Un test de civilisation

Photo de Markus Spiske provenant de Pexels

Cet article a été publié dans Le Devoir le 14 juillet 2021, Le Soleil de Québec le 15 juillet 2021 et dans le Métro Montréal le 19 juillet 2021

Toute civilisation humaine connaît une période de croissance, un apogée et ensuite un déclin. Que cela soit dû à un épuisement des ressources, à une catastrophe naturelle, à une défaite militaire face à une civilisation plus puissante ou pour toute autre raison, aucune n’a pu y échapper.  Et la nôtre  connaîtra aussi probablement le même sort. 

La montée des températures ainsi que la fonte rapide des glaciers qui amèneront inexorablement une hausse du niveau des mers et des périodes caniculaires plus qu’inhabituelles nous indiquent sans ambages que notre modèle civilisationnel industriel triomphant – qui éclipsa tous ses concurrents et conquit tous les continents – s’approche du point de rupture. 

Par contre, il réside de l’espoir. De grandes organisations économiques internationales comme le FMI, la Banque mondiale ou l’Agence internationale de l’énergie préconisent désormais l’abandon des énergies fossiles à court ou moyen terme. Il s’agit d’un discours que nous n’avions pas l’habitude d’entendre de ces organisations auparavant, même si dans le concret cela n’incite pas les gouvernements à respecter leur plan de réduction de gaz à effet de serre – jusqu’à ce jour.

Le temps que nous laissons passer réduit les possibilités d’éviter la catastrophe climatique et cela demandera un plus grand effort dans le changement de cap du grand navire de l’économie mondiale qui ne modifie sa direction que très lentement. Passerons-nous ce test de civilisation en nous adaptant à la nouvelle situation ou échouerons-nous comme tant d’autres civilisations avant nous?

Un acteur manquant

Une autre conférence sur le réchauffement climatique (COP 24) vient de se conclure à Katowice en Pologne et les divers représentants des nations du monde retourneront dans leur capitale respective sans avoir, comme d’habitude, de réelles capacités à respecter les ententes signées. Ils se rencontrent et pondent à chaque fois des résolutions qui tomberont dans l’oubli une fois le sommet terminé sous la pression des impératifs économiques dictés par la concurrence internationale en dépit des voyants rouges clignotant de plus en plus fort appuyés par la fonte rapide des pôles et aussi par l’avènement d’épisodes climatiques extrêmes aux quatre coins du globe.

Et si, en fait, il manquait une variable à l’équation de la solution du réchauffement climatique? On évoque toujours une participation accrue des États, du politique, mais presque jamais de l’économique, c’est-à-dire des efforts que l’on devrait demander aux sociétés commerciales nationales et multinationales. Évidemment, le monde des affaires prétend faire sa part, mais force est de constater que ses initiatives sont bien timides et bien en deçà de ce qu’il devrait faire. Certains diraient même qu’une grande partie de la responsabilité repose désormais sur les épaules de ces organisations dont est issue la prolifération des gaz à effets de serre, c’est-à-dire les sociétés commerciales et industrielles qui produisent nos biens de consommation multiples, tels les voitures et tous les autres biens.

En tant qu’entreprises prétendument responsables et soucieuses de l’environnement, celles-ci ne devraient-elles pas franchir le cap et entreprendre d’elles-mêmes le changement des habitudes de consommation? Au lieu de cela, l’offre demeure la même et ignore une demande pour des produits plus écologiques. Par exemple, on nous propose encore des véhicules VUS énergivores. On rétorquera que les technologies alternatives de véhicules autres qu’à explosion ne sont pas encore prêtes, mais si l’on avait investi en environnement autant de centaines de milliards de dollars que nous l’avons fait dans l’industrie de l’armement et de la guerre ces dernières décennies, notre problème actuel serait bien près de la solution. Toutefois, il est bien plus rentable de fabriquer des armes à court terme que de préparer un avenir meilleur à l’humanité à long terme.

Aussi, on s’étonne de constater le manque de vision des multinationales quant à l’urgence de la situation. Pourtant, elles devraient être les premières à user du principe de précaution afin d’assurer leur propre pérennité. Après tout, une terre dévastée en permanence par les bouleversements climatiques n’est pas bonne pour les affaires.

Le Pacte pour la transition, par exemple, est une bonne initiative, mais la situation climatique actuelle dépasse la simple sphère de la société civile ou même de la politique. Il manque un acteur important dans la résolution globale de cette problématique. Sans une attitude proactive du monde des affaires à l’international dans le changement de paradigme de consommation, jamais nous ne pourrons opérer le changement de cap si escompté…

Extinction inc.

S’il y a un marché dans lequel vous devriez investir vos billes, c’est bien celui de l’extinction des espèces qui connaît un taux de croissance phénoménale dépassant toutes les espérances.

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En effet, la disparition des populations des oiseaux, poissons, reptiles et mammifères s’accélère à un rythme effréné depuis plus de 40 ans. Selon le Fonds mondial pour la nature (WWF), 58 % de ceux-ci ont été rayés de la carte du monde depuis 1970 et, d’ici 4 ans, ce taux pourrait grimper à 67 % en raison de l’activité humaine. Ajoutons aussi les changements climatiques qui bouleverseront éventuellement des milliers d’habitats et qui fragiliseront ainsi encore plus d’espèces. Devant la surexploitation du globe et la croissance démographique – nous consommons environ l’équivalent des ressources de 1,6 planète – l’organisme lance un cri d’alarme.

Et pourtant, ce qui devrait passer à la Une des journaux et des canaux de nouvelles se voit relégué à une information anodine sans conséquence.

L’humanité se cantonne encore dans l’axiome fallacieux que le capitalisme est la seule voie possible – une foi inébranlable que le développement de l’économie de marché sera toujours infini sans qu’il ne rencontre d’obstacle à sa course dans un monde fini où les ressources sont limitées.

Mais, la pensée magique finira par se dissiper lorsqu’elle rencontrera brusquement le mur de la réalité… et, à ce moment, il sera peut-être trop tard pour réparer ce qui ne peut pas être réparé.

Cependant, ce n’est pas la première fois que les voyants rouges s’illuminent. En 1972, le premier rapport du Club de Rome (Rapport Meadows) sonnait l’alarme sur les conséquences de la croissance économique sur l’environnement, prédisant même une chute brutale de l’économie mondiale vers 2030. En 2012, une version actualisée de cette étude confirme le postulat précédent en implorant les responsables politiques d’opérer un changement de paradigme socio-économique incontournable pour assurer la suite de notre civilisation et de notre race.

La finalité de la route que nous avons empruntée aboutira à une raréfaction des ressources et à un effondrement de la chaîne alimentaire dont nous tirons notre subsistance. Et, en bout de course, c’est l’humanité tout entière qui disparaîtra, car on aura dérobé sous ses pieds les fondations de sa pérennité.

En fin de compte, le capitalisme – système par excellence du consumérisme – réalisera probablement sa plus grande réussite en ayant consommé pratiquement tout ce qui existe de vivant sur cette terre, tel un trou noir dont rien ne s’échappe…

Dichotomie de foi

L’encyclique « inattendue » sur l’environnement du Pape François a fustigé les milieux ultraconservateurs américains pourtant très croyants et pourfendeurs avérés de la thèse du rôle de l’activité humaine dans le réchauffement climatique.  Même un journaliste de Fox News (Greg Gutfeld), chaine d’extrême droite aux États-Unis, a affublé le Pape du qualificatif d’«homme le plus dangereux de la planète».

L’évêque de Rome dénonce l’égoïsme des puissants employant les carburants fossiles pour engranger plus de richesses – tandis que les plus pauvres de la planète subissent les contrecoups de la hausse des températures –  et qui se complaisent dans leur inaction en évoquant l’implacable diktat du marché.  Le Pape François appelle ainsi à un changement de paradigmes économique, social et écologique afin d’assurer l’avenir d’un monde qui se détériore rapidement.

Le plus paradoxal est de constater une véritable dichotomie de foi entre un représentant divin sur terre naviguant habituellement dans l’intangible qui se réfère à des données scientifiques probantes pour étayer son discours écologique et des fondamentalistes chrétiens acoquinés au grand capital qui accumule de nombreuses ressources financières et matérielles à l’aide d’une science et d’une technologie utiles au capitalisme tout en réfutant simultanément cette même méthodologie scientifique sur laquelle s’appuie aussi la thèse plus que certaine de la causalité humaine dans le réchauffement climatique…

Antiterrorisme 101

L’attentat perpétré au Charlie Hebdo élève à un nouveau paroxysme ce conflit séculaire entre l’Occident et le monde musulman qui fait rage depuis les premières batailles entre chrétiens et dévots d’Allah au VIIIe siècle de notre ère.

Les motifs et les blâmes fusent de part et d’autre pour expliquer ce feu sanglant perpétuel – les deux côtés croyant posséder l’unique vérité.

Les intégristes dénoncent l’occupation de la Palestine, le néocolonialisme, l’ingérence de l’Occident, les occupations militaires et les bombardements parfois indiscriminés sur leurs pays.

Le monde occidental, lui, s’offusque de l’obscurantisme et du barbarisme sans nom des tenants de cet islamisme radical échappant à la raison.

Devant cette escalade de la haine, plusieurs se demandent comment mettre un terme au terrorisme.

Certains suggèrent une réponse avec plus de répression et d’interventions militaires dans les zones où pullule la «  main-d’œuvre terroriste  ». Mais ce serait une erreur. Répondre à la violence par la violence ne fait que perpétuer ce cercle vicieux dont la fin ne sera jamais à notre portée si nous continuons à emprunter cette voie.

L’alternative la plus positive serait de s’attaquer directement aux racines du terrorisme.

Premièrement, rappelons-nous les déclarations récentes du Pape François qui pointait «  la pauvreté, le sous-développement, l’exclusion  » comme les principales sources de la genèse du terrorisme contemporain. Il souligne ainsi les défauts de notre capitalisme implacable laissant sur le bas-côté les moins chanceux de la vie. Il serait alors de plus en plus pressant d’organiser une véritable social-démocratie planétaire soutenant les oubliés du système économique afin d’éradiquer les germes du terrorisme.

Deuxièmement, il deviendrait nécessaire d’atteindre un nouveau moment tournant dans les relations internationales entre les démocraties libérales et la sphère musulmane en y incluant un paradigme de respect mutuel. L’impérialisme occidental dans cette région devrait céder le terrain à une entente sur le développement et les riches élites des pays arabo-musulmans, principalement celles de la péninsule arabique, devraient arrêter de faire double jeu et de financer subrepticement les organisations terroristes.

Évidemment, il demeure difficile d’oublier la haine ainsi que les fantômes du passé et les forces de l’immobilisme combinées à la pluralité des acteurs rendent pratiquement utopique l’application de ces solutions. Mais, au moins, elles sont énoncées ici…

Camps de travail comme solution au chômage

En cette période de crise économique mondiale, il est à propos de remonter le temps et de redécouvrir de quelle façon on estimait les indigents – les chômeurs d’hier – et comment on les traitait.

En 1932, afin de faire face au sous-emploi endémique de la Grande Dépression des années 30, le gouvernement canadien érigea de véritables camps de travail –  appelés « de secours » – à travers le pays.  Les autorités conseillèrent vivement aux hommes célibataires et sans travail de s’y rendre afin d’effectuer des grands travaux d’infrastructure. Plus de 170 000 hommes y séjournèrent au fil des années.

Cependant,  les conditions difficiles et l’exploitation du labeur consacrée par la faible rémunération poussèrent ces ouvriers à se révolter, amenant, finalement, la fermeture de ces camps en 1936 sous un constat d’échec.

Mais projetons-nous encore plus loin, soit dans l’Angleterre du 17e siècle.

À cette époque, les autorités considéraient les indigents comme responsables de leur condition en parfaite concordance avec la bonne morale chrétienne.  En effet, l’oisiveté étant la mère de tous les vices, il était dans l’intérêt des démunis d’être embrigadés de force dans des « workhouses » afin de leur inculquer les vertus laborieuses dont ils étaient dépourvus. Inutile de spécifier que certaines de ces « maisons de travail » étaient mises  au service de certains industriels, dans le textile notamment, et qu’elles procuraient aussi une main-d’œuvre à bon marché.

Même l’un des pères fondateurs du libéralisme, John Locke, proche conseiller du pouvoir royal, appuya cette démarche en complète antinomie avec les principes de liberté de cette idéologie.

Qu’est-ce que cela révèle?

En fait, en période économique difficile, on considère les chômeurs selon une perspective paternaliste – on les voit comme des enfants et même comme des criminels qu’il faut extirper de la société des bien-pensants les jugeant en tant que menace à l’ordre social.

Il est alors « normal » de les exploiter et de les mettre au service des détenteurs des moyens de production.

Advenant une détérioration encore plus prononcée de la crise économique actuelle – qui semble bien se profiler -, il ne serait pas étonnant qu’on ramène sur le plancher ce genre de politique.  Comptez sur la droite conservatrice pour le suggérer…

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication : 166 (universitaire)

Un monde sans gouvernail

L’humanité est à la dérive et personne n’ose sortir la tête du sable.

Les croyances religieuses des communautés pastorales d’antan ont cédé le pas à une nouvelle divinité contemporaine: le marché.

Le genre humain ne pouvant se passer d’idéalisme, la main divine a été remplacée par la « main invisible » du libre marché – comme s’il ne pouvait décider de sa propre destinée sans appeler à des forces intangibles.

Tel un nouveau prosélytisme – cette fois-ci économique -,  les prêtres de la nouvelle idole répandirent la bonne nouvelle à un point tel que tout un chacun de part et d’autre de la planète finirent par s’agenouiller devant l’autel du productivisme capitaliste.

En conséquence, de nos jours, cette nouvelle confession consumériste acceptée comme dominante empiète désormais sur l’écosystème global et menace la pérennité même de l’humanité.

Ainsi, les ressources s’épuisent, de nombreuses espèces animales et végétales sont en voie de disparition, le climat planétaire se dérègle, la pollution de la biosphère atteint des sommets inquiétants –  générant de plus en plus de cancers et de maladies.

Au niveau social, les écarts de revenus et les iniquités économiques s’accentuent.

Les tensions géopolitiques, suscitées par les velléités d’accaparation de ressources naturelles par les nations,  pouvant dégénérer en conflits régionaux ou mondiaux, se multiplient proportionnellement à la raréfaction de celles-ci.

Cependant, tout semble être pour le mieux dans le meilleur des mondes. Les médias corporatistes se taisent devant de telles évidences et nous proposent des émissions insipides et futiles nous détournant des véritables enjeux.

Le monde a pourtant besoin de planification afin de faire face aux défis de demain.

Mais, nous nous fiions toujours sur la « main invisible » – en pure pensée magique -, censée tout contrôler et qui réglera tous nos problèmes.

Pourtant, le sacro-saint marché a maintes fois montré ses limites.

La crise financière de 2008 – dont on ressent encore les secousses -, les prix élevés de l’alimentation et du pétrole et les oligopoles antinomiques à la libre concurrence travestissant les lois du marché sont autant de preuves de la faillite du nouveau dogme mercantiliste.

Semblable à un navire sans boussole, la course de la race humaine risque de s’échouer sur les rivages toujours renouvelés de l’histoire…

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication : 168 (universitaire)

Le premier jalon

Les puissants de ce monde jubilent.  À l’aide de leurs associés investissant les mairies des principales villes « occupées », le  mouvement contestataire des Indignés a été évincé des parcs jouxtant les sanctuaires du capitalisme financier.

Plusieurs raisons de sécurité publique servant de prétexte à l’éviction ont été évoquées, bien, qu’en définitive, on sait que ces « sit-in » nouveau genre déplurent grandement aux maitres du monde et qu’il fallait y mettre un terme, car ils représentaient une épine à leurs pieds et que, surtout, ils leurs renvoyaient en pleine face, tel un reflet de miroir, leur avarice ainsi que leur apathie envers leurs congénères.

Mais, ils ont tort de se réjouir trop rapidement.

Le premier jalon d’une nouvelle mouvance politique vient d’être posé.

On la sentait venir depuis les années 90.  Cela a commencé avec les altermondialistes qui ont été interrompus dans leur élan par les événements du 11 septembre.  Cependant, après une décennie et le traumatisme passé, les opposants à l’ordre social établi ont repris le flambeau.

Bien qu’on ait vidé les lieux des occupations, le nombre des participants, l’appui d’une majorité de la population ainsi que la caution morale des richissimes Warren Buffet ou Bill Gates, démontrent bien que, même étouffée, la cause est toujours vivante.  Et l’aggravation de la crise économique exacerbant les inégalités sociales jettera encore plus d’huile sur le feu dans l’avenir.

Tout comme les premières révoltes arabes ou les soubresauts démocratiques dans l’ancien bloc soviétique durement réprimés, le mouvement « Occupy » ne pourra être éradiqué aussi facilement sans un changement majeur dans l’attitude des élites économiques et financières contrôlant tous les organes du pouvoir politique.

Et l’histoire a souvent démontré que la répression des puissants ne réussit qu’à ralentir un mouvement politique, pas à l’éliminer. Bien au contraire. Elle l’alimente…

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication : 159 (universitaire)

Des origines de l’inégalité sociale

Depuis des temps immémoriaux, l’inégalité parmi les hommes est proclamée, voire même encensée.

Platon édictait une hiérarchie sociale dans laquelle chacun avait sa place attitrée selon sa “vertu”.  Il suggère trois classes – ou plutôt castes dans lesquelles la naissance détermine l’appartenance – ; les dirigeants, les soldats et les artisans.

Aristote va dans le même sens.  Les « vertueux » de descendance, les nobles,  sont appelés à gouverner tandis que les non-vertueux, esclaves et paysans, sont condamnés à la soumission ainsi que leur progéniture.

De même, au Moyen Âge, selon le grand penseur scolastique Augustin, les individus ne sont pas égaux – ce qui se veut antinomique pour une religion chrétienne valorisant le partage et l’équité parmi les hommes.

Pour Saint Augustin, tout pouvoir est tributaire du divin, particulièrement celui du dirigeant.  L’authentique chrétien ne se soumet pas seulement à ses dirigeants, il se doit de les aimer, même s’ils s’avèrent être des tyrans, car en les aimants, c’est Dieu qu’il vénère.

À notre époque, malgré les pieuses prétentions démocratiques et de respect des droits de l’homme, le même schème de pensée habite la nouvelle classe dirigeante, les mercantilistes.

On peut le constater avec les bonis octroyés aux PDG des banques et des multinationales, malgré leurs états financiers désastreux.  Ceux-ci sont au-delà de la vile plèbe.  On les gratifie de leur incompétence en les engraissants encore plus en toute impunité pendant que le peuple doit se serrer la ceinture et voir les protections sociales de base amputées de plus en plus, chaque jour, avec des mesures d’austérité épargnant les plus nantis.

Pourrons-nous briser ce cercle vicieux historique?  Certains le pensent en occupant les temples de la finance et du capitalisme…

Participalisme politique

S’il y a une chose que les Indignés du monde peuvent nous apprendre, c’est le modèle différent de concevoir la société et les rapports entre les hommes qu’ils apportent.

Dans leurs camps d’occupation – inspirés de l’autogestion et de la participation de tous aux délibérations ainsi que dénués de chef ou de figure dominante –  une véritable vie communautaire et solidaire se développe en opposition à la société qui les entoure où règne le chacun pour soi et l’individualisme exacerbé.

Ce modèle, situé à l’antipode des dogmes productivistes et compétitifs du capitalisme, influe un vent de changement dans des sociétés mercantiles déracinées de tous liens sociaux durables.

Et, au niveau politique, le mouvement des indignés suggère un nouveau paradigme.  Il propose le participalisme politique et la prise de décision en groupe au-lieu d’une démocratie représentative, datant du 13e siècle,  aux mains de groupes d’intérêt privés dont les velléités sont souvent contraires au bien commun.

Pour lutter contre le cynisme ambiant envers la classe politique, il est de mise de redonner le pouvoir décisionnel aux principaux intéressés, les citoyens, en organisant des jurys citoyens, des budgets participatifs, des sondages délibératifs ou des référendums.

Après tout, comme le dit l’adage, on n’est jamais mieux servi que par soi-même. Et cela se vaut aussi en politique.

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication : 185 (universitaire)