Le temps est compté pour Maxime Bernier

Les multiples frasques du ministre des affaires étrangères du Canada, Maxime Bernier, sont tellement embarrassantes pour le gouvernement conservateur de Stephen Harper qu’on se demande pourquoi il n’a pas été relégué à un rôle de député d’arrière banc.

Ses déclarations intempestives et ses gaffes médiatiques ont défrayé les manchettes depuis son élection comme député et les dernières allusions sur le passé louche de sa récente ex-petite amie (Julie Couillard) ne font qu’ajouter à la perte de crédibilité du nouveau venu en politique.

Faisons une récapitulation de ses nombreuses actions maladroites: en avril 2006, monsieur Bernier a affirmé que les possibilités de récupération de milliards de dollars dans le litige sur le bois d’œuvre opposant le Canada et les États-unis étaient pratiquement nulles, en complète contradiction avec la position du gouvernement fédéral et les jugements rendus dans ce dossier ; en août 2007, son amie de coeur (son ex aujourd’hui), l’accompagne à son assermentation ministérielle avec un généreux décolleté qui a dû faire sursauter la faction de la droite religieuse du Parti Conservateur;  en octobre 2007, c’est la fameuse affaire des Jos Louis en Afghanistan que le principal intéressé croyait être un formidable coup médiatique, mais qui s’est révélée être un véritable flop.  Combattez les boys et le Canada vous remerciera avec une poignée de gâteaux!; en novembre 2007, il confirme ses lacunes en Histoire en citant le nom de Jean-Bertrand Aristide comme étant celui de l’actuel président de Haïti!; enfin, en avril 2008, il s’ingère malhabilement dans la politique intérieure de l’Afghanistan en suggérant que le gouverneur de Kandahar soit limogé pour soupçons de corruption et de torture.

Le Parti Conservateur a besoin de quelques têtes d’affiches au Québec afin de séduire l’électorat québécois, mais, sous un éventuel gouvernement majoritaire des nouveaux Tories, il serait fort probable que monsieur Bernier aurait été jeté aux oubliettes depuis bien longtemps pour ses erreurs politiques à répétition.  On le tolère jusqu’aux prochaines élections en souhaitant trouver de meilleurs candidats d’ici là.

Et les dernières unes des journaux au sujet de son ancienne concubine n’arrangent rien à l’affaire!  On doit se poser de sérieuses questions dans les hautes sphères du Parti Conservateur.

Pour une formation politique au pouvoir qui désire instaurer la loi et l’ordre, la morale, les valeurs religieuses ainsi que la lutte à la criminalité, les relations de jadis avec les motards de l’ex-conjointe de monsieur Bernier ne doivent sûrement pas plaire à l’establishment du PC.

Ajout au 28 mai 2008: Bien, son temps était encore plus compté que je ne le pensais. Sa dernière gaffe concernant les documents oubliés chez son ex-conjointe ont planté les derniers clous sur son cercueil. Bye bye Maxime!

Stephen Harper, le tout puissant

Encore une preuve de l’animosité des conservateurs fédéraux envers les principes démocratiques.

Dans les derniers jours, on nous informait que le Conseil du Trésor laissait tomber la mise à jour du Système de coordination des demandes d’accès à l’information (SCDAI).  Cette base de données électronique permettait depuis 2003 à tout citoyen ou organisme d’accéder à des renseignements sur la gestion du gouvernement fédéral.

Cela va dans le sens de la politique du cabinet du premier ministre de contrôler toute l’information gouvernementale et de la centraliser entre ses mains. 

La démocratie sans la diffusion libre d’informations est caduque et non avenue, ce que savent très bien ces autocrates de droite logés à Ottawa.  Nulle surprise alors qu’ils aient voté contre la motion du Bloc québécois confirmant la confiance envers Élections Canada lorsque cet organisme est l’un des plus respectés sur la planète en matière de processus électoraux pour son intégrité et sa compétence.

Les conservateurs sentent la température montée et tentent à tout prix de maintenir le couvercle sur la marmite des scandales qui les accablent.  Le parti de Stephen Harper essai de limiter les dégâts et de retarder le plus possible la sortie dans la sphère publique de toute information pouvant encore entacher son administration.

Voir aussi : La droite conservatrice se dévoile au grand jour, Corrompu un jour, corrompu toujours, Dissimulations antidemocratiques

Pour en finir avec la corruption politique

Quelle est la source de toute corruption politique?  Il s’agit, simplement, de l’ingérence d’intérêts particuliers dans la gestion des affaires publiques qui interfère avec les besoins collectifs.

De nos jours, toute tierce organisation peut contribuer à un parti politique même si des règles sur les financements des partis politiques existent.  Il n’est pas très difficile de contourner ces dites lois pour les groupes de pression, notamment en ce qui concerne les entreprises privées, qui demandent à leurs employés de faire des dons déductibles d’impôts aux partis politiques visés avec l’argent de leurs employeurs.

Dans le passé, les grandes banques canadiennes ont fait de généreuses donations à toutes les formations politiques, sauf le Nouveau Parti Démocratique qui refuse toute aide financière des entreprises privées.  Par ailleurs, on sait très bien que les pétrolières appuient monétairement le Parti conservateur du Canada actuellement au pouvoir en dépit de la nouvelle législation fédérale plafonnant le financement privé des partis politiques.

De nombreux scandales sont en liens avec l’implication de compagnies commerciales ou industrielles, particulièrement les commandites qui bénéficiaient aux coffres du Parti libéral du Canada par les contributions politiques des entreprises de publicités impliquées dans l’affaire. 

Afin d’en finir avec la corruption politique, il faudrait repenser totalement le mode de subvention des formations politiques.

Premièrement, on se doit d’interdire toute contribution individuelle, entrepreneuriale, syndicale ou autre et ne permettre que le financement provenant de l’État en rapport aux nombres de voix obtenus lors des élections générales.  Ce serait la seule méthode afin d’assurer l’équité et l’égalité des chances pour tous les partis politiques lors des scrutins. 

Deuxièmement, l’accès aux fonctions politiques devrait être interdit à toute personne siégeant sur un conseil d’administration d’une organisation non-gouvernementale, que cela soit comme député, ministre, secrétaire d’État ou directeur d’entreprise publique.  Même réglementation pour un individu travaillant dans un poste de direction ou ayant des contrats de service ou de production avec une compagnie privée.  De plus, une personne possédant plus de 10% d’une entreprise cotée à la bourse ne pourrait envisager une carrière politique.

La politique se veut la gérance du bien commun et ne doit pas être corrompue par tout agent extérieur, tel qu’il soit.

Ajout: un nouveau parti pourrait recevoir du financement en rapport à son nombre de membres et ensuite, après une élection, se voir attribuer des contributions selon les voix obtenues, comme tous les autres.

Voir aussi:

Corruption libérale

Une loi vide de sens

La droite conservatrice se dévoile au grand jour

Tant au provincial qu’au fédéral, les conservateurs (Parti Conservateur et ADQ) sont de plus en plus ternis par des événements et des déclarations qui dévoilent enfin leur véritable aspect à l’électorat. 

Au Québec, l’Action Démocratique du Québec dirigée par Mario Dumont est contestée par certains de ses propres membres qui désapprouvent la culture élitiste et absolutiste qui règne dans ce parti.  On se souviendra des récriminations récentes au sujet de l’attitude cavalière et irrespectueuse du numéro deux du parti, Gilles Taillon, envers des bénévoles de sa circonscription et, en août 2007, de la sortie contre Mario Dumont du président de la commission politique du PLQ, Christian Ouellet, un ancien ami, qu’il qualifiait de personnage « dictatorial. »

Cette semaine, c’etait au tour de l’ex-vice-présidente de l’ADQ, Sylvie Tremblay, de quitter le navire en dénonçant encore une fois les méthodes autocratiques de l’establishment du parti et l’intimidation dont elle aurait été victime.  Elle déclare après avoir fait parvenir un courriel au chef qui n’y a d’ailleurs jamais répondu : « «À partir de ce point, mon estime pour monsieur Dumont en a pris un coup, lui qui se prétendait transparent. Si le comité exécutif national était contrôlé, que les élections n’étaient qu’un show, il aurait fallu qu’ils m’en avisent avant que je fasse campagne.».  Et elle en remet : « «J’espère que l’ADQ n’entrera pas au pouvoir aux prochaines élections, car ce parti, que je connais un peu mieux maintenant et qui n’est pas du tout ce qu’il prétend être, me fait peur, concernant les droits des femmes et concernant son manque de démocratie. Le gouvernement serait sûrement dirigé de la même manière s’il prenait le pouvoir.»

De plus, comme si ce n’était pas assez, Mario Dumont a suggéré durant la même semaine de sortir les matraques contre les actions perturbatrices des foules un peu trop allumées, tel que ce fut le cas après la victoire des Canadiens de Montréal contre les Bruins de Boston.  On se plaignait déjà de l’image négative à travers le monde des débordements qui ont eu lieu.  Alors, imaginez si les forces de l’ordre avaient frappé dans le tas et envenimé encore plus les choses!  Cela aurait fait une bien plus belle réputation à Montréal et au Québec.

Ceci met encore plus en évidence les penchants dictatoriaux de Mario La Matraque.  On peut alors imaginer, un jour, s’il devient premier ministre, qu’il n’hésiterait pas à réprimer les manifestants opposés à ses politiques afin de maintenir l’ordre (en fait, son ordre à lui et de ses petits amis richissimes). Comme à Montebello, on pourrait infiltrer quelques agitateurs de la SQ dans le groupe de manifestants qui briseraient quelques vitrines et le tour serait joué!  Le prétexte serait ainsi trouvé et l’on sonnerait la charge en réprimant durement les protestataires.

À Ottawa, le Parti Conservateur est aussi en eaux troubles.  Les fraudes électorales concernant les dépenses lors du dernier scrutin général qui ont mené à des accusations formelles d’Élections Canada contre ce parti rentrent en contradiction flagrante avec les prétentions d’intégrité et de transparence de ce gouvernement.  Somme toute, les preuves semblent solides. En fait, les conservateurs ont triché lors des dernières élections et certains remettent même en cause la validité des résultats et la légitimité de cette législature. 

Il y a aussi l’affaire Chuck Cadman qui met en lumière les stratégies de coulisses et les tactiques de bas étages des conservateurs afin d’atteindre leurs objectifs.  Pour eux, la fin justifie les moyens.

Également, il ne faudrait pas être surpris par d’autres révélations scandaleuses.  Corrompu un jour, corrompu toujours.  Le parti conservateur peut bien changer d’image en se proclamant plus blanc que blanc, mettre quelques nouveaux visages sur le devant de la scène, il demeurera toujours une formation de notables et de gens puissants qui tirent les ficelles dans l’ombre.  

Par ailleurs, on connaît le contrôle total qu’impose Stephen Harper sur son parti.  Les députés ne peuvent généralement s’exprimer librement sur la place publique et certains médias amicaux sont favorisés au détriment de ceux un peu trop critique envers le gouvernement (on a pu le voir cette semaine avec l’exclusion de Radio-Canada des conférences de presse du PC suite aux démêlées avec Élections Canada). 

Action Démocratique du Québec ou Parti Conservateur du Canada, du pareil au même.  Les deux formations politiques usent des mêmes modus operandi autant à l’intérieur qu’à l’extérieur de leurs partis.  Intégrité? Transparence? Que des valeurs dénuées de sens pour la droite conservatrice servant à épater la galerie et piéger les électeurs naïfs.

Véritablement, ces partis politiques jumeaux se moquent de la démocratie et espèrent, une fois au pouvoir, instaurer par tous les subterfuges possibles une ploutocratie à l’avantage des mieux nantis matraquant les opposants au régime à l’image du fonctionnement interne de leurs organisations. 

Bush devient « écologiste » devant la montée du dollar canadien

En début de cette année 2008, on pouvait lire que G.W. Bush était maintenant opposé à l’importation aux États-unis du pétrole issue des sables bitumineux de l’Alberta car celui-ci serait trop polluant à produire. En fait, il est maintenant interdit aux organismes fédéraux américains d’acheter cette énergie.

Certains diront que le président américain s’est éveillé à l’écologie, mais il faut savoir lire entre les lignes. La position de Bush concernant le pétrole albertain cache un autre motif.

Le dollar canadien a surpassé celui de l’Oncle Sam et cela suscite bien des préoccupations.Bush voit d’un mauvais oeil les dollars américains qui s’enfuient vers le Canada et qui compromettent la balance commerciale américaine. L’Amérique étant grande consommatrice de carburants fossiles, un déficit commercial énergétique pèse lourd dans la balance commerciale.

Si le dollar canadien était inférieur au dollar américain, ce président républicain ne daignerait pas profiter de cette manne énergétique à rabais.  Mais ce n’est plus le cas.

Rien d’écologique dans cette décision. Voyons au-delà des apparences.

En conséquence, on désire exploiter de plus en plus les gisements d’or noir de l’Alaska dans une volonté autarcique.  Alors, les américains vont puiser dans leurs réserves nationales de pétrole et conséquemment accroître leur dépendance envers l’importation étrangère lorsque ces réserves seront à sec.

De plus, avec cette nouvelle politique, Bush tourne le dos à son ami idéologique canadien Stephen Harper qui doit se poser des questions. On voit ici que les préoccupations économiques supplantent toutes les affinités politiques.

Finalement, il s’agit simplement d’une mesure protectionniste qui va à contre-courant de l’ALENA et du libre-échangisme dont les américains sont friands seulement lorsque cela tourne à leur avantage.

Tel père, tel fils

Cet article a paru le 27 décembre 2007 dans le journal « Le Devoir ».

On pensait que l’ère trudeauiste était belle et bien enterrée. Bien non. Il fallait que la progéniture de Pierre Elliot Trudeau remette ça. Suite à la déclaration du gouvernement Harper admettant l’existence de la nation québécoise, il affirme qu’une telle reconnaissance est « une idée du XIXe siècle » qui divise le Canada.

Comme vision rétrograde, on ne fait pas mieux. La libre détermination des peuples, c’est-à-dire selon le concept de nation, est un principe fondamental des relations internationales du XXe siècle et la simple remise en cause de ce droit est un affront à la souveraineté des peuples.

Est-ce à dire que nous devrions nous soumettre à l’autorité fédérale sans mot dire? Si nous parlons une langue différente et avons une culture différente, cela ne nous donne-t-il pas le droit de gérer nos affaires à notre guise ou au moins d’avoir plus de liberté en rapport aux autres provinces?

À écouter Justin Trudeau, les québécois sont encore et toujours une population incapable de se gérer elle-même sans les grands frères « canadiens ». Il s’agit d’une croyance aveugle que la confédération canadienne est idéale et ne comporte aucun défaut.

Au lieu de perpétuer un système fédéral déficient, datant de la conquête britannique, que l’on « patch » au moindre problème, il faudrait redéfinir ses principes afin de créer un véritable regroupement conjuguant besoins nationaux autant que pan-nationaux. La communauté européenne, une union de pays aux cultures différentes, devrait servir d’exemple à Justin Trudeau comme une fédération réussie.

Par cette sortie publique, celui que l’on voit comme le futur chef du PLC, vient de s’aliéner le vote des « nationalistes mous » en s’obstinant dans la même vision que son défunt père. Une tactique naïve et peu stratégique qui pourrait mener à la disparition de ce parti au Québec.

Un édifice aux fondations défaillantes ne peut tenir debout. Il est préférable de repartir à zéro que de perpétuer quelque chose qui s’effondrera un jour ou l’autre. Mêmes certaines provinces de l’Ouest ont des partis séparatistes! En l’absence d’une refonte en profondeur de la constitution canadienne, la souveraineté semble alors la seule alternative viable pour le Québec.

Les conservateurs ont surpris tout le monde en reconnaissant le Québec en tant que nation. Il s’agissait sûrement d’une manœuvre électoraliste afin de recueillir plus de votes québécois au prochain scrutin. Néanmoins, ils ont démontré plus de compréhension que l’establishment du Parti Libéral du Canada, Stéphane Dion en tête, qui est pourtant un québécois de souche.

Ajout au 22 décembre 2007: Justin Trudeau se rétracte dans La Presse. Mais c’est trop peu trop tard. On connaît maintenant le fil de ses pensées envers la nation québécoise.

Bali : le Canada complètement déconnecté!


Sans surprise, les conservateurs de Stephen Harper ont démontré leur mauvaise foi en matière environnementale à la conférence internationale sur les changements climatiques de Bali.

Pendant que d’autres pays réduisent leurs émissions de gaz à effet de serre, le Canada en produit 33% de plus qu’en 1990.

Pour ajouter à l’odieux de l’attitude de ce gouvernement, le ministre de l’environnement canadien, John Baird, s’est présenté à la conférence en étant accompagné de représentants de l’industrie pétrolière, comme si on voulait s’assurer que le ministre ne s’engage à rien qui nuirait à ce secteur énergétique.

Les critiques n’ont pas cessé de pleuvoir. Malgré de belles déclarations d’intentions, comme celles d’aujourd’hui, qui repoussent jusqu’en 2020 et 2050 les réductions des GES par les compagnies polluantes, rien de concret ne sort de la bouche du ministre. Il cherche à gagner du temps, encore et encore, pendant que l’Alberta tourne à plein régime et construit sur son territoire de nouvelles usines de transformations des sables bitumineux.

Les ministres provinciaux de l’environnement du Québec et de l’Ontario se dissocient de la position fédérale et même la Chine pointe du doigt le Canada devant son laxisme. Un bel exemple à suivre pour le reste du monde.

Encore une fois, le Parti conservateur, totalement déconnecté, découvre son vrai visage. Loin des préoccupations de la population, il place en avant les intérêts privés de quelques-uns au détriment des besoins du plus grand nombre. La réputation du Canada a en subi un dur coup et nous sommes maintenant la risée de la planète par l’obstination des élus conservateurs (qui sont pourtant minoritaires) à ne pas signer des ententes pertinentes contre les changements climatiques.

SIGNEZ LA PÉTITION POUR SAUVER LA RÉPUTATION DU CANADA EN ENVIRONNEMENT

La pointe de l’iceberg


Dans la foulée du dossier Schreiber qui a éclaboussé au passage l’ancien premier ministre canadien Brian Mulroney en rapport, notamment, à l’achat d’avions de la compagnie Airbus par le gouvernement fédéral, on a appris que Jean Charest avait lui aussi reçu des fonds de l’ancien lobbyiste lors de la campagne de 1993 à la chefferie de l’ancien Parti Conservateur.

Monsieur Charest nit que son frère ait reçu un montant de 30 000$ en liquide et n’évoque qu’une donation légale de 10 000$ de l’ancien trafiquant d’armes tout en prétendant n’avoir jamais rencontré le bailleur de fond allemand. Ce que se dernier a démenti.

Où est la vérité dans tout ce foutoir? Selon les lois de l’époque, les candidats à la direction de parti politique n’avaient aucune obligation de dévoiler l’origine de leurs contributions financières. Alors, il devient difficile de prouver quoi que ce soit dans cette situation.

Néanmoins, cela soulève un problème éthique flagrant de l’administration conservatrice de l’époque. Les nombreux scandales de cette période, comme l’affaire Oerlikon et les conflits d’intérêts de Stevens Sinclair, nous rappellent que les conservateurs ont toujours baigné dans des ententes louches et du copinage douteux avec le monde des affaires.

À leur accession au pouvoir en 1984, Brian Mulroney et son équipe conservatrice ont procédé à la privatisation de 23 des 61 entreprises d’état, dont Air Canada, le Canadien National (CN) et Pétro Canada. Combien de pots-de-vin ou de transactions secrètes se cachent derrière toutes ces ventes de sociétés publiques et apprendrons-nous un jour la vérité sur ces événements?

Même actuellement, les nouveaux conservateurs de Stephen Harper trempent aussi dans une affiliation rapprochée avec de nombreux lobbyistes défendant des intérêts industriels et commerciaux, comme le dévoilait le Journal de Montréal en septembre 2006.

Malgré ses bonnes prétentions d’honnêteté et de transparence, les agissements concrets de ce présent gouvernement s’alignent sur la même politique des années Mulroney et les faits qui nous sont dévoilés aujourd’hui ne sont simplement que la pointe d’un iceberg beaucoup plus imposant.

Laisser aller les choses


Monsieur Charest vient d’en faire une belle. Il affirme, en plein Jour du Souvenir, que les québécois doivent soutenir les troupes canadiennes en Afghanistan. Ses racines conservatrices et fédéralistes ressortent ici au grand jour tandis qu’une majorité de la population québécoise est, selon de nombreux sondages, contre cette guerre. De plus, les québécois ont-ils été consultés lors de la prise de décision d’envoyer des militaires à l’autre bout du monde?

De l’arrogance ou de l’incompréhension? Peu importe.

Cette déclaration ne se conforme pas à sa fonction de premier ministre provincial et se veut totalement déplacée en cet anniversaire des anciens combattants pendant que de jeunes soldats canadiens meurent au combat.

Au lieu de prévenir des morts futiles dans une intervention militaire inutile, les politiciens comme Stephen Harper ou son ami conservateur Charest se pavanent en cette belle journée d’automne et laissent simplement aller les choses.

Ils fêteront, sans doute, les prochains tués au combat à cette même date en 2008 et laisseront encore une fois aller les choses pour que les pétrolières fassent encore plus de profits et que l’industrie militaire encaisse de gros bénéfices avec des contrats gouvernementaux juteux.

Cul-de-sac avec le mini-budget Flaherty


Le commissaire à l’environnement, Ron Thompson, annonce que bien peu de progrès ont été effectués en matière d’environnement et de développement durable par le gouvernement fédéral.

En 1992, lors du Sommet de la Terre à Rio, le Canada s’était pourtant engagé à mettre en place une politique nationale en développement durable, ce qu’il a fait en entérinant une loi, mais quinze ans plus tard, la machine est encore au point mort. Le commissaire note que le laxisme en ces domaines est autant la faute des gouvernements libéraux que conservateurs.

Le plus odieux, c’est que Stephen Harper avec le récent mini-budget de Flaherty piétine encore plus la loi sur le développement durable en diminuant les impôts des particuliers et surtout ceux des entreprises. Il favorise la surconsommation sans contre mesure environnementale et il donne un coup de pouce aux pétrolières albertaines qui font des milliards de profits en abaissant encore plus leurs redevances à l’État et en leur permettant de rejeter sans contrainte dans l’atmosphère des millions de tonnes de gaz à effet de serre.

Nous allons droit vers un mur. En surexploitant sans prévoir des alternatives à la rareté future des ressources et des énergies, nous polluons et vidons notre pays de ses richesses sans penser au lendemain. Nous aimons nos enfants et nos petits enfants, mais nos comportements obsessifs de consommation hypothèquent de plus en plus leur avenir et le monde dans lequel ils vivront.