Réforme de l’Assurance-emploi: deux poids, deux mesures

La réforme de l’assurance-emploi suscite de nombreuses controverses de la part des associations et des groupes de défense des travailleurs quelques jours seulement après son application.

L’instauration de mesures coercitives jugeant tout chômeur comme un fraudeur potentiel et le forçant à rechercher un emploi à moindre salaire et à une heure de son lieu de résidence ainsi que les récentes révélations sur les quotas imposés aux fonctionnaires de Service Canada font planer encore plus de doutes sur cette ré-ingénierie de l’assurance-emploi entérinée sans aucune consultation et dictée davantage par des préoccupations idéologiques que par des analyses judicieuses de la problématique du chômage.

Dans une vision intrinsèquement néolibérale, trouvant ses racines dans la culture bien-pensante des puissants et des nantis, les conservateurs cherchent à décourager au maximum le recours à l’assistance de l’État pour les sans emplois en compliquant leur admissibilité le plus possible. Citons l’hebdomadaire libéral The Economist qui écrivait, en 2010, cet énoncé : « Il y a deux manières de favoriser le retour au travail des chômeurs: l’une est de rendre inconfortable ou précaire la vie de ceux qui reçoivent une allocation chômage; l’autre consiste à faire que la perspective d’un emploi devienne viable et attirante.»

Et cette attitude paternaliste envers les chômeurs – sous prétexte de leur rendre service – ne date pas d’hier.  Benjamin Franklin, l’un des pères de la constitution américaine, affirmait, en 1766 : «  Plus on organise des secours publics pour prendre soin des pauvres, moins ils prennent soin d’eux-mêmes et, naturellement, plus ils deviennent misérables. Au contraire, moins on fait pour eux, plus ils font pour eux-mêmes, et mieux ils se tirent d’affaire .»

Pourtant, les conservateurs ne semblent pas transposer cette même logique aux entreprises, logique qui dicterait que moins on les appuie, plus elles deviendraient prospères!

Avec la crise financière, les banques ont obtenu 114 milliards $ d’aide financière du gouvernement conservateur. Ironique, car ce sont ces mêmes institutions financières qui ont creusé leur propre tombe par leur laxisme et provoqué la débâcle financière. Selon le raisonnement que l’on applique aux chômeurs, l’État fédéral n’aurait jamais dû consentir un centime aux banques, pour leur propre bien!

Autre exemple : le Canada subventionne à raison de 2,8 milliards $ par année l’industrie pétrolière… même si ces sociétés de l’or noir engrangent des milliards de profits! Pure contradiction avec la médecine servie aux chômeurs…

Et, finalement, le cas le plus patent: de 2000 à 2010, le fédéral diminua de 28% à 15% le taux d’imposition général des entreprises. De cette façon, selon le credo néolibéral, les entreprises devaient créer plus d’emplois en raison de l’allègement de leur fardeau fiscal.  Or, de nombreuses études en sont venues à la conclusion contraire : la baisse des impôts des entreprises devant supposément stimuler l’investissement n’a jamais concordé avec une baisse du chômage.

En fait, au lieu d’investir dans la main-d’œuvre, les entreprises ont préféré verser ces montants à leurs actionnaires ou spéculer sur les marchés financiers.  Ainsi, on récompense les entreprises de ne pas avoir engendré de nouveaux emplois et on fait payer les travailleurs pour l’incompétence des PDG de ces entreprises!

En conclusion, le mépris des conservateurs et des milieux d’affaires envers le salariat frise l’indécence.  Ils se proclament « Champions de l’économie », mais font tout pour miner la situation économique à longue échéance.  Cependant, le gouvernement conservateur devrait être sur ses gardes. Les rangs de chômeurs risquent de croître lorsque la crise mondiale atteindra réellement les frontières du Canada….ce qui pourrait leur nuire sur le plan électoral lors des prochaines élections.

Camps de travail comme solution au chômage

En cette période de crise économique mondiale, il est à propos de remonter le temps et de redécouvrir de quelle façon on estimait les indigents – les chômeurs d’hier – et comment on les traitait.

En 1932, afin de faire face au sous-emploi endémique de la Grande Dépression des années 30, le gouvernement canadien érigea de véritables camps de travail –  appelés « de secours » – à travers le pays.  Les autorités conseillèrent vivement aux hommes célibataires et sans travail de s’y rendre afin d’effectuer des grands travaux d’infrastructure. Plus de 170 000 hommes y séjournèrent au fil des années.

Cependant,  les conditions difficiles et l’exploitation du labeur consacrée par la faible rémunération poussèrent ces ouvriers à se révolter, amenant, finalement, la fermeture de ces camps en 1936 sous un constat d’échec.

Mais projetons-nous encore plus loin, soit dans l’Angleterre du 17e siècle.

À cette époque, les autorités considéraient les indigents comme responsables de leur condition en parfaite concordance avec la bonne morale chrétienne.  En effet, l’oisiveté étant la mère de tous les vices, il était dans l’intérêt des démunis d’être embrigadés de force dans des « workhouses » afin de leur inculquer les vertus laborieuses dont ils étaient dépourvus. Inutile de spécifier que certaines de ces « maisons de travail » étaient mises  au service de certains industriels, dans le textile notamment, et qu’elles procuraient aussi une main-d’œuvre à bon marché.

Même l’un des pères fondateurs du libéralisme, John Locke, proche conseiller du pouvoir royal, appuya cette démarche en complète antinomie avec les principes de liberté de cette idéologie.

Qu’est-ce que cela révèle?

En fait, en période économique difficile, on considère les chômeurs selon une perspective paternaliste – on les voit comme des enfants et même comme des criminels qu’il faut extirper de la société des bien-pensants les jugeant en tant que menace à l’ordre social.

Il est alors « normal » de les exploiter et de les mettre au service des détenteurs des moyens de production.

Advenant une détérioration encore plus prononcée de la crise économique actuelle – qui semble bien se profiler -, il ne serait pas étonnant qu’on ramène sur le plancher ce genre de politique.  Comptez sur la droite conservatrice pour le suggérer…

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication : 166 (universitaire)

La prochaine grande rupture sociétale : capital ne rime pas avec social

On la sent dans l’air. Elle est palpable. La grande rupture sociétale arrive.

Bientôt, les sociétés occidentales seront au prise avec un dilemme incontournable: maintenir le balancement des finances publiques ou respecter leurs engagements en services publics ainsi qu’en protection sociale.

En raison de la diminution des rentrées fiscales des États conséquente à la crise et surtout des plans d’aide économique ayant pompé les deniers publics à la hauteur de milliers de milliards, les gouvernements de part et d’autres sont de plus en plus acculés à la banqueroute.

On le voit déjà : le ratio endettement public/produit intérieur brut (PIB) atteint des proportions inquiétantes dans plusieurs pays développés.

En fait, selon l’OCDE, les 30 nations les plus économiquement avancées connaitront une hausse pouvant atteindre 100% de leur PIB en 2010, ce qui signifie un doublement du fardeau des dettes publiques en deux décennies. De plus, de 2007 à 2010, la période correspondant au sommet actuel de la crise économique, le gonflement de celles-ci aurait atteint 45% (source).

Un danger plus que réel, comme le souligne Cinzia Alcidi, du Centre for European Policy Studies : « Une dette à 100 % du PIB signifie que tout ce qui a été produit pendant un an devrait être consacré au remboursement. Les gouvernements sont-ils en situation de le faire?  »

Certains États sont désormais au bord de la faillite : l’Islande, l’Irlande, l’Espagne et surtout la Grèce. Un effet domino pourrait bien entrainer plus de pays dans cette spirale infernale.

En considération de ces faits troublants, quelle est la suite?

Comment aligner les impératifs budgétaires des États avec les besoins sociaux et communautaires des populations de ces États? La solution paraît hors de portée avec la timide reprise économique que l’on connaît.

Dans le passé, c’est-a-dire après la deuxième guerre mondiale, les énormes dettes contractées à la suite de la grande dépression des années 30 et des frais militaires dus à l’effort de guerre ont été remboursés lors de la période de prospérité appelée les « Trente Glorieuses ». À cette époque, la reconstruction de l’Europe avec le plan Marshall a permis de dévier l’immense potentiel industriel des États-Unis développé pendant la guerre vers la consommation de masse.

Mais, en 2011, alors que les dettes publiques éclatent encore une fois, aucune période de forte croissance ne pointe à l’horizon. Bien au contraire. Le système semble sclérosé et même la Chine commence à s’étouffer avec son inflation galopante et son secteur immobilier au bord d’un dégonflement.

Par ailleurs, on ne doit plus compter sur la croissance du PIB pour réduire le poids des dettes publiques comme dans les années 40 à 70 du siècle dernier. Le fort ralentissement économique amenant une cadence moindre de la progression du PIB n’est pas à l’avantage des États tout comme une possible déflation ne serait pas positive pour tous les débiteurs de la planète car cela contribuera à alourdir la pesanteur des dettes au delà de leur valeur nominale.

Le point de rupture va bientôt être atteint et des choix difficiles et paradoxaux se présenteront.

Les gouvernements occidentaux auront tendance à couper sauvagement dans les dépenses et les services sociaux comme cela se passe actuellement en Grèce. Mais, en agissant de la sorte, ils entraineront l’éclosion d’une grogne populaire de la part de leurs électeurs habitués à une qualité de vie adéquate et à un certain niveau de services publics. Il faut aussi mettre en perspective que le vieillissement de la population fera accroitre la demande pour plus d’investissement public en soins de santé et que les hausses de demandes d’assistance au chômage résultantes de la crise actuelle plomberont encore plus l’’équilibre budgétaire des États.

Bref, ça va brasser (et ça brasse déjà comme on a pu voir dernièrement en Grèce), et seul un rétablissement d’un équilibre entre les forces économiques privées et la sphère du domaine public peut désamorcer une situation plus qu’explosive socialement.

C’est d’ailleurs ce que tente de mettre en marche le nouveau président américain, Barack Obama, en essayant de rehausser l’imposition et la taxation sur les hauts revenus et les grandes compagnies en dépit de la forte opposition républicaine qui ne cesse de lui mettre des bâtons dans les roues. Le président essaie tout bien que mal d’initier un nouveau mouvement en politique fiscale en incitant les autres nations industrialisées à faire de même.

Le plus ironique ainsi qu’hypocrite est que ce sont les républicains qui multiplièrent la dette publique américaine depuis Reagan et qu’ils montent les premiers aux barricades lorsque le présent président démocrate tente de redresser la situation en dénichant de nouveaux revenus chez les classes très aisées ayant profité le plus des règnes républicains.

Les prochaines années seront déterminantes pour l’économie mondiale. Les défenseurs d’un marché libre dépourvu de toute entrave ou de toute ingérence étatique ne pourront plus se mettre la tête sous le sable.

La grande rupture sociétale entre les pouvoirs économiques transnationaux et les aspirations concrètes des populations humaines est à notre porte.

Peut-être comprendront-ils et comprendrons-nous enfin que capital ne rime pas avec social.

La grande rupture sociétale : capital ne rime pas avec social

On la sent dans l’air.  Elle est palpable.  La grande rupture sociétale arrive.

Bientôt, les sociétés occidentales seront au prise avec un dilemme incontournable: maintenir le balancement des finances publiques ou respecter leurs engagements en services publics ainsi qu’en protection sociale.

En raison de la diminution des rentrées fiscales des États conséquente à la crise et surtout des plans d’aide économique ayant pompé les deniers publics à la hauteur de milliers de milliards, les gouvernements de part et d’autres sont de plus en plus acculés à la banqueroute.

On le voit déjà : le ratio endettement public/produit intérieur brut (PIB) atteint des proportions inquiétantes dans plusieurs pays développés.

En fait, selon l’OCDE, les 30 nations les plus économiquement avancées connaitront une hausse pouvant atteindre 100% de leur PIB en 2010, ce qui signifie un doublement du fardeau des dettes publiques en deux décennies.  De plus, de 2007 à 2010, la période correspondant au sommet actuel de la crise économique, le gonflement de celles-ci  aurait atteint 45% (source).

Un danger plus que réel, comme le souligne Cinzia Alcidi, du Centre for European Policy Studies : « Une dette à 100 % du PIB signifie que tout ce qui a été produit pendant un an devrait être consacré au remboursement. Les gouvernements sont-ils en situation de le faire?  »

Certains États sont désormais au bord de la faillite : l’Islande, l’Irlande, l’Espagne et surtout la Grèce. Un effet domino pourrait bien entrainer plus de pays dans cette spirale infernale.

En considération de ces faits troublants, quelle est la suite?

Comment aligner les impératifs budgétaires des États avec les besoins sociaux et communautaires des populations de ces États?  La solution paraît hors de portée avec la timide reprise économique que l’on connaît.

Dans le passé, c’est-a-dire après la deuxième guerre mondiale, les énormes dettes contractées à la suite de la grande dépression des années 30 et des frais militaires dus à l’effort de guerre ont été remboursés lors de la période de prospérité appelée les « Trente Glorieuses ».  À cette époque, la reconstruction de l’Europe avec le plan Marshall a permis de dévier l’immense potentiel industriel des États-Unis développé pendant la guerre vers la consommation de masse.

Mais, en 2010, alors que les dettes publiques éclatent encore une fois, aucune période de forte croissance ne pointe à l’horizon.  Bien au contraire.  Le système semble sclérosé et même la Chine commence à s’étouffer avec son inflation galopante et son secteur immobilier au bord d’un dégonflement.

Par ailleurs, on ne doit plus compter sur la croissance du PIB pour réduire le poids des dettes publiques comme dans les années 40 à 70 du siècle dernier.  Le fort ralentissement économique amenant une cadence moindre de la progression du PIB n’est pas à l’avantage des États tout comme une possible déflation ne serait pas positive pour tous les débiteurs de la planète car cela contribuera à alourdir la pesanteur des dettes au delà de leur valeur nominale.

Le point de rupture va bientôt être atteint et des choix difficiles et paradoxaux se présenteront.

Les gouvernements occidentaux auront tendance à couper sauvagement dans les dépenses et les services sociaux comme cela se passe actuellement en Grèce. Mais, en agissant de la sorte, ils entraineront l’éclosion d’une grogne populaire de la part de leurs électeurs habitués à une qualité de vie adéquate et à un certain niveau de services publics. Il faut aussi mettre en perspective que le vieillissement de la population fera accroitre la demande pour plus d’investissement public en soins de santé et que les hausses de demandes d’assistance au chômage résultantes de la crise actuelle plomberont encore plus l’’équilibre budgétaire des États.

Bref, ça va brasser (et ça brasse déjà comme on a pu voir dernièrement en Grèce), et seul un rétablissement d’un équilibre entre les forces économiques privées et la sphère du domaine public peut désamorcer une situation plus qu’explosive socialement.

C’est d’ailleurs ce que tente de mettre en marche le nouveau président américain, Barack Obama, en essayant de rehausser l’imposition et la taxation sur les hauts revenus et les grandes compagnies en dépit de la forte opposition républicaine qui ne cesse de lui mettre des bâtons dans les roues. Le président essaie tout bien que mal d’initier un nouveau mouvement en politique fiscale en incitant les autres nations industrialisées à faire de même.

Le plus ironique ainsi qu’hypocrite est que ce sont les républicains qui multiplièrent la dette publique américaine depuis Reagan et qu’ils montent les premiers aux barricades lorsque le présent président démocrate tente de redresser la situation en dénichant de nouveaux revenus chez les classes très aisées ayant profité le plus des règnes républicains.

Les prochaines années seront déterminantes pour l’économie mondiale.  Les défenseurs d’un marché libre dépourvu de toute entrave ou de toute ingérence étatique ne pourront plus se mettre la tête sous le sable.

La grande rupture sociétale entre les pouvoirs économiques transnationaux et les aspirations concrètes des populations humaines est à notre porte.

Peut-être comprendront-ils et comprendrons-nous enfin que capital ne rime pas avec social.

Une crise économique qui n’en finit plus

Le dernier sommet du G8 en Italie s’est traduit par un constat d’échec.  Les grandes puissances économiques de ce monde n’ont pu que réaliser leur impuissance devant une crise économique sur laquelle elles n’ont aucune prise.

Allons-y avec quelques déclarations peu rassurantes (source):

« Le plus gros de la détérioration reste à venir« –  Martine Durand, responsable de l’emploi pour l’OCDE.

« Les emplois perdus le sont de façon irréversible (…) On fabriquera moins de voitures et moins de biens durables. Où seront créés les emplois de demain ? On ne sait pas (…) Dans trois ou quatre ans, la dette des pays de l’OCDE va dépasser leur produit intérieur brut (PIB). Résultat : Il va falloir diminuer la protection sociale, le nombre de fonctionnaires et augmenter les impôts »-  Patrick Artus de la banque Natixis.

« Nous avons créé une entité nouvelle, l’économie mondialisée, dont nous découvrons la fragilité. (…) L’avenir n’est écrit nulle part en ce moment. »-  Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne.

Pourtant, les médias parlent de reprise et affirment que le pire est derrière nous.  Ils ont tout faux.

Les États-Unis viennent de perdre 467 000 emplois en juin faisant augmenter le taux de chômage à 9,5%.  Des statistiques qui dépassent les récentes prévisions du département du Travail américain.

De même, selon Juan Somavia, directeur-général de l’Organisation internationale du travail (OIT), la faiblesse de l’emploi pourrait perdurer 8 autres années et le chômage gonfler sensiblement jusqu’en 2011.

Ce que nous avons déjà connu de cette crise n’est que la pointe de l’iceberg.

L’économie mondiale a été portée sur le dos de l’endettement excessif et nous en payons maintenant le prix (lire une croissance à crédit,  Autopsie de la crise financière et Frénésie boursière et endettements massifs : un signe des temps ?)

Depuis les années de présidence de Reagan et de l’établissement des préceptes de l’École de Chicago,  les bonzes du néolibéralisme nous ont promis mers et monde et une prospérité sans limite.

Mais la néfaste déréglementation et les écarts de richesses qui se sont révélés être les résultats de cette politique économique dogmatique de l’infaillibilité du libre-marché viennent de témoigner hors de tout doute de l’inefficacité du néolibéralisme.

Le futur du capitalisme : le travail autonome!

Récemment, on annonçait avec fierté une amélioration dans le monde de l’emploi avec la création de 36 000 jobs au Canada. Certains économistes affirment que nous avons touché le fond du baril de cette crise économique et que nous voyons peut-être la lumière au bout du tunnel.

Mais il ne faudrait pas s’emballer trop rapidement.

La vérité est que ces nouveaux emplois ne sont pas de même qualité que ceux perdus dans les derniers mois. En effet, cette croissance de l’emploi est attribuable à une augmentation du travail autonome.

Pour ceux qui ne sont pas familier avec ce type d’emploi, il s’agit d’un travail sans protection sociale et dénué de tout avantage. Le travailleur autonome est à son propre compte et doit contribuer seul à un fond de retraite ou à un régime d’assurances.  Bref, l’employé parfait pour tous les employeurs!

Il est vraiment trop tôt pour annoncer une éventuelle reprise avec ces dernières statistiques. Ces emplois, étant précaires et peu rémunérateurs pour la plupart, ne peuvent entrainer un véritable embellissement de la situation économique et stimuler une demande par une baisse simultanée des revenus des travailleurs.

Cependant, nous pouvons deviner clairement où cette « mode » nous mènera.

Désormais, quelqu’un qui désire un emploi devra accepter des conditions amoindries et offrir sa « force de travail » aux employeurs en contractant à la petite semaine des contrats sous la menace que son emploi partira à l’extérieur du pays. Il n’y a qu’à penser à GM qui veut délocaliser ses usines dans les pays en développement où la main-d’œuvre et les coûts de production sont beaucoup moins onéreux.

La crise n’est qu’un prétexte de plus pour bafouer les droits du travail les plus élémentaires et de permettre aux compagnies de renflouer leurs coffres durement affectés par la chute de leurs ventes.

Une régression pour le salariat et un grand progrès pour le patronat!

À l’attaque des programmes sociaux!

Les programmes sociaux sont malmenés devant la hausse du chômage qu’entraine l’actuelle crise économique et les déficits récurrents des gouvernements.

La diminution des contributions prélevées sur les salaires des travailleurs met sous pression l’ensemble des régimes de protection sociale des pays développés.  C’est ce qu’on a pu entendre de la part de l’Association internationale de la sécurité sociale (AISS)  qui rappelle l’utilité des filets sociaux dans l’atténuation des effets catastrophiques d’un ralentissement économique majeur.

Mais que cela ne tienne. Cette crise économique, pour les puissants de ce monde, n’est qu’une occasion de plus d’élaguer l’éventail des services sociaux afin de pallier à la diminution des bénéfices des grandes entreprises.

Dans cette optique, l’Institut Fraser, dans l’une de ses récentes études propagandistes,  souligne que les canadiens paient 17 fois plus d’impôt comparativement à il y a 47 ans avec l’objectif évident de convaincre les citoyens qu’ils remettent trop de leurs revenus dans les coffres des gouvernements.

Mais, encore une fois, comme c’est l’habitude de la part des soi-disant spécialistes des think tank de droite, l’Institut Fraser, un organisme dit « à but non lucratif », aménage la vérité comme bon lui semble afin de rencontrer les visées de ses riches donateurs affairistes.

Les groupes d’étude comme l’Institut Fraser n’évoquent pertinemment pas que, depuis le début du néolibéralisme initiée par le consensus de Washington, la quote-part de l’impôt des grandes compagnies s’est vu de plus en plus diminuée tandis que l’apport des contribuables n’a cessé de croître laissant ceux-ci payer seuls les frais des services publics pourtant nécessaires à une société prétendument évoluée.

Encore récemment, cette tendance se maintient, comme le citait Josée Legault dans un article de juillet 2008 : « Résultat: avec la multiplication des subventions et avantages fiscaux aux entreprises, les particuliers fourniraient maintenant près de 80 % des revenus autonomes du gouvernement du Québec (*sans compter ce qui vient d’Ottawa). Donc, plus la proportion des revenus provenant des entreprises diminue, plus celle des particuliers augmente. C’est ce qu’on appelle un VRAI déséquilibre fiscal. »

Il ne passera pas beaucoup d’eau sous les ponts avant que la droite évoque l’endettement chronique de l’État et l’ultime nécessité de réduire sa taille et les services qu’il procure à la population, même si cela se résulte par un appauvrissement généralisée en ces temps de crise.

Se drapant d’un linceul de vertu, les idéologues du laisser-faire économique proclament agir dans l’intérêt de tous tout en camouflant leurs véritables buts :   détourner l’argent dédié au bien-être de la collectivité pour remplir les portefeuilles des compagnies et de leurs actionnaires dont la richesse décline depuis l’électrochoc de la crise économique mondiale.

Mario Dumont, Montréal-Nord et l’éducation

Le sans-pareil chef de l’Action Démocratique du Québec utilise les événements de Montréal-Nord afin de discréditer le système d’éducation public du Québec. Une récupération politique crasseuse dont lui seul à la recette.

À son avis, cela confirme la faillite du régime d’éducation et l’on devrait, bien sûr, se tourner vers le merveilleux modèle américain qui s’approche, selon lui, de la perfection.

Néanmoins, les données du « Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) » démontrent que le Québec s’en tire très bien sur le plan éducatif. Les résultats scolaires des jeunes québécois en mathématique surpassent ceux des autres provinces canadiennes et se classent au 5e rang mondial derrière Taïwan, Hong-Kong, la Corée et la Finlande. En lecture et en sciences, le Québec se situerait aussi au 4e rang international.

Alors monsieur Dumont devrait se tourner sept fois la langue dans la bouche avant de parler de faillite de l’éducation au Québec et d’exploiter indument tout ce qui se passe dans l’actualité afin de convaincre les électeurs de la pertinence de son programme néolibéral.

En somme, il propose tout bêtement de régler les problèmes ethno-sociaux de Montréal-Nord en misant sur l’éducation lorsque la véritable cause des maux qui affligent cette localité n’est pas le manque d’instruction, mais bien le chômage chronique. En fait, à Montréal-nord, le taux de chômage s’établit à 12%  tandis qu’il est de 7,4% dans l’ensemble de la population québécoise.

Certains diront que Montréal-Nord comporte un pourcentage élevé de décrocheurs et ils ont raison. Mais ce n’est pas l’origine de la problématique, mais simplement la conséquence. On ne résout pas un problème en s’attardant aux résultats en aval, mais en s’attaquant à la source en amont : une famille dont les parents sont victimes de chômage et de pauvreté n’offre pas un milieu propice à la réussite scolaire des enfants. Bref, la pauvreté engendre la pauvreté.

Aussi, comme tout bon défenseur des idées de droite, Dumont entend instaurer une discipline accrue dans les institutions d’enseignement et créer des groupes policiers d’intervention spéciale pour lutter contre les gangs de rue. Pourtant, l’expérience tend à prouver que la répression ne résout pas la criminalité, mais la catalyse encore plus en suscitant la révolte et en brisant des familles par les incarcérations subséquentes. La véritable voie est l’intégration par l’emploi mais monsieur Dumont n’est pas capable de comprendre ce concept.

Le chef de l’ADQ aborde ce dossier dans une logique inverse sans tenir compte de l’ensemble du tableau socio-économique de Montréal-Nord. Il place sur l’avant-scène des solutions faciles tout en évitant des questionnements profonds sur une société basée sur les inégalités économiques et les valeurs individualistes.