La Pétrocratie

Ce que démontre le prix élevé de l’essence à la pompe, souvent sans corrélation au cours du baril du pétrole brut, est que la traditionnelle démocratie libérale ayant assise en Occident n’est plus qu’une vue de l’esprit.

En effet, les pétrolières – détenant parfois l’exploitation de la ressource et toujours les raffineries servant à traiter la matière brute – assoient leur pouvoir économique ainsi que leurs politiques en imposant leurs velléités implacables.

Lorsque le président des États-Unis, Barack Obama, – l’homme supposément le plus puissant de la planète –  admet son impuissance face aux montées du coût de l’essence lorsque celui-ci ne cesse de progresser depuis trois semaines dans son pays au risque de miner une reprise économique plus qu’attendue, on est en droit de s’interroger.

Et n’oublions pas son prédécesseur, Georges W. Bush, digne fils de son papa lui aussi ancien président à la solde des magnats du pétrole, qui déclencha une guerre en Irak pour le motif évident de mettre la main sur ses puits d’or noir.

Au Canada, l’homme de paille des géants pétroliers, Stephen Harper, fait fi des risques environnementaux apparentés à l’exploitation des sables bitumineux pour alimenter le puissant voisin du Sud si avide du pétrole nécessaire à son économie.  Rappelons-nous que le traité de libre-échange, l’ALENA, signé par un autre ancien premier ministre conservateur, Brian Mulroney, contraint le Canada à fournir les États-Unis du quart de sa production de cette ressource.  Pendant ce temps, en pure incohérence, l’Est du pays doit s’approvisionner à l’extérieur même si la logique dicte qu’un pays aussi pourvu en pétrole devrait être autarcique en ce domaine et ainsi pouvoir contrôler le prix à la pompe à l’avantage de ses citoyens avec un peu de volonté politique.

En somme, la souveraineté politique des États a migré vers des organisations transnationales se souciant peu de l’équité ou de la justice.

Oubliez la démocratie représentative. Elle est désormais désuète et surannée.  Dites bonjour à la pétrocratie!

Le vrai pouvoir n’est plus dans les assemblées législatives ou les cabinets exécutifs.  Il siège maintenant, derrière des portes-clauses, dans les conseils d’administration de l’oligarchie des grandes pétrolières….

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication : 172 (universitaire)

R.I.P. Parti libéral du Québec

Ce texte a été publié dans Métro Montréal le 20 septembre 2011

Jean Charest n’aurait pas pu mieux poser le dernier clou sur le cercueil du Parti Libéral du Québec que par sa dernière conférence de presse au sujet du rapport Duchesneau de l’Unité anti-collusion.

En ignorant ce document choc qu’il a lui-même commandé –  et qu’il n’a même pas parcouru-, Jean Charest démontre encore une fois sa nonchalance lorsqu’il est temps de s’occuper des dossiers de corruption qui assaillent son administration.

La mainmise de certaines compagnies privées sur le ministère des Transports ainsi que les liens dévoilés entre le gouvernement actuel et les firmes de génie-conseil sautent aux yeux du rédacteur du rapport, mais n’ébranlent en rien Jean Charest.

Il garde les yeux fermés et espère s’en tirer à bon compte en espérant que le cynisme de la population et ses récurrents trous de mémoire politique le maintiennent encore une fois au pouvoir.

Pourtant, s’il avait étudié l’histoire du parti dont il est présentement le chef et appris de celle-ci, il devrait se rappeler la cuisante défaite de Robert Bourassa en 1976 dans une aura de malversations dans la construction.

Et, pis encore, en tant qu’ancien ministre fédéral sous les conservateurs de Brian Mulroney, Jean Charest aurait dû être mieux avisé dans sa réaction à ce rapport dévastateur.

On se remémorera que les tories ont été pratiquement rayés de la carte électorale fédérale en 1993 après une succession de scandales et c’est exactement ce qui risque d’arriver au PLQ lors des prochaines élections provinciales, malgré le déni du premier ministre québécois.

Niveau de difficulté de texte selon Scolarius d’Influence Communication :  167 (universitaire)

Lucien Bouchard, Dessau et les gaz de schiste

Que fait-t-on, lorsqu’un expert à l’allégeance douteuse, comme André Caillé, se casse la gueule en tentant de faire avaler aux québécois la pertinence et la sécurité de l’exploitation des gaz de schiste?  Tout simple. On envoie le larbin des affairistes, Lucien Bouchard, à la rescousse.

L’Association pétrolière et gazière du Québec espère, par la nomination de ce nouveau président, amadouer la population en propulsant à l’avant-scène l’ancien premier ministre le plus populaire de l’histoire récente du Québec.

Pourtant, Lucien Bouchard se situe à des millions d’années lumière des préoccupations du citoyen québécois ordinaire.

Toute sa carrière, il pencha du bord du monde des affaires, sans compter ses va-et-vient constants entre foi souverainiste et fédéraliste démontrant à maintes reprises son caractère frivole et ambivalent.

Que cela soit clair : Bouchard n’est pas là comme médiateur dans ce dossier, mais comme représentant de commerce pour l’oligopole énergétique fossile.

Et cela lui sied bien.

En fait, Bouchard couche avec les gens d’affaires depuis toujours.

Comme député et ministre de l’environnement sous les conservateurs de Mulroney – c’est un comble! – il marcha main dans la main avec la communauté d’affaire.

Parlons aussi de ses coupures sauvages en éducation et particulièrement en santé pendant son règne de premier ministre du Québec dont on ressent encore les effets en 2011.

Par ailleurs, son adhésion, en 2005, au Manifeste pour un Québec Lucien….lucide,  confirma ses positions conservatrices en économie souvent aux antipodes des besoins sociaux de la population.

Et souvenons-nous de sa déclaration outrageante sur le manque d’ardeur au travail des salariés québécois.  En somme, « travaillez plus pour moins », comme il l’a dit aux employés d’Olymel dans son rôle de négociateur de la partie patronale – preuve ultime de son aversion pour la populace laborieuse.

Plus récemment,  il siège sur de nombreux conseils d’administration de grandes compagnies, comme Saputo, Transforce, Transcontinental et surtout Dessau (Conseil consultatif) qui est partenaire en règle de l’Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ), instigateur du projet des gaz de schiste!!!

Quand on parle du jupon qui dépasse!

Ne soyons pas dupe.  Le Québec ne doit pas tomber dans le panneau des gaz de schiste.

Lucien Bouchard n’est pas impliqué là-dedans pour des considérations altruistes ou pour faire avancer le Québec.  Il débarque dans ce dossier uniquement pour appuyer ses  petits copains et récolter en prime les 700$ de l’heure que lui paiera l’APGQ.  À ce tarif, n’importe quel opportuniste pourrait vendre sa propre mère.

Il sera intéressant de voir planer Bouchard sur les vapeurs des gaz de schiste avec la nouvelle information dévoilée concernant les fuites importantes sur les sites de Leclercville et de La Présentation de la compagnie albertaine Talisman en parallèle avec l’arrêt de ses projets gaziers aux États-Unis suite à un grave incident en Pennsylvanie … au risque de le voir perdre encore plus de crédibilité parmi ses compatriotes.

Corruption au Québec : la faute du Canada

La crainte d’une sécession prochaine du Québec étant écartée à moyen ou long terme,  le Canada anglais ne se gène pas pour taper une fois de plus sur le peuple québécois.

La revue Maclean’s déverse le fiel des préjugés anti-québécois en affirmant que le Québec est la province la plus corrompue au Canada.

Les velléités indépendantistes et l’État social-démocrate du Québec sont cités comme les causes directes de la corruption qui rongerait la Belle Province.

Ces dénigreurs de la nation québécoise, qui n’y connaissent apparemment rien à la réalité de chez-nous, détournent les faits historiques en oubliant que si le Québec est corrompu, c’est directement la faute des fédéralistes et des sbires francophones à leur service, pas des souverainistes portant sur leurs épaules une cause légitime!

Qui a détourné les résultats du référendum de 1995 pour sauver la fédération canadienne en instaurant un programme douteux de commandites en violation des lois électorales du Québec sur le financement des campagnes référendaires?   Les libéraux du fédéral avec leur petit porteur d’eau de service, Jean Chrétien.  À noter : la corruption venait ici de l’État fédéral, pas provincial!  Le Canada serait-il alors corrompu?

Qui a parachuté sur la scène politique provinciale un certain Jean Charest, ancien président du comité du NON en 1995 et pourfendeur des souverainistes?  Les fédéralistes canadiens.

Et qui a implanté au Québec une culture de corruption dans l’institution gouvernementale en moins de 7 ans de pouvoir?  Ce même Jean Charest, ancien ministre fédéral sous l’ère conservatrice Mulroney qui a connu un lot impressionnant de scandales, notamment avec l’affaire Oerlikon et les conflits d’intérêts de Stevens Sinclair.

Il apparaitrait que Charest ait appris à bonne école.

Aussi, à propos des conservateurs, les responsables de ce torchon propagandiste semblent tasser volontairement sur le bas-côté l’histoire du Parti Conservateur, présentement au pouvoir à Ottawa, qui elle aussi ne constitue pas un exemple d’intégrité –  on se remémorera encore la gouvernance houleuse en corruption de Brian Mulroney.

Sans compter l’attitude actuelle du cabinet du premier ministre Stephen Harper qui filtre l’information émanant du gouvernement et aussi des scientifiques fédéraux en environnement, comme s’il avait quelques scandales à cacher sur ses liens avec les pétrolières et les impacts écologiques de l’exploitation des sables bitumineux.

Et que dire de la présomption fallacieuse d’une relation entre la taille de l’État québécois et le degré de corruption?  Dans la mesure où les pays les plus corrompus sur la planète sont ceux abritant des pouvoirs gouvernementaux faméliques, on constate très limpidement le mensonge d’une telle assertion.

De plus, la société québécoise avec son faible écart entre les classes sociales prouve d’emblée que la justice sociale y est fort présente.  Ce qui contredit encore le lien entre la grosseur de l’État et la corruption rampante car une société contaminée par un avilissement du genre engendrerait à coup sûr des inégalités sociales très prononcées.

MacLean’s utilise comme prétexte la commission Bastarache et les scandales dans la construction pour vomir une diatribe anti-québécoise abjecte qui ne colle pas à une réalité politique québécoise n’ayant encore jamais connu tels scandales avant la venue du champion du fédéralisme canadien, John James Charest, au poste de premier ministre du Québec.

La revue canadienne use malhonnêtement d’une exception de l’histoire québécoise afin de diffamer une société parmi les plus éthiques au monde.  Pour preuve, nous nous empressons de faire enquête au moindre signe de corruption.  Ce qui ne semble pas être le cas dans le reste  « plus blanc que blanc » du Canada.

En somme, sans le Canada jouant dans nos affaires internes afin de nous dévier de notre destinée en tant que nation, il n’y aurait simplement pas de corruption au Québec…

Démocratie à géométrie variable

Une version abrégée de cet article a paru le 6 juillet 2010 dans le journal “Le Devoir”

La démocratie n’est pas appliquée de la même façon d’une personne à l’autre ou d’un groupe à l’autre.  C’est ce que nous a enseigné récemment le service de police de Toronto lors du déroulement des sommets conjoints du G8 et du G20.

Les abus policiers commis par les représentants des forces de l’ordre ayant mené à l’arrestation de plus de 900 personnes sont sans commune mesure avec le passé et les violations des droits civiques les plus élémentaires- malgré le peu d’accusations portées- méritent l’enclenchement d’une enquête publique indépendante sur les interpellations arbitraires des policiers ainsi que sur les conditions indécentes de détention.

C’est ce que demande d’ailleurs l’Association Canadienne des Libertés Civiles qui posta 50 observateurs sur le terrain.

La méthodologie policière utilisée après les quelques vitrines cassées et voitures de police incendiées – moins que les dégâts infligés à Montréal lors de la victoire du Canadiens dans la série éliminatoire de 2008-  fut selon plusieurs analystes excessive et inappropriée.  En outre, il fallait s’attendre à un peu de grabuge lorsque l’on tient un événement international si contesté comme le G20 dans la métropole du pays et ce n’est pas le milliard en dépenses pour la sécurité qui aurait pu éviter tout incident.

Mais, le plus affligeant, ont été les manœuvres douteuses et contraires à la déontologie de la part de la police de la capitale ontarienne.  De prime abord, elles contrevenaient au droit canadien en incarcérant de manière préventive plusieurs centaines de personnes durant plus de 24 heures sans l’intervention d’un avocat.

De plus, les agents de la « paix », ont usé de provocation inutile envers des manifestants pacifiques, comme le témoigne ce petit enregistrement vidéo.  Les tactiques de bravade et de démonstration de force doivent sûrement constituer un chapitre du petit guide policier du contrôle des foules. Toutefois, celles-ci paraissent plutôt générer plus de grogne et de rancœur parmi les protestataires au grand dam de l’image publique de la police.

Mettons aussi en lumière un autre incident perturbant.  Plusieurs arrestations expéditives ont été effectuées de manière illégale et en non-conformité au décret qu’a voté le gouvernement ontarien quelque temps avant le sommet. Même le chef de la police torontoise, Bill Blair, l’a reconnu subséquemment.

Le cas le plus démonstratif relativement à ce dossier fut celui de Bill Barrett : le jeune homme de 25 ans a été interpellé en dehors de la « zone chaude », maintenu en détention durant 3 heures et s’est vu confisqué son attirail inoffensif de jeu de rôle médiéval.  Suite au sommet, le chef de police a exhibé fièrement ces jouets aux journalistes comme faisant partie de la panoplie des armes utilisées par les manifestants.  Monsieur Barrett, voyant cela, a averti la presse et l’inimitable chef Bill Blair a dû encore rectifier les faits.

L’ensemble de ces événements doit remettre en question le travail des policiers dans leur rôle de chien de garde de la société et de la démocratie.

En agissant de la sorte, par tromperie et actes illicites, les forces de police vont à l’encontre des principes mêmes de la tradition démocratique.  Malheureusement, cela n’est pas la première fois et sûrement pas la dernière.

Souvenons-nous du sommet de Montebello durant lequel les infiltrateurs de la Sureté du Québec (SQ) ont été repérés par les contestataires pacifiques ou encore de la rencontre montréalaise du G8 en 2002 pendant laquelle 500 personnes ont vu leurs droits civiques suspendus – un fait que le Comité des droits de l’Homme de l’ONU a déploré en raison de l’atteinte à la liberté d’expression et d’assemblée.

Il s’agit de prétendre à une menace terroriste et voilà!  On suspend les droits civiques de certains individus illico presto bien que les hommes d’État présents à ce genre de rencontres ne courent aucun réel danger.

En trame de fond, on doit admettre que la démocratie ou son application ne dépend que de la manière dont les autorités veulent l’appliquer.

Soyez un politicien impliqué à fond dans un scandale des commandites, comme Jean Chrétien, ou un ancien premier ministre conservateur ayant accepté douteusement de l’argent d’un investisseur étranger, tel que Brian Mulroney, ou encore un ministre libéral provincial pris les mains dans le sac dans un scandale de trafic d’influence et de copinage, et l’on vous exonérera de tout tort en vous donnant peut-être une petite tape sur les doigts.

Par contre, montrez-vous dans la rue avec des pancartes et en chantant des slogans contestataires en pleine jouissance de votre droit démocratique de manifester et d’exprimer votre désaccord sur un sommet international à huis-clos dépourvu d’implication populaire, et la police essaiera de vous intimider en lésant outrancieusement et de toutes les manières possibles vos libertés fondamentales.

C’est cela, une démocratie à géométrie variable.

Le message politique est clair : ne manifestez pas, obéissez aux décisions des gouvernements et surtout restez chez-vous sous peine d’incarcération!

Nous prétendons vivre en démocratie, mais lorsqu’on démontre notre opposition à des projets politiques ou économiques qui nous choquent, l’État ne tarde pas à nous aliéner de nos droits fondamentaux sous le prétexte du maintien de l’ordre.

Même si une majorité de répondants à un sondage sur les événements de Toronto se dise d’accord avec les procédés des policiers, ceux-ci représentent une sérieuse brèche à notre vie démocratique.

Lorsque l’on sursoit les droits civiques de quelques-uns pour apaiser l’incertitude des plus influents, l’ensemble des privilèges démocratiques des citoyens est endommagé.

Petit à petit s’érodent alors les valeurs fondamentales de la démocratie et plus rapidement approchons-nous de l’autocratie.

L’antigouvernement du Parti Libéral du Québec

Comment désigner un gouvernement qui va à l’encontre des aspirations de ses commettants?

On l’appelle un antigouvernement.

Une administration publique qui ne considère pas les objections des nombreux groupes de la communauté et qui néglige les bonnes relations avec les acteurs de la société civile.

Un gouvernement au comportement intransigeant qui ne remet que rarement en cause ses actions et rejette du revers de la main toute volonté de protestation.

Nous connaissons actuellement ce genre de gouvernement.

Manifestations, protestations et incompréhension imprègnent le paysage politique du Québec dans une ambiance de crise sociale.

Le présent gouvernement libéral du premier ministre Charest semble posséder la vérité absolue. Nul besoin de consultation, ni d’implication des intervenants sociaux. On impose sa vision de la société, sans tenir compte, visiblement, de l’opinion de la population.

L’inéquitable budget Bachand teinté d’une attaque frontale contre la classe moyenne s’est révélé être la goutte qui a fait déborder le vase après de nombreuses allégations de corruption et de trafic d’influence en relation au financement du Parti Libéral du Québec dans l’octroi de contrat de construction routière, de permis de garderie, de nomination de juges et de hauts fonctionnaires de l’État.

Suite au budget, l’insatisfaction du gouvernement libéral est à son plus bas, soit à 77%. Du jamais vu.

Et voilà que Marc Bellemarre jette son gros cailloux dans la marre et assure de dévoiler tout ce qu’il a vu dans le cadre de son rôle de ministre de la Justice sous le premier mandat de Charest.

Toute cette odeur nauséabonde de scandale constitue un précédent depuis l’époque duplessiste.

Rappelons que Jean Charest fut ministre conservateur sous le règne de Brian Mulroney, une triste période où les scandales ne cessaient de pleuvoir à Ottawa.

Il apparait que Jean Charest ait appris à bonne école car la situation politique au Québec ressemble beaucoup à celle qui existait entre 1984 et 1993 dans la capitale fédérale. Une révélation n’attend pas l’autre tandis que l’électorat est submergé de cynisme et de découragement.

Néanmoins, la trame maitresse demeure : un gouvernement de droite est toujours plus prompt à générer des scandales en raison de son affiliation avec les puissances d’argent.

 

Et l’article d’Alec Castonguay, du Devoir, semble le confirmer: une fois au pouvoir, le Parti Libéral du Québec attire plus de contributeurs et multiplie par deux son financement privé tandis que le Parti Québécois reçoit approximativement les mêmes dons indépendamment de sa position à l’Assemblée Nationale.

Voilà ce qu’est un antigouvernement: une administration publique, vendue aux intérêts des plus nantis, se rapprochant d’une ploutocratie.  En somme, pas un gouvernement pour et par le peuple, mais un gouvernement contre et sans le peuple.

Par ailleurs, nous devons nous inquiéter de tous les soupçons qui pèsent sur l’équipe libérale.  Comme un iceberg, seule une portion est visible et les mensonges cachent la majeure partie du tableau.  Bref, nous ne saurons jamais toute la vérité, car l’arbre cache la forêt, mais ce que nous apprenons lance un signal d’alerte et doit inciter la population à changer de gouvernement et cela très rapidement afin de contrer le désintéressement des citoyens à la chose politique qui met en péril la santé démocratique.

Afin d’embellir l’image de la classe politique qui n’est pas toute corrompue, on se doit d’assainir les mœurs politiques en rapport au financement des partis en réformant la loi dans le sens d’une contribution purement publique afin d’éviter le copinage entre élus et donateurs et de redorer le politique.

Ainsi, pourrons-nous redonner confiance à l’électorat et freiner l’érosion du taux de participation aux élections.

Une implosion prochaine du Parti Conservateur?

La dissension est vive au sein du Parti Conservateur du Canada avec le déroulement de la commission Oliphant enquêtant sur l’affaire Mulroney-Schreiber.

 

Le feu a été mis au poudre par la déclaration d’un proche du Premier ministre Harper selon laquelle Brian Mulroney n’aurait plus de lien avec le Parti Conservateur, ce que ce dernier dément vivement.  Il proclame haut et fort son allégeance politique conservatrice.

 

Des anciens membres du défunt Parti Progressiste-Conservateur présents au Sénat et à la Chambre des communes se sont portés à la défense de l’ancien Premier ministre malgré les directives de l’actuel chef conservateur de ne plus prendre contact avec Brian Mulroney.   Il s’agirait de Jean-Pierre Blackburn, Marjory LeBreton, David Angus, Gerry St. Germain, Lee Richardson et Peter MacKay.

 

Stephen Harper semble ainsi vouloir distancer « son » Parti Conservateur de l’éventuel scandale que pourrait entrainer une conclusion négative de cette commission envers Brian Mulroney afin d’éviter d’être éclaboussé par l’événement.  Mais, par le fait même, il choque les anciens collaborateurs de l’ancien Premier ministre et renie tous les accomplissements qu’a accompli monsieur Mulroney durant son mandat de chef de l’exécutif. Un désaveu qui passe mal chez les anciens du Parti Progressiste-Conservateur. 

 

C’est tout de même un peu hypocrite de la part de Stephen Harper d’avoir accepté la dénomination « conservateur » dans le nouveau parti afin de profiter d’une confusion des genres favorable à sa prise du pouvoir et ensuite de refuser toutes les conséquences et les implications reliées au passé parfois scabreux du PC antérieur. 

 

Par ailleurs, on se remémorera que la fusion entre l’Alliance Canadienne (anciennement le Reform Party) et le Parti Progressiste-Conservateur ne s’est pas faite sans heurt. Une franche plus modérée de l’ancien parti refusa de se joindre au nouveau Parti Conservateur récemment formé.  Après l’union, un caucus progressiste-conservateur renégat constitué de Joe Clark, d’André Bachand et de John Herron a continué de siéger jusqu’aux élections générales de 2004 et l’on dénombre encore de nos jours à la Chambre haute des sénateurs s’affichant sous la bannière du Parti Progressiste-Conservateur du Canada.  

 

Toute cette affaire Mulroney-Schreiber traduit la faiblesse interne du nouveau Parti Conservateur.  L’attitude de l’actuel chef du PC met en lumière les divisions internes au plan idéologique entre anciens conservateurs et « nouveaux conservateurs » en reniant l’héritage du gouvernement Mulroney et en imposant dans la nouvelle formation politique des positions radicales liées au conservatisme social et au libéralisme économique qui ne plaisent guère à la vieille garde progressiste-conservateur.

 

Et même au niveau provincial, la nouvelle alliance conservatrice ne fait pas que des heureux.  Le Premier ministre de Terre-Neuve, Danny Williams, un progressiste-conservateur acharné (son parti provincial porte toujours ce titre), se monte farouchement contre le gouvernement Harper et se proclame être un « conservateur-socialiste » (malgré l’antinomie) en opposition au conservatisme dogmatique de son homologue fédéral.

En conclusion, l’avenir s’annonce sombre pour la coalition conservatrice au Canada. On pourrait bien assister dans les prochains mois à son implosion et à un changement du rapport de force dans la Chambre des communes pouvant mener à la chute du gouvernement de Stephen Harper en conséquence d’éventuelles défections au sein même du caucus conservateur.

  

Lire aussi: La pointe de l’iceberg, Corrompu un jour, corrompu toujours,

Stephen Harper veut vendre le Canada

Comme si la situation d’accaparation par des compagnies étrangères sur les entreprises canadiennes et québécoises n’était pas déjà fortement prononcée (pensons à Alcan), Stephen Harper entend favoriser ce phénomène.

Une récente déclaration du premier ministre conservateur lors de la présente campagne électorale canadienne soutient qu’il libéraliserait encore plus l’achat de corporations canadiennes par des intérêts outre-frontière. Il promet ainsi d’augmenter (en fait de diminuer) le seuil d’investissement étranger qui ferait l’objet d’un examen par le gouvernement fédéral. Ainsi, ce seuil passerait de 295 millions $ actuellement à un milliard de dollars.

Même logique pour les compagnies de lignes aériennes canadiennes dont la limite d’acquisition par des étrangers passerait de 25% à 49% ainsi que pour les entreprises d’exploitation minière d’uranium pour lesquelles un éventuel futur gouvernement conservateur permettrait une propriété étrangère de 100%!  Pourtant, saviez-vous que le Canada fournit plus du tiers de la demande de ce métal de part le monde?  Sûrement une raison pour les conservateurs de baisser les bras et de remettre nos gisements d’uranium aux businessmen étrangers parce que ceux-ci savent tellement mieux gérer les affaires que nous!

Le fait est que le Parti conservateur du Canada n’est pas une formation politique canadienne, mais un parti appuyant les capitalistes internationaux.  Son financement trouvant origine dans les compagnies pétrolières internationales, il ne s’intéresse pas aux citoyens canadiens comme vous et moi, mais aux intérêts des grands bourgeois de ce monde.

 

Comme l’ancien gouvernement conservateur de Mulroney, l’actuel Parti conservateur planifie d’ouvrir encore plus les frontières afin d’accueillir des investisseurs étrangers, surtout américains, qui s’accapareront des richesses de notre pays sans que les citoyens canadiens aient le moindre mot à dire.

Rappelons-nous que Brian Mulroney a signé l’accord de libre échange avec les États-Unis avec une clause obligeant le Canada à vendre le 2/3 de sa production de pétrole aux américains!

Depuis l’accession au pouvoir du Parti Conservateur de Stephen Harper, on a cessé de voir des compagnies étrangères s’établir en Alberta pour exploiter les ressources énergétiques des Canadiens! Nous perdons alors encore plus le contrôle sur nos avoirs et notre indépendance envers les marchés internationaux.

Le Canada n’est pas un pays, il est un non-pays satellite des États-Unis,  vendant aveuglément à rabais ses trésors aux gigantesques capitalistes de cette planète et particulièrement aux rapaces compagnies américaines.

Comment un parti politique peut-il prétendre vouloir défendre les intérêts de ses électeurs lorsqu’il a déjà donné jadis et promet de donner encore aujourd’hui sur un plateau d’argent nos fleurons commerciaux et nos ressources naturelles aux corporations étrangères?

Corrompu un jour, corrompu toujours

Les conservateurs de Stephen Harper avaient promis, lors des élections de janvier 2006, un gouvernement honnête et assuraient les électeurs que le « nouveau» Parti Conservateur était le plus intègre de toutes les formations politiques.

Mais, nous apprenons cette semaine, qu’en mai 2005, lors d’un vote déterminant qui aurait pu faire tomber le gouvernement libéral minoritaire de Paul Martin, ce parti politique avait cherché à acheter le vote d’un ancien député conservateur (Chuck Cadman), devenu indépendant, avec une assurance vie de 1 million$ lorsque ce dernier était affligé d’un cancer en phase avancée.

Selon certaines sources et même un enregistrement sonore, le chef actuel du Parti conservateur, aurait approuvé la tentative de corruption de l’élu. L’affaire a plongé la Chambre des Communes dans la tourmente et remet en question l’intégrité des conservateurs.

Cela s’ajoute aux autres scandales, pots-de-vin et conflits d’intérêts dans lesquels les conservateurs ont toujours trempé dans le passé. Pour s’en rappeler, il suffit de se remémorer le scandale Oerlikon, les conflits d’intérêts de Stevens Sinclair, la récente affaire Mulroney-Schreiber et les révélations en septembre 2006 au sujet du lobbying des grandes entreprises auprès du gouvernement fédéral actuel.

Ne soyons pas dupes.  Le présent Parti conservateur, qui est né d’une fusion des réformistes avec les anciens conservateurs, conserve le même réseau de partisans et est desservie par les mêmes équipes de lobbying.

Malgré les prétentions d’un nouveau style de gouverne de la part des conservateurs, qui se prétendent transparents, les récentes allégations nous démontrent que ce parti n’a rien perdu de ses mauvaises habitudes.

La pointe de l’iceberg


Dans la foulée du dossier Schreiber qui a éclaboussé au passage l’ancien premier ministre canadien Brian Mulroney en rapport, notamment, à l’achat d’avions de la compagnie Airbus par le gouvernement fédéral, on a appris que Jean Charest avait lui aussi reçu des fonds de l’ancien lobbyiste lors de la campagne de 1993 à la chefferie de l’ancien Parti Conservateur.

Monsieur Charest nit que son frère ait reçu un montant de 30 000$ en liquide et n’évoque qu’une donation légale de 10 000$ de l’ancien trafiquant d’armes tout en prétendant n’avoir jamais rencontré le bailleur de fond allemand. Ce que se dernier a démenti.

Où est la vérité dans tout ce foutoir? Selon les lois de l’époque, les candidats à la direction de parti politique n’avaient aucune obligation de dévoiler l’origine de leurs contributions financières. Alors, il devient difficile de prouver quoi que ce soit dans cette situation.

Néanmoins, cela soulève un problème éthique flagrant de l’administration conservatrice de l’époque. Les nombreux scandales de cette période, comme l’affaire Oerlikon et les conflits d’intérêts de Stevens Sinclair, nous rappellent que les conservateurs ont toujours baigné dans des ententes louches et du copinage douteux avec le monde des affaires.

À leur accession au pouvoir en 1984, Brian Mulroney et son équipe conservatrice ont procédé à la privatisation de 23 des 61 entreprises d’état, dont Air Canada, le Canadien National (CN) et Pétro Canada. Combien de pots-de-vin ou de transactions secrètes se cachent derrière toutes ces ventes de sociétés publiques et apprendrons-nous un jour la vérité sur ces événements?

Même actuellement, les nouveaux conservateurs de Stephen Harper trempent aussi dans une affiliation rapprochée avec de nombreux lobbyistes défendant des intérêts industriels et commerciaux, comme le dévoilait le Journal de Montréal en septembre 2006.

Malgré ses bonnes prétentions d’honnêteté et de transparence, les agissements concrets de ce présent gouvernement s’alignent sur la même politique des années Mulroney et les faits qui nous sont dévoilés aujourd’hui ne sont simplement que la pointe d’un iceberg beaucoup plus imposant.