les trains – comme le témoigne la fuite dans la rivière Kalamazoo – et souhaiter que rien de malencontreux n’arrive, en pure pensée magique.  Il n’en reste pas moins que les conservateurs se mettent toujours la tête dans les sables… bitumineux.

Réforme de l’Assurance-emploi: deux poids, deux mesures

La réforme de l’assurance-emploi suscite de nombreuses controverses de la part des associations et des groupes de défense des travailleurs quelques jours seulement après son application.

L’instauration de mesures coercitives jugeant tout chômeur comme un fraudeur potentiel et le forçant à rechercher un emploi à moindre salaire et à une heure de son lieu de résidence ainsi que les récentes révélations sur les quotas imposés aux fonctionnaires de Service Canada font planer encore plus de doutes sur cette ré-ingénierie de l’assurance-emploi entérinée sans aucune consultation et dictée davantage par des préoccupations idéologiques que par des analyses judicieuses de la problématique du chômage.

Dans une vision intrinsèquement néolibérale, trouvant ses racines dans la culture bien-pensante des puissants et des nantis, les conservateurs cherchent à décourager au maximum le recours à l’assistance de l’État pour les sans emplois en compliquant leur admissibilité le plus possible. Citons l’hebdomadaire libéral The Economist qui écrivait, en 2010, cet énoncé : « Il y a deux manières de favoriser le retour au travail des chômeurs: l’une est de rendre inconfortable ou précaire la vie de ceux qui reçoivent une allocation chômage; l’autre consiste à faire que la perspective d’un emploi devienne viable et attirante.»

Et cette attitude paternaliste envers les chômeurs – sous prétexte de leur rendre service – ne date pas d’hier.  Benjamin Franklin, l’un des pères de la constitution américaine, affirmait, en 1766 : «  Plus on organise des secours publics pour prendre soin des pauvres, moins ils prennent soin d’eux-mêmes et, naturellement, plus ils deviennent misérables. Au contraire, moins on fait pour eux, plus ils font pour eux-mêmes, et mieux ils se tirent d’affaire .»

Pourtant, les conservateurs ne semblent pas transposer cette même logique aux entreprises, logique qui dicterait que moins on les appuie, plus elles deviendraient prospères!

Avec la crise financière, les banques ont obtenu 114 milliards $ d’aide financière du gouvernement conservateur. Ironique, car ce sont ces mêmes institutions financières qui ont creusé leur propre tombe par leur laxisme et provoqué la débâcle financière. Selon le raisonnement que l’on applique aux chômeurs, l’État fédéral n’aurait jamais dû consentir un centime aux banques, pour leur propre bien!

Autre exemple : le Canada subventionne à raison de 2,8 milliards $ par année l’industrie pétrolière… même si ces sociétés de l’or noir engrangent des milliards de profits! Pure contradiction avec la médecine servie aux chômeurs…

Et, finalement, le cas le plus patent: de 2000 à 2010, le fédéral diminua de 28% à 15% le taux d’imposition général des entreprises. De cette façon, selon le credo néolibéral, les entreprises devaient créer plus d’emplois en raison de l’allègement de leur fardeau fiscal.  Or, de nombreuses études en sont venues à la conclusion contraire : la baisse des impôts des entreprises devant supposément stimuler l’investissement n’a jamais concordé avec une baisse du chômage.

En fait, au lieu d’investir dans la main-d’œuvre, les entreprises ont préféré verser ces montants à leurs actionnaires ou spéculer sur les marchés financiers.  Ainsi, on récompense les entreprises de ne pas avoir engendré de nouveaux emplois et on fait payer les travailleurs pour l’incompétence des PDG de ces entreprises!

En conclusion, le mépris des conservateurs et des milieux d’affaires envers le salariat frise l’indécence.  Ils se proclament « Champions de l’économie », mais font tout pour miner la situation économique à longue échéance.  Cependant, le gouvernement conservateur devrait être sur ses gardes. Les rangs de chômeurs risquent de croître lorsque la crise mondiale atteindra réellement les frontières du Canada….ce qui pourrait leur nuire sur le plan électoral lors des prochaines élections.

La droite xénophobe

Une tendance inquiétante balaie la droite politique dans le monde occidental.

De l’Europe à l’Amérique du nord, l’ancienne droite libérale multiculturaliste cède la place à une droite conservatrice réactionnaire et xénophobe.

Les représentants du pouvoir exécutif des trois grandes nations européennes, tous conservateurs, tournent le dos à l’intégration des immigrants qu’ils qualifient comme étant un échec: le président de la France, Nicolas Sarkozy; la chancelière allemande, Angela Merkel; le premier ministre britannique, David Cameron.  À ce stade, il n’y a qu’un pas à franchir pour parler de xénophobie, voire de racisme.

De plus, en Suède, un parti d’extrême droite a réussi à faire élire des députés au parlement tandis qu’en Hongrie, un régime fasciste contrôle le pays d’une main de fer.

Et, en Amérique du nord, le Tea Party de Sarah Palin, mouvement politique ultraconservateur, accusé de racisme, prend de l’ampleur en dénigrant fanatiquement le premier président américain noir de l’Histoire, Barack Obama.

Lentement, mais sûrement, l’Occident s’éloigne des principes démocratiques et d’ouverture sur les autres cultures de la planète tandis que le monde musulman s’éveille aux principes du libéralisme politique, pourtant issu de la sphère occidental, dans sa propre Renaissance en pleine ébullition, notamment en Libye, Tunisie et en Égypte.

Une situation plus que paradoxale.

D’un coté, un glissement vers l’extrême droite est en train de s’opérer dans les sociétés occidentales et de l’autre, les pays musulmans, qui s’ouvrent à la démocratie et à l’éveil des libertés individuelles, dont celles des femmes.

Par ailleurs, sociologiquement, le paradoxe est encore plus prononcé.  Une jeune population musulmane aspirant à plus de liberté et de justice s’oppose à une communauté vieillissante en Occident cherchant à protéger à tout prix ses prérogatives et ses paradigmes culturels face à une immigration étrangère en progression, beaucoup composée de personnes de confession musulmane.

Cependant, on peut se questionner sur les véritables motifs de cette montée de l’extrême droite en Occident.  Le multiculturalisme a connu bien des heurts, exacerbés par les médias aux penchants sensationnalistes, mais, globalement, on ne peut parler implicitement de fiasco.  Sans compter que les nations occidentales ont besoin d’immigrants pour contrer l’implosion de ses populations générée par leur déficit de régénération démographique.

Mais, surtout, les motivations de la droite conservatrice doivent être mises en examen.

En propageant la crainte de l’étranger à la nation ou d’une immigration menaçante et agressive contre les caractéristiques culturelles de l’Occident via la propagande des conglomérats médiatiques privés souvent sous son contrôle idéologique, la nouvelle droite xénophobe espère susciter la peur afin de maintenir sa mainmise sur le pouvoir politique et même de l’accentuer encore plus.

C’est pourtant vieux comme le monde.  Adolf Hitler a déjà usé du même stratagème dans le but d’obtenir l’autocratie totale en échafaudant l’incident de l’incendie du Reichstag tout en rejetant sa paternité sur la communauté juive après avoir monté son peuple contre elle…

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication :  191 (initié)

Peter MacKay le lèche-botte

L’armée canadienne en bon petit lèche-botte fidèle de l’Empire américain vient de donner un contrat de 274 millions $ à une firme américaine (Navistar) de l’Illinois dont la production se fait au Texas. 

 

1 300 camions sont ainsi commandés de l’autre coté de la frontière car selon le ministre conservateur de la Défense, Peter MacKay, l’industrie canadienne n’a pas l’expertise ni les moyens de produire ce genre de véhicules.

 

Mon œil !  Le Canada n’est pas le Bengladesh bordel !  Nous pourrions facilement construire ces camions en convertissant les usines abandonnées dans le domaine de l’automobile, particulièrement en Ontario.  De plus, l’entreprise Paccar dans les Laurentides qui a récemment licencié 600 travailleurs possède la logistique nécessaire à ce projet.

Mais non, le grand frère américain a besoin d’un coup de pouce et de l’argent des contribuables canadiens pour soutenir son économie en déroute.

On se demande bien où va l’allégeance des conservateurs : à ses commettants ou à ses amis de l’industrie pétro-automobile états-uniens?   

 

On peut dire que cela commence bien le plan de relance économique du gouvernement Harper. Afin de stimuler l’économie canadienne, on exporte la fabrication industrielle à l’extérieur du pays pour un montant d’un quart de milliard…

 

Ceci prouve encore l’incompétence du gouvernement Harper en économie… tout comme celle du gouvernement Bush aux États-Unis.

 

AJOUT AU 19 JANVIER 2009 : le Blogue « Majorité Silencieuse » a répliqué à ce billet par cet article et n’a même pas daigné publier mon commentaire de réponse.  Si la droite a peur de débattre, bien qu’elle se taise.

Voir aussi: Pourquoi « Majorité Silencieuse » ne veut pas débattre?

 

La crise économique : une belle occasion de bafouer les droits des travailleurs

Avec la crise financière et le soutient monétaire de plus de 20 milliards$ accordé aux grands constructeurs automobiles nord-américains, on a tiré le premier boulet de canon contre les droits des travailleurs.

On devait s’attendre à une telle attitude de la part des deux gouvernements conservateurs présents de part et d’autre de la frontière canado-américaine.

En effet, une condition essentielle de cette restructuration de GM et de Chrysler financée par l’État inclut une clause de diminution salariale majeure des employés de production ainsi qu’un affaiblissement marqué de leurs avantages sociaux.

Un non-sens.

Par cette mesure, on ne permettra ni aux fabricants de voitures de se relever ni à l’économie mondiale de sortir du marasme. Bien au contraire.

En fait, on fragilisera encore plus l’état de santé du système économique en minant davantage la demande et l’on favorisera encore plus l’infernale spirale de la dépression économique. Pourtant, ce n’est pas Henry Ford, le fondateur de l’industrie automobile, qui préconisait de bien payer ses employés afin qu’ils puissent acheter ses voitures?

Il s’agit aussi d’un inquiétant précédent. On envoi clairement ce message aux entreprises : la solution à votre déroute commerciale réside dans l’attrition des émoluments de vos salariés. Le mot d’ordre est ainsi lancé dans le monde des affaires : coupez, coupez, coupez dans la masse salariale afin de sauver votre peau le plus longtemps possible… sans penser à l’avenir.

On reconnaît bien là la philosophie économique des tenants de la droite et de leurs amis business men : pelleter les conséquences de leurs erreurs sur le dos des travailleurs en évoquant le dur contexte économique tout en niant leur responsabilité.

En somme, ce n’est jamais de la faute des grands entrepreneurs ou de leurs prestigieux conseils d’administration, bien sûr que non. Eux, ils ont la science infuse et ne peuvent être blâmés en aucun cas pour les déboires des ventes de leurs compagnies. Ce n’est pas le tort des dirigeants de GM si leurs voitures énergivores sont boudées par les consommateurs… c’est sûrement de la faute de ces satanés syndicats qui demandent toujours plus pour leurs membres exploiteurs de la société.

Pour sortir de la crise, il faudrait aider les bonnes personnes. Ce n’est pas en injectant des milliards de dollars dans des entreprises situées au bord du précipice que nous pourrons donner un coup de pouce à l’économie. C’est prendre le problème du mauvais coté.

La vitalité de toute économie commerciale réside dans une consommation forte. En vérité, pour sortir de la crise, il faut stimuler la demande et non l’offre. Toutefois, c’est tout le contraire qu’appliquent actuellement nos politiciens de droite au pouvoir. Et ils en paieront le prix dans le futur.

Les dangers d’un gouvernement libéral majoritaire

Pour la première fois depuis les années 30, le Parti Libéral du Québec (PLQ) se dirige vers un troisième mandat consécutif. Une victoire électorale que l’on pourrait qualifier d’historique pour les troupes libérales.

 

Mais doit-on désirer une telle éventualité?

 

Rappelons-nous les faits d’armes du premier mandat majoritaire de Jean Charest : la pierre angulaire de son programme de l’époque était le dégraissage de l’État en roulant sur le corps du mouvement syndical et des groupes sociaux. On faisait planer la menace d’une privatisation généralisée des services publics ainsi qu’une modification du rapport de force entre travail et capital par un amendement au code du travail favorisant la sous-traitance. Bref, le privé était devenu le nouveau veau d’or et l’État le mal incarné.

 

On a pu constater une certaine modération de la part du chef libéral suite à l’élection de 2007. Il a dû recentrer ses politiques face à une opposition majoritaire et à une grogne générale dans la population envers son gouvernement.

 

Maintenant, dans la présente campagne électorale, on a vu le chef du Parti Libéral se présenter en tant que défenseur des services publics, particulièrement en santé, et de l’interventionnisme étatique en économie à l’aide de grands travaux publics en complète dissonance avec son idéologie d’autrefois.

 

Pouvons-nous réellement croire que l’ancien chef conservateur canadien ait autant changé en quelques années?

 

On a pourtant bien constaté à Ottawa que lorsqu’on chasse le naturel chez les conservateurs, il revient au galop aussitôt. Ils se drapent d’un costume de brebis afin de séduire l’électorat modéré, mais à la première opportunité, le loup refait surface.

 

Prenons l’exemple de la santé : les cliniques privées depuis le jugement Chaoulli ne cessent de croitre en nombre et le départ précipité de l’ex-ministre Couillard pour une firme conseil en santé démontre que les nouvelles prétentions progressistes du PLQ ne tiennent pas à grand-chose. Couillard a jeté les bases d’une privatisation en santé et lorsque que sa job a été terminée il s’est empressé de rejoindre les rangs de ses nouveaux copains entrepreneurs.

 

Et parlons dont des jeunes libéraux (nous devrions plutôt parler des jeunes conservateurs) qui ont proposé des mesures plus conservatrices que libérales à faire frémir. Charest peut bien essayer de cacher l’idéologie réactionnaire des jeunesses libérales, il n’en demeure pas moins que ces jeunes membres influenceront grandement les décisions de ce parti dans l’avenir.

 

Que se passera-t-il quand les revenus de l’État commenceront à fléchir en conséquence de la crise et que les compagnies demanderont toujours plus d’aide financière de la part de l’État? Vous verrez alors le gouvernement Charest retourner à ses anciens amours dogmatiques en sabrant dans les budgets sociaux et en réprimant les centrales syndicales ainsi que les mouvements sociaux en colère.

 

Il y a un réel danger à élire un gouvernement majoritaire libéral au Québec, particulièrement par les temps qui courent. L’arrogance du premier mandat réapparaitra de nouveau et la nécessité de gérer la crise économique sera une justification de plus pour imposer encore une fois des lois par décrets au nom du bien-être national.

Jamais les conservateurs!

Les lecteurs assidus de ce blogue le savent.  Je n’arrête pas de dénoncer les agissements de ce gouvernement de droite depuis les débuts de ce blogue. 

Alors, afin d’éviter de me répéter, voici la liste des billets mettant en lumière la corruption crasse et l’hypocrisie des conservateurs:

L’argent parle chez les conservateurs

Suspension du programme écoAuto par les conservateurs

Stephen Harper le tout puissant

La droite conservatrice se dévoile au grand jour

Bali : le Canada complètement déconnecté!

Corrompu un jour, corrompu toujours

La pointe de l’iceberg

Un gouvernement Harper hors-la-loi

L’utopie d’un nouveau « beau risque »

Engagez-vous qu’ils disaient!

Un plan vert asymétrique

NON AUX CONSERVATEURS!

Bonne lecture!

Ajout: allez voir le texte de mon ami Lutopium!

La mauvaise foi de Nathalie Elgrably

La reine de la démagogie néolibérale au Québec remet ça dans sa dernière chronique du 4 septembre 2008 (L’inspecteur inspecté) dans le Journal de Montréal. Elle se surpasse une fois de plus en contradictions et en incohérences.

Selon cette prétendue sainte oracle de l’économie de marché, l’État est le seul responsable des cas de listériose. Elle accuse au passage l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) pour l’inefficacité de son travail.

Mais, ce qu’elle ne dit pas, c’est que les conservateurs, ses comparses, ont usé de laxisme dans la réglementation de l’industrie alimentaire depuis leur arrivée au pouvoir. C’est ce que témoigne le Globe and Mail : « Le quotidien (…) rapportait mercredi que, selon un document dont il a obtenu copie, l’Agence canadienne d’inspection des aliments aurait déjà commencé à laisser l’industrie procéder elle-même aux contrôles de qualité … »

Le gouvernement conservateur de Stephen Harper a fait aveuglement confiance aux industries alimentaires en matière d’hygiène en conformité avec ses préceptes de déréglementation, mais les faits démontrent que le relâchement d’un contrôle public entraine inévitablement des coûts mortels pour l’ensemble de la société. Ne soyons pas dupes. Les cas de listériose ne se rapportent pas seulement aux produits Maple Leaf, mais à un ensemble de produits provenant de sources diverses. En somme, les entreprises de production de denrées ont coupé les coins ronds en surveillance bactériologique en l’absence d’un encadrement étatique afin d’arrondir encore plus leurs profits.

En conséquence,  ces faits ont été complètement oblitérés par cette « haute » idéologue de droite. Elle propose ainsi une solution vide de sens afin de soutenir les propagandistes de droite acoquinés avec le monde des affaires assoiffé d’une réduction de la taille de l’État : abolir l’ACIA,  même si cela entraîne encore plus de décès en rapport aux intoxications alimentaires! Le privé sait tellement mieux agir de manière responsable. Laissons les businessmen faire encore plus de profits et ne s’occupons pas de la santé publique! Quelques centaines de morts n’ont que peu d’importance face aux bénéfices des entreprises!

Quand le comprendrons-nous enfin? Les activités des entreprises privées vont à l’encontre de l’intérêt collectif, particulièrement en ce qui a trait à l’alimentation constituant un service essentiel. Les affairistes ne recherchent que le profit, quitte à sabrer dans les dépenses de contrôle de qualité.

Et cette petite démagogue ne s’arrête pas là. Tant qu’à frapper sur les institutions gouvernementales, elle y va gaiement. Madame Elgrably avait sûrement quelques paragraphes à remplir pour sa chronique, donc elle les a comblés avec les inepties habituelles qu’on lui connaît. Elle s’attaque alors à la qualité de l’eau provenant des aqueducs publics. Pourtant, plusieurs experts stipulent que l’eau traitée par les municipalités est généralement de bonne qualité, même supérieure à celle embouteillée.

Par ailleurs, madame Elgrably cite en exemple le scandale de Walkerton pour étayer sa thèse de l’incompétence de l’État en matière de distribution d’eau! Cette dame doit vivre sur une autre planète ou être complètement malhonnête intellectuellement pour mettre en avant ce cas. Tout le monde sait que la cause de cette tragédie ayant entrainé plusieurs morts par une infection à la bactérie E. coli a été les coupures dans l’hygiène publique d’un ancien gouvernement conservateur ontarien affilié à sa propre idéologie! Bonjour la contradiction!

Peu importe les agissements des gouvernements conservateurs qui sabrent dans l’État et mettent en péril la vie de nos concitoyens, cela est sans considération pour madame Elgrably.

Comme toujours, elle idolâtre le secteur privé au lieu de se questionner sur ses propos purement délirants et son argumentaire dénué de toute logique.

Pire encore. Elle blâme insidieusement l’institution gouvernementale dans le dossier de la listériose ou dans celui de Walkerton après que la « gang » conservatrice et néolibérale dont elle fait partie ait tout fait depuis sa prise du pouvoir pour miner la confiance des citoyens envers les services publics par des politiques de déréglementation. Du grand art et une preuve de mauvaise foi : mettre les fautes des conservateurs sur le dos des institutions au lieu d’admettre leurs torts par leurs agissements.

Ce n’est pas l’État qu’Elgrably devrait dénigrer, mais ses petits amis conservateurs, pour leurs gestions déficientes des affaires publics, notamment en alimentation.

Voir aussi: Les contre-vérités environnementales de Nathalie Elgrably,  L’inconsistance de Nathalie Elgrably,  La petite démagogue

André Arthur versus l’éthique politique

Le député André Arthur a été engagé par TQS pour animer une émission d’opinion sur l’heure du midi.  Il s’agit sûrement d’une première au Québec.  Jamais dans le passé récent un politicien n’a usé d’une tribune « privée » sous rémunération en tant que « sideline » à son travail de député. 

 

Un événement qui soulève bien des interrogations.

 

Comme le soulignait Gilles Duceppe, chef du Bloc Québécois, il y a risque de conflit d’intérêts et la qualité de son rôle de député pourrait en subir les contrecoups aux dépens de son électorat.

 

Il semble évident qu’un élu à l’emploi d’un réseau télévisuel aura tendance à suivre la pensée politique générale de son employeur qui en profitera du même coup pour diffuser ses croyances.  Ainsi, cet élu serait tiraillé entre les intérêts de ses électeurs et ceux du média qui signe son chèque de paie.  Ce genre d’association est en pure contradiction avec la démocratie car c’est comme si on achetait un député en lui prodiguant des faveurs.

 

De plus, pourquoi un député en particulier aurait droit à cette publicité gratuite plus qu’un autre? On se souviendra que chaque député a droit à la même période de télédiffusion politique que tous les autres via la télévision publique.  Ne serait-ce pas plus juste de permettre à tous les députés de participer à une telle émission par souci d’équité? 

 

Par ailleurs, monsieur Arthur aura un avantage indu sur les futurs candidats-députés dans son comté lors des prochaines élections.   Cela, en fait, ne s’opposerait-il pas à la loi électorale?

 

On voit ainsi l’allégeance politique des nouveaux acquéreurs de TQS.  Remstar ramasse des propagandistes de droite en son sein comme monsieur Arthur et Jeff Fillion qui occupera la plage horaire du matin afin de répandre encore plus les idéaux conservateurs et réactionnaires dans la société québécoise. 

Ajout:  TQS a confirmé la fermeture de sa salle des nouvelles.  Adieu l’objectivité! On aime mieux les tribunes de droite afin d’informer (ou de désinformer) la clientèle déjà peu conscientisée du Mouton Noir de la télé.

L’opportunisme politique contre la faim dans le monde

Stéphane Dion, chef du Parti libéral du Canada, qui se targe d’être un défenseur de l’environnement maintient son appui au projet de loi (C-33), présenté par les conservateurs, favorisant l’industrie de l’éthanol-grain.

On aurait pu s’attendre au contraire. Réserver une partie de la production agricole pour permettre aux voitures de rouler est tout autant anti-éthique et nocif à l’environnement que l’est l’exploitation des sables bitumineux en Alberta. En fait, la production des biocarburants demande beaucoup d’énergie car les coûts en ressources naturelles y sont très élevés.

Devant la hausse du prix du carburant fossile, il est indubitable qu’on recourra de plus en plus à cette source alternative d’énergie afin de la substituer au pétrole. Les conservateurs affirment que cela ne toucherait que 5% des récoltes agricoles, mais une fois le pied dans la porte, on pourrait envisager que cette proportion ira en augmentant face à la crise énergétique et aux tarifs indécents du pétrole.

En plus de favoriser encore plus la déforestation et l’augmentation des prix des denrées alimentaires, l’adoption de ce projet de loi ne fera que contribuer à l’aggravation de la famine dans le monde.

« Monsieur environnement » fait preuve d’un opportunisme politique crasse. Sa popularité dans les sondages ne levant pas (à l’exception du dernier sondage qui semble encourageant), le mécontentement de son propre parti envers son leadership et les coffres vides du PLC sont les véritables motifs de sa faveur envers cette législation conservatrice.

S’il possédait réellement les valeurs qu’il prétend défendre, il voterait contre pour respecter ses convictions par pure cohérence au risque de perdre les élections.