La neutralité des officiers de l’État

Cet article a été publié dans le journal Métro Montréal le 15 octobre 2018

Dans tout ce débat sur les symboles religieux, nous devons nous rappeler un concept fondamental. En sciences politiques, il existe des principes constitutionnels de base datant de l’époque des Lumières.

L’un d’entre eux est la séparation de l’État et de la religion. Donc, en tant qu’officiers de l’État avec un pouvoir coercitif, les juges et les policiers ne doivent pas montrer d’affiliation religieuse. Ils doivent montrer une apparence de neutralité, comme l’État. En France, la République a établi cela depuis longtemps.

Toutefois, en ce qui concerne les enseignants et les gardiennes de CPE, cela ne s’applique pas. Ce ne sont pas des officiers de l’État, mais seulement des employés.

 

L’effet CAQuiste sur la division du vote

Ce texte a été publié dans Métro Montréal le 7 août 2012

Jean Charest peut bien se rassurer sur l’effet avantageux de division du vote qu’engendrera la popularité de la CAQ lors de l’élection générale du 4 septembre. Comme il l’affirmait quelques mois auparavant, la Coalition Avenir Québec cannibaliserait les électeurs traditionnels du Parti Québécois, permettant aux libéraux, à son avis, de devancer les candidats du PQ dans plusieurs circonscriptions.

Néanmoins, les faits parlent autrement.

Tout d’abord les sondages montrent un phénomène inversement proportionnel : lorsque la CAQ perd des appuis dans la population, autant le PQ que le Parti libéral du Québec en profitent dans les intentions de votes.

Par ailleurs, le Parti libéral du Québec et la formation de François Legault sont au diapason sur plusieurs thématiques : tous deux sont à l’écoute du monde des affaires avec un penchant antisyndicaliste – la plupart de leurs candidats sont des notables ou des gens d’affaires – ; ils prônent le statu quo en matière constitutionnelle – malgré la prétention de Jean Charest de décrire la CAQ comme un parti souverainiste – ; et finalement, autant la CAQ que le PLQ sont d’accord sur la hausse marquée des droits de scolarité ainsi que sur l’application de la loi 78.

Sans compter que la CAQ attaque directement, avec les candidatures de Jacques Duchesneau et de Gaétan Barrette, les axes politiques constituant le talon d’Achille du parti au pouvoir, c’est-à-dire la lutte à la corruption et la santé, deux domaines où les libéraux ont échoué.

En santé plus particulièrement, les électeurs plus âgés, traditionnellement favorables au PLQ dans le passé, seront fortement tentés, cette fois-ci, de choisir la CAQ afin de s’assurer de services médicaux rapides dans l’avenir…

En somme, plusieurs électeurs libéraux déçus de l’administration de Jean Charest pourraient porter leur voix sur le parti de François Legault, plus spécialement dans la région de Québec où la lutte à deux se fera sans le PQ.

Avant de suggérer une division du vote favorable au PLQ, monsieur Charest, il faut considérer ces éléments…

Le buffet à volonté de Legault

On peut prétendre tout et n’importe quoi en même temps. Voilà ce que nous apprend la Coalition pour l’Avenir du Québec (CAQ) de François Legault.

Choisissez votre menu.  Il y en a pour tous les goûts dans le buffet à volonté de la CAQ : un peu beaucoup de droite, un tantinet de gauche, un grain de sel d’écologisme, un soupçon de nationalisme et une pincée de fédéralisme.

Cependant, un tel amalgame d’idéologies hétéroclites ne perdure jamais bien longtemps sur la houle des vérités politiques car une formation politique ne peut affirmer être tout ainsi que son contraire.

En effet, un parti politique se veut intrinsèquement la réunion de citoyens ayant les mêmes croyances politiques dans l’objectif d’une action commune.  D’où la pluralité des partis représentants moult courants politiques présents dans la société.

Au mieux, ce nouveau né de la politique québécoise tanguera à droite et ne sera qu’une refonte de l’Action Démocratique du Québec en perte de vitesse.

Au pire, il se disloquera sous le poids de ses contradictions idéologiques…